mercredi, 8 septembre 2010|

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Testament de Jean Meslier - Ch. 1-2



Table des matières :

Chapitre 1 (suite) Des religions

Voici encore d’autres preuves qui ne feront pas moins clairement voir la fausseté des religions humaines, et surtout la fausseté de la nôtre.

Toute religion qui pose pour fondement de ses mystères, et qui prend pour règle de sa doctrine et de sa morale un principe d’erreurs, et qui est même une source funeste de troubles et de divisions éternelles parmi les hommes, ne peut être une véritable religion, ni être d’institution divine. Or les religions humaines, et principalement la catholique, pose pour fondement de sa doctrine et de sa morale un principe d’erreurs. Donc, etc.

Je ne vois pas qu’on puisse nier la première proposition de cet argument : elle est trop claire et trop évidente pour pouvoir en douter.

Je passe à la preuve de la seconde proposition, qui est que la religion chrétienne prend pour règle de sa doctrine et de sa morale ce qu’ils appellent foi, c’est-à-dire une créance aveugle, mais cependant ferme et assurée, de quelques lois, ou de quelques révélations divines, et de quelque divinité. Il faut nécessairement qu’elle le suppose ainsi, car c’est cette créance de quelque divinité et de quelques révélations divines qui donne tout le crédit et tout l’autorité qu’elle a dans le monde, sans quoi on ne ferait aucun état de ce qu’elle prescrirait. C’est pourquoi il n’y a point de religion qui ne recommande expressément à ses sectateurs d’être fermes dans leur foi. De là vient que tous les christicoles tiennent pour maximes que la foi est le commencement et le fondement du salut, et qu’elle est la racine de toute justice et de toute sanctification, comme il est marqué dans le concile de Trente, sess. 6, chap. viii.

Or il est évident qu’une créance aveugle de tout ce qui se propose sous le nom et l’autorité de Dieu est un principe d’erreurs et de mensonges. Pour preuve, c’est que l’on voit qu’il n’y a aucun imposteur, en matière de religion, qui ne prétende se couvrir du nom de l’autorité de Dieu, et ne se dise particulièrement inspiré et envoyé de Dieu. Non seulement cette foi et cette créance aveugle, qu’ils posent pour fondement de leur doctrine, est un principe d’erreurs, etc., mais elle est aussi une source funeste de troubles et de divisions parmi les hommes, pour le maintien de leur religion. Il n’y a point de méchanceté qu’ils n’exercent les uns contre les autres sous ce spécieux prétexte.

Or il n’est pas croyable qu’un Dieu tout-puissant, infiniment bon et sage, voulut se servir d’un tel moyen ni d’une voie si trompeuse pour faire connaître ses volontés aux hommes : car ce serait manifestement vouloir les induire en erreur et leur tendre des pièges pour leur faire embrasser le parti du mensonge mensonge . Il n’est pareillement pas croyable qu’un Dieu qui aimerait l’union et la paix, le bien et le salut des hommes, eut jamais établi, pour fondement de sa religion, une source si fatale de troubles et de divisions éternelles parmi les hommes. Donc des religions pareilles ne peuvent être véritables, ni avoir été instituées de Dieu.

Mais je vois bien que nos christicoles ne manqueront pas de recourir à leurs prétendus motifs de crédibilité, et qu’ils diront que, quoique leur foi et leur créance soient aveugles en un sens, elles ne laissent pas néanmoins d’être appuyées par de si clairs et de si convaincants témoignages de vérité que ce serait non seulement une imprudence, mais une témérité et une grande folie de ne pas vouloir s’y rendre. Ils réduisent ordinairement tous ces prétendus motifs à trois ou quatre chefs.

Le premier, ils le tiennent de la prétendue sainteté de leur religion, qui condamne le vice, et qui recommande la pratique de la vertu. Sa doctrine est si pure, si simple, à ce qu’ils disent, qu’il est visible qu’elle ne peut venir que de la pureté et de la sainteté d’un Dieu infiniment bon et sage.

Le second motif de crédibilité, ils le tirent de l’innocence et de la sainteté de la vie de ceux qui l’ont embrassée avec amour, et défendue jusqu’à souffrir la mort, et les plus cruels tourments, plutôt que de l’abandonner, n’étant pas croyable que de si grands personnages se soient laissé tromper dans leur créance, qu’ils aient renoncé à tous les avantages de la vie, et se soient exposés à de si cruelles persécutions, pour ne maintenir que des erreurs et des impostures.

Ils tirent leur troisième motif de crédibilité des oracles et des prophéties qui ont été depuis si longtemps rendus en leur faveur, et qu’ils prétendent accomplis d’une façon à n’en point douter.

Enfin leur quatrième motif de crédibilité, qui est comme le principal de tous, se tire de la grandeur et de la multitude des miracles faits en tout temps et en tous lieux en faveur de leur religion.

