samedi, 4 février 2012|

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Naissance de l’univers



Table des matières :

Ce cas de figure est bien connu comme étant l’argument des créationnistes qui défendent ’la conception par le réglage fin’ des constantes physiques de notre univers.
Sous prétexte de suppositions que le déréglement de certaines constantes rendraient la vie impossible, les tenants de l’Intelligent Design tirent la conclusion que c’est forcément un créateur qui est à l’origine de cette vie.
Malheureusement, cet argument était plausible du 19e siecle jusqu’à une partie avancée du 20e avant que la physique quantique, si féconde en applications diverses, ne vienne tout remettre à zéro.
Avec la physique quantique, on a considérablement réduit le nombre réél de ces soi-disant constantes et il y a de fortes probabilités que celles qui demeurent soient reliées ensemble sans possibilités de variations.
C’est ce qu’on appelle un lien causal.

Richard Carrier [1] : Que cela puisse être le cas est rendu probable par deux faits. D’abord, il est invraisemblable de supposer que les constantes sont des paramètres juste arbitraires qui peuvent être ajustés sur un certain panneau de commande cosmique. Ce n’est pas impossible, mais il semble plus probable qu’ils ont été décidés lors d’un certain fait ou événement antérieur, comme toutes les choses semblent le désigner (et le Premier argument de Cause par Dieu présuppose que cela doit être ainsi). Rien que cela serait une simple possibilité, jusqu’à ce que nous remarquions le deuxième fait : tandis qu’au 19e siècle il y avait environ vingt à quarante constantes physiques, il y en a maintenant seulement autour de six. Toutes les autres au cours du siècle présent ont été prouvées pour être causalement décidés par des facteurs plus fondamentaux. Par exemple, en physique on considérait le point d’ébullition de l’eau comme une constante, mais on sait maintenant qu’il est le résultat des lois de la mécanique quantique et ne pourrait pas être différente sans aussi devoir changer les lois de la mécanique quantique. Puisque la tendance va fermement dans cette direction, il est raisonnable de prévoir que toutes les constantes finiront par être expliquées de cette façon. Par exemple, puisque la constante de Planck définit la plus petite unité possible de l’espace et du temps, cela peut être le cas de la vitesse de la lumière d’être inexorablement reliée à la constante de Planck, de sorte que l’on ne puisse pas la changer sans changer l’autre.

Donc, nous ne savons pas si les constantes sont indépendantes des autres, ou d’autres fonctions plus fondamentales de l’univers et donc nous ne pouvons pas supposer des constantes différentes sans changer les autres. Ainsi les modèles basés sur une telle supposition sont inutiles : nous ne connaissons pas après tout la proportion d’univers possibles qui produisent une chimie complexe par rapport aux univers possibles qui ne le font pas. Donc, nous ne pouvons pas soutenir que cette proportion est petite. Bien sûr, nous ne pouvons pas soutenir qu’elle est grande, mais cela importe peu : sans aucune base pour présumer que c’est petit, un argument de Réglage Fin n’a aucune base pour conclure que « Dieu Existe ». De même, c’est un problème également fatal que nous ne connaissons pas quelle gamme de valeurs est possible pour les constantes, si cette gamme change dans un laps de temps dans lequel chaque valeur est également probable, ou s’il adapte une distribution en courbe de cloche de probabilité relative, ou quelque chose d’autre, comme une distribution chi-carrée et nous n’avons aucun indice, par conséquent, où sur n’importe laquelle de cette courbe de probabilité la chute des paramètres réels que nous observons. En d’autres termes, soutenir que les paramètres existants sont improbables exigent l’adoption d’un tableau énorme de suppositions aveugles et puisqu’aucune de ces suppositions ne peut être établie ou justifiée de n’importe quelle façon qui soit, aucune conclusion ne peut être tirée d’elles.


Autrement dit, les créationnistes qui défendent cette idée en sont réduits à confondre les faits avec les suppositions et les théories avec les opinions.
La science ne travaille pas de cette façon et ils ne peuvent donc se prévaloir d’avoir établi une théorie scientifique parce que ça ressemble un peu aux théories vraiment scientifiques. Comme les astrologues qui confondent la simultanéité avec la causalité, ils s’enfoncent dans les mêmes erreurs de raisonnements désormais classiques.
C’est une erreur commune de tirer des conclusions en établissant des corrélations qui n’en sont pas, cela est dû à la confusion qui est faite entre la relation de cause à effet et l’apparente simultanéité de deux ou plusieurs évenements entre eux.
Un exemple simple de causalité est le lien qui existe entre la fermeture d’un interrupteur et le jaillissement de lumière de l’ampoule associée. Les 2 événements semblent simultanés, c’est dû à la grande vitesse qu’a le courant electrique pour propager son influence dans les fils. Mais il y a bien relation de cause à effet, on ne dira jamais que l’inter a basculé parce que la lampe s’est allumée, n’est-ce pas ?
L’ordre est évident, d’abord l’inter, ensuite la lampe.

