mardi, 7 février 2012|

1 visiteurs en ce moment

 

Pauvre Job !




Le livre de Job fait partie des plus difficiles à aborder, dès que l’on sort de ses prologue et épilogue - écrits en prose, et probablement plus tardifs que le corps du livre. Lecture ardue en général, mais qui le devient sans doute plus encore quand on s’essaie à la Traduction du Monde Nouveau et son style littéraire très…personnel. [1] C’est pourtant la TMN que je citerai dans cet article, pour ne pas me faire accuser de jouer sur les ambiguïtés de traduction (fort nombreuses dans le livre de Job, m’a-t-on dit).

Qu’il y ait des ambiguïtés est un chose. Mais enfin ! Est-ce une raison suffisante pour faire dire à ce malheureux Job l’exact contraire de ce qu’il proclame dans son discours ?

Ce que disent les Témoins de Jéhovah :

Les Témoins de Jéhovah se fantasment comme les héritiers d’une longue lignée de serviteurs justes et pieux, qu’ils font remonter à Abel - qui serait donc, d’une certaine façon, « le premier Témoin de Jéhovah ». Évidemment, vu leur obsession pour « l’unité de croyances », il ne serait pas question d’admettre dans leur « corporation multi-millénaire » des personnes qui ont professé autre chose que leur dogme à eux.

À la limite peut-on tolérer qu’ils aient mal compris un détail, qu’ils n’avaient pas encore toute la « connaissance », ne possédant pas l’intégralité de la « vérité biblique », d’accord…MAIS, sur l’essentiel, ils étaient tous tenus de croire la même chose que les Témoins de Jéhovah : il ne peut en être autrement ! [2]

C’est ce schéma qui préside à leur lecture de la croyance des fidèles du passé en la résurrection. Il faut que la Bible n’enseigne que la résurrection telle qu’elle est définie par le dogme jéhoviste : on va donc ré-interpréter en ce sens tout ce qui y fait allusion, dans le corpus biblique (alors qu’un chrétien devrait faire l’inverse, selon la propre idée que s’en font les Témoins de Jéhovah).

Pour mémoire voici ce que disait le livre « Vivre éternellement » (le fameux livre rouge) :

LES serviteurs de Dieu ont toujours cru à la résurrection. Voici ce que la Bible dit d’Abraham, qui vécut 2 000 ans avant la naissance humaine de Jésus : “Il estima que Dieu pouvait le relever [son fils Isaac] d’entre les morts.” (Hébreux 11:17-19). Plus tard, Job demanda : “Si un homme valide meurt, peut-il revivre ?” Répondant lui-même à sa question, Job dit à Dieu : “Tu appelleras, et, moi, je te répondrai.” Ainsi, il montra qu’il croyait à la résurrection. — Job 14:14, 15. [3]

Dans le même ordre d’idée, l’encyclopédie jéhoviste « Étude perspicace » déclare, à l’entrée « Résurrection » (vol.II, p.781) :

Job exprima une foi semblable [en la résurrection] lorsqu’il dit, alors qu’il souffrait intensément : “ Ah ! si tu me cachais dans le shéol, […] si tu me fixais un délai, pour te souvenir de moi ! Si un homme robuste meurt, peut-il revivre ? […] Tu appelleras, et moi je te répondrai. Tu languiras après l’œuvre de tes mains. ” — Jb 14:13-15.

Ce qu’on lit dans le livre de Job

On comprendra bien pourquoi les rédacteurs des ouvrages ci-dessus ont préféré ne pas citer, à propos de l’espérance de Job, d’autres versets, qui semblent pourtant très clairs sur la conviction du personnage au sujet de la résurrection ;

Tel Job 7,7-10 :

Rappelle-toi que ma vie est du vent,

que mon œil ne reverra pas le bien.

L’œil de celui qui me voit ne m’apercevra plus ;

tes yeux seront sur moi, mais je ne serai plus.

