Nous vivons les derniers jours - 2 Timothée 3:1-5

Un grand classique du genre dans la collection « Entrées en matière » est, tel qu’apparaissant à l’entrée Actualité du livre Comment raisonner à partir des Ecritures p.9 :
‘Bonjour Monsieur (ou Madame). Je m’appelle —. Je suis un de vos voisins puisque j’habite (donnez le nom de votre rue et de votre quartier). Peut-être avez-vous regardé les informations à la télévision hier soir ? … Il y a eu (mentionnez un événement qui inquiète les gens). Qu’en pensez-vous ? … On entend souvent cette question : “Mais où va le monde ?” En tant que Témoins de Jéhovah, nous croyons que nous vivons ce que les Écritures appellent les “derniers jours”. Voyez la description détaillée qui nous en est faite en II Timothée 3:1-5.’
2 Timothée 3:1-5 Mais sache ceci : que dans les derniers jours des temps critiques, difficiles à supporter, seront là. 2 Car les hommes seront amis d’eux-mêmes, amis de l’argent, arrogants, orgueilleux, blasphémateurs, désobéissants à l’égard de [leurs] parents, ingrats, sans fidélité, 3 sans affection naturelle, sans esprit d’entente, calomniateurs, sans maîtrise de soi, cruels, sans amour du bien, 4 traîtres, entêtés, gonflés [d’orgueil], amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu, 5 ayant une forme d’attachement à Dieu, mais trahissant sa puissance ; et de ceux-là détourne-toi.
Comment répondre ?
Voici une synthèse des réponses apportées sur le forum Unelueur.org :
Notre vision de la réalité est faussée et imparfaite :
Les médias amplifient les malheurs.
« Les médias, comme on le sait, s’intéressent surtout aux trains qui déraillent et jamais à ceux qui sont à l’heure ; ils insistent sur les naufrages et négligent les navires qui parviennent à bon port. » (Jean-Claude GUILLEBAUD, essayiste, éditeur et journaliste) (cité par Coc)
Le texte intégral — beau texte ! — sources : Reporters d’espoir :
La face cachée du réel
Par vocation, le journalisme raconte jour après jour — et tente de comprendre — les tragédies du monde. Une logique naturelle l’incline à réserver toute son attention aux désastres qui habitent le monde : guerres, famines, querelles, séismes, épidémies… Cette logique fait naturellement de chaque reporter un ardent préposé aux catastrophes. Les médias, comme on le sait, s’intéressent surtout aux trains qui déraillent et jamais à ceux qui sont à l’heure ; ils insistent sur les naufrages et négligent les navires qui parviennent à bon port. Cette préférence est intrinsèque au journalisme lui-même. Les journaux sont-ils là pour s’attarder sur le « non-événement » ?
« D’innombrables bonnes nouvelles ne sont (presque) jamais rapportées ni, a fortiori, mises en valeur… » Ainsi le journalisme se condamne-t-il quotidiennement à une forme d’hémiplégie. Il privilégie une seule dimension du réel, la moins glorieuse. Par définition, le discours médiatique est un discours attristé, voire alarmé. Il s’habille en noir. Or, la réalité, nous le savons, n’est jamais aussi sombre. Elle est faite d’ombres et de lumières. Elle mêle le pire au meilleur. Partout. Toujours. À n’insister que sur les ombres, on pêche — et on ment — par omission. En toute bonne foi. Vieille question ! Cette insuffisance, en effet, n’est pas facile à corriger.