Par contre, j’observe un nuage qui cache la pleine lune et au moment où elle est occultée, une étoile filante traverse le ciel, un peu après, au moment même où la lune réapparait, le feu du météore s’éteint.
On parlera là de simultanéité sans qu’il y ait relation causale. En effet, un rapide calcul nous montrerait qu’un habitant de la lune ne verrait pas ça sous le même aspect et n’en tirerait donc pas la même conclusion que moi.

En résumé, la science et la méthode scientifique font montre d’une rigueur que la croyance est loin de pratiquer. En définitive, quand le croyant, fatigué d’argumenter dans le vent, nous rétorque que la foi ne réclame pas de preuves, on pourrait porter le coup de grâce en demandant pourquoi donc les croyants réclament-ils des athées qu’ils fournissent les preuves de la non-existence de Dieu ?
Je suis aussi incapable de fournir les preuves de l’inexistence des soucoupes volantes.
L’athéisme n’est pas une religion, c’est une absence de croyance sans démonstration.


Le cadre de ce sujet étant l’origine de l’univers, les arguments à apporter touchent forcément la question d’un créateur ou à défaut l’existence d’un dessein intelligent qui a fait germer la petite graine pour le résultat visible.

On peut remonter assez loin, mais pour que n’importe quelle hypothèse théiste soit nécessaire, toutes les hypothèses scientifiques doivent être inconcevables, c’est-à-dire logiquement impossibles, ou falsifiées par une preuve contraire. Pour que n’importe quelle hypothèse théiste soit considérablement supérieure, toutes les autres hypothèses scientifiques doivent être très improbables, ou alors l’hypothèse théiste doit avoir un support significativement plus évident que toutes les hypothèses nonthéistes.

Est-ce ce qu’on observe ?

En affirmant par exemple, que l’univers ne pourrait pas abriter la vie si les constantes physiques connues avaient déviées quelque peu de leur valeur actuelle, on ne prouve rien d’un dessein intelligent. En fait rien ne prouve seulement que l’infime variation d’une seule de ces constantes n’entrainerait pas la dérive de toutes les autres…

La constante de Planck par exemple, qui définit la plus petite quantité d’énergie possible dans notre univers, définit aussi le quantum de temps et d’espace, et de ce fait pourrait tout-à-fait être inextricablement liée à la vitesse de la lumière. De façon à ce que le changement de l’une entraine inexorablement le changement de l’autre.

Mais le fait est qu’aucun physicien ne sait si ces constantes sont liées, du coup ces suppositions n’ont absolument aucune raison d’être. Donc surement pas non plus pour prouver que ce dessein intelligent est une chose allant de soi.

En clair, l’hypothèse non-théiste qui déclare que notre univers est ce qu’il est, avec des êtres vivants et intelligents comme l’homme, parce que son développement a produit des caractéristiques physiques (comme ces fameuses constantes cruciales) permettant la vie, n’est pas plus à rejeter que l’hypothèse d’un jeu d’univers qui se sont formés de façon aléatoire et sans cette possibilité d’abriter la vie.

Rien ne permet de certifier que les centaines de milliards d’années précédants la venue de notre monde, n’ont pas vu l’explosion d’univers trop bancales pour être viables selon les critères actuels.
Une fois notre univers disparu, (ce n’est demain la veille) rien ne permet de supputer qu’il ne s’écoulera pas des milliers de milliards de milliards d’années avant qu’un tel processus ne se reproduise à l’identique.

En fin de vie, certains types d’étoiles plus massives que notre Soleil passent par une phase d’effondrement avant une explosion cataclysmique, les Supernova
plus d’infos [2]
Un scénario aussi dramatique semble bien attendre notre univers, que certains y voient l’accomplissement des prophéties de l’apocalypse est leur affaire, mais qu’ils sachent toutefois que cela n’est pas susceptible de se produire avant un nombre de milliers de milliards d’années conséquent. Il n’y a pas le feuuu au laaac dirait un Suisse…

Affirmer la nullité de ces hypothèses est le constat d’une mauvaise interprétation de ce que le hasard et les statistiques veulent dire. La seule évidence qu’on peut tirer de ces prétendues preuves est que si Dieu il y a, alors il n’y a aucune raison que ce soit celui des chrétiens, celui de Mahomet ou de Bouddha. La seule logique que cela entraine, c’est de nous faire devenir agnostique au mieux, et rien d’autre.