Oui, le nuage s’évanouit et s’en va,

ainsi celui qui descend au shéol ne remontera pas.

Il ne reviendra plus à sa maison,

et son lieu ne le reconnaîtra plus.

ou 10,20-23 :

Mes jours ne sont-ils pas

en petit nombre ? Qu’il cesse,

qu’il détourne de moi son regard

pour que je me déride un peu

avant que je m’en aille

et je ne reviendrai pas

au pays des ténèbres et de l’ombre profonde,

au pays d’une noirceur comme

l’obscurité, de l’ombre profonde et du désordre,

où cela ne brille pas plus que [ne brille] l’obscurité. 

ou encore 16,22 :

Car peu nombreuses

sont les années à venir,

et par le sentier d’où je ne

reviendrai pas je m’en irai.

Ah ! Oui, mais non…

Évidemment les Témoins de Jéhovah étant des lecteurs assidus de la Bible, ils n’ignorent pas ces versets. Il leur faut donc à tout prix trouver une « parade » à ces versets, qui disent explicitement le contraire de ce qu’ils prêchent, les « neutraliser ». On trouve la « parade » jéhoviste à ces versets dans la Tour de Garde du 15 mars 2006, à la page 14 :

Ces déclarations indiquent-elles que Job ne croyait pas en la résurrection ? Dans ces passages, Job évoque son avenir immédiat. Que voulait-il dire au juste ? Une explication possible est que, s’il venait à mourir, ses contemporains ne le verraient plus. Ils ne s’attendraient d’ailleurs pas à ce qu’il revienne à sa maison. Job a également pu vouloir dire que personne ne peut revenir du shéol de lui-même. Le texte de Job 14:13-15 indique clairement qu’il croyait à une résurrection future.

Peut-être peut-on percevoir une petite gêne à interpréter aussi grossièrement un discours qui est pourtant sans trop d’ambigüité. Il n’est question, ici, que de « possibilités », ’« il a pu vouloir dire… ».

Ce qui est formidable avec ce genre d’exégèse, c’est que Job « a pu vouloir dire » à peu près tout ce que l’on décide qu’il a voulu dire.

Il faut être particulièrement naïf pour croire qu’on a définitivement levé la difficulté, et que le problème ne tenait en fait qu’à ce que Job « aurait pu vouloir dire ». Le problème tient à ce qu’il dit effectivement dans le texte qui nous est parvenu ! Et ce qu’il dit, c’est que celui qui descend au Schéol ne reviendra pas !

Mais le chapitre 14, alors ?

Nous l’avons vu, les exégètes de la Watchtower « éclairent » les versets qui sont en parfaite contradiction avec leur doxa par les versets 13 à 15 du chapitre 14, qui, pour reprendre les mots de la Tour de Garde, « indique clairement que Job croyait à une résurrection future ». [4] Mais que dit précisément Job, dans ces versets qui restent pour la Watchtower la preuve « incontestable » de sa foi en la résurrection, que Job « indique clairement » ? Eh bien lisons la citation dans son contexte, et nous verrons que ce qui est censé être « clairement indiqué » est, c’est le moins qu’on puisse dire, sujet à caution.

À partir du verset 7 :

Car il existe un espoir même pour un arbre.

Si on le coupe, il bourgeonnera encore,

et sa jeune pousse ne disparaîtra pas.

Si sa racine vieillit dans la terre

et si sa souche meurt dans la poussière,

à l’odeur de l’eau, il bourgeonnera,

oui il produira une branche comme une plante nouvelle.

Mais l’homme robuste meurt, et il reste étendu là, vaincu ;

l’homme tiré du sol expire, et où est-il ?

Oui, les eaux disparaissent de la mer,

et le fleuve tarit et se dessèche.

L’homme aussi doit se coucher et il ne se lève pas.

Jusqu’à ce que le ciel ne soit plus, ils ne s’éveilleront pas,

ils ne seront pas non plus réveillés de leur sommeil.

