O Tempora ! O Mores ! - O temps ! O Moeurs ! - Cicéron
prophétie

Les fondamentalistes chrétiens aiment à citer l’apôtre Paul qui dénonce la décadence d’une époque qui marquerait les « derniers jours » comme un sceau authentique et remarquable.
(2 Timothée 3:1-5) Mais sache ceci : que dans les derniers jours des temps critiques, difficiles à supporter, seront là. 2 Car les hommes seront amis d’eux-mêmes, amis de l’argent, arrogants, orgueilleux, blasphémateurs, désobéissants à l’égard de [leurs] parents, ingrats, sans fidélité, 3 sans affection naturelle, sans esprit d’entente, calomniateurs, sans maîtrise de soi, cruels, sans amour du bien, 4 traîtres, entêtés, gonflés [d’orgueil], amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu, 5 ayant une forme d’attachement à Dieu, mais trahissant sa puissance ; et de ceux-là détourne-toi.
A l’époque de la rédaction du texte ( 65 de n.e.) et non loin de l’apôtre Paul, un autre auteur, Lucius Annæus Seneca - en français, Sénèque écrivait avec bon sens :
« Nos ancêtres, se sont plaints, nous nous plaignons et nos descendants se plaindront un jour de la décadence des mœurs, de ce que le mal pénètre partout, les hommes s’enfoncent de plus en plus dans le péché et leur condition empire. En réalité cependant la situation ne change pas, mais elle reste et restera la même, à quelques légères variations près, dans un sens ou dans l’autre, comme les eaux portées ou retenues à des limites plus ou moins rapprochées du rivage, par le flux et le reflux, dans le mouvement des marées. Les vices ne sont pas le propre des temps, mais le propre des hommes. Jamais aucun âge n’a été exempt de péché. »
Sénèque, De Beneficiis, I, 10 ; Lettres, 97.
L’apôtre Paul ne fait que suivre une tendance dénoncée par Sénèque.
Le sentiment d’une société décadente est décidément un sentiment vieux comme le monde qui ne prouve rien.
Notes: