mercredi, 8 février 2012|

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« On est différent... tout en étant pareil ! »




L’un des arguments majeurs d’un mouvement religieux exclusif pour séduire les néophytes potentiels est celui consistant à se présenter comme une organisation à part, fondamentalement différente des autres religions soi-disant dans les « ténèbres spirituelles », avec un mode d’organisation, un niveau d’amour et de vérité qui tranchent très nettement avec tout ce qui entoure (ben oui, faut bien tenter d’éliminer les concurrents potentiels !). L’idée que le groupe espère ainsi véhiculer, c’est celle de la détention d’une connaissance spécifique (« on a compris quelque chose que les autres n’ont pas compris ») et de particularités qui, assez naturellement, auront tendance à favoriser un sentiment d’élitisme et de pureté chez les membres. Ceux-ci s’imagineront être les seuls détenteurs de la Vérité, une sorte de peuple élu, au milieu de nombreuses organisations religieuses divisées, confuses et formalistes, ce qui aura comme effet de marginaliser les membres et de les tenir hors du reste de la société.

Cette description correspond aux critères retenus par le sociologue britannique Bryan Wilson pour définir la secte au sens sociologique développé par Max Weber et Ernst Troeltsch, c’est-à-dire dans une optique non péjorative. En effet, on retrouve dans son analyse les trois critères suivants : la secte est exclusive car elle se considère comme un groupe à part, elle affiche une animosité ou du moins une indifférence vis-à-vis de la société environnante, et se considère comme un groupe élitiste.

Or, des travaux empiriques dirigés par les sociologues Régis Deriquebourg [1] et Bernard Blandre [2] ont permis de conclure que les Témoins de Jéhovah, qu’ils ont étudiés sur une période de temps relativement longue dans les années 70 et 80, correspondaient parfaitement à la définition mentionnée plus haut. La Société Watch Tower revendiquait bien -du moins au moment où les conclusions ont été formulées- des singularités qui la distinguaient des autres religions, singularités sur lesquelles elle mettait une emphase toute particulière et qu’elle érigeait en une sorte de label d’authenticité.

Mais qu’en est-il réellement ? Un examen approfondi fait-il apparaître une réelle différence avec les autres religions pourries jusqu’à la moelle ? Nous allons d’abord examiner plusieurs domaines dans lesquels la Watch Tower s’affirme différente, et voir si cela correspond à la réalité.

« Hé, dis donc, vous avez vu ça : On est super différent ! »

  • Une organisation théocratique

La Tour de Garde du 15 janvier 2001 page 13, paragraphe 6 déclara à propos du mode de fonctionnement de la Watch Tower : « Dans une vraie théocratie, c’est Dieu qui domine. Les Témoins de Jéhovah se soumettent donc de leur plein gré à sa domination et ils collaborent les uns avec les autres pour faire sa volonté (Psaume 143:10 ; Matthieu 6:9, 10). Le processus de recommandation et de nomination des surveillants, ou anciens, et des assistants ministériels est théocratique (…). Étant ’’chef au-dessus de tout’’, Jéhovah a naturellement le droit de déterminer le mode de fonctionnement de son organisation visible.(…) »

En fait, le Témoin de Jéhovah, fier de son identité religieuse, aura tendance à éprouver du dégoût, de la condescendance, de l’irritation, voire même de l’amusement lorsqu’on évoquera la hiérarchie catholique. Bien qu’en général sa connaissance du sujet soit réduite à quelques poncifs bien péjoratifs (comme bien souvent lorsqu’il s’agit d’un aspect de la « fausse religion »), il pensera assez naturellement que la structure ecclésiale du catholicisme reflète celui d’un système satanique, tandis que celle de son mouvement, avec son « esclave fidèle et avisé » à la tête, suivrait exactement le modèle apostolique défini dans les Saintes Écritures.

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La Société Watch Tower à Brooklyn
Pas de chance, la place était déjà prise à Rome…

Pourtant, ce dont l’adepte ne se rend pas compte, c’est que l’organisation de son propre mouvement est quasiment calquée sur celle de l’Église catholique, à tel point que l’historien James Penton a pu établir un parallèle saisissant au niveau de chaque échelon des hiérarchies jéhoviste et catholique. Il déclara que le jugement fort désapprobateur de la Société Watch Tower sur le mode de fonctionnement catholique peut être qualifié de « style paranoïde » et conclut ce point en citant l’historien américain Richard Hofstadter [3] qui déclara : « Un paradoxe fondamental de style paranoïde consiste à imiter l’ennemi ». [4] Dans le même ordre d’idée, Raymond Franz, ex-membre du Collège Central, expliqua qu’en 1980, un membre du comité de la filiale d’un pays d’Europe avait commencé à rédigé un article pour La Tour de Garde au sujet du développement des systèmes hiérarchiques, mais finalement décida de ne pas le terminer, car selon ses propres paroles : « La similitude était trop évidente ». [5]

  • Un refus de l’idolâtrie

Les Témoins de Jéhovah aiment à citer 1 Jean 5:21 [6], et font fièrement remarquer que, contrairement aux églises qui regorgent de nombreuses statues et symboles qui seraient adorés par les fidèles, eux s’en abstiennent catégoriquement et que leur culte est dépouillé de tout artifice. Remarquez toutefois que la définition que la Société Watch Tower donne de l’idolâtrie dépasse largement le cadre du rite religieux accompli devant un symbole. Par exemple, La Tour de Garde du 15 janvier 1970, aux pages 38 et 39, expliquait les différentes formes d’idolâtrie et tentait d’en déterminer les causes :