Qui veut faire profession d’optimisme délibéré frôle le ridicule. En produisant un récit édifiant, moralisateur ou lénifiant, il ne fait qu’opposer à une erreur une image inversée de celle-ci ; il substitue à une omission une autre sorte d’oubli. Ce n’est pas ce moralisme-là, mais pas du tout, qu’entend promouvoir l’association Positive Network à travers le prix Reporters d’espoirs. Pour Laurent de Cherisey, Christian de Boisredon et Béatrice Leproux-Gillet, ses fondateurs, il ne s’agit pas d’encourager la « gentillesse » et moins encore je ne sais quelle niaiserie réconfortante. Plus sérieusement, il s’agit d’encourager les reporters et à travers eux la profession, à s’intéresser — mais intrépidement — à l’autre dimension du réel : initiatives, victoires sur la fatalité, engagements têtus, progrès trop ignorés, démarches de paix, réconciliations durables, prouesses de toutes sortes… D’innombrables bonnes nouvelles ne sont (presque) jamais rapportées ni, a fortiori, mises en valeur. C’est ce « trou », c’est ce « manque » qui vaut d’être comblé. C’est cette « face cachée du réel » qui mérite d’être explorée. On voudrait en somme que soit un peu moins ignoré tout ce qui, mine de rien, permet aux sociétés humaines de tenir encore debout.
Nous vivons dans l’instantanéité des nouvelles ; nous recevons en quelques minutes des informations chargées émotionnellement. Dans le passé nombre de ces nouvelles n’auraient même pas passées les frontières d’un pays. Nous n’avons pas l’oeil et le recul de l’historien qui mettrait en perspective toutes ces données.
La tentation est grande d’occulter les évolutions positives :
améliorations de la durée et de la qualité de la vie, progrès médicaux incontestables (merci Coc).
Citation de Wikipedia sur l’espérance de vie :
De 1900 à 2000 l’espérance de vie en France (moyenne homme et femmes) est passée de 40 à 78 ans. La durée de vie moyenne a presque doublé en un siècle seulement. Cette avancée extraordinaire a été le résultat de nombreux progrès :
· médecine : prise en charge de la grossesse et des nourrissons, asepsie, antibiotiques, vaccinations, chirurgie…
· politique de santé publique : lutte contre les risques alimentaires, politique de sécurité des transports, normes de sécurité dans les entreprises et les bâtiments, campagnes contre le tabac et l’alcool…
· technique : conservation des aliments par le froid, baisse du prix du chauffage et de l’énergie, matériels de sécurité incendie ou autre
· hausse du niveau de vie, réduction de l’extrême pauvreté et des carences alimentaires graves associées à cette situation, accessibilité à la majorité d’un confort autrefois réservé à une élite (eau courante, électricité, chauffage, accès au logement …)
Remarque appropriée de Victoire sur le forum :
A tous ceux qui disent qu’avant 1914 c’était beaucoup mieux, on pourrait leur demander de choisir une époque où ils aimeraient vivre, puis ensuite de faire quelques recherches sur cette époque. Inévitablement on va trouver des conditions de vie bien plus difficiles que ce soit au niveau du travail, de la santé, du logement, de la liberté d’expression (surtout si on est une femme), de l’égalité entre les humains (esclavage, castes, classes sociales, etc..), de la connaissance (écoles et instruction limitées), du confort, des loisirs (qui étaient inexistants), du pouvoir politique en place souvent totalitaire, sans parler des guerres et des diverses épidémies…..
Assurément, le monde d’aujourd’hui est-il plus cruel ou inhumain ?
Lorsque des catastrophes se produisent et que l’on constate un élan mondial de solidarité, est-ce une preuve de la décadence de l’amour (charité) ou la progression de la dureté de cœur ?
Le sentiment que le passé était meilleur que le présent, que la nature humaine se dégrade n’est pas nouveau, et ne saurait constituer une preuve objective.
Des auteurs de l’antiquité ont exprimé leur sentiment personnel :
Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie.
— Platon, 428-347 av. J.-C. (cité par Coc)
A la même époque que Paul (65 de n.e.), le romain Sénèque prenait un recul nécessaire par rapport aux plaintes de ses contemporains.
Nos ancêtres, se sont plaints, nous nous plaignons et nos descendants se plaindront un jour de la décadence des mœurs, de ce que le mal pénètre partout, les hommes s’enfoncent de plus en plus dans le péché et leur condition empire. En réalité cependant la situation ne change pas, mais elle reste et restera la même, à quelques légères variations près, dans un sens ou dans l’autre, comme les eaux portées ou retenues à des limites plus ou moins rapprochées du rivage, par le flux et le reflux, dans le mouvement des marées. Les vices ne sont pas le propre des temps, mais le propre des hommes. Jamais aucun âge n’a été exempt de péché.