Jusqu’ici Job reste exactement sur la même idée : contrairement aux arbres qui peuvent repousser, l’homme qui meurt est sans espérance. Ça commence mal pour ce qui est de l’exégèse jéhoviste. En ayant ces dernières paroles de Job à l’esprit, replaçons maintenant le « passage-clé » cité par la WatchTower comme preuve de l’espérance de Job :

Ah ! si tu me cachais dans le shéol,

si tu me tenais dissimulé jusqu’à ce que s’en retourne ta colère,

si tu me fixais un délai, pour te souvenir de moi.

Si un homme robuste meurt, peut-il revivre ?

Tous les jours de ma corvée, j’attendrai,

jusqu’à ce que vienne ma relève.

Tu appelleras, et moi je te répondrai.

Tu languiras après l’œuvre de tes mains.

Car maintenant tu continues à compter mes pas,

tu n’épies que mon péché.

Scellée dans un sac est ma révolte,

et tu mets de la colle sur ma faute.

Voilà ! Les versets en question sont une parenthèse dans le texte, sous la forme d’un « Ah ! si seulement ça pouvait être comme ça… » D’ailleurs, des traductions modernes, comme la Nouvelle Bible Segond, mettent ce passage au conditionnel, en Français :

"Si l’homme, une fois mort, pouvait revivre,

tous les jours de mon service, j’attendrais(…)

Tu appellerais alors, et moi je te répondrais…"

Ce qui est, somme toute, parfaitement « logique » quand la proposition principale est introduite par un « si » (Petit Gibus chapitre 1, verset 1 : « si j’aurais su, j’aurais pas venu ! »).

Reprenons donc notre lecture, une fois que Job referme cette parenthèse dans son argumentation :

Cependant une montagne qui tombe dépérira,

et même un rocher sera transporté hors de sa place.

Oui, l’eau use même les pierres ;

son flux entraîne la poussière de la terre.

Ainsi as-tu détruit l’espoir du mortel.

Tu le terrasses pour toujours, si bien qu’il s’en va,

tu défigures sa face, si bien que tu le congédies.

« Ah si seulement tu pouvais….mais malheureusement non ! »

Voilà exactement ce qu’on peut lire dans le chapitre 14 de Job, dans ces versets qui sont censés « indiquer clairement » la croyance de Job et éclairer tous les autres. De façon très étrange, les rédacteurs de la Watchtower n’ont pas l’air de considérer que ce passage ait besoin d’être « éclairé » par les versets qui le précédent et le suivent immédiatement. [5]

Les versets 13 à 15, cités par la Watchtower, ne tombent pas comme un chien dans un jeu de quilles. Ils apparaissent dans une argumentation, dont ils en font partie intégrante, et ne peuvent être lu « tout seuls », isolés de la démonstration dans laquelle ils s’insèrent, sans trahir purement et simplement le propos qu’on prétend analyser. Voilà comment, pour la seule raison qu’on déclare un texte « sacré » et « vérité intouchable », et qu’il faut donc, quel que soit ce qui est effectivement écrit, que l’on sache lui donner une « cohérence », on finit par devenir des « professionnels » du tarabiscotage des mots.

Trahir le texte, c’est un vrai job !


Notes:

[1] Magnifique exemple de ce style en 31,33, où le « sein », la « poche », le « giron » de Job devient « la poche de [sa] chemise »…

[2] Évidemment, l’histoire récente des Témoins de Jéhovah montre de façon magistrale que, même sans parler de croyances millénaires, ils ne croient pas les mêmes choses à quelques décennies de distance. Mais c’est un autre problème…

[3] Au passage, on notera que nulle part dans la Genèse, Abraham ne fait la moindre mention de sa foi dans le pouvoir de Dieu de ressusciter son fils. Cette idée n’apparait que dans la lettre aux Hébreux et est donc déjà une relecture chrétienne de cet épisode.

