samedi, 4 février 2012|

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Six cent soixante-six et non 666



Table des matières :

Chargé émotionnellement le nombre effrayant de la bête du 13e chapitre de la Révélation est bien entendu expliqué à grands renforts de références bibliques et de symbolismes lumineux.
La Révélation le grand dénouement est proche, chapitre 28 p.196 §33, 34 explique :

La bête sauvage porte un nom, et ce nom est un nombre : 666. Le chiffre six est associé aux ennemis de Jéhovah. Ainsi, la Bible parle d’un Philistin, un Rephaïm, qui était « d’une taille extraordinaire » et dont « les doigts et les orteils allaient par six ». (1 Chroniques 20:6.) Le roi Neboukadnetsar fit une image d’or de 6 coudées de largeur et de 60 coudées de hauteur pour unir ses dignitaires dans la pratique d’un même culte. Lorsque les serviteurs de Dieu refusèrent d’adorer cette image d’or, ce roi les fit jeter dans un four de feu (Daniel 3:1-23). Le chiffre six est inférieur au chiffre sept, qui représente l’état de ce qui est complet aux yeux de Dieu. Par conséquent, un triple six symbolise une imperfection flagrante.
Un nom sert à identifier une personne. À quoi ce nombre identifie-t-il donc la bête ? Jean dit que celle-ci a « un nombre d’homme », et non celui d’une personne spirituelle. Par conséquent, ce nom confirme que la bête sauvage est terrestre, qu’elle symbolise la domination humaine. De même que le chiffre six est inférieur à sept, de même le nombre 666 (6 au troisième degré) est un nom approprié au système politique gigantesque qui est bien loin de satisfaire aux normes divines de perfection. Ainsi, la bête sauvage politique qui exerce la domination suprême sur le monde a pour nom un chiffre : 666 ; les systèmes politique, religieux et commercial font en sorte que cette bête sauvage continue à opprimer les humains et à persécuter le peuple de Dieu

Et plus récemment encore la Tour de Garde, 1/4/2004 p.3, reprend :

Six est égal à sept moins un. N’est-ce pas là un symbole approprié de ce qui est imparfait, déficient, du point de vue de Dieu ? Assurément (1 Chroniques 20:6, 7) ! De plus, écrire trois fois le chiffre six, autrement dit 666, souligne avec force cette imperfection. Autre argument en faveur de cette compréhension : comme nous l’avons vu, 666 est un « chiffre humain ». Ainsi, le passé de la bête, son « chiffre humain » et le nombre 666 lui-même aboutissent tous à une seule et même conclusion : manquement total et échec absolu aux yeux de Jéhovah.

Et voilà comment on rattache le nombre 666 à notre époque moderne sans autre forme de procès. Mais cette compréhension résolument moderne est-elle correcte ? Supporte-t-elle un examen éclairé du grec ?

Voici la traduction d’une excellente étude portant précisément sur la lecture correcte, avec l’intelligence de l’époque, du nombre de la bête.

SIX CENT SOIXANTE-SIX MAIS PAS 666

Traduction de l’anglais par mes soins.
Edward L. Pothier (Juillet 1991)
= Physics Department / Northeastern University / Boston, MA 02115 =

-I. Contre la représentation numérique 666

Le plus fameux (ou le plus infâme) nombre de la Bible toute entière est peut-être l’étrange nombre six cent soixante-six, le nombre de l’une des bêtes du 13e chapitre du livre de la Révélation.
A partir de films et de nouvelles, nombre de personnes, certaines n’ayant même aucune réelle connaissance biblique, prennent conscience que ce nombre est associé au Mal et au danger.
Si l’on isole le seul verset concerné la traduction biblique nous donne : « C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. » (Révélation 13:8 - Segond).
Le but de cette étude n’est pas d’ajouter encore à la considérable littérature portant sur les images apocalyptiques et ce nombre. Des livres entiers ont été écrits sur ce sujet [1].
Cette étude portera préférentiellement et uniquement sur la représentation du nombre six cent soixante-six, établissant que le représenter 666 (un triple 6) est une erreur. Une telle représentation peut mener les lecteurs modernes à de fausses interprétations. C’est une représentation anachronique extravagante.
Cependant un grand nombre de traductions modernes anglaises de la Bible font usage de cette représentation numérique, utilisant des nombres plutôt que des mots. Une liste non exhaustive de ces traductions qui utilisent des nombres inclut : the New International Version (NIV), the Jerusalem Bible (JB), the New Jerusalem Bible (NJB), the Good News Bible (GNB), the New King James Version (NKJV) et the Living Bible Paraphrased (LBP).
Dans the Revised New Testament of the New American Bible le texte présente les mots au lieu des nombres, quoique la note en bas de page « officielle » termine ainsi : « Il a également été observé que »6« représente l’imperfection, manquant le nombre parfait »7« , représenté ici sous une forme triple ou superlative ». Presque tous les commentaires qu’ils soient érudits, populaires ou sensationnels attirent l’attention sur une sorte de symbolisme du « triple six » similaire à celui exprimé par la note en bas de page de the revised New American Bible citée plus haut.
Écrire le nombre complet dans NOS symboles numériques, 666, peut seulement soutenir cette orientation douteuse.
En dépit de notre aptitude immédiate, presqu’instinctive, à voir six cent soixante-six représenté comme 666, c’est un phénomène relativement récent. Les lecteurs originaux (ou très probablement les auditeurs [2]) du livre de la Révélation (probablement rédigé dans la dernière partie du premier siècle en koiné ou grec commun de l’époque) n’ont probablement pas lu ou entendu quoique ce soit de particulier dans la répétition du nombre 6 comme nous le faisons avec 666.
Pour comprendre pourquoi le nombre six cent soixante six ne devrait pas être écrit 666 exige l’examen tant de notre représentation moderne des nombres que de la représentation grecque du 1er siècle.
Alors que Jean, le rédacteur de la Révélation, a dû chercher à cacher l’identité de la « bête » des regards extérieurs, « ceux qui ont la connaissance », même au 1er siècle, ont dû être capables de calculer (décoder) le nombre et n’ont pas dû attendre une représentation numérique bien plus tardive.