"Un manque de discernement, de connaissance et de compréhension, tant de la part des admirateurs idolâtres que de leurs idoles, peut très bien expliquer un tel comportement. (…) Bien que l’on puisse citer d’autres raisons expliquant la tendance qui porte l’individu à adorer des créatures humaines, il est probable que l’une des plus fondamentales réside dans le manque de compréhension des relations qui lient la créature à son Créateur. Celle-ci n’a pas la notion exacte de l’extraordinaire grandeur de Dieu (…). Le culte des créatures humaines exige ordinairement de l’individu qui le pratique une fidélité aveugle envers l’objet de son adoration, un attachement sentimental immodéré pour son idole. Cela veut dire qu’il lui rendra un certain dévouement empreint de vénération, bien que Jéhovah Dieu ait exprimé sa désapprobation à ce sujet en termes très clairs : “Je suis Jéhovah ton Dieu, un Dieu jaloux [exigeant un attachement exclusif, NW].”

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Celle qui intercède auprès de Dieu s’appelle Marie chez les catho et Watch Tower chez les TJ

Nous comprenons par là que le terme « idolâtrie » englobe aussi le fait d’admirer excessivement une personne -ou une groupe de personnes- qui, par voie de conséquence, en vient à se positionner avant l’attachement qui est dû à Dieu et occupe ainsi une place qui ne lui revient pas. Elle devient ainsi une idole, et son admirateur encourt la désapprobation divine. Or, s’il est vrai que le Témoin de Jéhovah ne se prosterne pas devant la Société Watch Tower, il n’empêche qu’il lui voue une allégeance inconditionnelle qui surpasse son obéissance aux exigences de la Bible qu’il affirme pourtant suivre au plus près. Par exemple, lorsqu’il aura une décision importante à prendre dans sa vie, il se demandera en priorité ce que disent les publications de la Société plutôt que ce que dit la Bible elle-même. [7]

À titre d’exemple, la Watch Tower a décidé de refuser des transplantations d’organes de 1967 à 1980, [8] de rejeter le service civil jusqu’en 1996 [9] ou de soutenir certaines dates soi-disant prophétiques, [10] et tout cela alors qu’il n’y avait aucun fondement biblique (pire même, certains passages bibliques indiquaient le contraire de ce qui était enseigné, ce que la Watch Tower a reconnu par la suite). Le fait que ces décisions furent, en leur temps, appliquées aveuglément par l’ensemble des fidèles TJ prouve que ceux-ci suivent davantage les prescriptions de leur mouvement que la Bible elle-même.

D’ailleurs, les sentiments exprimés par le fidèle en proie au doute qui dira « mais à qui irions-nous ? » [11] pour justifier le fait qu’il restera dans le mouvement malgré tout sont plutôt évocateurs : ils traduisent sa crainte de se sentir perdu s’il quittait l’organisation, comme s’il n’était plus capable d’adhérer à des normes morales, d’entretenir une relation personnelle avec Dieu, et d’avoir une vraie spiritualité une fois sorti du mouvement. Si donc la Watch Tower est pour le fidèle jéhoviste, non pas seulement utile, mais indispensable afin qu’il noue une relation avec son Créateur, alors il ne diffère pas vraiment du catholique qui ne peut pas se passer d’un support tangible pour accéder à Dieu. [12]

Rappelons également que des personnes ont été exclues comme des malpropres de l’organisation alors qu’elle n’avaient pas du tout renoncé à la foi chrétienne, mais simplement parce qu’elle étaient en désaccord avec des points doctrinaux qui, parfois, ont été révisés ultérieurement par la Watch Tower - ce qui prouvait bien que ces personnes, qui pourtant ne bénéficiaient pas d’un quelconque esprit saint, avaient raison et que la loyauté envers le groupe primait sur la recherche de vérité. [13]

Donc, si le Témoin de Jéhovah met la volonté de la Société Watch Tower avant celle qui, selon lui, est révélée par Dieu lui-même dans la Bible, cela signifie qu’il… n’est rien d’autre qu’un idolâtre qui s’ignore !

  • Un mode de vie, pas du formalisme

Le Réveillez-vous ! du 1er février 1978, à la page 9, déclare : « Le vrai christianisme n’est pas une question d’apparence. Dans ses premiers temps, on l’appelait d’ailleurs “La Voie”, du fait qu’il était justement plus qu’un culte formaliste (Actes 19:9, 23). C’était un MODE DE VIE imprégné du culte de Dieu et dirigé par son esprit. (…) La vie du chrétien n’est pas réglée par un rituel ou code de lois. L’état d’esprit et l’amour qu’il doit s’efforcer de développer se reflètent dans la vie du Christ. » [14]

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Est-ce vraiment plus formaliste que lorsque le TJ va tirer des sonnettes le samedi matin ?

