"Deux larmes empestées de gin lui coulèrent de chaque côté du nez.Mais il allait bien.
LA LUTTE ÉTAIT TERMINÉE.
IL AVAIT REMPORTÉ LA VICTOIRE SUR LUI-MÊME.
IL AIMAIT BIG BROTHER."
Ces quelques mots, qui concluent ’1984’, roman prophétique de George Orwell, m’ont bouleversé lorsque j’étais ado. Je voulais, je sentais,je savais que l’esprit de l’Homme, mon esprit, ne pouvait pas céder comme ça, aussi lâchement. J’étais persuadé qu’il ne pouvait en être ainsi. J’étais alors incapable de réaliser que j’étais Winston et que, comme dans le roman, j’aimais Big Mother !
Mais le roman ne s’est pas terminé sur cette capitulation, dans mon cas… Il y a une suite : « Winston, une fois le gin digéré, entendit son esprit se rappeler à son bon souvenir. NON, LA LUTTE N’ÉTAIT PAS FINIE ! ON NE VAINC JAMAIS UN ESPRIT ! À TOUT MOMENT IL EST ENCORE LÀ, IL SE MANIFESTE, ET IL SE MANIFESTERA ENCORE ! »