-II. Notre système décimal moderne

Pour représenter les nombres nous utilisons un système décimal (base 10). En utilisant simplement les dix (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, et 0) chiffres arabes (ou plus exactement hindou-arabes ou indiens) nous pouvons représenter n’importe quel grand nombre. L’usage du nombre 0 est spécialement important en ce qu’il nous permet de n’avoir besoin (dans un système décimal) que des neuf autres chiffres. Les mêmes chiffres peuvent servir à représenter un nombre d’unités, de dizaines, de centaines, de milliers, etc. Sa position ou place dans le nombre composé détermine sa valeur réelle. Parce que chaque place dans le nombre indique combien de puissances de 10 sont contenues dans le nombre composé (peut-être aucune dans certains cas) nous disposons d’un système de valeurs positionnelles. Par exemple nous interprétons le nombre 123 comme 1x100 + 2x10 + 3x1. De manière identique notre nombre désigné 666 est 6x100 +6x10 +6x1.
Sans le zéro nous serions incapables de représenter un nombre tel que deux cent neuf. Mais puisque nous avons le zéro deux cent neuf peut être représenter comme 209 = 2x100 + 0x10 +9x1. Tout ceci semble bien trivial. Nous l’avons tous appris en cours élémentaire. Cependant cette représentation relativement moderne, comme nombre d’inventions est l’aboutissement de beaucoup d’évolutions et même de révolutions.
A l’époque de la rédaction du Nouveau Testament de tels nombres appartenaient au futur. A l’Ouest nous avons reçu notre système numérique des Arabes (d’où le nom usuel de chiffres arabes) à travers l’Espagne. Les Arabes quant à eux l’avait reçu des Indiens. La première introduction de ces chiffres en Espagne semble dater de la fin du 1er millénaire, mais il fallut attendre le deuxième millénaire pour qu’ils puissent s’imposer [3]. Jusqu’alors, et jusqu’à la fin du Moyen-Âge, l’usage des chiffres romains était la norme, jusqu’à ce qu’ils soient remplacés par les chiffres décimaux [4].

-III. Les nombres de l’alphabet grec au temps du Nouveau Testament (NT)

Puisque le livre de la Révélation, à l’instar des 26 autres livres du Nouveau Testament, a été rédigé en grec koiné au 1er ou au début du 2e siècle nous devons étudier comment les chiffres étaient représentés à cette époque en grec [5].
L’un des premiers systèmes numériques, connu sous le nom des nombres attiques, commença à Athènes et utilisait des symboles pour les nombres clés 1, 5, 10, 50, 100, etc. Les symboles individuels de chaque type étaient répétés aussi souvent que nécessaires (jusqu’à quatre fois) pour composer la représentation numérique. Ce qui peut être appelé un système RÉPÉTITIF 1-5. Ce système est très similaire à celui qui suivra (mais qui nous est plus familier), le système des nombres romains, excepté qu’il était toujours additif (répétitif) a contrario du système numérique romain qui pouvait avoir des formes soustractives [6]..
Un autre système existait également (ce qui n’est pas surprenant si l’on prend en considération l’indépendance et la non-coopération des cités-états grecques). Ce système connu comme le système ionien ou milésien (de Milet [7] en Asie mineure) a pu débuter au 6e siècle avant notre ère. Le système attique était abandonné, disparaissant presque complètement au temps de l’Empire romain. Le système alpha-numérique milésien fut officiellement adopté à Athènes au 1er siècle avant notre ère [8].
Au temps du Nouveau Testament nous avons uniquement besoin de prendre en compte le système alpha-numérique grec. Quoique les grecs disposaient de moyens pour représenter les nombres des milliers et des dizaines de milliers (myriades) nous ne considérerons que les nombres inférieurs à neuf cent quatre vingt dix-neuf.
Ces Grecs, comme nous, utilisaient un système décimal mais, de manière différente, n’utilisaient pas le nombre zéro [9].
Ainsi quoiqu’un système décimal, ce n’était pas un système de valeurs positionnelles. Aussi plus de symboles étaient nécessaires que les neuf (plus zéro) que nous utilisons.
Pour représenter les nombres jusqu’à neuf cent quatre vingt dix-neuf ils avaient besoin de 27 symboles différents : neuf pour les unités 1, 2, …, 9 ; neuf pour les dizaines 10, 20, …, 90 ; neuf pour les centaines 100, 200,…, 900.
Ils utilisaient pour symboles les lettres de l’alphabet grec. Cependant un problème immédiat apparaît car l’alphabet grec ne comporte que 24 lettres. Pour suppléer aux trois lettres manquantes ils faisaient usage de lettres devenues obsolètes d’alphabets antérieurs et , de manière un peu confuse, les mêlaient aux lettres classiques. Le tableau suivant [10] montre les affectations.