On pourrait croire, en lisant ces quelques lignes, que le Témoin de Jéhovah échappe à tout ce légalisme qui, paraît-il, foisonnerait au sein de la chrétienté et rendrait vain le culte des personnes qui la composent, car alors ce ne seraient plus les qualités telles que l’amour qui motiveraient chacune de leurs actions. La réalité est toute autre. Comme l’a montré Raymond Franz, [15] chaque situation, même banale, de la vie a été envisagée par la Société Watch Tower qui a tout régenté - cela va de l’opportunité de trinquer à l’éventualité d’avoir recours à une mère porteuse. De la sorte, le fidèle n’a plus besoin de se poser la question quant à savoir ce qu’il faut faire : il suffira de suivre la démarche préconisée quelque part dans une publication de l’organisation. Conséquence perverse de ce légalisme, le culte est bien souvent totalement ankylosé, se résumant à une religiosité toute extérieure souvent dépourvue de bons sentiments en amont, et dans laquelle les décisions personnelles et l’usage de la conscience sont réduits à néant. L’important sera davantage d’afficher une certaine dévotion à la manière du Tartuffe de Molière, quand bien même cela ne reflète pas du tout la personne intérieure.

De plus, le « bon chrétien » bien « spirituel » se révèle par ses chiffres sur le rapport de prédication, sa régularité à venir poser son derrière sur un siège à la Salle du Royaume pour écouter des discours mille fois entendus, et son assiduité à répéter comme un perroquet le prêt-à-penser de La Tour de Garde. Il peut bien à côté de cela n’avoir pas la moindre affection pour ses frères et sœurs spirituels, délaisser sa famille pour aller courir de porte en porte, manquer totalement de compassion vis-à-vis de ceux qui sont en souffrance, avoir une foi qui frôle le zéro pointé, etc… et pourtant il sera toujours considéré comme un exemple à suivre qu’on interviewera lors des assemblées. A l’inverse, occupez-vous des personnes âgées, visitez les malades et assistez à tous les enterrements des membres de familles TJ pour les soutenir : vous n’aurez aucune reconnaissance publique au sein de la congrégation, tout simplement parce que cela n’est pas valorisé. En fait, « l’état d’esprit et l’amour » que revendique le Réveillez-vous ! ci-dessus sont souvent complètement absents…

Mis à part ça, non, ce n’est pas du formalisme, tiens !

  • Un retrait par rapport aux affaires du monde

Le Réveillez-vous ! du 15 avril 1996, à la page 12 critiquait sévèrement la participation des religions aux affaires du monde, déclarant : « Les Témoins de Jéhovah ont publié une brochure intitulée La religion moissonne la tempête (angl.) dans laquelle ils dénonçaient l’immixtion de la chrétienté dans les affaires politiques. Le constat qu’ils dressaient alors n’a rien perdu de sa justesse : ’’Un examen honnête de la conduite des membres du clergé de toutes confessions révélera que les chefs religieux de l’ensemble de la ’chrétienté’ participent avec un vif intérêt à la politique de ’ce présent monde méchant’ et trempent dans ses affaires’’. »

Inversement, le Réveillez-vous ! du 8 octobre 1970, à la page 26, annonçait triomphalement : « Vous connaissez probablement aussi le peuple qui refuse de se mêler des affaires du monde. Parlant des témoins de Jéhovah, Chicago Today dit dans son numéro du 18 octobre 1969 : ’’D’ailleurs, leurs croyances exigent qu’ils ne se mêlent en rien des affaires de la société politique au sein de laquelle ils vivent.’’ De toute évidence, ils ’’ne font pas partie du monde’’. »

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Emblème de l’ONU
La « femme adultère » (Jacques 4:4) WT a entretenu une liaison avec l’ONU pendant 10 ans. Le couple s’est séparé quand les tabloïds anglais ont révélé l’idylle.

Malheureusement, s’il est vrai que, la plupart du temps, cela est exact en ce qui concerne le fidèle de base qui doit se tenir séparé de tout ce qui a trait au monde quel quel soit le prix à en payer (et ce n’est pas les pauvres TJ du Malawi des années 70 qui m’auraient contredit), d’autant qu’une mesure d’exclusion lui pend au nez en cas de transgression de cette règle, cela ne se vérifie pas du tout au niveau de la Société Watch Tower en tant qu’organe dirigeant. Il n’y a qu’à voir comment celle-ci (ou l’une de ses filiales) a fricoté en douce avec des instruments « diaboliques » tels que l’ONU et l’OSCE ; elle a même tenté de se faire enregistrer comme ONG (au Népal notamment), exprimant ainsi son souhait de participer à la vie collective d’une nation et donc d’exercer une activité de nature politique. [16] Et oui, même si elle s’en défend, la Société Watch Tower a elle aussi traîné dans quelques affaires douteuses, ce qui ne lui a posé aucun problème de conscience tant que ça restait étouffé…

Alors, la Société Watch Tower ne fait pas partie du monde ? Mais qui arrive encore à le croire ?

En fait, nous remarquons, après ce rapide tour d’horizon, que les différences tant revendiquées ne sont pas aussi marquées que le Témoin de Jéhovah pourrait le croire. Il y en a effectivement, comme nous le verrons dans la dernière partie de cet article, mais nous constatons qu’il y a beaucoup de prétentions qui ne dépassent pas le stade des mots.