Cela fait tout de même une sacrée charrette d’hypothèses à aligner pour aboutir à la foi que défend chacune des religions de la Terre. La croyance créationniste peut être vue comme raisonnable, mais pas plus que les hypothèses athées. En fait elle n’est pas assez croyable pour invalider les autres et pour la choisir plutot que ces dernières.

Le fait est que même en se retranchant derriere l’évolution dirigée par un créateur intelligent, on ne peut aboutir à être en devoir d’opter pour la logique biblique et sa dérive chrétienne. Ce n’est pas une voie qui va de soi.
Pour moi, l’hypothèse d’un univers qui n’est pas issu d’un processus intelligent est bien plus évident. L’analyse des tenants et des aboutissants des lois de la physique permet cela et élimine le dogmatisme, aussi bien religieux que scientifique. C’est une leçon d’humilité que nous enseigne la nature, elle nous apprend que nous ne sommes rien.

L’univers n’aurait pas pu se former si sa densité initiale avait différé le moindrement de ce qu’elle a été en fait. Une gravité plus faible aurait empêché les étoiles de naître. Une gravité plus forte les aurait fait mourir bien trop vite pour qu’elles permettent l’avènement d’êtres vivants. Des électrons un peu plus chargés auraient prévenu les réactions chimiques à l’origine de l’ADN. Et ainsi de suite. Des scientifiques croyants trouvent dans ces faits de quoi nourrir leur foi. Le Dr Joseph Ayoub, chercheur et oncologue dit : « Tout semble avoir été minutieusement préparé en vue de l’avènement de la matière, puis de la vie, puis de la conscience (…) La science moderne parle de Dieu , de façon implicite ».

Ce type de raisonnement est appellé le fine tuning [3] et c’est ce qu’on pointe comme étant un raisonnement par l’ignorance. Il y a un contre argument assez simple, pourquoi donc faut-il exclure ces types d’univers de la liste des univers futurs ou ayant existés ? Le fait qu’il n’y ai plus aucune trace visible de ces univers ratés, n’implique en aucune façon que ces tentatives n’aient pas eu lieu… on peut seulement dire que si c’est le hasard qui guide la nature, alors ces univers ratés n’existent plus, la belle affaire.

Il existe une liste impressionnantes d’insectes et d’animaux de toutes sortes qui ont disparus de la surface du globe sans que l’on ai la possibilité de savoir lesquels au juste, c’est une preuve que le ’fine tuning’ est une absurdité. Je passe sur les disparitions d’animaux gigantesques, du type dinosaure, qui flanque par terre toute vélléité d’affirmation d’une création intelligente. En effet, si intelligence il y a, pourquoi ces créatures n’existent-t-elles plus aujourd’hui ?
Ce prétendu Créateur aurait-il des remords de conscience ?

A moins qu’il n’agisse par petites touches, d’approximations en approximations ?
Quelles que soit la réponse du croyant, on est bien obligé de trancher en faveur d’un Créateur qui n’en sait pas plus que nous quand nous essayons de mettre au point une radio qui marche, par exemple.
Alors, ressemblons-nous à Dieu, ou bien est-ce lui qui nous ressemble ?

Sur ce lien, vous trouverez un élement de réponse à cette vision des choses : Si ma tante avait de belle moustaches, on l’appellerait… une traduction partielle :

Réponse : Les gens ont tendance à commencer par l’explication facile et les scientifiques ne sont pas différents. Les découvertes qu’ils ont faites naturellement auraient tendance à tomber dans les secteurs où la découverte est la plus facile.

Quand le transport aérien a été interrompu pendant trois jours après l’attaque de 9/11, les scientifiques ont saisi l’occasion de mesurer l’effet de contrails (Travis et d’autres. 2002). Cela ne signifie pas que l’attaque de 9/11 a été conçue pour la découverte scientifique. De même, le fait que les scientifiques ont en général pris ces mesures ne signifie pas que l’univers a été conçu pour leur permettre de faire ainsi.