Table des valeurs numériques des lettres grecques
1 alpha 10 iota 100 rho
2 beta 20 kappa 200 sigma
3 gamma 30 lambda 300 tau
4 delta 40 mu 400 upsilon
5 epsilon 50 nu 500 phi
6 [digamma] 60 xi 600 chi
7 zeta 70 omicron 700 psi
8 eta 80 pi 800 omega
9 theta 90 [koppa] 900 [sampi]

Notez les lettres obsolètes entre parenthèses dans le tableau : digamma pour 6, koppa pour 90 et sampi pour 900. Le koppa et le sampi ne nous concerneront pas hormis le fait que la présence de koppa pour 90 décale d’une position les lettres suivantes (rho, sigma,…).
Le digamma comme 6 va être d’une grande importance pour représenter le nombre six cent soixante six. Cette lettre est également connue comme « stigma » (notez le t) car la forme de la lettre ressemble à la ligature des lettres grecques sigma et tau, qui correspondent à peu près à nos lettres s et t (si l’on y prête pas attention il pourrait être confondu avec le sigma, ce qui serait une erreur).
Pour la suite de l’étude cette lettre obsolète, remise en service pour représenter le chiffre 6, sera appelée stigma.
De fait pour représenter un nombre par les caractères alphabétiques au 1er siècle de notre ère [11] les écrivains grecs concaténaient les symboles individuels comme nous le faisons. En absence du zéro ils avaient besoin de plus de caractères possibles (les 27 de notre liste). Cependant pour représenter un nombre qui contient un zéro dans notre représentation ils avaient besoin de moins de caractères.
Notre nombre 123 était représenté par les trois lettres grecques (rho)(kappa)(gamma). Notre nombre 209 pouvait être représenté par deux lettres seulement (sigma)(theta) et 300 par une lettre seulement (tau).
Pour distinguer les lettres utilisées pour les nombres des lettres normales une ligne horizontale était habituellement tracée au dessus des lettres-nombres, et parfois une petite marque seulement [12].
Il doit être noté que l’ordre des lettres nécessaires à la représentation d’un nombre est sans importance, puisque le système n’est pas un système de valeurs positionnelles. Le plus souvent, toutefois, les lettres de plus grande valeur étaient placées en premier.
Aussi pour représenter le nombre qui nous intéresse particulièrement, six cent soixante-six, plutôt que d’utiliser trois caractères identiques (666) comme nous le faisons dans notre système décimal à VALEURS POSITIONNELLES, un écrivain grec du 1er siècle (s’il n’écrivait pas les nombres en toutes lettres comme nous le faisons également) devait utiliser trois caractères différents (chi)(xi)(stigma) !

-IV. Gématrie and Isopséphie

Au risque de transgresser la limite que nous nous sommes donnés pour nous concentrer uniquement sur la manière dont le nombre six cent soixante-six devait être représenté, une mention particulière doit être faite de la Gématrie ou Gematria.
Puisque dans le système alpha-numérique grec décrit plus haut chaque lettre de l’alphabet grec (et même trois lettres qui n’étaient plus utilisées comme lettres normales) avait également une valeur numérique, il était possible de donner à chaque mot, nom ou phrase, une valeur numérique composée en additionnant les valeurs de chaque lettre individuelle. Et si une chose est possible elle était certainement faite.
Les rabbins juifs suivaient un procédé similaire puisque les 22 lettres de l’alphabet hébreu servaient également à remplacer les 22 premiers caractères sur les 27 nécessaires pour représenter les nombres jusqu’à 999 dans leur système hébraïque. La 22e et dernière lettre représentait la valeur 400. Les valeurs numériques restantes 500, 600, 700, 800, et 900 nécessitaient soit une « forme finale » spéciale de certaines lettres soit de simples représentations additives, 500 pouvant se décomposer par combinaison des lettres de valeurs 400 et 100, etc [13].
Le résultat important était que chaque lettre de l’alphabet hébreu avait une valeur numérique et en additionnant les valeurs numériques des lettres d’un mot on pouvait lui attribuer une valeur numérique composée.
Ce procédé était appelé gématrie.
En grec l’équivalent de la gématrie est parfois appelé isopséphie (des mots grecs pour « égal » et « compte [14]) car l’un des usages était de mettre en relation deux mots ou phrases ayant même valeur numérique [15].
Quoique la gématrie est souvent considérée comme principalement une pratique juive, son usage dans la sphère gréco-romaine [16] est connue [17], 276-278.(16) (avec les nombres souvent donnés par le système alpha-numérique exposé plus haut).
C’est la source la plus probable pour la valeur numérique du nombre de la bête de Révélation 13:18.
Il était connu même dans le monde antique que, alors qu’il est extrêmement facile de passer d’un mot, d’un nom ou d’une phrase à sa valeur numérique composée (on a simplement à additionner les valeurs numériques des lettres) il est impossible d’inverser le processus. Avoir un nombre ne permet pas de revenir au mot, au nom ou à la phrase, à moins de posséder une information externe. Comme une machine équipée d’un ressort ou quelques pièges pour animaux certains procédés ne fonctionnent que dans un sens.