« … mais, en fait, on est tout pareil ! »

Bon, ça toutefois, c’était jusque dans les années 80, car voilà, comme le dit Léo Ferré, ’’avec le temps, va, tout s’en va’’, et les choses ont évolué depuis… S’il est vrai qu’il y a 30 ans encore, il était de bon ton de revendiquer haut et fort sa différence religieuse dans un contexte qui s’y prêtait davantage, cela n’est plus vraiment dans l’ère du temps (nous parlons ici principalement de la situation en France). Il y a au moins trois raisons à cela :

1/ Depuis les années 1990, les médias ont mis en avant des histoires sordides de sectes qui ont engendré une certaine méfiance de la population vis-à-vis de groupes religieux ou spirituels en rupture avec les grandes religions établies. On a maintes fois présenté les adeptes de ces mouvements comme étant coupés du monde, marginaux, vivant en autarcie, se livrant à des rites ridicules et inutiles. Le caractère hétérodoxe de leurs croyances et pratiques fut très largement utilisé, du moins lorsque le discours anti-sectes a commencé à investir l’espace public. Il ne s’agit pas ici de se prononcer sur le bien-fondé du discours anti-sectes tel qu’il fut présenté dans les médias, qui bien sûr comporta sa part de faiblesses. [17] Quoi qu’il en soit, ce discours a immanquablement engendré pour la Watch Tower une difficulté à convertir de nouveaux adeptes, et a aussi créé des problèmes en termes de reconnaissance officielle, voire d’avantages financiers sur lesquels il aurait été idiot de faire une croix (façon de parler)… Il fallait donc réagir !

2/ Il est très difficile de maintenir un haut niveau d’exigences et des convictions affirmées sur la longue durée. La Société Watch Tower a aujourd’hui 130 ans d’existence et a déjà réussi la prouesse de maintenir une eschatologie millénariste fort prononcée pendant une période aussi longue. Le phénomène de sécularisation est désormais à l’œuvre et commence à se faire sentir : la routine s’installe, de petites concessions par-ci par-là sont accordées par le mouvement (« vous pouvez voter, vous syndiquer… »), le niveau de participation diminue (moins de réunions, moins de périodiques, réduction du nombre d’heures requises pour les pionniers…).

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Schéma du parcours traditionnel d’un groupe sectaire dans la durée

Ainsi Nathalie Luca, chargée de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, fait le constat suivant à propos des Témoins de Jéhovah actuels : « Une amorce d’institutionnalisation est déjà saisissable chez les Témoins de Jéhovah. Au niveau le plus visible, elle se concrétise notamment par l’acceptation en 1995 d’un compromis avec le ministère de la Justice au sujet du service militaire (…). Un autre point sur lequel il est possible de constater une évolution dans le sens d’une meilleure intégration sociale de la part des Témoins de Jéhovah est la place qu’ils accordent dorénavant à l’éducation de leurs enfants. Au départ, ils attendaient la fin du monde dans un temps relativement proche. Pour cette raison, ils n’estimaient pas utile que les enfants fassent des études longues. (…) Mais les attentes ont été régulièrement déçues. (…) Faute de l’assurance d’une fin proche, mieux vaut donner à ses enfants la possibilité d’attendre dans les meilleures conditions possibles ! » [18]

3/ Le Témoin de Jéhovah de base actuel est de plus en plus un fidèle de deuxième génération (c’est-à-dire fils ou fille de Témoin) et qui n’a pas trop envie de vivre sa religion sur le mode de l’opposition à la société. N’ayant pas choisi d’être jéhoviste au même titre que ses parents qui, eux, avaient probablement été élevés dans une autre foi, il souhaite s’économiser et affiche une dévotion tant que cela ne lui coûte pas trop cher en termes de « sacrifices ». Du coup, tout en étant bien intégré dans sa communauté religieuse, il n’a plus qu’une obsession en tête : passer pour quelqu’un comme tout le monde, car ce serait dommage de se marginaliser dans une société qui finalement a tant de bonnes choses à offrir (vacances, lingerie, restos et tout le toutim) ! Ça donne ainsi une image moins ringarde du Témoin, plus en phase avec son époque. Et le nombre de jéhovistes dans ce cas est désormais si important que la maison-mère, pourtant détentrice du pouvoir absolu, est presque obligée d’en tenir compte ! En gros, les adeptes sont en train d’échapper au carcan qu’on leur impose, ce qui est bien le signe qu’une évolution est en train de se produire…

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Caméléon & WT : ces deux espèces bizarres utilisent des méthodes de camouflage en cas de danger

En conséquence, la Société Watch Tower, véritable caméléon qui pourtant se défend d’être influencé par qui que ce soit sinon la Bible elle-même, s’est mise à reconsidérer son rapport au « monde » et à mettre en sourdine les différences qui lui seraient préjudiciables. Elle -et ses fidèles lui ont allègrement emboîté le pas- se retrouve désormais contrainte à multiplier les similitudes avec Babylone la Grande, quitte même à créer des points de jonction purement artificiels et à contredire le discours interne, afin de sauver la face en public et de « ménager » les nouvelles troupes peu motivées qui, sans cela, seraient susceptibles de déserter le navire. Bien sûr, cette technique est assez inconfortable, voire même plutôt ’’casse-gueule’’, quoique non exceptionnelle. [19]

Considérons les exemples suivants :