Mais il est facile de réfuter tous ces vains raisonnements, et de faire connaître la fausseté de tous ces témoignages. Car

1° Les arguments que nos christicoles tirent de leurs prétendus motifs de crédibilité peuvent également servir à établir et confirmer le mensonge mensonge comme la vérité : car l’on voit effectivement qu’il n’y a point de religion, si fausse qu’elle puisse être, qui ne prétende s’appuyer sur de semblables motifs de crédibilité ; il n’y en a point qui ne prétende avoir une doctrine saine et véritable, et, au moins en sa manière, qui ne condamne tous les vices, et ne recommande la pratique de toutes les vertus. Il n’y en a point qui n’ait eu de doctes et de zélés défenseurs, qui ont souffert de rudes persécutions pour le maintien et la défense de leur religion ; et enfin il n’y en a point qui ne prétende avoir des prodiges et des miracles qui ont été faits en sa faveur.

Les mahométans, les Indiens, les païens, en allèguent en faveur de leurs religions aussi bien que les chrétiens. si nos christicoles font état de leurs miracles et de leurs prophéties, il ne s’en trouve pas moins dans les religions païennes que dans la leur. Ainsi l’avantage que l’on pourrait tirer de tous ces prétendus motifs de crédibilité se trouve à peu près également dans toutes sortes de religions.

Cela étant, comme toutes les histoires et la pratique de toutes les religions le démontrent, il s’ensuit évidemment que tous ces prétendus motifs de crédibilité, dont nos christicoles veulent tant se prévaloir, se trouvent également dans toutes les religions, et par conséquent ne peuvent servir de preuves et de témoignages assurés de la vérité de leur religion, non plus que de la vérité d’aucune : la conséquence est claire.

2° Pour donner une idée du rapport des miracles du paganisme avec ceux du christianisme, ne pourrait-on pas dire, par exemple, qu’il y aurait plus de raison de croire Philostrate en ce qu’il récite de la vie d’Apollonius, que de croire tous les évangélistes ensemble dans ce qu’ils disent des miracles de Jésus-Christ, parce que l’on sait au moins que Philostrate était un homme d’esprit, éloquent et disert, qu’il était secrétaire de l’impératrice Julie, femme de l’empereur Sévère, et que ç’a été a la sollicitation de cette impératrice qu’il écrivit la vie et les actions merveilleuses d’Apollonius, marque certaine que cet Apollonius s’était rendu fameux par de grandes et extraordinaires actions, puisqu’une impératrice était si curieuse d’avoir sa vie par écrit ; ce que l’on ne peut nullement dire de Jésus-Christ, ni de ceux qui ont écrit sa vie, car ils n’étaient que des ignorants, gens de la lie du peuple ; de pauvres mercenaires, des pêcheurs qui n’avaient pas seulement l’esprit de raconter de suite et par ordre les faits dont ils parlent, et qui se contredisent même très souvent et très grossièrement.

A l’égard de celui dont ils décrivent la vie et les actions, s’il avait véritablement fait les miracles qu’ils lui attribuent, il se serait infailliblement rendu très recommandable par ses belles actions : chacun l’aurait admiré, et on lui aurait érigé des statues, comme on a fait en faveur des dieux ; mais au lieu de cela on l’a regardé comme un homme de néant, un fanatique, etc.

Josèphe l’historien, après avoir parlé des plus grands miracles rapportés en faveur de sa nation et de sa religion, en diminue aussitôt la créance et la rend suspecte, en disant qu’il laisse à chacun la liberté d’en croire ce qu’il voudra : marque bien certaine qu’il n’y ajoutait pas beaucoup de foi. C’est aussi ce qui donne lieu aux plus judicieux de regarder les histoires qui parlent de ces sortes de choses comme des narrations fabuleuses. Voyez Montaigne et l’auteur de l’Apologie des grands hommes. On peut aussi voir la relation des missionnaires de l’île de Santorini : il y a trois chapitres de suite sur cette belle matière.

Tout ce que l’on peut dire à ce sujet nous fait clairement voir que les prétendus miracles se peuvent également imaginer en faveur du vice et du mensonge mensonge , comme en faveur de la justice et de la vérité.

Je le prouve par le témoignage de ce que nos christicoles mêmes appellent la parole de Dieu, et par le témoignage de celui qu’ils adorent : car leurs livres, qu’ils disent contenir la parole de Dieu, et le Christ lui-même qu’ils adorent comme un Dieu fait homme, nous marquent expressément qu’il y a non seulement de faux prophètes, c’est-à-dire des imposteurs qui se disent envoyés de Dieu et qui parlent en son nom, mais nous marquent expressément encore qu’ils font et qu’ils feront de si grands et si prodigieux miracles que peu s’en faudra que les justes n’en soient séduits. Voyez Matthieu, XXIV, 5, 11, 24, et ailleurs.