L’argument se résume à la tautologie « si les choses avaient été différentes, les choses seraient différentes. » Il n’y a aucune preuve qu’un univers différent serait meilleur ou plus mauvais. Des conditions différentes pourraient rendre plus difficile à observer ce qu’il est facile d’observer maintenant, mais elles rendrait d’autres observations plus faciles, menant probablement à la découverte de choses que nous ne connaissons pas encore.

La philosophie derrière cette revendication a été persiflée par Voltaire (1759) :
« C’est démontrable, » a-t-il dit, "que les choses ne peuvent pas être autrement que ce qu’elles sont ; car comme toutes les choses ont été créées pour quelque fin, elles doivent nécessairement avoir être créés pour la meilleure fin.

  • Observez le nez, par exemple, il est formé pour les lunettes, donc nous portons des lunettes.
  • Les pieds sont visiblement conçus pour les bas, en conséquence nous portons des bas.
  • Les pierres ont été faites pour être taillées et construire des châteaux, donc Mon seigneur a un château magnifique ; pour le baron le plus grand dans la province, il doit être le mieux logé.
  • Le porc a été destiné à être mangé, donc nous mangeons du porc tout au long de l’année : et eux, qui affirment que tout a une raison, ne s’expriment pas correctement ; ils devraient dire que tout est pour le mieux."
  • De bien des façons, la configuration de l’univers gêne la découverte scientifique. Par exemple :
    • Les choses dans l’espace sont difficiles à atteindre.
    • Ils sont très loin ; le vide est hostile à la vie.
    • Notre gravité est un frein pour quitter la terre.
    • La vitesse limitée de la lumière gênerait la communication quand et si nous explorons un jour la galaxie.
    • Nos durées de vie sont trop courtes pour que nous puissions individuellement noter les changements importants de la nature.
    • Personne ne connaît une façon facile de trouver la structure des protéines.
    • Il semble n’y avoir aucune vie sur d’autres planètes avec laquelle comparer la vie des terriens.
    • L’exploration sous-marine est tout à fait incommode pour nous.
    • Notre intelligence semble être structurée pour que de nombreuses choses soient difficiles à comprendre. Beaucoup de personnes, par exemple, semblent ne pas comprendre que la question « Qu’y a-t-il à -l’extérieur de l’univers ? » est sans signification.
    • La mécanique quantique et la relativité sont tout aussi difficiles à conceptualiser.
    • Et cette tendance à cataloguer les choses dans « des sortes » distinctes pour l’être biologique. (C’est utile pour la langue, mais elle gêne la compréhension de l’évolution.)
Pour moi, il semble plus évident que la science moderne est loin de parler implicitement de l’existence de Dieu !

Le croyant est conditionné, -et je sais de quoi je parle puisque j’ai été croyant, c’est un avantage pour moi- pour trouver des réponses qui vont dans le sens de sa foi, parce que c’est plus facile pour lui, exactement comme il est plus facile de maitriser la mécanique de Newton plutot que celle de la relativité générale :

Si Dieu n’existe pas : Je suis obligé de croire que j’existe par hasard, grâce à un processus évolutif qui, miraculeusement, ne partant de rien aboutit à un chef d’œuvre, en violant constamment les lois fondamentales de la science et du simple bon sens. Avez-vous déjà constaté que les choses s’amélioraient par elles mêmes lorsque vous les laissiez à l’abandon ? Moi pas !

Raisonnements justes des scientifiques : Tout part de l’a priori que l’univers et la nature sont cohérents et régis par des lois que l’on peut découvrir. Il sait que la découverte d’une loi l’amènera infailliblement vers la découverte d’autres lois. Si tout était chaotique une telle recherche ne pourrait avoir d’existence :

  1. Parce que l’homme - étant lui-même irrationnel, incohérent et inorganisé - ne se poserait aucune question et ne demanderait aucune explication : dans un tel contexte la recherche scientifique ne saurait exister.
  2. Parce que, de toute façon, il n’y aurait rien à découvrir (sinon l’absence de lois et la constatation de l’anarchie, de l’aléatoire et du chaos)

Pourtant les lois existent et toute loi implique un législateur ; une réalisation aussi merveilleuse que le monde réclame une intelligence et une intention ; la cohérence intellectuelle voudrait que ceux qui cherchent à découvrir des lois soient aussi prêts à rechercher Celui qui les a établies.

J’aime bien le reproche du miracle attribué au processus évolutif…
Par quel processus intellectuel, le croyant parvient-il à se convaincre que le hasard associé au temps très long, pourrait être incapable, sauf miracle, de faire emerger un certain ordre, tout en admettant qu’un Dieu infiniment plus complexe que tout ce qui est imaginable, puisse exister depuis toujours ?