[4] Pourquoi est-ce le chapitre 14 qui éclairent les autres, et pas l’inverse ? Ça obéit à la logique jéhoviste : « nous interprétons, et nous vous disons qui éclaire quoi ; et on ne discute pas, c’est comme ça. »

[5] On peut toutefois préciser que les discours de Job laissent tout de même la place à une foi de la part de Job en son rétablissement futur. On peut par exemple l’y lire en 16,18-22 ou 19,23-27. On a vu se dessiner ici la foi en la résurrection. Mais si nous avons là affaire à une foi qui dessine peut-être les contours de l’espérance en la résurrection, elle n’y est au mieux qu’en « gestation », Car ce n’est pas le propos de Job (dans le contexte), et c’est seulement dans le cadre d’une relecture « canonique » qu’on pourra la trouver. Pour illustrer, on peut tout aussi bien dire que les travaux de Galilée et de Newton ont ouvert la voie à la théorie de la relativité générale…mais ce n’est qu’après Einstein qu’on pourra le dire. Newton et Galilée, eux, ne le savaient absolument pas !

9 commentaires
  • Good job 18 mars 2009 17:18, par Lucretius

    Oui, bon boulot.
    Là encore, c’est lumineux. Gare au contre sens, surtout quand il est commandé par la doctrine.

    Répondre

  • C’est troublant 2 avril 2009 06:44, par Elowim

    En effet cela laisse penser que Job ne croyait pas en la resurrection certes, mais si la traduction est bonne lorsqu’il dit si tu me cachais… alors je te répondrai etc.. il ne parle pas au conditionnel mais bien au futur sans oublier qu’il est bien parlé de resurrection dans la bible, il faut tout prendre dans son ensemble ! Mon but n’étant pas de faire de la mauvaise critique mais plutot de faire avancer les choses, de comprendre s’il y a toutefois quelque chose a comprendre car c’est pas toujours evident je le reconnais.

    Répondre

    • Re-bonjour Elowim —et re-merci de votre commentaire ;-).

      Juste une question à propos de votre phrase : ’’il faut tout prendre dans son ensemble !’’

      J’ai envie de vous demander : « Et pourquoi ça ? » Pourquoi faut-il lire Job « à la lumière » d’autres versets ? Les « autres » versets vont nous présenter d’« autres » façon de voir les choses, par d’« autres » rédacteurs. Mais pourquoi cela devrait-il nous renseigner sur ce que dit Job ? Pour prolonger l’idée de ma réponse au sujet des « versets sataniques » (un peu de provoc’ dans le titre, je reconnais…), vous ne trouverez jamais un verset dans la Bible qui vous dise qu’il faut chercher à harmoniser les différentes parties de la Bible.

      Pour en revenir à l’usage de l’indicatif ou du conditionnel, on parle là d’un mode (le conditionnel) qui n’existe tout simplement pas en hébreu ; lorsque vous dites que Job parle « au futur » ce ne peut être vrai que dans une traduction en Français, en l’occurrence la Traduction du Monde Nouveau. Mais c’est juste un choix de traduction, et tout le contexte montre que c’est un « mauvais » choix : juste avant et juste après ce passage, Job déclare clairement que le défunt ne reviendra pas.

      D’ailleurs les traducteurs de la Bible de Jérusalem (Bible catholique « de référence ») ou de la Nouvelle Bible Segond (Bible protestante, « de référence » aussi) ont bien pris en compte le contexte explicite de ce passage et mis ces versets au conditionnel, comme cela doit se faire le plus naturellement du monde quand on emploie un « si » pour introduire une proposition.

      Si vous doutiez de ce que je dis-là, il vous suffira de lire cette phrase pour voir qu’elle n’est pas écrite en « bon Français », du point de vue de la concordance des temps ;-)

      Enfin, il est évident que « la Bible » parle bien de résurrection(s), qui peut le nier ? (pas moi, je vous rassure !) Mais ce n’est pas le cas du livre de Job, ça aussi c’est un constat qui s’impose.

