vendredi, 30 juillet 2010|

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Les jeunes TJ ont-ils la Foi ?



Table des matières :

Chez les TJ, tout tourne autour de cette notion subjective et intérieure : la FOI. Un élément qu’on ne peut, disent-ils, influencer. Quelque chose qui vient du plus profond de l’être, comme une lumière déposée dans le cœur par le Créateur.
La grande majorité des jeunes TJ, affirmons le en toute certitude, n’a pas la foi. C’est heureux, cela signifie que tout n’est pas perdu.

Mais ce qui se trouve à la place de cette foi est tout aussi inquiétant : ce n’est souvent que la recherche effrénée des plaisirs (de la chère et de la chair), cela même dont on prêche les vices à longueur de réunions. Certains, à peine sorti de réunions où deux heures durant, on a répété combien Dieu déteste le tabac et l’alcoolisme, combien il souhaite que le mariage soit respecté, s’empressent d’aller acheter quelques « bonnes bouteilles » et paquets de cigarettes et de courir draguer très vite n’importe qui.
L’attrait de l’interdit, vieux comme le monde, marche toujours aussi bien. Anachronisme suprenant, alors que partout ailleurs, il est interdit d’interdire.

Une minorité des jeunes TJ, essentiellement féminine, a une approche nettement plus respectueuse du mode de vie inculqué par leurs parents. Ils ont une haute idée des comptes qu’elle doit rendre, à travers les parents, à Dieu. Ils lisent les écrits diffusés en interne avec assiduité, si pas avec intérêt. Ils ont déférence et crédulité envers les plus âgés, les plus expérimentés dans le domaine religieux, et, parallèlement, intolérance et méfiance envers tout ce qui vient de l’extérieur.

Il y a heureusement des récalcitrants qui se situent à la rencontre de ces deux mentalités : Ni tenté par le mensonge mensonge et l’hédonisme qui leur apparaît comme stérile et vaguement autodestructeur, et encore moins intéressé par une vie de larbin servile dénuée de toute remise en question. Tournant donc le dos à ces deux modes de vie, ils se lancent corps et âme dans l’analyse profonde de ce qui se dit lors des rassemblements TJ, de ce que contiennent les publications TJ, ils tentent même de lire et d’apprécier la Bible.
Si l’un ou l’autre extrait du Livre les touchent (l’Ecclésiaste, par exemple, animé de bout en bout d’un nihilisme absolu, ou encore le Cantique des Cantiques, petit bijou érotique), il les lisent comme le font les auteurs, les romanciers qu’ils dévorent en cachette (Paul Auster, Samuel Beckett, …) : avec un regard laïc éduqué dans la religion. C’est donc en toute connaissance de cause, après mûre réflexion, qu’ils deviennent agnostiques.

Les rédacteurs de ce site internet sont de ce genre. Vous en trouverez d’autres, réfugiés, disséminés sur le Web.
Une résistance intellectuelle à l’anti-pensée des TJ. Soyez les bienvenus dans cette communauté de la liberté.


Notes:
6 commentaires
  • Les jeunes TJ ont-ils la Foi ? 9 juillet 2006 16:14, par cimino

    Analyse très pertinente et très positive.

    Cette situation des jeunes tJ devient même problématique, actuellement, pour la survie de la secte secte , dans la mesure où le recrutement externe s’ est considérablement réduit dans les pays occidentaux. Que vont faire les dirigeants : s’ouvrir à plus de tolérance comportementale (flirt, cigarettes, transfusion…) ou , au contraire, durcir les interdits et continuer voire accélérer les « excommunications » pour se recentrer sur un nombre réduit d’adeptes les plus malléables et les plus militants ?

    Actuellement les dirigeants semblent flotter entre les deux options : autorisation de faire des études universitaires, efforts et lobbying en Europe pour être acceptés comme une religion - par le biais par exemple, d’associations commémoratives des camps de concentration ou d’ infiltration des milieux universitaires (section de l’étude des religions de l’EPDHE, association avec Introvigne, intello de la sphère catho ultra droite italienne) , acceptation hypocrite des divorces et remariages au sein de la secte secte , abaissement des conditions pour continuer à être compté « proclamateur » (une 1/2heure par mois de porte-à-porte ou d’assitance à une étude biblique avec un non-baptisé, qui peut être tout simplement un tout jeune enfant, voire le sien, suffit désormais)… Mais, parallèlement, maintien pour l’instant, des causes d’excommunication« , surtout celles liées aux départs volontaires , accentuation de l’affirmation des croyances créationnistes et pseudo-scientifiques liées à l’interprétation »littérale« selon eux des textes bibliques, renforcement des pressions des »anciens« (responsables locaux) sur les autres membres par le biais de visites »fraternelles", proposition d’une nouvelle date de la fin du monde, 2034, qui est présentée , bien sûr, comme n’ étant pas la date officielle mais un repère indispensable pour qu’ elle ait lieu (même coup que pour 1975 puisque cela a si bien marché), etc…