— Sénèque, De Beneficiis, I, 10 ; Lettres, 97.
Quant à l’appropriation des propos de Paul pour en faire une application visionnaire, en voici un exemple qui manifeste bien la fragilité de l’argument.
Nous le devons à St Cyprien. [1]
Extrait de : De l’unité de l’Eglise
Le Seigneur établit en deux mots, dans l’Évangile, les fondements de notre espérance et de notre foi : Votre Dieu, dit-il, est un Dieu unique. Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de tout votre esprit et de toutes vos forces c’est là le premier commandement. Le second commandement est semblable au premier : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Dans ces deux commandements se trouvent toute la loi et les prophètes (Marc, XII). En renfermant dans deux préceptes les prophètes et la loi, le Seigneur nous recommande l’unité et la charité. L’unité et la charité ! ils s’en occupent bien ces fauteurs de discordes qui. emportés par une haine aveugle, scindent l’Église, détruisent la foi, troublent la paix, ruinent la charité, profanent nos mystères.
Ce fléau, mes frères bien-aimés, a commencé depuis longtemps ; mais, de nos jours, ses ravages deviennent plus affreux. Les hérésies et les schismes, en se multipliant, répandent davantage leurs poisons. N’en soyons pas étonnés ; il doit en être ainsi au déclin du monde ; l’Esprit-Saint, par la bouche de l’apôtre, l’a prédit : Aux derniers jours, viendront des temps difficiles. On verra paraître des hommes pleins de confiance en eux-mêmes, superbes, vaniteux, avares, blasphémateurs, désobéissants, ingrats, impies, sans affection, sans bonne foi, délateurs, débauchés, cruels, ennemis de tout bien, traîtres, insolents, enflés d’orgueil, préférant leurs passions à Dieu, altérant les dogmes de la religion et ne croyant pas à son origine et à sa vertu divine. Ces hommes se glissent dans les maisons ; ils séduisent des femmes faibles et chargées de fautes qui se laissent conduire par de vains désirs. Ils cherchent sans cesse à apprendre et n’arrivent jamais à la science de la vérité. Autrefois Jamnès et Mambrès résistèrent à Moïse : eux de même résistent à la vérité, égarés qu’ils sont par leur corruption et leurs erreurs. Mais leur succès sera de courte durée ; bientôt leur perversité sera découverte, comme celle des ennemis de Moïse (II Thess., III).
Toutes ces prophéties s’accomplissent, et comme la fin du monde approche, ces hommes paraissent pour nous éprouver. Grâce à la fureur du démon, toutes les passions s’agitent à la fois : l’erreur séduit les âmes déjà. égarées par l’orgueil, la jalousie les enflamme, la cupidité les aveugle, l’impiété les déprave, la vanité les enfle, la discorde les exaspère, la colère les précipite à leur ruine. Ne nous laissons pas troubler ou émouvoir par l’excessive perfidie d’un si grand nombre ; mais plutôt, puisque la chose est prédite, servons-nous-en pour fortifier notre foi. La conduite des hérétiques est conforme à la prédiction. Donc, mes frères, appuyés sur la prophétie, tenez-vous en garde contre eux, car le Seigneur a dit : Méfiez-vous ; (135) je vous ai tout annoncé d’avance. Évitez ces hommes, je vous en supplie, repoussez leurs paroles perverses comme une contagion mortelle, selon cette parole des Livres saints : Fermez rigoureusement vos oreilles et n’écoutez pas les méchants ; et ailleurs : Les mauvais propos corrompent les bonnes moeurs.
En toute bonne foi un tel homme pensait la fin du monde prochaine, la prophétie de Paul est, de fait, trompeuse et inapplicable.
La prophétie citée est contredite par l’observation et l’Histoire, elle ne peut convaincre que les gens convaincus.
Notes:
[1] Cyprien (saint) (Thascius Cæcilius Cyprianus) (Carthage, déb. IIIe s. id., 258), Père de l’Église, évêque de Carthage (249) : De l’unité de l’Église. Martyr, il mourut décapité.
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