De plus, ces prétendus faiseurs de miracles veulent qu’on y ajoute foi, et non à ceux que font les autres d’un parti contraire au leur, se détruisant les uns les autres.

Un jour, un de ces prétendus prophètes, nommé Sédécias, se voyant contredit par un autre appelé Michée, celui-là donna un soufflet à celui-ci, et lui dit plaisamment : « Par quelle voie l’esprit de Dieu a-t-il passé de moi pour aller à toi ? » Voyez encore III, Reg., XVIII, 40 et autres.

Mais comment ces prétendus miracles seraient-ils des témoignages de vérité, puisqu’il est clair qu’ils n’ont pas été faits ? Car il faudrait savoir : 1° si ceux que l’on dit être les premiers auteurs de ces narrations le sont véritablement ; 2° s’ils étaient gens de probité, dignes de foi, sages et éclairés, et s’ils n’étaient point prévenus en faveur de ceux dont ils parlent si avantageusement ; 3° s’ils ont bien examiné toutes les circonstances des faits qu’ils rapportent, s’ils les ont bien connues, et s’ils les rapportent bien fidèlement ; 4° si les livres ou les histoires anciennes qui rapportent tous ces grands miracles n’ont pas été falsifiés et corrompus dans la suite du temps, comme quantité d’autres l’ont été.

Que l’on consulte Tacite et quantité d’autres célèbres historiens au sujet de Moïse et de sa nation, on verra qu’ils sont regardés comme une troupe de voleurs et de bandits. La magie et l’astrologie étaient pour lors les seules sciences à la mode ; et comme Moïse était, dit-on, instruit dans la sagesse des Égyptiens, il ne lui fut pas difficile d’inspirer de la vénération et de l’attachement pour sa personne aux enfants de Jacob, rustiques et ignorants, et de leur faire embrasser, dans la misère où ils étaient, la discipline qu’il voulut leur donner. Voilà qui est bien différent de ce que les Juifs et nos christicoles nous en veulent faire accroire. Par quelle règle certaine connaîtra-t-on qu’il faut ajouter foi à ceux-ci plutôt qu’aux autres ? Il n’y en a certainement aucune raison vraisemblable.

Il y a aussi peu de certitude, et même de vraisemblance, sur les miracles du Nouveau Testament que sur ceux de l’Ancien, pour pouvoir remplir les conditions précédentes.

Il ne servirait de rien de dire que les histoires qui rapportent les faits contenus dans les Évangiles ont été regardées comme saintes et sacrées, qu’elles ont toujours été fidèlement conservées sans aucune altération des vérités qu’elles renferment, puisque c’est peut-être par là même qu’elles doivent être plus suspectes, et d’autant plus corrompues par ceux qui prétendent en tirer avantage, ou qui craignent qu’elles ne leur soient pas assez favorables : l’ordinaire des auteurs qui transcrivent ces sortes d’histoires étant d’y ajouter, d’y changer, ou d’en retrancher tout ce que bon leur semble pour servir à leur dessein.

C’est ce que nos christicoles mêmes ne sauraient nier, puisque, sans parler de plusieurs autres graves personnages qui ont reconnu les additions, les retranchements et les falsifications qui ont été faites en différents temps, à ce qu’ils appellent leur Écriture sainte, leur saint Jérôme, fameux docteur parmi eux, dit formellement en plusieurs endroits de ses prologues qu’elles ont été corrompues et falsifiées, étant déjà de son temps entre les mains de toutes sortes de personnes qui y ajoutaient et en retranchaient tout ce que bon leur semblait : en sorte qu’il y avait, dit-il, autant d’exemplaires différents qu’il y avait de différentes copies.

Voyez ses prologues à Paulin, sa préface sur Josué, son Épître à Galéate, sa préface sur Job, celle sur les Évangiles au pape Damase, celle sur les psaumes à Paul et à Eustachium, etc.

Touchant les livres de l’Ancien Testament en particulier, Esdras, prêtre de la loi, enseigne lui-même avoir corrigé et remis dans leur entier les prétendus livres sacrés de sa loi, qui avaient été en partie perdus et en partie corrompus. Il les distribua en vingt-deux livres, selon le nombre des lettres hébraïques, et composa plusieurs autres livres dont la doctrine ne devait se communiquer qu’aux seuls sages. Si ces livres ont été partie perdus, partie corrompus, comme le témoignent Esdras et le docteur saint Jérôme en tant d’endroits, il n’y a donc aucune certitude sur ce qu’ils contiennent ; et quant à ce qu’Esdras dit les avoir corrigés et remis en leur entier par l’inspiration de Dieu même, il n’y a aucune certitude de cela, et il n’y a point d’imposteur qui n’en puisse dire autant.

