Les inconsistances de l’histoire de Noé

Le récit biblique de la Genèse est-il crédible ?
Oui, si l’on en croit l’approche fondamentaliste. Les fondamentalistes soutiennent mordicus la réalité historique d’un déluge global et universel qui a réduit à rien la création, ou peu s’en faut, en 2370 av. n. e (date officielle TJ) ou d’autres dates du même genre.
Combien d’espèces sont entrées dans l’arche selon la doctrine TJ ?
Selon l’encyclopédie biblique des Témoins de Jéhovah, Etude perspicace des Ecritures, volume 1 p. 158 - quelques centaines tout au plus selon « certains chercheurs » (pas de nom, pas de sources, le modèle parfait de la véracité et de la bonne foi, pas de contestation possible).
Suivent des évaluations à la louche, des estimations de créationnistes notoires, pas de zoologistes ou de biologistes, le tout daté d’au mieux 50 ans.
Les informations sont tellement soutenues par la recherche actuelle que la même sauce est servie entre le livre Auxiliaire pour une meilleure inteligence de la Bible (1971) et Etude perspicace des Ecritures (le successeur) (1997).
Il n’existe d’ailleurs aucune autre publication qui aborde ce point.
Pourquoi s’arrêter sur des points de détails si l’on a la vraie foi ?
Qu’est ce que l’arche ?
Un coffre de bois compartimenté de 300 x 50 x 30 coudées (1 coudée 50 cm) / 150 x 25 x 15 m3
soit environ 40000 m3 exploitables.
Combien d’animaux y sont rentrés ? Pas plus de 50 000 selon certaines estimations de créationnistes fervents, or il existe plusieurs millions d’espèces en vie actuellement.
Nous noterons avec intérêt l’évaluation donnée par l’Encyclopedia Universalis / article biodiversité
"Les espèces, richesse de la planète
Inversement, on sait qu’une “espèce” définie morphologiquement peut inclure des espèces biologiquement séparées mais presque impossibles à distinguer (espèces dites “jumelles”). Enfin, on découvre sans arrêt des espèces nouvelles. Les scientifiques en viennent donc à tenter de cerner de façon indirecte le nombre d’espèces qui pourraient effectivement exister actuellement. Par différents procédés, tous contestables du point de vue méthodologique, des estimations fort différentes ont été obtenues, qui s’échelonnent entre 5 millions et plusieurs dizaines de millions."
L’estimation des fondamentalistes n’est pas d’un pour cent des espèces actuelles.
Même si l’ on retient l’hypothèse créationniste haute de 50 000 animaux. Un problème de taille se pose.
D’où vient la diversité des espèces actuelles ? Evolution ?
Nous devrions voir la création d’espèces nouvelles à un rythme effréné : des millions d’espèces nouvelles en quelques 40 siècles.
Sur une hypothèse basse de un million de nouvelles espèces sur 4000 ans, çà fait plus de 250 nouvelles espèces par an, soit 5 par semaine. Ouf, moi qui croyait à la disparition des espèces, me voilà rassuré.
Comment des animaux comme les koalas, les kangourous, les pingouins, les ours polaires ou les tortues géantes ont-ils faits pour se rendre en plaine de Schinear ou sur les montagnes de Turquie ? Ont-ils traversé les mers et les océans ?
Comment des animaux faits pour vivre en Arctique ou aux Tropiques ont ils faits pour survivre dans un autre biotope inhospitalier ?
Et après le déluge, comment ont-ils traversé les mers et les océans pour qu’il ne s’en trouve nulle part ailleurs que dans leurs biômes actuels, en évitant soigneusement de ne pas trop procréer en chemin.
La tortue géante des Iles Galapagos ne se trouve que dans cette île, et chose étrange ce n’est que là que l’on en trouve les traces. Combien d’années a t’il fallu à notre pauvre couple de tortues pour quitter son île et surtout pour y revenir après avoir dégringolé une chaîne de montagnes enneigée (entre 4000 et 5000 m d’altitude SVP), traversé déserts et océans ?