-V. Lectures en grec du Nouveau Testament de Révélation 13:18

Ayant décrit plus avant le système alpha-numérique grec il est à présent possible de voir comment Révélation 13:18 est représenté dans le grec du Nouveau Testament. Jusqu’à la première impression du Nouveau Testament grec au 16e siècle, chaque copie de chaque livre du NT était écrite à la main. Des variations furent introduites accidentellement ou intentionnellement.
Puisque nous ne disposons plus des copies originales autographes comme elles vinrent des mains des auteurs un procédé de critique textuel doit être utilisé [18]. La critique textuelle est la science et l’art qui consiste à rassembler toutes les preuves issues des copies existantes afin de reconstituer, aussi bien que possible, le texte tel qu’il était à l’origine.
Il existe deux éditions critiques modernes majeures qui sert DE FACTO de « texte standard ». Ce sont le Nestle-Aland twenty sixth edition (NA26) et le United Bible Societies Greek New Testament third edition [19] (UBSGNT3). Ce ne sont pas des éditions critiques indépendantes puisqu’elles ont en commun éditeurs et leçons du texte. Elles diffèrent cependant dans la ponctuation et les signes typographiques ainsi que la documentation des variantes textuelles des différents manuscrits.
Dans l’édition critique moderne « standard » le verset qui nous concerne est rendu (en utilisant une translittération qui permet la reproduction du texte grec en caractères latins) sous la forme : « ho:de he : sophia estin. ho echo:n noun pse:phisato : ton arithmon tou the:riou, arithmos gar anthro:pou estin, kai ho arithmos autou hexakosioi hexe:konta hex. » (Rev 13:18, NA26).
Dans ce verset nous voyons apparaître plusieurs fois le mot grec pour nombre (arithmos), qui a donné notre mot arithmétique. Ce qui est particulièrement important pour nous sont les trois derniers mots grecs représentant six cents, soixante et six. Comme nous pouvons le constater dans la translittération tous ces mots commencent par « hex », préfixe grec que nous retrouvons dans nos mots hexagone ou hexamètre.
Aussi quand les mots du nombre (666) sont extraits du texte grec, et non les caractères alpha-numériques, un lecteur grec voit un début commun aux trois mots, « hex », tout comme un lecteur moderne voit « six » dans les mots du nombre.
En appui de la reconstruction érudite du « meilleur », c’est à dire aussi proche de l’original que possible, texte (de manière évidente et à certains degrés une question d’opinion basée sur la preuve et les présuppositions savantes), une édition critique montre également combien la lecture des manuscrits diffère.
L’édition NA26 le fait à travers un ensemble de symboles dans le texte lui-même (omis dans la translittération donnée plus haut) et un appareil compact de notes en bas de page détaillant chaque variante, listant les différentes lectures et mentionnant quels manuscrits (en utilisant une notation standard relative au nom des manuscrits) retenaient telle ou telle lecture.
Les variantes et manuscrits concernant les mots grecs du nombre sont donnés à la fin de Révélation 13:18.
Codex Vaticanus - 350 Un texte pour les trois mots correspondant exactement à ceux du texte critique est contenu dans le Codex Alexandrinus datant du 5e siècle. Une légère variante concernant quelques terminaisons grammaticales insignifiantes est rapportée dans certains manuscrits, incluant le Codex Sinaiticus datant du 4e siècle. (Un autre manuscrit important datant du 4e siècle, le Vaticanus, est amputé du livre de la Révélation et de certains autres livres à la fin du NT). Une lecture majeure différente (de la lecture du texte de l’édition critique) apparaît pour un autre manuscrit du 5e siècle, le Codex Ephraemi Syri Rescriptus, et contient le nombre six cent seize et non six cent soixante-six. Il y a également un manuscrit tardif qui contient le nombre six cent soixante cinq [20] !
Hinds & Noble (1897) Interlinear New TestamentD’un intérêt particulier pour nous est une collection de manuscrits qui sont indiqués soutenir la lecture du nombre faite dans l’édition critique. Ce sont des manuscrits qui, au lieu d’écrire les trois mots du nombre, utilisent la notation alphabétique grecque, c’est à dire les trois lettres grecques (chi)(xi)(stigma). Parmi les manuscrits listés figurent le manuscrit P47 (un manuscrit en papyrus, d’où le P dans le nom, datant du 3e siècle et connu comme le Chester Beatty III), un manuscrit du 10e siècle noté 051 et symbole « Majority-text » (qui concerne beaucoup de manuscrits byzantins tardifs).
P47 est du 3e siècle et constitue le plus vieux manuscrit du livre de la Révélation. Il contient des parties des chapitres 9 à 17. Nous allons considérer sa lecture des nombres en Révélation 13:18 et des versets voisins dans la prochaine section.
Parce que, comme mentionné plus haut, la majorité des manuscrits (pour la plupart de minuscules manuscrits byzantins tardifs) inclut la représentation du nombre six cent soixante-six par les trois lettres (chi)(xi)(stigma) le texte présenté dans une autre version moderne (mais non standard) appelé sans surprise THE GREEK NEW TESTAMENT ACCORDING TO THE MAJORITY TEXT (le NT selon le texte majoritaire) le fait aussi [21].
Notez qu’il y a un désaccord majeur concernant la valeur respective des manuscrits et des groupes de manuscrits entre les promoteurs de cette édition et ceux des éditions standards [22].
Le fameux Textus Receptus, qui fut considéré comme le texte standard depuis le 16e siècle (le terme fut utilisé la 1re fois au 17e siècle) jusqu’au 19e siècle et la production de textes critiques modernes, était une évolution des premiers NT grecs imprimés. Son texte utilisait également la notation (chi)(xi)(stigma). La base essentielle de cette édition était seulement une poignée de textes de manuscrits assez récents, une recension du texte Majoritaire.