C’est cet ordre que le principe de l’entropie explique sans problème. Les structures ordonnées ne necessitent pas plus d’energie que celles qui sont désordonnées, au contraire, c’est précisément ce point qui fait qu’une structure ordonnée a plus de probabilités d’exister que l’inverse, tout simplement parce qu’elle est plus stable dans le temps.

C’est seulement à l’echelle de l’univers que l’entropie augmente, mais localement, l’ordre peut prendre le pas sur le désordre (l’entropie diminue) parce que les sources d’énergie plus grandes que le domaine d’action des systèmes ordonnés se sont taries au voisinage immédiat de ces structures. Ces structures ordonnées peuvent ensuite continuer d’évoluer vers des états qui n’ont rien d’ordonnés, la preuve en est que les êtres vivants finissent par mourir…désorganisés par de nombreuses causes aléatoires. Il faut penser aux apports d’énergie qui n’existent plus à notre époque, en effet la Terre s’est refroidie depuis plusieurs milliards d’années, sa radiocativité -génératrice de mutations- s’est atténuée fortement, de fait, des formes de vie diverses, plus complexes, ont été mieux en mesure de se développer dans ce nouvel environnement, tandis que d’autres ont définitivement disparues.

Sur le plan scientifique, il y a des considérations à prendre en compte qui justifient ce mélange apparent d’ordre et de désordre dans notre univers.

Ce que l’on appelle les ’lois’ de la nature n’en sont que dans la mesure où de nouvelles propriétés semblent émerger de nulle part de la connaissance des propriétés des parties initiales.
Un exemple, un peu de sel, un peu d’eau, un peu de levure, de la farine.
Mélange adéquat, passer au four à une température qui tue tout être vivant.
Résultat : un pain dont les propriétés et le gout n’ont rien de commun avec les parties initiales… faut-il en déduire qu’il y a une loi qui stipule le passage de l’état initial à l’état final : le pain ?

On simplifie grandement en disant que cet exemple décrit ce qu’est l’emergence [4], et c’est une bonne illustration de l’émergence de l’info [5]

Un autre exemple, celui des passages abruptes des états de la matière, l’eau en l’occurence :
Le passage de l’état cristallin de la glace ordonné à l’état liquide désordonné.
Le passage de l’état liquide à l’état gazeux encore plus désordonné.

On passe brusquement d’un état à l’autre avec naissance de propriétés nouvelles que les savants appellaient lois avant la découverte de la physique quantique, depuis, on sait expliquer et modéliser mathématiquement ces structures sans faire intervenir des lois placées dans un grand tableau monotone.

Sous-entendant par là que ce tableau était une table écrite par quelqu’un et imposée, content ou pas.
Mais non, avec la nature quantique de la matière, la physique se trouve débarrassée de tout un pan de données qui se voyaient au début du siècle précédent affublées du titre de ’lois’ naturelles.

Ces prétendues ’lois’ ne sont que de la génération d’infos dont la complexité s’accroit avec le temps, ou la température. La nature de ces infos échappe à toute prévision tant que le cadre où elles évoluent n’a pas été étudié, cela tombe sous le sens. Inventer un Dieu qui a tout prévu dans les moindres détails est une arme à double tranchant, parce qu’alors on aurait raison de l’accuser de tous les maux et les souffrances qui vont avec. A l’inverse, affirmer que cette nature a été ’pensée’ pour que les êtres vivants jouissent d’une grande liberté dénote que ce Législateur ne fait pas grand cas de sa prétendue création et il y a de fortes présomptions qu’Il ne savait pas à l’avance comment le vent tournerait. Exit alors l’omniscience, l’omnipotence et autres affabulations concernant Ses prétendues propriétés révélées.

Placer ces maux et ces douleurs dans le cadre d’un univers qui est ce qu’il est parce que son évolution dans le temps a fait que notre émergence fût possible, est bien plus logique, la science ne s’occupe pas des états d’âme de ceux qui étudient l’univers. Si pour certains, il est insoutenable de penser qu’un Dieu ne soit pas à son origine, c’est leur problème, mais alors, il faut aussi qu’ils s’accommodent des incohérences qui vont avec et ils doivent aussi apprendre à balayer sous le tapis les arguments de controverse.