Tous les livres de la loi de Moïse et des prophètes qu’on put trouver furent brûlés du temps d’Antiochus. Le Talmud, regardé par les juifs comme un livre saint et sacré, et qui contient toutes les lois divines, avec les sentences et dits notables des rabbins ; leur exposition, tant sur les lois divines qu’humaines, et une quantité prodigieuse d’autres secrets et mystères de la langue hébraïque, est regardé par les chrétiens comme un livre farci de rêveries, de fables, d’impostures, et d’impiétés. En l’année 1559, ils firent brûler à Rome, par le commandement des inquisiteurs de la foi, douze cents de ces Talmuds trouvés dans une bibliothèque de la ville de Crémone.

Les pharisiens, qui faisaient parmi les Juifs une fameuse secte secte , ne recevaient que les cinq livres de Moïse, et rejetaient tous les prophètes. Parmi les chrétiens, Marcion et ses sectateurs rejetaient les livres de Moïse et les prophètes, et introduisaient d’autres écritures à la mode ; Carpocrate et ses sectateurs en faisaient de même, et rejetaient tout l’Ancien Testament et maintenaient que Jésus-Christ n’était qu’un homme comme les autres. Les marcionites et les souverains réprouvaient aussi tout l’Ancien Testament comme mauvais, et rejetaient aussi la plus grande partie des quatre Évangiles, et les Épîtres de saint Paul. Les ébionites n’admettaient que le seul Évangile de saint Matthieu, rejetant les trois autres, et les Épîtres de saint Paul. Les marcionites publiaient un Évangile sous le nom de saint Mathias pour confirmer leur doctrine. Les apostoliques introduisaient d’autres écritures pour maintenir leurs erreurs, et pour cet effet se servaient de certains actes, qu’ils attribuaient à saint André et à saint Thomas.

Les manichéens (Chron., page 287) écrivirent un Évangile à leur mode, et rejetaient les écrits des prophètes et des apôtres. Les etzaïtes débitaient un certain livre qu’ils disaient être venu du ciel ; ils tronçonnaient les autres écritures à leur fantaisie. Origène même, avec tout son grand esprit, ne laissait pas que de corrompre les Écritures, et forgeait à tous coups des allégories hors de propos, et se détournait, par ce moyen, du sens des prophètes et des apôtres, et même avait corrompu quelques-uns des principaux points de la doctrine. Ses livres sont maintenant mutilés et falsifiés : ce ne sont plus que pièces cousues et ramassées par d’autres qui sont venus depuis ; aussi y rencontre-t-on des erreurs et des fautes manifestes. Les allogiens attribuaient à l’hérétique Cérinthus l’Évangile et l’Apocalypse de saint Jean : c’est pourquoi ils les rejetaient. Les hérétiques de nos derniers siècles rejettent comme apocryphes plusieurs livres que les catholiques romains regardent comme saints et sacrés, comme sont les livres de Tobie, de Judith, d’Esther, de Baruch, le Cantique cantique Il y a en tout 225 chants édités par la Watchtower, repris dans un recueil propret et bien relié, existant en plusieurs formats (il y a une version très grand format pour les myopes, et une autre en braille !).

Lorsqu’on mêle sa voix à d’autres, on est pris comme à un hameçon.

des trois enfants dans la fournaise, l’histoire de Suzanne, et celle de l’Idole de Bel, la Sapience de Salomon, l’Ecclésiastique, le premier et le second livre des Machabées, auxquels livres incertains et douteux on pourrait encore en ajouter plusieurs que l’on attribuait aux autres apôtres, comme sont, par exemple, le Actes de saint Thomas, ses Circuits, son Évangile, et son Apocalypse ; l’Évangile de saint Barthélemy, celui de saint Mathias, celui de saint Jacques, celui de saint Pierre, et celui des apôtres ; comme aussi les Gestes de saint Pierre, son livre de la Prédication prédication Terme utilisé par les TJ pour désigner leur oeuvre d’évangélisation, principalement axée sur le porte à porte, ayant pour but, selon eux, de sauver les vies de ceux qui s’ouvriront à leurs croyances, survivant ainsi à Har-maguédon. Ils sont aussi encouragés à exercer cette action de prosélytisme à chaque fois que l’occasion s’en présente : famille, amis, voisins, collègues de travail, école, etc.

La Wacthtower justifie cette intense activité de prosélytisme en se basant sur une citation biblique : « Et cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans toute la terre habitée, en témoignage pour toutes les nations ; et alors viendra la fin. » (Matthieu 24:14)

Source : TJ-Encyclopédie
, et celui de son Apocalypse ; celui du Jugement, celui de l’Enfance du Sauveur, et plusieurs autres de semblable farine, qui sont tous rejetés comme apocryphes par les catholiques romains, même par le pape Gélase et par les SS. PP. de la communion romaine.