-VI. Le Papyrus P47 en détail et les nombres de Révélation 13:18

Comme précédemment mentionné P47 est le plus ancien manuscrit contenant une partie du livre de la Révélation. Cependant sa méthode pour rendre le nombre six cent soixante-six (en utilisant les caractères alpha-numériques grecs) n’est pas celle retenue par le texte critique « standard » (qui rend le nombre par des mots). L’appareil critique textuel de NA26 montre d’autres variations de P47 par rapport au texte usuel, même en d’autres places que Rév. 13:18.
Quoique l’usage d’une édition critique du texte soit à la portée de qui sait lire le grec koiné, les chances d’avoir accès aux reproductions des manuscrits individuels sont minces. De nombreuses librairies théologiques n’ont même pas d’éditions publiées qui contiennent les photographies des manuscrits recherchés.
C’est pourquoi nous avons de la chance que Kurt et Barbara Aland dans leur ouvrage largement diffusé THE TEXT OF THE NEW TESTAMENT (le texte du NT - dans la 1re et 2e - éditions de 1987 et 1989) inclut une planche 23 à la page 90 qui présente Rév. 13:16-14:4 de P47 (notez que la légende de la planche est incorrecte car elle rattache P47 au 2e siècle alors que dans d’autres endroits du livre la date usuelle du 3e siècle est citée).
P47 - Chester Beatty III - On reconnait les caractères grecs et la ligne horizontale.Comme mentionné plus haut à propos du système alpha-numérique grec la manière usuelle pour indiquer que les lettres devaient être considérées comme des nombres était une ligne horizontale placée au dessus des lettres-nombres (une ligne horizontale peut également désigner autre chose). Sur la neuvième ligne en partant du haut du fragment (on comptera les lignes en négligeant la première ligne qui semble ne contenir qu’un seul caractère) nous pouvons voir la première ligne horizontale soulignée. Elle est juste au dessus les trois lettres(chi)(xi)(stigma) qui représentent le six cent soixante-six de Révélation 13:18.
Le verset 14:1 démarre immédiatement après (il n’existe aucune séparation ou espace dans de tels manuscrits), un moyen évident de se rappeler que la division en chapitres et versets, que nous trouvons si essentielle pour localiser et citer les textes n’est qu’une addition tardive datant de plusieurs siècles après que les livres du NT ne soient rédigés.
Deux lignes plus bas la ligne horizontale se trouve au dessus des lettres (rho)(mu)(delta). C’est la représentation alpha-numérique de cent quarante quatre mille. Dans ce manuscrit P47, si le nombre (cent quarante quatre) est écrit en représentation alpha-numérique, le mot pour « milliers » est écrit à la suite des chiffres. Les mêmes caractères (rho)(mu)(delta) à nouveau surlignés se répètent quatre lignes à partir de la fin du fragment. (…)

-VII. Traduire les nombres de Rév. 13:18

Comment devrions nous traduire les mots numériques à la fin de Révélation 13:18 ? Si nous considérons la traduction du texte critique « standard » : "hexakosioi hexe:konta hex« , avec les nombres rendus comme des mots, en ce cas nous devrions lire dans notre traduction »six cent soixante-six« . La séquence »hex« se répète en ce cas comme se répète le »six". Il n’y a aucune justification, en aucun cas, d’utiliser la représentation numérique 666.
Une question DOIT être posée : si le texte devait être traduit comme en P47 ou dans le Texte Majoritaire ou encore le Textus Receptus, c’est à dire le nombre représenté par les trois lettres grecques (chi)(xi)(stigma), alors il y aurait quelque justification à faire usage de ce qui pourrait en être l’équivalent « moderne », le nombre 666. Cela supporterait la « FORME » du texte original (la représentation était numérique) mais cela ne pourrait pas supporter la « SIGNIFICATION » originale si le symbolisme récent d’un nombre répété et identique l’emportait sur la seule signification d’une quantité numérique. Nous n’avons aucun moyen de signifier (en utilisant notre système décimal à valeurs positionnelles) que les nombres grecs originaux utilisés étaient tous différents. Une note en bas de page du traducteur serait une possibilité, mais une note en bas de page est seulement une note en bas de page.

- VIII. « Contre les Hérésies » d’Irénée de Lyon et les Oracles Sybillins

Les deux œuvres considérées dans cette section sont toutes deux post-NT, inachevées et assez marginales par rapport à l’essentiel de notre développement. Nous en traitons car l’une est une discussion primitive du nombre de la bête et l’autre est un exemple de gématrie sur le nom de Jésus.
Irénée de Lyon fut évèque de Lyon au cours de la seconde moitié du 2e siècle et rédigea une œuvre apologétique intitulée « Contre les Hérésies »(Adv. haer) qui nous est parvenue dans sa version latine, quoique l’original fut rédigé en grec.
A plusieurs endroits dans son 5e « livre » il traita du nombre de la bête (ainsi que nous l’appelons) en Rév. 13:18, échafaudant (sans succès) des hypothèses élaborées afin de résoudre le procédé de gématrie et de mettre un nom sur le nombre six cent soixante-six.(Adv.haer 5.30.2 [23]). Dans plusieurs passages il mentionne le chiffre 6 : « c’est six fois cent, six fois dix et six unités. »(Adv.haer 5.28.2). Dans un autre passage, il écrivit : « …si la raison nous enseigne que le chiffre du nom de la bête, compté à la manière des Grecs à l’aide des lettres que contient ce nom, est de six cent soixante-six, c’est-à-dire comporte un nombre de dizaines égal à celui des centaines et un nombre de centaines égal à celui des unités — car le nombre six conservé partout pareillement indique bien la récapitulation de toute l’apostasie perpétrée au commencement, au milieu des temps et à la fin… » (Adv.haer 5.30.1). Le dernier passage en particulier pourrait nous amener à penser qu’Irénée avait à l’esprit notre représentation moderne de 666. Cependant ce n’est rien de plus qu’une construction du système décimal grec (sans être pour autant à valeurs positionnelles) car les mots pour six cents, soixante et six commencent tous par « hex » en grec.

En Adv.haer 5.29.2 Irénée montre comment (dans sa conception d’une bête récapitulant l’ensemble du Mal) le nombre de la bête contient les six cents ans de l’âge de Noé alors que le déluge commença à balayer le Mal de l’époque (Gen 7:6).
Il contient les soixante coudées de hauteur de l’image idolâtrique que le roi Nébucadnezzar fit érigée (Dan 3:1). Et les six coudées de largeur de la même statue. En ce cas précis il est bien plus intéressé par la valeur du nombre détaillé selon les lettre-nombres grecques. Mais par dessus tout, et quoiqu’il admette son incapacité à déchiffrer le nombre, il fut plus obnubilé par ses tentatives [24]. pour décoder la gématrie. Malheureusement moins d’un siècle après la rédaction du livre de la Révélation il échoua.
Un exemple de gématrie grecque qui peut être décodée (car suffisamment d’information est donnée) est inclus dans les Oracles Sybillins. Les Oracles Sybillins sont une anthologie complexe en raison de la diversité des sources et des époques.
Selon une interpolation chrétienne du livre I, on trouve une description d’une gématrie basée sur le nom de Jésus (en grec Ie:sous) sous la forme d’une « prophétie [25] » :