  • Le secret de la confession

C’est clair : la Société Watch Tower a toujours condamné la confession telle qu’elle est pratiquée par l’Église catholique. Par exemple, le Réveillez-vous ! du 22 février 1975 page 28 déclarait : « Si Jésus avait institué la confession auriculaire, ne trouverions-nous pas dans la Bible des preuves que les apôtres écoutaient de telles confessions ? On devrait d’autant s’y attendre que le concile de Trente a affirmé que la confession auriculaire, aboutissant à l’absolution, était ’’pratiquée dans l’Église ’depuis le commencement’’’. Or, bien qu’il recommande cette pratique, J. L. McKenzie, professeur jésuite, reconnaît : ’’Les origines de la confession auriculaire sont obscures ; elle est ancienne, au moins aussi ancienne que la fin de la période patristique [qui s’acheva vers 749]’’. (…) La Nouvelle encyclopédie catholique (angl.) reconnaît : ’’Il n’y a aucune preuve biblique que les apôtres, mis à part saint Paul, ont exercé le pouvoir de pardonner les péchés.’’ Mais dans le cas de Paul s’agissait-il d’un apôtre ou d’un prêtre qui écoutait une confession et qui accordait ensuite l’absolution ? Non. »

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Voilà bientôt comment la Salle du Royaume sera indiquée…

Et pourtant, c’est non sans une certaine stupeur que nous avons appris, lors d’affaires de pédophilie relatées dans la presse, [20] que les anciens pratiquaient la « confession » religieuse puisqu’ils avaient basé leur défense sur le secret liée à cette pratique ! Cela fut également confirmé à la fois par des documents internes des Témoins de Jéhovah [21] et par les avocats du mouvement. [22]

Allons bon, v’là ti pas que, quand elle risque une condamnation qui l’obligerait à débourser quelques liasses de billets pour dédommager des victimes, la Société Watch Tower se met à revendiquer les mêmes pratiques que celles employées par les hauts prêtres de l’obscurantisme spirituel -et accessoirement, alors que la démarche suivie par les anciens jéhovistes ne correspond même pas à une « confession » puisqu’il y a généralement une enquête en interne qui suppose la révélation à d’autres du fait incriminé… Ça laisse perplexe quant au degré d’intégrité du mouvement !

  • Le vocabulaire religieux

Depuis quelque années, des termes autrefois bannis par les Témoins de Jéhovah ont commencé à fleurir dans leur langage. C’est ainsi que, dans certains cas***, le mot « Église » a commencé à faire son apparition pour désigner le mouvement dans son ensemble ou les congrégations locales [23], des expressions très catho telles que « denier du culte », « prêcher l’évangile », « Ancien/Nouveau Testament » se sont substitués aux expressions correspondantes qui sonnaient trop TJ, « Dieu » a remplacé « Jéhovah », le terme « chrétien » est venu s’insérer avant ou au milieu de l’expression « Témoins de Jéhovah », l’exclusion a été rebaptisée « excommunication » en France, [24] sans oublier les citations bibliques tirées d’une autre traduction que le leur, la Traduction du Monde Nouveau. Et nous ne parlerons pas de certains sociologues qui, sans mentionner leur identité religieuse, ne se gênent pas pour démontrer avec force détails et plus ou moins de bonheur que les Témoins de Jéhovah ont des racines dans le terreau protestant, tout en employant un jargon totalement étranger à la phraséologie jéhoviste…

Vous pouvez retrouver quelque-uns de ces termes dans le communiqué de la Fédération chrétienne des Témoins de Jéhovah de France du 29 juin 1998. [25] Par exemple, on notera l’emploi des mots ou expressions « denier du culte » (cinq fois), « Église » pour désigner les TJ (deux fois), « annoncer l’Évangile » et « autres religions » (comme quoi les TJ estiment bien en constituer une). On remarquera aussi l’emploi du terme « citoyens » pour désigner les Témoins -et leurs sympathisants-, alors que justement ils sont censés ne pas participer aux affaires civiques…

Je ne sais pas vous, mais lorsqu’on lit ce genre de prose, on croirait avoir affaire à des grenouilles de bénitier, tant le vocabulaire correspond bien à celui couramment utilisé dans les églises honnies de Babylone la Grande. Alors, à quand l’introduction dans le lexique jéhoviste des termes « messe » pour désigner les réunions, « pape » pour nommer le président de la Société Watch Tower, « confessionnal » pour faire référence à la salle secondaire de la Salle du Royaume, ou « encyclique » pour évoquer une lettre adressée aux filiales ? Il faut croire que c’est peut-être pour bientôt…

*** Remarquons au passage que ce genre de sémantique n’est quasiment jamais employée dans la littérature officielle du mouvement, c’est-à-dire celle qui est distribuée dans le cadre de la prédication ou utilisée pour le culte. En fait, un fidèle qui s’exprimerait de la sorte de façon naturelle finirait par susciter des soupçons : on se demanderait s’il n’a pas viré de « bord » secrètement. Cette prose est toutefois largement utilisée de manière détournée, que ce soit par le mouvement lui-même ou par ses fidèles, lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de l’organisation : on la retrouve donc dans les communiqués officiels, dans les dépliants faisant l’objet de campagnes spéciales de distribution, dans les interviews avec la presse, dans les témoignages formatés qu’il faut restituer dans un tribunal en cas de litige ou sur les sites web d’adeptes. Autrement dit, ce langage n’est pas destiné à convertir ceux qui en prennent connaissance, mais à les rassurer en présentant le mouvement comme similaire à quelque chose qui représente le religieusement correct : le christianisme majoritaire, et plus particulièrement l’Église catholique.