    La question n ’est pas anodine car l’avenir psychique de ces jeunes et des membres les plus fragiles sont en jeu , et s’il s’avère que les essais actuels d’ouverture n’apportent pas les effets escomptés (remontée du nombre des adeptes, respectabilité, nouvelle expansion immobilière et enrichissement financier de l’organisation) il est à craindre que les objectifs d ’expansion de la Watch Tower se tournent détinitivement vers les pays pauvres et l’Europe de l’ Est avec un message durci et encore plus simpliste et manichéen, adapté à ce pubic non averti ,ou qu’ elle propose de nouvelles révelations dogmatiques ou prophétiques encore plus radicales. Il en résulterait alors, pour les adeptes « épurés » des pays occidentaux, une dépendance et un conditionnement des esprits aggravés avec les conséquences très dangereuses qu’ on peut deviner.

    La situation des des jeunes tJ est donc à suivre de près, nous devons multiplier les occasions de contacts et de discussion avec eux, leur faire sentir que nous comprenons leur situation et leur malaise, que que nous ne les jugeons pas et en meme temps leur montrer, ne serait-ce que par notre façon d’être, que l’ on peut être très heureux , actif, équilibré et détendu sans être TJ ; car ne vous y trompez pas, même ceux que vous voyez se consacrer de façon effrenée à la recherche des plaisirs sont souvent et secrètement rongés par des sentiments injustifiés de culpabilité et une image négative d’eux-mêmes, conséquence de leur éducation sectaire, ce qui les rend très fragiles. Il n ’est donc pas rare que certains retournent à la secte secte au bout d’un certain temps, rejoignant ainsi ceux qui n’ont même pas eu la force d’essayer de trangresser, ou se suicident.

    Nous sommes tous concernés et nous pouvons tous, à notre place et notre mesure, faire quelque chose.

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  • Les jeunes TJ ont-ils la Foi ? 12 juillet 2006 12:55, par cimino

    Correction de mes coordonnées : ciminovf@yahoo.fr

    J’ ai tapé trop vite mon commentaire et il comporte de nombreuses fautes qui, je l’espère, ne nuiront pas à sa compréhension générale. Dommage que je n ’ai aucun moyen de les corriger. Pour les détail et possibles questions, me contacter. Ce site est l un des plus intelligents et pertinents que j ’ai trouvé sur ce thème. :lol

    Se reconstruire après avoir quitter une secte secte , c’est entre autres, avoir fait un réel travail sur soi permettant, au bout d’un temps variable de redevenir, voire de devenir, celui qu ’on est réellement au plus profond de soi : un incroyant athée ou agnostique, ou un croyant tolérant et ouvert, s’intégrant ou non à des religions non extrêmistes .

    La qualité de cette reconstruction dépend beaucoup de la profondeur de notre remise en question, de notre solidité psychique et de la qualité des personnes qui nous auront accompagnés : famille, psy, amis et interlocuteurs sur le plan intellectuel et humains, auteurs, etc…

    Ceux qui réussissent cette mutation sont ceux qui arrivent à surmonter ces fameux sentiments de culpabilités exploités à fond par nombre de religions, et à comprendre le bonheur qu ’il y a réussir à marcher seul malgré les difficultés et les tatonnements, plûtot que de garder des béquilles aussi sophistiquées soient-elles.

    Ceux qui n’ y arrivent pas, retournent à leurs anciennes prothèses ou en adoptent de nouvelles équivalentes, je veux dire qu’ils retournent à leur première secte secte ou s’engagent dans d’ autres, ou même dans des religions traditionnelles, mais de façon trop militante pour être honnête, même envers eux-mêmes : leur dépendance ou leur fanatisme n’ a fait que changer d’ objet. Ils sont à plaindre .

