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Ode à Spartacus



Table des matières :

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Spartacus
Sculpture Denis Foyatier (de 1827 à 1830)

ODE A SPARTACUS [1]

Libérer les esclaves est une belle visée [2]
C’est prendre pari et sur la raison miser
C’est dire aux Maîtres : non vous ne pouvez toujours
Prendre aux hommes leurs rêves aussi bien que leurs jours.
 
Oui, je célébrerai le nom de Spartacus
Par l’alexandrin même quoiqu’il fut né thrace
Car les pas d’Alexandre l’ont mené à l’Indus
Et ses combats glorieux ont laissé tant de traces.
 
Spartacus, fier esclave, tu t’es un jour dressé
Devant tant d’exactions sur une foule oppressée
Que n’en pouvait supporter ton âme éclairée
Par on ne sait quel songe où ton esprit errait.
 
L’esclavage a beau jeu de se prétendre doux
Et d’inviter les hommes à bien le supporter
Voyez il est léger. Prenez sur vous mon joug [3] ” !
Animaux bien dociles, donnez-moi vos portées.
 
Et maudit soit l’esclave [4] qui veut se rebeller
Et refuse tout net comme ses pairs bêler.
Ô Dieu ! Qu’il est malaisé de tondre la laine
Du retors qui combat à en perdre haleine.
 
Apostat [5] direz-vous, car le mot est lancé.
Traître, félon notoire, et bientôt assassin
Car il s’en prend à vous. Ne peut-on le tancer ?
Il est vil et narquois, un parfait spadassin.
 
Rome est belle à mourir , elle vous donne le pain.
Oui, esclaves fidèles, faîtes chauffer les bains.
Et puis, il y a le cirque. Oui, c’est vous qui mourez.
Mince, pour le pain aussi, c’est vous qui labourez.
 
Quoi ? N’êtes-vous pas heureux de donner votre vie ?
A des maîtres aussi bons qu’inspirés ne doit-on
Qu’une tiède adhésion sans montrer grande envie
Pour les mets succulents( [6] qui bouillent dans le chaudron ?
 
Oyez ! La marmite bous : « Ici vie éternelle [7] » !
Ne quittez pas des yeux salut et écuelle.
Briser vos liens nourriciers ? N’y pensez donc pas
Car bien vite les sirènes voudraient votre trépas.
 
La personne apostate ne pense qu’à enfler [8]
Et à devenir grosse de paroles stériles [9] .
Oui, c’est l’hypertrophie, le mot est bien soufflé
C’est ce que veut faire croire un comité sénile [10].
 
La faute n’est pas leur, il faut bien le comprendre
Car à l’âge des Maîtres qu’il est facile de prendre
Un mot pour un autre et par là même mélanger
Apostate et prostate tant les deux sont dangers.
 
Le brouet des esclaves fut-il préparé
Par les plus fins gourmets, j’ai nommé Lucullus,
L’armure du gladiateur fut-elle d’or parée
Pour répandre son sang au Cirque Maximus
 
Que Spartacus n’eut pas renié la liberté.
Ne pas avoir de maîtres est d’une rare cherté
Le prix à payer fut-il par trop élevé
La mort brute du guerrier vint tôt le prélever.
 
Qu’importe tu vécus et mourus si libre
Que par ton nom illustre nous pouvons nous dresser
Imitant l’audace qui fit trembler le Tibre
Refusant à jamais les Maîtres engraisser.
 
Ami, oui toi qui a de lourdes chaînes aux pieds.
Lève la tête et vois et oublie le papier [11]
Où tu crois voir mélés la vie et la bonté
Alors que sont chimères si joliment montées.
 
Que parmi les chrétiens se lèvent les Spartacus
Tous ceux pour qui la vie a du sens et du prix.
Oui, vous trouverez devant vous Rome et Crassus
L’autorité divine qui poussera des cris.
 
Fustigeant de ses traits « Truth and Freedom Power ».
Pas touche à mes esclaves car ils me sont si chers !
Comment pourrais-je sans eux faire si bonne chère ?
 
Qui vous ment, dîtes-moi, qui a plus d’intérêt
A garder sur vos nuques le métal du glaive
Et à vous faire sentir le crime qui paraît
Alors qu’en vous déjà le coupable se lève ?
 
Acceptez le combat car il n’est pas trop tard
Tant d’années gaspillées à souhaiter le départ [12]
Car les Maîtres s’en vont vous laissant bien vos liens
Mordez-les, prouvez leur que vous n’êtes plus leurs chiens !
 
Que l’esprit Spartacus bien mieux que l’esprit saint
Vous insuffle et courage et détermination.
Rejoignez donc les rangs de ceux qui sont malsains
Et luttent contre les Maîtres avec inspiration !