      Ce n’est d’ailleurs pas le cas, d’une manière générale, dans les couches les plus anciennes de la rédaction biblique (voir par exemple le cas d’Ecclésiaste 12,5 où il est question de la tombe comme d’une « maison d’éternité » —là encore traduit de façon très tendancieuse dans la Traduction du Monde Nouveau : la même expression hébraïque, en 3,11, désigne justement l’éternité, mais en 12,5 on traduit ça par « longue durée »…)

      La croyance en la résurrection apparait dans la Bible « en cours de route » si j’ose dire, et de façon plus précise dans la littérature apocalyptique, à partir du IIe s. av. J.C., dont le livre de Daniel est un très bon exemple (sur l’époque de la rédaction de Daniel, voir cet article).

      Voir en ligne : Le livre de Daniel

      Répondre

      • Ah l’hebreu ! 3 avril 2009 23:49, par Elowim

        Bonjour et merci pour votre réponse claire et précise. Il est en effet troublant de voir que certains traduisent l’hebreu a la manière dont ça les arrangent parfois d’une façon pour une chose parfois d’une autre façon pour la même chose. A ce propos j’ai soumis un article qui devrait bientôt paraitre sur le sujet. Enfin les choses sont plus claire et cela etait interressant de preciser ces choses. Au plaisir de vous lire.

        Répondre

  • Pauvre Job ! 17 mars 2011 02:34, par zephyr

    Merci,

    Votre article est tout simplement bien ficelé et intelligemment articulé. Merci, car vous me rassuré sur un point : « sans l’esprit de Dieu, on ne peut apporter une analyse spirituelle des saintes écritures ».

    Peu importe le niveau d’intelligence, sans l’esprit de Dieu, on ne peut comprendre en profondeur les écritures. Je ne me fais pas l’avocat de la Watchtower mais il faut que vous revoyiez votre copie.

    Votre tentative de contextualisation n’est que superficielle, Job était meurtri et déprimé voir suicidaire puisqu’il appelle sur lui la mort. Ainsi, il traverse plusieurs phases dans ses discours et vers la fin de son récit, il se déclare plus juste que Dieu. Etait-ce le cas au début de son calvaire ?

    En outre, votre analyse ne tient pas compte du changement d’état d’esprit d’un homme qui dans les souffrances iniques inhérentes à sa droiture, a fini par se laisser dominer par le désespoir. La notion de résurrection n’était certainement pas au stade de gestation chez JOB, pas plus que ne l’était sa théorie selon laquelle la terre était suspendue dans le « vide ». Il a eu juste eu dans sa bouche des paroles de désespoir.

    Le lien logique vous manquant pour harmoniser les propos de JOB épouse parfaitement les différentes phase de l’état d’esprit de JOB dans ses tribulations.

    Répondre

    • Pauvre Job ! 24 mars 2011 09:11, par Winston Wesson

      Bonjour Zephyr,

      Mon propos n’était pas de décréter que Job exprimait (ou pas) dans son désespoir une « vérité » absolue sur l’espérance des morts. Il se contente de proposer de LIRE ce qui y est écrit et de constater que la Watchtower fait dire à Job le contraire de ce qu’il dit, en affirmant que celui-ci témoigne dans le ch.14 de son espérance en une résurrection, ce qui n’est visiblement pas le cas lorsqu’on lit vraiment l’argument qu’il développe (car fatigué ou pas, dépressif ou pas, il y a a bien une certaine cohérence dans l’enchainement des phrases de ce chapitre 14) et qu’on ne se contente pas d’en isoler quelques versets.