L’évolution dirigée en est un, il faut de sacrés hypothèses pour ’expliquer’ l’existence d’un Dieu parfait qui crée pour détruire sa création par périodes. Cela veut-il dire qu’il ne sait pas prévoir comment aboutir à ses fins par des moyens plus efficaces ?

Il serait capable de créer l’homme de la poussière, et incapable de créer un cadre convenable sans devoir le chambouler pendant des milliards d’années ?

Le point délicat de la foi, c’est qu’elle n’apporte rien par rapport au point de vue du sceptique, si ce n’est qu’avec elle on s’accommode parfaitement des explications les plus farfelues qui soient, sans tiquer, pour ça, c’est simple, il suffit de se dire : c’est Dieu qui l’a voulu, point barre. Cette manière de procéder tue la connaissance par l’observation et l’expérimentation, ce qui entraine l’abandon de la méthode scientifique au profit de la croyance. C’est la porte grande ouverte aux explications les plus rocambolesques sous le couvert de la foi.


Sur de nombreux forums revient une discusion eternellement remise sur le tapis, c’est l’argument de la complexité irreductible. La complexité irreductible est un raisonnement issu d’un à priori qui part du principe qu’un outil complexe est forcément l’œuvre d’une intelligence. Malheureusement pour les tenants de cette hypothèse, reprenant en cela l’argument de la montre de W.Paley [6], l’étude sérieuse de la physique démontre que cette notion même est irrecevable, tout en physique appuye le fait que tous les processus physique sont réductibles.
Tous les corps chimiques élementaires de la nature, au nombre de 90 (2 des 92 connus sont trop instables pour exister encore dans notre système solaire, vu son âge), sont bâtis autour d’un seul élement, l’hydrogène, de fait, tout ce qui existe est dérivé de ce seul corps chimique. Qu’un seul de ces élements disparaisse et c’est toute la chimie minérale et organique du lieu qui en souffre, mais le fait est que l’interconnexion des 90 élements simples dépend de l’ensemble de leurs propriétés physiques et chimiques, ensemble d’où EMERGE [7] toutes les autres propriétés, exactement comme du gâteau de pain de l’exemple cité plus haut EMERGE de nouvelles propriétés qui ne sont pas incluses dans les composés de base.
La complexité qui en résulte n’est pas une affaire de hasard mais une affaire d’information générée par l’augmentation de l’entropie. De plus elle n’est pas irréductible puisqu’issue d’un seul atome d’hydogène qui se révéle être composé d’un certain nombre de Quarks [8], liés entre-eux par des forces qui ne laissent pas présumer que les physiciens seront bientôt bon pour le chomage, comme le témoigne la saga des particules [9]
Pour revenir à notre echelle, quoi qu’en pense les créationnistes, l’évolution est justifiée par les énormes imperfections qu’elle a générée.
L’argument choc de la perfection de l’oeil humain par exemple, se retourne sur l’appelant quand on considère avec quel négligence le faisceau de fibres optiques rate son but contrairement à l’oeil du poulpe. Quelle intelligence digne de ce nom a bien pû commettre une telle bévue ?
Le piège tendu grâce à la tapette à souris prétendue représentative de la complexité irréductible peut parfaitement se refermer sur l’auteur en se transformant en serre-pif sitôt le pique-fromage enlevé… on lui a enlevé un élement, et pourtant la tapette continue de servir à quelque chose.
Complexité irréductible

Le faux problème de la complexité irréductible ressemblerait à cette affirmation faite sous le couvert de la science :
La plus grande arche rocheuse d’Europe, pravicka brana, haute de 21 mètres, longue de 25, est un bon exemple de complexité irréductible, il suffirait d’enlever une seule pierre bien placée pour que l’arche s’effondre dans l’abime, donc un dessein intelligent l’a faite concluera un amateur de création dirigée !
Pour le commun des mortels, il semble pourtant raisonnable de penser que les mécanismes d’érosions naturelles sont les seuls responsables de la construction d’un tel édifice, par contre, le raisonnement qui procéde de l’argument de la complexité irréductible, si on l’applique à cette arche conduit à la conclusion que cela a été fait exprès.

Autre exemple aussi fallacieux parmi tant d’autres, l’atome de Phosphore par exemple, ne comporte qu’un seul isotope stable nommé P31, il est composé de 15 protons et 16 neutrons. Enlevons lui un neutron et le voilà transformé en Phosphore 30 qui se désintègre illico en moins de 2,5 minutes. L’application de la complexité irréductible prévoit ainsi que le Phosphore 31 doit être un élement créé par un designer intelligent !
Ici encore, si on analyse succintement le phénomène, il est facile de conclure que chaque isotope stable a été construit selon un plan établi, en concluant que chacun d’eux est trop improbablement stable pour n’être que le fruit du hasard. La suite va nous montrer que ce genre de conclusion ne tient pas la route.