Ce qui confirme d’autant plus qu’il n’y a aucun fondement de certitude touchant l’autorité que l’on prétend donner à ces livres, c’est que ceux qui en maintiennent la divinité sont obligés d’avouer qu’ils n’auraient aucune certitude pour les fixer si leur foi, disent-ils, ne les en assurait, et ne les obligeait absolument de le croire ainsi. Or, comme la foi n’est qu’un principe d’erreur et d’imposture, comment la foi, c’est-à-dire une créance aveugle, peut-elle rendre certains les livres qui sont eux-mêmes le fondement de cette créance aveugle ? Quelle pitié et quelle démence !

Mais voyons si ces livres portent en eux-mêmes quelque caractère particulier de vérité, comme par exemple d’érudition, de sagesse et de sainteté, ou de quelques autres perfections qui ne puissent convenir qu’à un Dieu, et si les miracles qui y sont cités s’accordent avec ce que l’on devrait penser de la grandeur, de la bonté, de la justice et de la sagesse infinie d’un Dieu tout-puissant.

Premièrement, on verra qu’il n’y a aucune érudition, aucune pensée sublime, ni aucune production qui passe les forces ordinaires de l’esprit humain. Au contraire on n’y verra, d’un côté, que des narrations fabuleuses, comme sont celles de la formation de la femme tirée d’une côte de l’homme, du prétendu paradis terrestre, d’un serpent qui parlait, qui raisonnait, et qui était même plus rusé que l’homme ; d’une ânesse qui parlait, et qui reprenait son maître de ce qu’il la maltraitait mal à propos ; d’un déluge universel, et d’une arche où des animaux de toute espèce étaient renfermés ; de la confusion des langues et de la division des nations, sans parler de quantité d’autres vains récits particuliers sur des sujets bas et frivoles, et que des auteurs graves mépriseraient de rapporter. Toutes ces narrations n’ont pas moins l’air de fables que celles que l’on a inventées sur l’industrie de Prométhée, sur la boîte de Pandore, ou sur la guerre des géants contre les dieux, et autres semblables que les poètes ont inventées pour amuser les hommes de leur temps.

D’un autre côté, on n’y verra qu’un mélange de quantité de lois et d’ordonnances, ou de pratiques superstitieuses, touchant les sacrifices, les purifications de l’ancienne loi, le vain discernement des animaux, dont elle suppose les uns purs et les autres impurs. Ces lois ne sont pas plus respectables que celles des nations les plus idolâtres.

On n’y verra encore que de simples histoires, vraies ou fausses, de plusieurs rois, de plusieurs princes ou particuliers qui auront bien ou mal vécu, ou qui auront fait quelques belles ou mauvaises actions, parmi d’autres actions basses et frivoles qui y sont rapportées aussi.

Pour faire tout cela, il est visible qu’il ne fallait pas avoir un grand génie, ni avoir des révélations divines. Ce n’est pas faire honneur à un Dieu.

Enfin on ne voit, dans ces livres, que les discours, la conduite et les actions de ces renommés prophètes qui se disaient être tout particulièrement inspirés de Dieu. On verra leur manière d’agir et de parler, leurs songes, leurs illusions, leurs rêveries ; et il sera facile de juger qu’ils ressemblaient beaucoup plus à des visionnaires et à des fanatiques qu’à des personnes sages et éclairées.

Il y a cependant dans quelques-uns de ces livres plusieurs bons enseignements et de belles maximes de morale, comme dans les Proverbes attribués à Salomon, dans le livre de la Sagesse et de l’Ecclésiastique ; mais ce même Salomon, le plus sage de leurs écrivains, est aussi le plus incrédule. Il doute même de l’immortalité de l’âme, et il conclut ses ouvrages par dire qu’il n’y a rien de bon que de jouir en paix de son labeur, et de vivre avec ce que l’on aime.

D’ailleurs, combien les auteurs qu’on nomme profanes, Xénophon, Platon, Cicéron, l’empereur Antonin, l’empereur Julien, Virgile, etc., sont-ils au-dessus de ces livres qu’on nous dit inspirés de Dieu ! Je crois pouvoir dire que quand il n’y aurait par exemple, que les Fables d’Ésope, elles sont certainement beaucoup plus ingénieuses et plus instructives que ne le sont toutes ces grossières et basses paraboles qui sont rapportées dans les Évangiles.

Mais ce qui fait encore voir que ces sortes de livres ne peuvent venir d’aucune inspiration divine, c’est qu’outre la bassesse et la grossièreté du style, et le défaut d’ordre dans la narration des faits particuliers qui y sont très mal circonstanciés, on ne voit point que les auteurs s’accordent ; ils se contredisent en plusieurs choses ; ils n’avaient pas même assez de lumières et de talents naturels pour bien rédiger une histoire.