(Gn 7:11-14) En l’an six cent de la vie de Noé, au deuxième mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là se fendirent toutes les sources de l’immense abîme d’eau et les écluses des cieux s’ouvrirent. Et la pluie torrentielle se déversa sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Ce jour même, Noé entra dans l’arche et, avec lui, Sem, Cham et Japhet les fils de Noé, ainsi que la femme de Noé et les trois femmes de ses fils ; eux et toute bête sauvage selon son espèce, tout animal domestique selon son espèce et tout animal se mouvant qui se meut sur la terre selon son espèce, ainsi que toute créature volante selon son espèce, tout oiseau, toute créature ailée.
Et le temps de chargement ?
Avec une estimation de 50 000 animaux à rentrer en une journée par une seule porte, ça fait 2500 par heure ou 41 par minute dans un bâtiment divisé en 3 ponts et grand comme le Titanic.
Avec un couple chargé et parqué toutes les 30 secondes, il aurait fallu 8,7 jours sans s’arrêter une seule minute.
Et la nourriture ?
Pour nourrir 50 000 animaux tous les jours à raison de 20 heures de travail pour 8 personnes, chaque personne aurait dû s’occuper de plus de 310 animaux par heure.
Et avec quoi ?
Le koala ne mange que des feuilles d’eucalyptus d’un certain type, certains oiseaux-mouches ne mangent que le nectar de certaines fleurs,…
Courage Noé !
Qu’ont mangé les grands carnivores ?
Combien de tonnes de viande a-t-il fallu charger pour nourrir les fauves pendant une année complète ?
A moins que les canines adaptées à une alimentation exclusivement carnée ne leur soient venues qu’après le déluge (pourquoi et comment la Bible n’en parle pas) et qu’ils aient mangé eux aussi les tonnes de fourrage nécessaires.
Et l’eau ? Pas question de boire une eau souillée par le limon, les millions de cadavres en décomposition et la boue, combien de tonnes d’eau aurait-il fallu charger et conserver durablement ?
Et le nettoyage de l’arche ?
Plus de 310 boxes à nettoyer toutes les heures pour un nettoyage quotidien.
Pas étonnant que la vie de Noé ait été raccourcie.
Qu’en est-il de la survie des créatures marines ?
Les poissons de mer n’auraient pas survécu à une telle arrivée d’eau douce qui aurait modifié durablement la salinité des océans.
Les poissons d’eaux douce n’auraient pas mieux survécu à un milieu salin.
Mais ça le rédacteur et la tradition orale ne pouvaient pas le savoir.
Qu’en est-il des plantes ? Un séjour prolongé dans l’eau salée et la boue, loin du soleil pendant un an n’aurait donné aucune chance à la diversité botanique actuelle.
Comment les millions d’espèces d’insectes auraient-elles survécues ?
Une année complète à séjourner dans l’eau, combien de colonies d’insectes auraient pu survivre ?
Noé a pris un mâle et une femelle fourmi. Ca n’a pas de sens.
Et les gastéropodes, les escargots, un mâle et une femelle aussi (pas de chance, ils sont hermaphrodites) et en 20 siècles, ils auraient colonisé toute l’Europe en descendant de la montagne, parce que les Romains se vantaient de les consommer et même d’en faire l’élevage. Quels menteurs ces Romains ! Quel voyageur cet escargot de Bourgogne !
Et enfin, qu’ont mangé les animaux en débarquant ? Les rares plantes qui auraient survécues, quelques algues peut-être ?
Qu’ont alors mangé les carnivores ? En un rien de temps ils auraient dévoré les rares couples d’herbivores encore vivants et au revoir le renouvellement des espèces.
Et avec une telle pauvreté génétique, les espèces auraient dû s’éteindre. Les écologistes et zoologistes s’arrachent les cheveux lorsque une population animale tombe en dessous d’un certain seuil, car ils savent pertinemment que malgré leurs efforts diligents, l’espèce est malheureusement vouée à disparaître.
Où est la logique, où est la raison, où est le bon sens ?
Disparus, avec le Déluge surement.
Notes:
7