Bien sûr, en soi il n’y a rien de mal à vouloir se comparer à quelque chose de bien établi afin de mieux se faire connaître et de dissiper d’éventuels malentendus. Mais ce qui est bien plus critiquable dans le cas de la Société Watch Tower, c’est qu’elle procède de la sorte en utilisant précisément comme repère une organisation qu’elle considère comme infâme, horrible et monstrueuse : Babylone la Grande, et plus précisément le catholicisme.

De surcroît, il y a une incohérence quelque part dans ce genre de démarche… Car soyons logiques :

* Soit effectivement les mots utilisés ici recouvrent la même réalité que ceux qui sont employés en interne et donc le mouvement se comporte finalement comme les autres - car si la différence ne se situe qu’au niveau de la terminologie, ça n’a rien de vraiment transcendant… Cela reviendrait à dire que tout le speech « on est à part, nous c’est pas pareil » qui est rabâché aux fidèles et à ceux qui ont suffisamment progressé dans leur « étude biblique » ne servirait qu’à nourrir l’imaginaire collectif, que ce genre de prétentions n’est rien d’autre qu’un leurre savamment orchestré pour entretenir l’illusion, à la manière d’un dessin en trompe-l’œil sur un bâtiment qui fait croire de prime abord qu’il y a quelque chose alors qu’en fait il n’y a rien du tout. Bref, ce serait avant tout un argument de type marketing [26] susceptible de séduire des personnes en quête de non-conformisme. Pire, si le mouvement se comporte vraiment de la même manière que des organisations dirigées par le Diable et qui vont être détruites, alors que faut-il en déduire ? Je vous laisse trouver vous-mêmes la réponse.

* Soit on présente volontairement le mouvement d’une manière différente de celle à laquelle les fidèles sont habitués, ce qui laisse à penser que la réalité est plus « trash », qu’il y aurait quelques petits cadavres à dissimuler ici ou là et qu’une présentation toute crue à quelqu’un qui n’est pas dans l’optique d’accepter le jéhovisme serait de nature à le rebuter. Et ainsi on utilise à dessein un double langage.

* Soit il y a effectivement depuis quelques temps une normalisation du mouvement qui s’est aligné sur ses grandes copines apostates de la chrétienté, mais sans qu’il n’ait actualisé la grille de lecture qu’il offre à ses fidèles, le but étant de leur faire croire que rien n’a changé alors que dans les faits, il y aurait bien une évolution vers une sécularisation…

Ainsi, quelque soit la proposition que l’on choisisse dans la liste ci-dessus, la démarche est fondamentalement malhonnête : dans le deuxième cas, on manipule les gens de l’extérieur, tandis que dans les premier et troisième cas, on se joue de ceux qui sont à l’intérieur et de ceux qui sont sur le point d’y entrer.

Il y a toutefois des différences bien réelles

Mais alors, n’y a-t-il pas des domaines dans lesquels la Société Watch Tower est effectivement différente des autres religions ? Eh bien si, et c’est ce que nous allons voir maintenant :

  • Au niveau des doctrines
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’’Crux simplex’’, de Justus Lipsius
Défendre le poteau de supplice, c’est vraiment la croix et la bannière !

On peut relever comme différences notoires avec la prostituée babylonienne : [27]

* Le poteau de supplice qui a remplacé la croix comme instrument de torture du Christ, mais qui ne résiste pas deux minutes montre en main à un examen de toutes les preuves disponibles sur le sujet ; [28]

* L’espérance terrestre venant s’ajouter à l’espérance céleste commune à toutes les confessions chrétiennes, mais qui n’a aucun fondement dans le Nouveau Testament et qui n’existe que grâce à des associations de versets bibliques aussi arbitraires qu’hasardeuses ;

* Le rejet obsessionnel du paganisme qui conduit à critiquer les fêtes en raison de leurs origines réelles ou supposées, alors que la majorité des rites sociaux (célébration des anniversaires de mariage, alliances matrimoniales…) couramment acceptés par les TJ sont également d’origine païenne ;

* L’utilisation du nom ’’Jéhovah’’ qui est totalement absente de tous les fragments retrouvés du Nouveau Testament et qui a été rajouté frauduleusement dans la Traduction du Monde Nouveau afin de soutenir l’emploi de ce nom ; [29]

* La date de -607 comme année de destruction de Jérusalem sur laquelle toute la doctrine actuelle dépend grâce à un savant calcul bien foireux, et cela alors cette date est infirmée à la fois par l’Histoire et par la Bible. [30]

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« Merci Joseph, pour toutes ces bourdes monumentales qui nous séparent des autres ! »

Donc, pour faire court, partout où Sa Sainteté la Société Watch Tower a voulu faire dans l’originalité au niveau des doctrines pour se différencier de la masse ignorante et satanique, elle s’est plantée en beauté et se retrouve à défendre des inepties… En fait, ces dogmes exotiques sont en grande partie le résultat des lubies du président Joseph Rutherford qui, en son temps, multiplia les points de divergences avec la chrétienté précisément dans le but de marginaliser son mouvement, et peut-être aussi pour se faire plaisir, en s’affirmant ainsi comme le grand manitou incontesté aux commandes de l’organisation. Et ça a marché, puisqu’environ 80 ans plus tard, les Témoins de Jéhovah continuent de traîner ces enseignements comme des patates chaudes dont ils ne savent plus comment se débarrasser !