Voici quelques exemples des contradictions qui se trouvent entre eux. L’évangéliste Matthieu fait descendre Jésus-Christ du roi David par son fils Salomon, jusqu’à Joseph, père au moins putatif de Jésus-Christ ; et Luc le fait descendre du même David par son fils Nathan jusqu’à Joseph.

Matthieu dit, parlant de Jésus, que le bruit s’étant répandu dans Jérusalem qu’il était né un nouveau roi des Juifs, et que les mages étant venus le chercher pour l’adorer, le roi Hérode, craignant que ce prétendu roi nouveau-né lui ôtât quelque jour la couronne, fit égorger tous les enfants nouvellement nés depuis deux ans, dans tous les environs de Bethléem, ou on lui avait dit que ce nouveau roi devait naître, et que Joseph et la mère de Jésus ayant été avertis en songe, par un ange, de ce mauvais dessein, ils s’enfuirent incontinent en Égypte, où ils demeurèrent jusqu’à la mort d’Hérode, qui n’arriva que plusieurs années après.

Au contraire, Luc marque que Joseph et la mère de Jésus demeurèrent paisiblement durant six semaines dans l’endroit où leur enfant Jésus fut né ; qu’il y fut circoncis suivant la loi des Juifs, huit jours après sa naissance, et que lorsque le temps prescrit par cette loi pour la purification de sa mère fut arrivé, elle et Joseph son mari le portèrent à Jérusalem pour le présenter à Dieu dans son temple, et pour offrir en même temps un sacrifice, ce qui était ordonné par la loi de Dieu ; après quoi ils s’en retournèrent en Galilée dans leur ville de Nazareth, où leur enfant Jésus croissait tous les jours en grâce et en sagesse ; et que son père et sa mère allaient tous les ans à Jérusalem, aux jours solennels de leur fête de Pâques, si bien que Luc ne fait aucune mention de leur fuite en Égypte, ni de la cruauté d’Hérode envers les enfants de la province de Bethléem.

A l’égard de la cruauté d’Hérode, comme les historiens de ce temps-là n’en parlent point, non plus que Josèphe l’historien, qui a écrit la vie de cet Hérode, et que les autres évangélistes n’en font aucune mention, il est évident que le voyage de ces mages conduits par une étoile, ce massacre des petits enfants, et cette fuite en Égypte, ne sont qu’un mensonge mensonge absurde : car il n’est pas croyable que Josèphe, qui a blâmé les vices de ce roi, eût passé sous silence une action si noire et si détestable, si ce que cet évangéliste dit eût été vrai.

Sur la durée du temps de la vie publique de Jésus-Christ, suivant ce que disent les trois premiers évangélistes, il ne pouvait y avoir eu guère plus de trois mois depuis son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

Voir ce dossier sur le site aggelia.
jusqu’à sa mort, en supposant qu’il avait trente ans lorsqu’il fut baptisé par Jean, comme dit Luc, et qu’il fût né le 25 décembre. Car depuis ce baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, qui fut l’an 15 de Tibère-César, et l’année qu’Anne et Caïphe étaient grands prêtres, jusqu’au premier Pâque suivant, qui était dans le mois de mars, il n’y avait qu’environ trois mois ; suivant ce que disent les trois premiers évangélistes, il fut crucifié la veille du premier Pâque suivant, après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, et la première fois qu’il vint à Jérusalem avec ses disciples, car tout ce qu’ils disent de son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, de ses voyages, de ses miracles, de ses prédications, et de sa mort et passion, se doit rapporter nécessairement à la même année de son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, puisque ces évangélistes ne parlent d’aucune autre année suivante, et qu’il paraît même, par la narration qu’ils font de ses actions, qu’il les a toutes faites immédiatement après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, consécutivement les unes après les autres, et en fort peu de temps, pendant lequel on ne voit qu’un seul intervalle de six jours avant sa transfiguration, pendant lesquels six jours on ne voit pas qu’il ait fait aucune chose.

On voit par là qu’il n’aurait vécu, après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, qu’environ trois mois, desquels, si l’on vient à ôter six semaines de quarante jours et quarante nuits qu’il passa dans le désert immédiatement après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, il s’ensuivra que le temps de sa vie publique, depuis ses premières prédications jusqu’à sa mort, n’aura duré qu’environ six semaines ; et suivant ce que Jean dit, il aurait au moins duré trois ans et trois mois, parce qu’il paraît par l’Évangile de cet apôtre, qu’il aurait été, pendant le cours de sa vie publique, trois ou quatre fois à Jérusalem à la fête de Pâques, qui n’arrivait qu’une fois l’an.