Cette complexité non irréductible n’est pas une nouveauté pour qui s’interresse à la physique nucléaire, dès 1919, Rutherford (pas le juge, le physicien) exposait des tas de composés aux particules Alpha émis par une source de Polonium, c’est avec l’Azote qu’il eut la surprise de sa vie, en effet, alors que le parcours normal des projectiles était d’environ 4 cm, Rutherford constata des rayons chargés positivement à une distance de plus de 30 cm. Mais ce n’était pas des particules Alpha (atomes d’Hélium nus) mais des Protons (atomes d’hydrogène nus), d’où venaient-ils ?
Après une analyse photographique due à la tenacité d’un autre savant, Blackett (en 1925) démontra d’après 20000 photos que l’Azote, 7 protons, 7 neutrons (que l’on n’avait pas encore isolés) se transformait en Oxygène nouveau, 8 protons, 9 neutrons, et en Hydrogène, 1 proton éjecté avec la possibilité de traverser une plus grande quantité de matière sans être absorbé.
Le vieux rêve des alchimistes était enfin réalisé, on avait réussi la première transmutation en se débarrassant de tout le mystère et la magie qui s’en dégageait.
C’est un peu plus tard, en 1934, que F. et I. Joliot-Curie, en refaisant le même type d’expérimentation mais avec une mince feuille d’Aluminium cette fois, que le nouveau noyau instable évoqué plus haut, le Phosphore 30 accompagné d’une particule neutre, appelé Neutron par la théorie et d’une particule légère, l’antielectron, tout aussi théorique, était éjecté pendant des périodes décroissantes de 2,5 minutes.
Les savants se rendaient compte que l’on pouvait créer des atomes qui n’existent pas dans la nature !
On tenait là l’explication de l’existence des nuclides radioactifs naturels, ils étaient produit au sein des étoiles par des réactions de même type que ces expériences de laboratoire.
Tous les éléments naturels stables seraient donc issus d’un gigantesque jeu de construction stellaire suivant des réactions de bombardement totalement imprévisibles mais parfaitement prévisibles quant aux résultats. Ceux qui sont stables ne sont que le résultat d’une attente de plusieurs millions ou milliards d’années.
Si on examine le déroulement de l’expérience des Joliot-Curie, tout devient limpide, selon l’arrangement du schéma donné plus haut, on bombarde l’Al13-27 avec de l’He2-4 et on obtient du P15-30 et un N0-1, ensuite, par décrépitude de sous-multiples de 2,5 minutes, on obtient du Si14-30 (Silicium naturel) et un e1-0 (positron). Grâce à ses réactions assez compliquées mais pas très complexes, on se retrouve avec les quelques 1500 nuclides naturels que l’on trouve sur Terre.
Les propriétés physiques et chimiques conjugués de tous ces corps simples forment la totalité de ce que connait aujourd’hui la chimie et la physique des matériaux.

Avec le temps, les physiciens qui s’occupaient de débroussailler la jungle des particules élementaires se sont rendus compte que loin d’être aussi fondamentales que ça, les plus petites briques connues jusqu’alors n’étaient pas aussi indivisibles qu’ils le pensaient.
Le proton et le neutron, avec qui le tableau de Mendeleïev devenait un aboutissement, se révélaient avoir une sous-structure plus subtile que la simple apparence. En effet, dans les années 60 on savait bien que le neutron se désintégrait en un peu plus de 15 minutes pour donner un proton, un électron et un anti-neutrino, mais ce constat expérimental ne concordait pas avec une anomalie curieuse de leurs moments magnétique respectif. La théorie proposée par le physicien Gell-Man prévoyait donc 3 constituants encore plus petits et qui plus est, avec des charges électriques fractionnaires.
Three quarks for mister Mark, c’est la phrase tiré d’un roman de l’époque qui donna naissance au nom de ces particules ultimes de la matière qui restèrent hypothétiques plusieurs années avant d’être finalement découvertes dans des accélérateurs plus puissants construits pour explorer ce petit monde.
Depuis, on ne sait toujours pas où va s’arrêter le flot de particules toujours plus nombreuses, mais la confirmation de ce qui fût appellé le modèle standard ne s’est toujours pas démentie.
Un autre pas important dans la confiance accordée à la théorie, devrait être franchi d’ici la fin de cette année 2007 ou 2008, avec les premiers jets de résultats du nouveau collisionneur. Confirmée ou infirmée, la découverte du boson de Higgs sera une étape décisive pour élucider un aspect de la physique qui laisse froid le commun des mortels, pourquoi la matière a-t-elle une masse ?