  • Au niveau des pratiques

Les Témoins de Jéhovah sont connus pour certaines pratiques socialement controversées, dont :

* Le refus des transfusions, qui n’a pourtant aucun fondement biblique et qui repose sur moult contradictions, comme l’a expliqué en détail Raymond Franz (entre autres) dans des deux ouvrages. Cette interdiction a eu, depuis 1945, un coût élevé en termes de vies humaines fauchées ;

* L’étendue de la mesure de l’exclusion, qui dépasse largement le cadre de celle appliquée au sein de l’Église catholique : il s’agit d’une rupture complète, non seulement des liens spirituels, mais aussi amicaux et sociaux. Et les motifs qui peuvent conduire à une cette mesure draconienne et inhumaine sont également nettement plus étendus.

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- « Chez nous, c’est pas pareil, on laisse mourir les gens. »
- « Wahou, mais c’est génial votre truc !!! »

En fait oui, il y a bien des différences au niveau des pratiques, mais pas dans le sens d’une amélioration car celles-ci portent gravement atteintes aux droits des personnes et compromettent leur bien-être. En gros, pour un adepte, ses ’’différences’’ peuvent lui causer un décès prématuré ou la perte d’un proche qui, dans les deux cas, auraient pu être évités, ou encore la disparition soudaine et définitive de l’intégralité de son tissu social.

=> Alors, chers TJ, vous trouvez toujours qu’il y aurait de quoi rouler les mécaniques si vous deviez exhiber au grand jour vos VRAIES différences, celles que vous avez tant de mal à assumer ?

En guise de conclusion, je souhaiterais donner la parole à Nietzsche qui a, sans le vouloir, bien résumé la situation de la Watch Tower (« je me rapproche de la chrétienté tout en m’affirmant différente »), et surtout qui a souligné les conséquences d’un tel comportement :

« Toute identification de soi avec une image chargée de valeurs conventionnelles qui doivent à tout prix nous distinguer des autres, conduit à l’isolement conflictuel, à la croyance d’être en soi plus que les autres, à la concurrence mesquine. »

À méditer de toute urgence dans la prière…


Notes:

[1] ’’Les Témoins de Jéhovah : vers une sortie de la logique sectaire ?’’, Sectes et démocratie, Françoise Champion / Martine Cohen, éditions du Seuil, Paris, 1999, pp. 105-125

[2] Les Témoins de Jéhovah - un siècle d’histoire, éditions Desclée de Brouwer, Paris, 1987, page 115 : ’’Les Témoins de Jéhovah constitue un groupement volontaire de croyants qui considèrent le monde comme essentiellement mauvais, s’affirment les uniques détenteurs de la vérité et vouent à toute autre organisation que la leur à une destruction prochaine. En enlevant à ce mot toute nuance péjorative, ils correspondent à la définition sociologique de la secte et n’aspirent d’aucune manière à devenir une Église."

[3] ’’The Paranoid Style in American Politics’’, par Richard Hofstadter, Harper’s Magazine, novembre 1964, pages 77 à 86. Ce lien est toutefois celui de l’essai de l’auteur, tandis que James Penton fait référence à son ouvrage paru l’année suivante.

[4] Apocalypse Deleayed : The Story of Jehovah’s Witnesses, Jame Penton, 2è édition, University of Toronto Press, 1997, pages 211 à 214

[5] À la recherche de la liberté chrétienne, Raymond Franz, Commentary Press, Atlanta, 2002, page 57

[6] « Petits enfants gardez-vous des idoles », dans la Traduction du Monde Nouveau

[7] Voir par exemple La Tour de Garde du 15 mai 2001, page 26 : « Quand les enfants ont besoin de conseils pour résoudre des difficultés ou se sortir de situations délicates, au lieu de systématiquement leur donner la solution pourquoi ne pas leur montrer comment rechercher eux-mêmes la pensée de Dieu sur la question ? Leur apprendre à bien utiliser l’ensemble des instruments et des publications fournis par “l’esclave fidèle” les aidera à nouer des relations étroites avec Jéhovah. » Ou bien La Tour de Garde du 1er août 2001, page 11 : « Chaque fois que nous avons une décision à prendre, nous devons utiliser nos facultés mentales pour discerner quels principes bibliques sont en jeu et comment les appliquer. Prenons l’habitude d’effectuer des recherches dans les publications bibliques fournies par “l’esclave fidèle et avisé”. »

[8] ’’Transplantation d’organes’’, sur TJ-Encyclopedie

[9] ’’Service militaire’’, sur TJ-Encyclopedie

[10] ’’Dates prophétiques’’, sur TJ-Encyclopedie

[11] Remarquons au passage que dans le verset cité, à savoir Jean 6:68, les paroles de l’apôtre Pierre sont adressées au Christ, non à la Société Watch Tower, ce qui, par l’association mentale quasi-instinctive que le fidèle effectue, prouve que la direction des TJ est érigée au même niveau que le Fils de Dieu.

[12] Pour tout dire, j’ai personnellement le sentiment que le TJ surpasse même le catholique, car contrairement à la statue qui n’est qu’un symbole, la WT est la source de l’enseignement. Le TJ adore en fait la WT en se servant de Dieu, tandis que le catholique adore Dieu en utilisant sa statue !