Or s’il est vrai qu’il y ait été trois ou quatre fois depuis son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, comme Jean le témoigne, il est faux qu’il n’ait vécu que trois mois après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, et qu’il ait été crucifié la première fois qu’il alla à Jérusalem.

Si l’on dit que ces trois premiers évangélistes ne parlent effectivement que d’une seule année, mais qu’ils ne marquent pas distinctement les autres qui se sont écoulées depuis son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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, ou que Jean n’entend parler que d’une seule Pâque, quoiqu’il semble qu’il parle de plusieurs, et que c’est par anticipation qu’il répète plusieurs fois que la fête de Pâques des Juifs était proche, et que Jésus alla à Jérusalem, et par conséquent qu’il n’y a qu’une contrariété apparente sur ce sujet entre ces évangélistes, je le veux bien ; mais il est constant que cette contrariété apparente ne viendrait que de ce qu’ils ne s’expliquent pas avec toutes les circonstances qui auraient été à remarquer dans le récit qu’ils font. Quoi qu’il en soit, il y a toujours lieu de tirer cette conséquence qu’ils n’étaient donc pas inspirés de Dieu lorsqu’ils on écrit leurs histoires.

Autre contradiction au sujet de la première chose que Jésus-Christ fit incontinent après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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 : car les trois premiers évangélistes disent qu’il fut aussitôt transporté par l’esprit dans un désert, où il jeûna quarante jours et quarante nuits, et où il fut plusieurs fois tenté par le diable ; et, suivant ce que dit Jean, il partit deux jours après son baptême baptême Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, une étape d’une importance capitale dans leur engagement religieux. Il est pour eux, la seule manière de se positionner officiellement pour le nom de Jéhovah et de lui vouer ainsi leur vie. C’est une condition indispensable à remplir, pour échapper à la destruction du ‘système de choses mauvais’ actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.

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pour aller en Galilée, où il fit son premier miracle en y changeant l’eau en vin aux noces de Cana, où il se trouva trois jours après son arrivée en Galilée, à plus de trente lieues de l’endroit où il était.

A l’égard du lieu de sa première retraite après sa sortie du désert, Matthieu dit, ch. iv, vers. 13, qu’il s’en vint en Galilée, et que, laissant la ville de Nazareth, il vint demeurer à Capharnaüm, ville maritime ; et Luc, ch. iv, vers. 16 et 31, dit qu’il vint d’abord à Nazareth, et qu’ensuite il vint à Capharnaüm.

Ils se contredisent sur le temps et la manière dont les apôtres se mirent à sa suite : car les trois premiers disent que Jésus passant sur le bord de la mer de Galilée, il vit Simon et André son frère, et qu’un peu plus loin il vit Jacques et Jean son frère avec leur père Zébédée. Jean, au contraire, dit que ce fut André, frère de Simon Pierre, qui se joignit premièrement à Jésus, avec un autre disciple de Jean-Baptiste, l’ayant vu passer devant eux lorsqu’ils étaient avec leur maître sur les bords du Jourdain.

Au sujet de la cène, les trois premiers évangélistes marquent que Jésus-Christ fit l’institution du sacrement de son corps et de son sang, sous les espèces et apparences du pain et du vin, comme parlent nos christicoles romains ; et Jean ne fait aucune mention de ce mystérieux sacrement. Jean dit, ch. XIII, vers. 5, qu’après cette cène Jésus lava les pieds à ses apôtres, qu’il leur commanda expressément de se faire les uns aux autres la même chose, et rapporte un long discours qu’il leur fit dans ce même temps. Mais les autres évangélistes ne parlent aucunement de ce lavement de pieds, ni d’un long discours qu’il leur fit pour lors. Au contraire, ils témoignent qu’incontinent après cette cène, il s’en alla avec ses apôtres sur la montagne des Oliviers, où il abandonna son âme à la tristesse, et qu’enfin il tomba en agonie, pendant que ses apôtres dormirent un peu plus loin.

Ils se contredisent eux-mêmes sur le jour qu’ils disent qu’il fit cette cène : car d’un côté ils marquent qu’il la fit le soir de la veille de Pâques, c’est-à-dire le soir du premier jour des azymes, ou de l’usage des pains sans levain, comme il est marqué dans l’Exode, xii, 18 ; Lévit., xxiii, 5 ; dans les Nomb., xxviii, 16 ; et d’un autre côté ils disent qu’il fut crucifié le lendemain du jour qu’il fit cette cène, vers l’heure de midi, après que les Juifs lui eurent fait son procès pendant toute la nuit et le matin. Or, suivant leur dire, le lendemain qu’il fit cette cène n’aurait pas dû être la veille de Pâques. Donc, s’il est mort la veille de Pâques vers le midi, ce n’était point le soir de la veille de cette fête qu’il fit cette cène. Donc il y a erreur manifeste.