324 Alors le fils du Grand Dieu viendra,
325 incarné, semblable aux hommes mortels de la Terre,
326 portant quatre voyelles, et les consonnes en lui sont deux.
327 J’expliciterai entièrement le nombre pour vous.
328 Pour huit unités, et égal en nombre de dizaines puis addition,
329 et huit cents révéleront le nombre
330 aux hommes qui sont rassasiés de l’infidélité. Mais toi,
prends à cœur
331 Christ, le Fils du Très Haut, Dieu immortel. (1:324-331)

En substituant simplement les lettres grecques du mot Jésus en grec à leurs valeurs numériques conventionnelles on obtient : Ie:sous —> 10+8+200+70+400+200 = 888 dans notre système décimal (qui peut d’ailleurs être représenté par (omega)(pi)(eta) en caractères grecs). Rien de plus ne semble être fait du chiffre 8. La plupart des commentaires qui ont été fait concernant la représentation nombre 666 aurait pu s’appliquer au nombre 888.

- IX Résumé

Cette étude a essayé d’argumenter contre la représentation numérique anachronique 666 pour le nombre de la bête en Rév. 13:18 car une telle représentation n’a pu se faire que plusieurs siècles après la rédaction du livre de la Révélation. Toute représentation basée sur cette exacte représentation devrait être suspecte au plus haut point.
A la section II (selon notre système de numérotation moderne) les faits furent établis et des notes en bas de page données pour plus de détails. Savoir que le système de représentation numérique actuel est relativement tardif est important pour l’argumentation de cette étude, mais les détails sont négligeables. Même si un degré d’incertitude porte sur quelques siècles, la conclusion reste la même.
La section III a traité de la manière dont les écrivains grecs représentaient les nombres par des lettres avec un remarquable effet de bord appelé gématrie, décrite en section IV.
La section V a traité des différentes lectures du texte grec du NT consigné en Rév. 13:18 et la section VI était un manuel (si vous disposiez du livre Texte du NT de Kurt et Barbara Aland) pour découvrir le papyrus P47 et le contexte textuel de Rév. 13:18.
La section VII a rappelé les objections à traduire le nombre de Rév. 13:18 en 666, avec une atténuation possible si ce sont les trois lettres grecques qui sont traduites.
La section VIII a traité de deux textes post-NT, accessoirement rattachés au développement de l’étude.
L’objectif de l’étude toute entière n’était pas seulement une attaque vigoureuse contre la représentation numérique 666 du livre de la bête. Cela peut être partiellement exact mais c’est aussi une tentative pour nous rappeler, à nous autres interpréteurs de la Bible, que presque 1900 ans ont passé depuis la rédaction des derniers livres du NT. Même si nous partageons la même foi chrétienne de base que les écrivains originels et leurs lecteurs/auditeurs, nous vivons dans une situation culturelle et intellectuelle largement différente. Une tendance à lire les textes à travers nos yeux modernes nous rend susceptibles de commettre des erreurs de jugement et des anachronismes, même lorsqu’il s’agit de représenter un nombre.


Si le nombre 666 ne peut valablement être lu comme trois 6 juxtaposés alors l’explication des théoriciens de la Watchtower ne tient pas. La compréhension de la vision est erronée, et le reste de l’enseignement est à l’avenant.
Avant d’accorder du crédit à une interprétation la sagesse voudrait d’en vérifier les fondements.


Notes:

[1] Un livre de plus de 300 pages a été écrit à ce sujet : David Brady, THE CONTRIBUTION OF BRITISH WRITERS BETWEEN 1560 AND 1830 TO THE INTERPRETATION OF REVELATION 13.16-18 (Tubingen : J. C. B. Mohr,1983). NDT : on se reportera utilement à l’entrée nombre de la bête de Wikipedia pour prendre conscience de la diversité des thèses émises pour expliquer ce nombre. L’une des plus fameuses est d’y voir le nom de César Néron, persécuteur des chrétiens de l’époque de la Révélation.

[2] Probablement tous les livres du Nouveau Testament étaient lus à voix haute. Cela devait être spécialement du livre de la Revelation avec ses cycles répétitifs et ses choeurs célestes. Voir Rev 1:3, 22:18.2

[3] Pour une description détaillée de l’évolution de notre système numérique actuel et comment il fit graduellement son chemin vers l’Ouest voir : Graham Flegg (ed), NUMBERS THROUGH THE AGES (London:Macmillian Education, 1989) 88-130. Georges Ifrah, FROM ONE TO ZERO : A UNIVERSAL HISTORY OF NUMBERS (New York : Viking, 1985) 428-497. Karl Menninger, NUMBER WORDS AND NUMBER SYMBOLS : A CULTURALHISTORY OF NUMBERS (Cambridge : MIT Press, 1969) 389-445.

[4] Incidemment, certains fanatiques apocalyptiques modernrs (ou étudiants de la « prophétie ») qui s’alarment beaucoup du nombre 666 et s’inquiète des grand système de contrôle informatique que la Bête utiliserait peut-être s’interroge sur le système hexadécimal (base 16) plutôt que sur le système décimal donnant le chiffre 666. Dans le système hexadécimal un nombre est représenté en utilisant 16 symboles numériques possibles : nos 0-9 usuels, puis 6 « chiffres » additionnels : A=10, B=11, C=12, D=13, E=14, F=15. En notation hexadécimale notation au lie d’avoir unités, dizaines, centaines on trouve unités, facteurs de 16 et de 256. Ainsi six cent soixante-six est représenté par 29A (hexadecimal) puisque le décimal 666= 2x256 + 9x16 + 10x1.