      Vous confondez donc les rôles : c’est la Watchtower qui veut trouver dans ce verset une « vérité biblique » sur la résurrection. Cet article se contente d’observer les limites de sa façon de faire, sans chercher à affirmer sur cette base quoi que ce soit de la résurrection" en elle-même. Le sujet consistait juste à dire que Job n’exprime PAS ici son espérance en la résurrection (ce avec quoi vous semblez finalement plutôt d’accord, si je vous comprends bien.)

      Quant à l’argument qui consiste à s’auto-attribuer l’esprit de Dieu pour se targuer d’une compréhension supérieure des écritures, ma foi, je n’ai absolument rien à y redire. Je me contente de lire ce qui est écrit, et je m’intéresse assez peu aux théories concernant ce qui ne serait PAS écrit ou alors seulement « entre les lignes ».

      (Ceci dit, l’esprit de Dieu me manque sans doute encore un peu, car je vous avoue ne pas bien comprendre, à la fin de votre message, si vous acceptez ou pas le fait que Job n’exprime pas, au ch.14, une espérance dans la résurrection.)

      Quant à sa « théorie selon laquelle la terre était suspendue dans le « vide » », il est à noter qu’elle s’accompagne d’une théorie selon laquelle le ciel repose sur des colonnes (qqs lignes plus loin, vt. 11), ciel décrit par Elihou en 37.18 comme une surface dure comme un miroir de métal que Dieu a étalé « au marteau » (TMN). Se choisir trois lignes pour prouver ce qu’on a besoin de prouver, au détriment de tout le reste du texte, est-ce la méthode à laquelle on reconnait les lecteurs qui bénéficient de l’esprit de Dieu ?

      Répondre

  • Pauvre Job ! 11 avril 2011 03:22, par zephyr

    Bonsoir,

    Vos remarques appellent une réponse.

    Tout d’abord, je n’ai pas la prétention d’avancer que je dispose de l’esprit de Dieu, en revanche il est manifeste que sans sa lumière on ne peut analyser spirituellement la Bible.

    Commençant par la fin de votre argumentaire je dirai, simplement, que m’opposer les dires d’Elihou, lorsque je parle du savoir de JOB revient à me faire entendre que JOB et Elihou sont solidairement responsables de leurs dires. Mais pourquoi pas…

    Ensuite, je vais vous faire un présent :« Ah si seulement tu pouvais….Mais malheureusement non, car tu n’as cessé de m’affliger, non content d’avoir pris tout ce que je chérissais (en dehors de ma femme pour qu’elle puisse me prodiguer des conseils avisés) tu frappes jusqu’à ma chaire. Comme tu dois me détester ! »

    « C’est par ailleurs pour cela que j’affirmerai que je suis plus juste que toi et, que mes trois »amis« fermeront bien leur bouche ».

    En résumé chapitre 14 verset 7 :« Dis moi ou va l’homme une fois mort car je sais ce que tu permets pour les arbres mais pour les hommes… ??? »

    Puis verset 13 à 14 :« Je sais que si tu voulais tu pourrais et ce serait là mon espoir mais comme tu me hais… »

    Désolé donc pour le manque de clarté de mon précedent message et j’espère m’être corrigé.

    Répondre

    • Pauvre Job ! 11 avril 2011 08:34, par Winston Wesson

      Bonjour Zephyr,

      Je ne comprends toujours pas. Vous semblez nier pour moi tout éclairage de l’esprit de Dieu : c’est bien que vous affirmez, pour votre par,t avoir reçu au moins assez de ses lumières pour savoir dire qui les reçoit et qui ne les reçoit pas. Pourquoi alors cette prudence rhétorique qui consiste à dire que vous ne disposez pas de l’esprit de Dieu ? Si vous ne disposez pas de l’esprit de Dieu, sur la base de quoi décrétez-vous que j’en suis dépourvu, que ma lecture n’est pas « spirituelle », ou en tout cas moins que la vôtre ?