[13] L’exemple le plus frappant à cet égard est celui de Raymond Franz qui, jusqu’à sa mort, se révéla être un chrétien convaincu. Il fut exclu en 1981 pour « apostasie », et pourtant la Société Watch Tower n’a jamais pu prouver qu’il avait tort dans les arguments qu’il a développés dans ses deux ouvrages, Crise de conscience et À la recherche de la liberté chrétienne.

[14] Évidemment, lorsqu’il est question de « vrai christianisme » ou de « chrétien », cela fait référence aux Témoins de Jéhovah, est-il besoin de le préciser…

[15] À la recherche de la liberté chrétienne, Raymond Franz, Commentary Press, Atlanta, 2002, chapitre 8 : ’’Le légalisme - l’adversaire de la liberté chrétienne"

[16] ’’Liste des compromis de la Société Watch Tower’’, sur TJ-Encyclopedie, sachant que la liste n’est pas exhaustive

[17] Il est évident que les critères qui viennent d’être mentionnés, et qui ont conduit à une surexploitation de faits divers tragiques sensationnels, sont plutôt réducteurs, et qu’en conséquence, le « buzz » médiatique a parfois -très souvent- occupé la première place au détriment de l’information de qualité. Pareillement, les cérémonies templières de l’Ordre du Temple Solaire, les gigantesques statues du Mandarom ou les dévots de Krishna dansant dans les rues avec leurs robes colorées furent des images largement relayées par les médias, car elles offraient juste ce qu’il fallait de « bizarrerie » pour intéresser le téléspectateur lambda qui aurait probablement été très vite lassé par des analyses psychologiques ou des débats religieux.

[18] ’’Sectes, Églises et nouveaux mouvements religieux’’, par Nathalie Luca, 2002

[19] En effet, on retrouve la même façon de procéder lorsqu’il s’agit de la doctrine relative à « l’esclave fidèle et avisé » pendant la période de grande apostasie (IIè siècle - 1870). Les publications jéhovistes vont tantôt affirmer que Charles Taze Russell, le fondateur des Étudiants de la Bible à l’origine des Témoins de Jéhovah, a lui-même compris des vérités bibliques avec son groupe d’étude, tantôt qu’il a récupéré ce que d’autres personnalités religieuses ont enseigné avant lui. Dans le premier cas, le but est de souligner qu’il bénéficiait de l’esprit saint et donc de le présenter comme le point de départ du « vrai » culte restauré. Dans le deuxième cas, il s’agit de « coller » avec la doctrine selon laquelle il y a toujours eu des oints depuis la Pentecôte de l’an 33 de notre ère et qu’ils se seraient transmis la vérité d’une génération à une autre depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui. Évidemment, les deux propositions sont rigoureusement contradictoires, mais suivant le contexte et le but recherché, la Société Watch Tower jonglera avec l’un ou l’autre des ces enseignements…

[20] Par exemple Le Midi libre, 3 octobre 1998, repris dans BULLES n° 60, 4e trimestre de 1998, page 33

[21] Lettre de la Watch Tower à propos des mesures à prendre en cas de pédophilie, adressée à tous les Collèges d’anciens, datée du 1er août 1995, sur Aggelia

[22] ’’Le secret et les Témoins de Jéhovah’’, Alain Garay, Revue de droit canonique, 52/2, 2002

[23] Il est à noter que ce terme, tout comme celui de « religion », était farouchement rejeté au temps de Russell qui les associait à une « escroquerie »…

[24] Par définition, une personne excommuniée est privée des sacrements, et ne peut plus prendre part à la communion, autrement dit consommer l’hostie pendant l’eucharistie. L’équivalent de la communion chez les Témoins de Jéhovah est le Mémorial qui n’est toutefois célébré qu’une fois l’an et au cours duquel, seule une minorité de personnes (le reste oints s’élevant actuellement à environ 10 000 personnes) est autorisée à consommer le pain et le vin. Ainsi, une personne qui n’est pas ointe, c’est-à-dire la quasi-totalité des adeptes, ne pourrait pas en principe être excommuniée puisque, de toute façon, elle ne participe pas à la communion ! Le changement de terminologie est donc risible…

[25] Voir sur le site de Patrice Lion, cliquez sur ’’Communiqué de la Fédération Chrétienne des Témoins de Jéhovah de France’’, puis sur ’’/GM/Communique.gif’’

[26] Ben oui, vendre un produit, même s’il s’agit de quelque chose de réchauffé, tout en affirmant que c’est « dernier cri » et que vous êtes « différents » en l’achetant, c’est une technique bien connue dans le monde de la pub… Et apparemment, ça l’est également pour les multinationales de la foi dont les méthodes sont somme toute étonnamment similaires…

[27] Certaines de ces croyances peuvent être communes à d’autres groupes, mais fort minoritaires et/ou ayant un tronc commun avec les Étudiants de la Bible dont les Témoins de Jéhovah sont issus.

[28] ’’Croix’’, sur TJ-Encyclopedie

[29] À la recherche de la liberté chrétienne, Raymond Franz, Commentary Press, Atlanta, 2002, chapitre 15 : ’’Un peuple pour son nom"

[30] Les temps des Gentils reconsidérés, Carl Olof Johnson, présenté dans l’article ’’Le Temps des Gentils reconsidéré - The Gentile Times Reconsidered’’, sur TJ-Revelation


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