    Et l’athéisme (ou pourquoi pas, oui, l’« exthéisme exthéisme Concept élaboré par les auteurs de Via Veritas, et qui répond à la définition suivante : Pensée positive élaborée en dehors du faisceau religieux et divin.  ») dans cette démarche ? Il est un aboutissement ou un retour logique et très bénéfique s’il devient un vrai instrument d’interrogation du monde, dans la mesure ou il rend à l’homme son entière liberté et toutes ses responsabilités. Si l’ on est, ou si l ’on devient athée essentiellement pour « bouffer du curé » ou du TJ, cela n’a pas d’intérêt et peut même être un leurre cachant un état de dépendance persistant puisque on continue à se positionner par rapport à eux !

    Si les athées sont peu nombreux parmi les ex-TJ et, de façon plus générale, les personnes sorties de sectes, c’ est parce que, d’une part, les vrais athées sont peu nombreux dans la population (environ 15% ?) et que, comme nous venons de le voir, beaucoup de ces « rescapés des sectes », n ’envisagent même plus une vie sans dieu sans paniquer.

    Enfin , on pourrait aussi aborder la question de la visibilité des athées dans la société ou plutôt de leur manque de visibilité. La plupart d’entre eux n’éprouvent pas le besoin de se manisfester en tant que tels ou de polémiquer : pour eux, l’athéisme va de soi, leur est naturel et ne s’ exprime le plus souvent que par la défense de la laïcité ou des Droits de l’Homme. Ainsi, ils abandonnent, à tort, le champ de l’étude des religions au niveau universitaire. Il faut vraiment qu’ ils aient eu à souffrir de l’agissement de sectes ou de mouvements intégristes pour qu ’ils prennent des initiatives comme celle de ce site.

    Voilà pourquoi je remercie ceux qui le tienne et les encouragent à continuer cette œuvre de salubrité publique.

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    • Les jeunes TJ ont-ils la Foi ? 12 juillet 2006 14:42, par Lucretius

      Merci pour ces commentaires fleuves qui ne manquent certes pas de pertinence.

      Je suis d’accord avec vous pour dire que le public visé « ex-TJ à sensibilité athée » est restreint, et qu’il convient que cette minorité ne soit pas silencieuse.

      Vous avez une bonne plume.
      Et ce site recherche des rédacteurs collaborateurs afin de compléter sa diversité d’approche dans la démarche qui mène du fondamentalisme chrétien à l’athéisme.

      Si le sujet vous interpelle suffisamment, même pour une contribution occasionnelle, nous serions ravis de la recevoir.
      Faîtes en la demande.

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    • Les jeunes TJ ont-ils la Foi ? 12 juillet 2006 17:58, par NS

      Merci pour vos commentaires pleins d’acuité : ils apportent une certaine mise à jour quant aux dernières trouvailles de la Société Watch Tower dans les domaines proto-prophétique et parano-psychologique.
      Difficile de se tenir au courant une fois qu’on est sorti du mouvement. Toute l’analyse sur le « recrutement » chez les Témoins de Jéhovah et son avenir est une question qui doit être posée.
      Tout comme celle des « hypocrites libertés » accordées récemment dont vous parlez… qui mérite un démontage intellectuel en règle dans ses pages.
      Oui ! rejoignez-nous, même pour un ou deux articles…

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    • Se (re)construire 28 juillet 2006 20:22, par J2P

      Voilà un point de vue lumineux, sous plusieurs angles. S’extraire de la secte secte des TJ, à fortiori lorsqu’on a y a été éduqué, demande une force peu commune. Je ne crois pas que l’on en prenne facilement conscience au moment de la sortie. Le sentiment de libération est trop vif, tout autant que le désarroi est profond. La culpabilité voit son impact s’élargir, et non l’inverse. Au lieu de se combler, les grandes fêlures intérieures s’élargissent. Cela peut en effet provoquer des drames. Mais comment tracer cet itinéraire personnel dont vous parlez sans se perdre ? Je pense que l’errance est inévitable, même si elle est dangereuse. Elle seule permet de lever par soi-même beaucoup d’interdits, de mettre en pratique une pensée libre et de confectionner, peu à peu, une confiance en soi et autour de soi. C’est en quelque sorte l’idée du voyage. Il peut durer une vie, mais il faut partir loin assez rapidement. Peu d’ex-TJ savent qu’il doivent le faire, ceux qui savent n’osent pas toujours. Errer, découvrir, se perdre, se donner du temps, se laisser surprendre : voilà une démarche opposée à celle du pas de l’oie sectaire.

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      • Se (re)construire 28 juillet 2006 22:59, par Lucretius

        Bonnes remarques sur un parcours personnel qui nous projette souvent dans la solitude et qui n’est jamais facile car très mal balisé.

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