      Ensuite, il ne vous aura pas échappé que la description du ciel reposant sur des colonnes, dont je parlais aussi, nous vient bien de Job et de son « savoir », et pas de Elihou. En outre, le fait qu’il décrive le vent comme polissant le ciel (toujours au ch26, au verset 13) montre que Job, tout comme Elihou, parle du ciel comme d’une surface solide. C’est vous qui avez introduit l’idée d’un savoir particulier de Job en matière « astronomique », je me contente de relire attentivement le texte pour peser l’argument.

      Enfin, en ce qui me concerne, j’avais essayé de reformuler en restant assez près du texte le « chemin » argumentatif du ch.26, alors que j’ai le sentiment que vous le ré-écrivez, en y introduisant à peu près tout ce que vous avez envie d’y introduire. Il est évident, que comme le magicien sait faire sortir de son chapeau le lapin qu’il y a lui-même introduit juste auparavant, on pourra également sortir d’un texte ce qu’on y aura soi-même placer. Par exemple, toute votre tirade : « car tu n’as cessé de m’affliger, non content d’avoir pris tout ce que je chérissais (en dehors de ma femme pour qu’elle puisse me prodiguer des conseils avisés) tu frappes jusqu’à ma chaire. Comme tu dois me détester ! » Ne se trouve absolument pas dans ce passage, elle est de votre création. Ce qui est votre droit de lecteur, entendons-nous bien, mais il faut rester conscient que ce n’est pas DANS le texte et que cette « ré-écriture » du texte subit les limites naturelles de toute interprétation (ce que je reproche précisément aux TdJ : ne plus savoir faire la différence entre ce qui est écrit et ce qu’ils décident de lire, bref de considérer que leurs interprétations ont la même valeur que le texte).

      Mais ce que je retiens surtout, c’est que nous sommes bien d’accord sur l’essentiel : à aucun moment dans le ch.14, Job n’affirme sa foi en la résurrection. Pour moi, c’est parce que la doctrine de la résurrection individuelle n’existe probablement pas à l’époque de la rédaction première de ce passage. Pour vous, Job affirme son IGNORANCE sur la question de l’avenir des hommes après leur mort, et si il’ est ignorant, c’est bien qu’il n’ AFFIRME rien sur la résurrection : mais dans un cas comme dans l’autre, nous sommes au moins d’accord sur le fait que l’interprétation qu’en font les Témoins de Jéhovah est bien fautive, lorsqu’ils affirment de ce passage que Job y exprime une foi forte en sa résurrection future.

      Et c’était bien là l’argument essentiel de cet article.

      Répondre

  • Pauvre Job ! 13 avril 2011 01:04, par zephyr

    Bonsoir,

    Les foules écoutaient jésus enseigner et elles pensaient qu’il avait la faveur de Dieu, car il enseignait avec sagesse et autorité. Il y avait quelques détracteurs mais la plupart des auditeurs semblaient aimer l’enseignement de Jésus. L’esprit de Dieu reposait-il sur les foules afin de les convaincre que Jésus avait des paroles de vérité ?

    On peut très bien ne pas avoir l’esprit de Dieu et savoir reconnaître une interprétation divinement inspirée.

    Job emploie un langage métaphorique en parlant de colonne, idem pour Elihou, je ne vous reproche pas votre approche du métaphorisme « Jobien et/ou Elihouiste », je vous faisez juste remarquer qu’il est mal venu de me parler d’Elihou,là, ou on échange nos point de vue sur les croyances de Job.

    Ensuite, j’ai tenté de traduire l’état d’esprit dans lequel les propos ont été relevé mais j’aurais mieux fait de m’abstenir. J’en resterai donc sur le « Tu languiras après l’œuvre de tes mains » voire aussi « tu appelleras et moi, je te répondrai ».

    Synthétisant mon propos je dirai que Job n’avait jamais vu ou entendu parlé d’homme revenant de la mort. Cependant qu’il pensait Dieu capable d’une telle prouesse.

    Répondre


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)