Notes:

[1] Voici le texte d’Appien, tiré de son ouvrage « Histoire des Guerres civiles », concernant Spartacus.
"A cette même époque, parmi les gladiateurs entretenus à Capoue par les Romains et destinés aux jeux du cirque, se trouvait un Thrace, nommé Spartacus, qui avait autrefois servi dans l’armée, et avait été fait prisonnier et vendu. Il persuada 70 de ses camarades de braver la mort pour recouvrer la liberté, plutôt que de se voir réduit à servir de spectacle dans les arènes des Romains ; et, forçant ensemble la garde chargée de veiller sur eux, ils s’échappèrent. Spartacus et sa bande s’armèrent avec les armes de tout genre dont ils dépouillèrent quelques voyageurs, et se retirèrent sur le mont Vésuve. Là, plusieurs esclaves fugitifs et quelques hommes libres des campagnes vinrent se joindre à lui. La justice rigoureuse qu’il mit dans la distribution et dans le partage du butin lui attira rapidement beaucoup de monde.
… Les Romains ne pensaient pas que ce dût être une guerre dans toutes les formes. Ils croyaient qu’il suffirait contre ces brigands d’entrer en campagne. Varinius Glaber et Publius Valerius furent successivement vaincus. Après ces succès, le nombre des adhérents de Spartacus s’accrut encore davantage, et déjà il était à la tête d’une armée de 70 000 hommes. Alors, il se mit à fabriquer des armes et à prendre des dispositions militaires dans toutes les règles.
Rome, de son côté, fit marcher les consuls avec deux légions… Spartacus les attaqua tour à tour, les vainquit l’un après l’autre et ils furent obligés tous les deux de reculer en désordre. Spartacus immola… 300 prisonniers romains ; et son armée se montant à 120.000 fantassins, il prit rapidement la route de Rome, après avoir brûlé tous les bagages dont il n’avait pas besoin, fait passer au fil de l’épée tous les prisonniers et tuer toutes les bêtes. de somme, pour ne pas ralentir sa marche. Beaucoup d’autres esclaves prirent son parti, et vinrent grossir son armée, mais il ne voulut plus admettre personne. Les consuls retournèrent à la charge contre lui dans le pays des Picènes… il furent vaincus encore une fois.. Malgré ce succès, Spartacus renonça à son projet initial de marcher sur Rome, parce qu’il sentit qu’il n’était pas assez habile dans le métier des armes, et que ses troupes n’étaient pas convenablement armées, car nulle cité ne le secondait. Toutes ses forces consistaient en esclaves fugitifs et en aventuriers…
Il y avait déjà trois ans que durait cette guerre, dont on s’était moqué d’abord ; dont on ne parlait qu’avec mépris comme d’une guerre de gladiateurs ; mais quand il fut question de confier le commandement à d’autres chefs, nul ne se mit sur les rangs, sauf Crassus… Il marcha contre Spartacus à la tête de six nouvelles légions. A son arrivée au camp, il fit décimer les deux légions qui avaient fait la campagne précédente, pour les punir de s’être si souvent laissé vaincre…
Spartacus fut enfin blessé à la cuisse par une flèche. Le reste de son armée, en désordre, fut mis en pièces. Le nombre des morts du côté des gladiateurs fut incalculable. Il y périt environ 1.000 Romains. Il fut impossible de retrouver le corps de Spartacus. Les nombreux fuyards cherchèrent asile dans les montagnes. Crassus les y poursuivit. Ils se partagèrent en quatre bandes, luttant alternativement jusqu’à extermination complète, à l’exception de 6.000 d’entre eux, qui, faits prisonniers, furent mis en croix le long de la route de Capoue à Rome."

[2] Et pas une billevesée - billevesée : n. f. Chose, propos frivole.

[3] (Matthieu 11:29, 30) Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi, car je suis doux de caractère et humble de cœur, et vous trouverez du réconfort pour vos âmes. Car mon joug est doux et ma charge est légère.

[4] (Romains 14:18) Celui en effet qui, à cet égard, travaille comme un esclave pour Christ est agréable à Dieu et approuvé des hommes.

[5] (Proverbes 11:9) Par [sa] bouche l’apostat cause la ruine de son semblable, mais par la connaissance les justes sont délivrés.

[6] Matthieu 24:45) 45 “ Quel est donc l’esclave fidèle et avisé que son maître a établi sur ses domestiques, pour leur donner leur nourriture en temps voulu ?

[7] (Jean 6:27) Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, [nourriture] que vous donnera le Fils de l’homme ; car c’est sur celui-ci que le Père, oui Dieu, a mis son sceau [d’approbation].

[8] (1 Corinthiens 8:1) La connaissance gonfle, mais l’amour bâtit.

[9] (1 Timothée 6:20) Ô Timothée, garde ce qui est mis en dépôt chez toi, te détournant des discours vides qui profanent ce qui est saint, ainsi que des contradictions de ce que l’on appelle faussement “ la connaissance.

[10] Le Collège Central (Governing Body) des Témoins de Jéhovah se compose de membres qui, en toute logique, devraient être nés bien avant 1935.

[11] Le papier béni et sacré de la Bible ou des publications chrétiennes et pas l’internet qui est un support diabolique et inadéquat pour le TJ de base.

[12] Le beau matin du Millénium n’est jamais venu et ne viendra jamais.

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