[5] Les sections concernées dans les différents ouvrages précédemment mentionnés sont : Flegg, NUMBERS THROUGH THE AGES, 88-101. Ifrah, FROM ONE TO ZERO, 261-274. Menninger, NUMBER WORDS AND NUMBER SYMBOLS, 268-274. Voir également O.A.W. Dilke, MATHEMATICS AND MEASUREMENT (London : British Museum Publications, 1987) 13-16.(5).

[6] Une forme soustractive signifie que parfois un nombre tel que 9 est représenté IX, avec la plus petite unité (I) précédant la plus grande (X) signifiant un de moins que 10, plutôt qu’additionnellement VIIII signifiant quatre plus cinq. De manière intéressante le système numérique romain, qui utilise les symboles I, V, X, etc., pour 1, 5, 10, etc., donne une représentation particulière au nombre qui nous intéresse : six cent soixante-six. Puisque 666 = 500+100+50+10+5+1, en chiffres romains est représenté par DCLXVI, utilisant chaque symbole depuis D (=500) une fois et une seule fois

[7] Milet est mentionnée dans le NT (mais sans rapport avec les nombres) en Actes 20:15,17 et 2 Tim 4:20.

[8] Menninger, NUMBER WORDS AND NUMBER SYMBOLS, 268.Dilke, MATHEMATICS AND MEASUREMENT, 14.

[9] Plus tard l’astronome grec alexandrin Ptolémée (2e siècle) utilisa un symbole similaire au zéro pour ses tables, quoiqu’il semble n’avoir jamais été utilisé par les Grecs.

[10] Bruce M. Metzger, MANUSCRIPTS OF THE GREEK BIBLE : AN INTRODUCTION TO GREEK PALAEOGRAPHY (New York : Oxford University Press, 1981) 7-9.

[11] Ces caractères alpha-numérique sont tombées en désuétude pour les Grecs modernes. Ils continuent encore à les utiliser, un peu à la manière dont nous utilisons les chiffres romains pour les numérotations.(…)

[12] Metzger, MANUSCRIPTS OF THE GREEK BIBLE, 9.

[13] Ifrah, FROM ONE TO ZERO, 252-259.

[14] Le verbe grec pse:phizo :, souvent traduit »calculer« ou »compter« , vient du nom pse:phos (galet), car les galets étaient souvent utilisés pour compter et calculer. Le verbe est utilisé en Rév. 13:18. »

[15] Ifrah, FROM ONE TO ZERO, 291-310.

[16] NDT : à propos de l’empereur romain Néron, contemporain de l’époque de la rédaction du NT, circulaient ces vers :

"Additionner les valeurs numériques
Des lettres du nom de Néron,
Et dans « meurtrier de sa propre mère »
vous trouverez qu’ils sont identiques."
 
(Suétone, Les 12 Césars, Neron 39,
traduction)

La valeur numérique commune au nom et à la phrase l’avait soit disant prédestiné au matricide.

[17] Adolf Deissmann, LIGHT FROM THE ANCIENT EAST (Grand Rapids : Baker Book House, 1978 [reprint of 1927 English edition]).

[18] Deux des introductions à la critique textuelle du grec du NT rédigées par les éditeurs des principales éditions critiques du NT sont : Bruce M. Metzger, THE TEXT OF THE NEW TESTAMENT : ITS TRANSMISSION, CORRUPTION AND RESTORATION 2nd ed. (New York : Oxford University Press, 1968). Kurt Aland and Barbara Aland, THE TEXT OF THE NEW TESTAMENT (Grand Rapids : William D. Eerdmans, 1987 based on German edition of 1982).

[19] Standard modern critical editions : NA26 : Kurt Aland, Matthew Black, Carlo M. Martini, Bruce M. Metzger, and Allen Wikgren (eds), NOVUM TESTAMENTUM GRAECE 26th edition (Stuttgart : Deutsche Bibelgesellschaft, 1979). UBSGNT3 : Kurt Aland, Matthew Black, Carlo M. Martini, Bruce M. Metzger, and Allen Wikgren (eds), THE GREEK NEW TESTAMENT 3rd edition (New York : United Bible Societies, 1979).

[20] Toutes les descriptions et dates des manuscrits proviennent des tables de NA26 ou ide Aland and Aland, THE TEXT OF THE NEW TESTAMENT.

[21] Zane Hodges and Arthur L. Farstad (eds), THE GREEK NEW TESTAMENT ACCORDING TO THE MAJORITY Text 2nd ed (Nashville : Thomas Nelson Publishers, 1985).

[22] A. Carson, THE KING JAMES VERSION DEBATE : A PLEA FOR REALISM (Grand Rapids : Baker Book House, 1979) contient une saine discussion sur le sujet. Le titre indique que l’objet du livre est plus large que la simple opposition entre le texte majoritaire et d’autres versions critiques. La King James Version fut traduite du Textus Receptus, texte qui présente des similitudes mais n’est pas identique au texte Majoritaire compilé aujourd’hui.

[23] Les citations pour ADV.HAER sont extraites de la la traduction d’Irénée « Contre les Hérésies »dans les séries ANF Alexander Roberts and James Donaldson (eds), THE ANTE-NICENE FATHERS (ANF) (Grand Rapids : Wm. B. Eerdmans, 1979 reprint of 1885 ed).