En conclusion, provisoire cela va sans dire, on peut dire que si on ne se donnait pas la peine d’étudier en détail l’historique de ces découvertes qui sont relativement récentes, somme toute, il va de soi que l’on peut très bien se laisser embrouiller par l’apparente complexité de cette nature et bien vite lui coller l’étiquette d’irréductible, avec pour conclusion que le hasard n’étant pas une explication il ne peut s’agir que de l’œuvre d’une intelligence organisatrice. Malheureusement pour les irréductibles, ce n’est pas le genre de conclusion que l’examen de la physique toute entière nous donne, il fallait le démontrer.

Les mécanismes de construction des isotopes atomiques de tous les corps simples connus laissent alors entrevoir que la vie a dûe émerger de façon similaire à la surface de notre Terre, elle serait issue de ces îlots de stabilité rescapés de la soupe chimique aussi homogène que semble un Soleil en fonctionnement. Un Soleil de taille adéquat termine sa vie en une explosion titanesque au point de créér toute la jungle de ces corps simples, les instables disparaissant avec le temps ; en necessitant des énergies notablement plus faibles, des processus chimiques obéissants aux mêmes règles ont parfaitement pu remplir les conditions d’apparition de la première cellule vivante, rescapée parmi toutes sortes de combinaisons impropres à subsister.
L’évolution des espèces issues de cette cellule unique a suivi aussi les mêmes schémas, avec une disparition à terme des instables. Il n’est pas possible de conclure autrement si l’on s’en tient à l’expérience.

Pour conclure, le moins qu’on puisse dire est que comparaison n’est pas raison, et que la science ne fait pas bon ménage avec la foi religieuse en un Créateur Intelligent ou pas. :-)
Et je pense que vu l’énorme quantité de données que le simple profane profane Expression qui englobe tout ce qui n’est pas issu du sillon TJ, qui, a contrario est appelé spirituel. doit digérer, ce n’est pas demain la veille que cela s’arrangera. L’esprit humain étant ainsi fait qu’il a besoin d’un petit coin de rêve où il fait son paradis.


Notes:

[1] Richard Carrier
http://www.infidels.org/library/mod&hellip ;

[2] Supernova
http://www.apc.univ-paris7.fr/APC_C&hellip ;

[3] L’auto-organisation ou Fine Tuning
http://fr.wikipedia.org/wiki/Auto-o&hellip ;

[4] “Un des résultats les plus importants de la théorie de l’information appliquée à la physique est la preuve selon laquelle il est impossible de déterminer l’état d’un système avec une précision infinie”, puisqu’alors il faudrait une énergie infinie.
Léon Brillouin, Physicien
http://fr.wikipedia.org/wiki/Léon_…

[5] L’entropie
http://www.e-scio.net/thermo/entrop&hellip ;

Qu’est ce que l’entropie ?
http://www.e-scio.net/thermo/gaspil&hellip ;

La vie est née du gaspillage d’energie
http://www.e-scio.net/thermo/ordre_&hellip ;

Une façon imagée d’expliquer pourquoi l’augmentation de l’entropie s’accompagne de paliers où semblent regner l’ordre.
http://chimge.unil.ch/Fr/thermo/1th&hellip ;

Ce qu’est et n’est pas l’entropie
http://perso.orange.fr/marxiens/sci&hellip ;

le tout est supérieur à la somme des parties, l’emergence, ou comment nait l’information qui prend naissance avec l’augmentation de l’entropie.
http://perso.orange.fr/marxiens/sci&hellip ;

[6] Sophisme
http://stanislaskazal.canalblog.com&hellip ;

[7] Le tout est supérieur à la somme des parties.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89&hellip ;

[8] Constituants de la matière.
http://www.futura-sciences.com/comp&hellip ;

[9] La saga des particules sub-atomiques
http://www.futura-sciences.com/comp&hellip ;

1 commentaire
  • Naissance de l’univers 9 septembre 2011 01:32, par Sylvia

    ouah ! des êtres qui viendraient de rien mais quel bon sens ! Et je suppose que ce rien vient de… rien ?

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