Ils se contredisent aussi sur ce qu’ils rapportent des femmes, qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, car les trois premiers évangélistes disent que ces femmes, et tous ceux de sa connaissance, entre lesquelles étaient Marie Magdeleine, et Marie, mère de Jacques et de Josès, et la mère des enfants de Zébédée, regardaient de loin ce qui se passait, lorsqu’il était pendu et attaché à la croix. Jean dit au contraire, xix, 25, que la mère de Jésus, et la soeur de sa mère, et Marie-Magdeleine, étaient debout auprès de la croix, avec Jean son apôtre. La contrariété est manifeste : car si ces femmes et ce disciple étaient près de lui, elles n’étaient donc pas éloignées, comme disent les autres.

Ils se contredisent sur les prétendues apparitions qu’ils rapportent que Jésus-Christ fit après sa prétendue résurrection, car Matthieu, ch. xxxviii, v. 9 et 16, ne parle que de deux apparitions l’une, lorsqu’il apparut à Marie-Magdeleine et à une autre femme nommée aussi Marie, et lorsqu’il apparut à ses onze disciples, qui s’étaient rendus en Galilée sur la montagne qu’il leur avait marquée pour le voir. Marc parle de trois apparitions la première, lorsqu’il apparut à Marie Magdeleine ; la seconde, lorsqu’il apparut à ses deux disciples, qui allaient à Emmaüs ; et la troisième, lorsqu’il apparut à ses onze disciples, à qui il fit reproche de leur incrédulité. Luc ne parle que des deux premières apparitions comme Matthieu ; et Jean l’évangéliste parle de quatre apparitions, et ajoute aux trois de Marc celle qu’il fit à sept ou huit de ses disciples, qui pêchaient sur la mer de Tibériade.

Ils se contredisent encore sur le lieu de ces apparitions : car Mathieu dit que ce fut en Galilée, sur une montagne ; Marc dit que ce fut lorsqu’ils étaient à table : Luc dit qu’il les mena hors de Jérusalem, et qu’il les mena jusqu’en Béthanie, où il les quitta en s’élevant au ciel ; et Jean dit que ce fut dans la ville de Jérusalem, dans une maison dont ils avaient fermé les portes ; et une autre fois sur la mer de Tibériade.

Voilà bien de la contrariété dans le récit de ces prétendues apparitions. Ils se contredisent au sujet de sa prétendue ascension au ciel : car Luc et Marc disent positivement qu’il monta au ciel en présence de ses onze apôtres ; mais ni Matthieu ni Jean ne font aucune mention de cette prétendue ascension. Bien plus, Matthieu témoigne assez clairement qu’il n’est point monté au ciel, puisqu’il dit positivement que Jésus-Christ assura ses apôtres qu’il serait et qu’il demeurerait toujours avec eux jusqu’à la fin des siècles. "Allez donc, leur dit-il dans cette prétendue apparition, enseignez toutes les nations, et soyez assurés que je serai toujours avec vous jusqu’à la fin des siècles.

Luc se contredit lui-même sur ce sujet : car dans son Évangile, ch. xxiv, v. 50, il dit que ce fut en Béthanie qu’il monta au ciel en présence de ses apôtres ; et dans ses Actes des apôtres, supposé qu’il en soit l’auteur, il dit que ce fut sur la montagne des Oliviers. Il se contredit encore lui-même dans une autre circonstance de cette ascension : car il marque dans son Évangile, que ce fut le jour même de sa résurrection, ou la première nuit suivante, qu’il monta au ciel ; et dans ses Actes des apôtres il dit que ce fut quarante jours après sa résurrection ; ce qui ne s’accorde certainement pas.

Si tous les apôtres avaient véritablement vu leur maître monter glorieusement au ciel, comment Matthieu et Jean, qui l’auraient vu comme les autres, auraient-ils passé sous silence un si glorieux mystère, et si avantageux à leur maître, vu qu’ils rapportent quantité d’autres circonstances de sa vie et de ses actions qui sont beaucoup moins considérables que celle-ci ? Comment Matthieu ne fait-il pas mention expresse de cette ascension, et n’explique-t-il pas clairement de quelle manière il demeurerait toujours avec eux, quoiqu’il les quittât visiblement pour monter au ciel ? Il n’est pas facile de comprendre par quel secret il pouvait demeurer avec ceux qu’il quittait.

Je passe sous silence quantité d’autres contradictions : ce que je viens de dire suffit pour faire voir que ces livres ne viennent d’aucune inspiration divine, ni même d’aucune sagesse humaine, et par conséquent qu’ils ne méritent pas qu’on y ajoute aucune foi.

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