[24] Il est donc plus sûr et moins dangereux d’attendre l’accomplissement de cette prophétie, que de se livrer à des recherches et de conjecturer les premiers noms venus, car on peut trouver un grand nombre de noms ayant le chiffre que nous avons dit, et le problème n’en demeurera pas moins posé : en effet, si l’on trouve beaucoup de noms ayant ce chiffre, on se demandera quel est celui d’entre eux que portera l’homme qui doit venir. Ce n’est pas faute de noms ayant le chiffre du nom de l’Antéchrist que nous parlons de la sorte, mais par crainte de Dieu et par zèle de la vérité. Car le mot ??????? (Florissant), par exemple, possède bien le chiffre cherché, mais nous n’affirmons rien à son sujet pour autant. Le mot ???????? (Latin) a également le chiffre six cent soixante-six et est tout à fait digne de créance, puisque le dernier royaume possède précisément ce nom : car ce sont les Latins qui dominent en ce moment ; cependant, nous ne nous ferons pas gloire de ce mot. Le mot ?????? (Titan) — en écrivant la première syllabe avec deux voyelles, l’epsilon et l’iota — est, de tous ceux qui se rencontrent chez nous, le plus digne de créance. En effet, il possède le chiffre que nous avons dit et se compose de six lettres, chaque syllabe étant constituée par trois lettres ; c’est un nom ancien et exceptionnel, car aucun de nos rois ne s’est appelé Titan, et aucune des idoles publiquement adorées chez les Grecs et les barbares ne possède ce nom ; ce nom passe même pour divin auprès de beaucoup, au point que le soleil est appelé Titan par ceux qui dominent en ce moment ; ce nom contient encore l’évocation d’un châtiment et d’un vengeur, et c’est un fait que l’Antéchrist affectera de venger les victimes des mauvais traitements ; surtout, enfin, c’est un nom digne d’un roi, et plus encore d’un tyran. Ainsi, le nom de Titan possède assez de probabilité pour nous permettre de conclure, à partir d’indices nombreux, qu’il pourrait fort bien être celui de l’homme qui doit venir - Irénée - Contre les Hérésies - Livre V.

[25] J.J. Collins translation of »Sibylline Oracles« in James H. Charlesworth (ed), OLD TESTAMENT PSEUDEPIGRAPHA vol 1 (New York : Doubleday, 1983) 342.

7 commentaires
  • gematrie et 666 17 juillet 2008 21:48, par KL

    la plupart de vos informations sur le 666 ont été pompés sur http://gematrie.com/666 http://gematrie.online.fr un copier/coller même dommage la crédibilité…

    Voir en ligne : 666 et gématrie

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    • 666 bis 18 juillet 2008 12:08, par Lucretius

      Les seuls matières de l’article sont les citations de la Tour de Garde (publications des Témoins de Jéhovah) et la traduction faite du texte anglais « Six hundred sixty-six but not 666 » de Edward L. Pothier (Juillet 1991) = Physics Department / Northeastern University / Boston, MA 02115 =
      Les sources sont explicitement citées dans l’article et sont indépendantes du site que vous souhaitez mettre en avant
      Merci de votre passage.

      Répondre

    • gematrie et 666 22 novembre 2010 09:10, par LEFEBVRE

      je suis d’accord avec vous mais il n’y a pas seulement 666 ! il y a aussi le nombre 999 qui est reputé être trés dangereux puisqu’il représente un tourbillon. on peut aussi écrire en observant le ciel le nombre 96. le nombre 999 est le nombre qui amène soit à la rennaissance vers un nouveau monde soit à la destruction de l’individu ! quant au nombre 666 vous l’avez bien dit c’est le nombre du péché mais aussi de l’amour. mais le nombre 666 ne peut pas implorer une destruction car il n’est pas la destruction mais plutôt l’amour et le sexe. le vrai nombre de la destruction ou de la résurréction est le nombre 999.

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  • Six cent soixante-six et non 666 15 janvier 2010 16:02, par Françoise

    Le chiffre 666 se trouve également dans I Rois 10:14 et 2 Chroniques 9:13. " Le poids de l’or qui arrivait à Salomon en une année se montait à six cent soixante six talents d’or. Je désire rester anonyme donc je prendrais le pseudo de Françoise. Avec mon mari nous avons découvert l’imposture de la Wachtower mais nous n’avons pas envoyer de lettre de radiation pour conserver nos relations avec les membres de la famille qui sont TJ N’allant plus aux réunions nous nous sommes penchés sur la bible afin d’en retirer du réconfort mais que de déceptions ! Déprogrammés de l’enseignement TJ, lisant la bible avec un esprit neutre nous avons trouvés : des contradictions, des erreurs, des choses illogiques des preuves qu’elle ne peut être inspirée par Dieu. Etant habitués à l’école théocratique et faire des sujets si vous êtes intéressé je vous ferais parvenir le résultat de mes recherches

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  • Six cent soixante-six et non 666 19 février 2011 02:55, par damien

    une autre explication :époque romaine donc chiffres romains soit en latin 666=DC LX VI le grec etait la langue des elites , l’araméen celle des affaires en araméen pas de voyelles ! prenons celles de Jesus =i,e,u et intercalons les : DiCe LuX VI = dice lux vi = il dit.. j’ai vu la lumière définition du faux prophètel …

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  • 999 et non 666 17 novembre 2011 10:52, par LEFEBVRE

    Pour tout vous expliquer c’est 999 le chiffre du mal ! en effet 999x6=5994 et non 666x9=5994 c’était une erreur grave. autre point a corriger 999 symbolise la fin mais aussi la clôturation. le mal a toujours voulu symboliser l’imperfection par la mort et non par la fin ! le numéro du mal c’est +9 comme croix 9 et comme +999 pour croix neuf cents quatre vingts dix neuf. le mal est le chiffre 9 par 6 fait 54 ce qui équivault a 52 semaines + 2 semaines de fetes. le mal est 999 c’est à dire 666+222+111 ou 555+444. le bien est toujours constructeur et programmer pour marcher.

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    • 999 et non 666 17 novembre 2011 13:02, par Ivan K

      Quant à 9999, n’en parlons pas ! Mais n’oublions pas que la bonne réponse, c’est connu depuis Adam(s), c’est 42 (c’est-à-dire 6x9).

      Répondre


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