Le jéhovisme et la valeur de la vie humaine

Un rapide parcours de ses publications manifeste clairement la position du jéhovisme.
La Tour de Garde, du 1er septembre 1973, p. 519, § 10 :
La Bible, la Parole inspirée de Dieu, nous montre quel doit être le but de notre vie si nous voulons trouver la satisfaction. Le psalmiste déclare : “Je veux faire ta volonté, mon Dieu !” (Ps. 40:9). De même, Jésus-Christ dit à Dieu : “Voici, je suis venu pour faire ta volonté.” “Ma nourriture est que je fasse la volonté de celui qui m’a envoyé et que je finisse son œuvre.” (Héb. 10:9 ; Jean 4:34). Paul, apôtre chrétien, souligna lui aussi cette raison de vivre en disant que les chrétiens doivent démontrer pour eux-mêmes quelle est “la bonne et l’agréable et la parfaite volonté de Dieu”. (Rom. 12:2.) Le dernier livre de la Bible met encore l’accent sur ce point, disant : “Tu es digne, Jéhovah, oui notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance, parce que tu as créé toutes choses, et à cause de ta volonté elles ont existé et ont été créées.” (Rév. 4:11). Ainsi, la Bible montre clairement quelle est la raison de l’existence de l’homme. Quiconque utiliserait sa vie pour autre chose en manquerait le but. Il est donc bien que nous nous posions ces questions : Que faisons-nous de notre vie ? Faisons-nous la volonté de Dieu ?"
Unis dans le culte du seul vrai Dieu, chap. 12, p. 100, § 13 :
Dans le cas de Jésus, la volonté de Dieu portait notamment sur la façon dont il allait utiliser sa vie humaine. Jésus devait se dessaisir de sa vie par une mort sacrificielle. En ce qui nous concerne, nous devons présenter notre corps à Dieu, afin de mener une vie de sacrifice. En d’autres termes, nous devons employer ce corps à seule fin de faire la volonté de Dieu (Rom. 12:1, 2). Nous n’atteindrons certainement pas ce but si, ne serait-ce que de temps à autre, nous nous comportions en toute connaissance de cause à la manière du monde qui nous entoure, ou si nous axions notre vie sur des activités égoïstes, en n’accordant à Dieu qu’un service symbolique (I Pierre 4:1-3 ; I Jean 2:15-17). Au Juif qui lui demandait ce qu’il devait faire pour acquérir la vie éternelle, Jésus rappela l’importance de mener une vie moralement pure, puis il souligna la nécessité de le suivre, de faire du christianisme sa principale raison de vivre. Le christianisme ne souffre pas de passer après des occupations d’ordre matériel. — Mat. 19:16-21.
Réveillez-Vous, du 8 mai 1995, p. 27 :
Par conséquent, peut-on réellement tirer profit de la vie en laissant Dieu de côté ? Non. Il est intéressant de noter ce que l’historien Arnold Toynbee a écrit : “Le but véritable d’une religion supérieure, c’est de communiquer les enseignements spirituels et les vérités qui sont son essence à des âmes aussi nombreuses que possible, afin que chacune de ces âmes soit ensuite capable de remplir la vraie fin de l’Homme. La vraie fin de l’Homme est de glorifier Dieu et de jouir de Lui à jamais.”
Ainsi, pour le jéhovisme, les choses sont claires et régulièrement exprimées, l’individu n’est rien en dehors de Dieu et le but de la vie humaine est la satisfaction de la volonté de Dieu.
L’homme par lui-même ne s’appartient plus, il remet sa vie entre les mains de Celui qui la lui a donné.
Psaume 36:9 - TMN :
Car auprès de toi est la source de la vie ; par la lumière [qui vient] de toi nous voyons la lumière.
Dieu étant la source de la vie, la vie humaine lui appartient et de fait mourir pour suivre la volonté de Dieu est légitime et louable.
C’est donc avec une logique implacable que nous trouvons l’appel au martyre suivant.
Qu’enseigne réellement la Bible, chap. 13, p. 130, §§ 14-15 :
Que faire si un chrétien est grièvement blessé ou s’il doit subir une grave opération ? Supposons que les médecins affirment qu’il mourra s’il n’est pas transfusé. Bien entendu, un chrétien ne souhaite pas mourir. Pour conserver le don précieux de la vie que Dieu lui a fait, il acceptera tout traitement qui n’impliquera pas un mauvais usage du sang. Il recherchera les soins médicaux disponibles et acceptera un grand nombre d’alternatives à la transfusion.
Un chrétien transgressera-t-il la loi de Dieu simplement pour rester en vie un peu plus longtemps dans le système de choses actuel ? Jésus a déclaré : “ Celui qui veut sauver son âme [ou : sa vie] la perdra ; mais celui qui perd son âme à cause de moi la trouvera. ” (Matthieu 16:25). Nous ne voulons pas mourir. Mais si nous transgressions la loi de Dieu dans le but de sauver notre vie présente, nous risquerions de perdre la vie éternelle. Il est préférable que nous fassions confiance à la loi de Dieu. Soyons certains que, si nous mourons pour une raison ou pour une autre, Celui qui nous a donné la vie se souviendra de nous à la résurrection et nous rendra le don précieux qu’est la vie. — Jean 5:28, 29 ; Hébreux 11:6.
C’est pourquoi le jéhovisme, comme le fondamentalisme qu’il est, va réduire à rien la valeur de la vie humaine. Que pourrait peser l’homme face à l’incommensurable personne de Dieu, que pourrait-il objecter pour négocier sa misérable vie quand la volonté de Dieu s’exprime et la lui demande ?
Car l’intransigeance du jéhovisme a ses points faibles : est-il possible qu’un Dieu d’amour, s’il existe réellement, requiert une telle abnégation, un tel sacrifice de ceux qui voudraient s’approcher de lui ?
La volonté de Dieu est-elle aussi claire que voudrait nous le faire croire le Collège Central des Témoins de Jéhovah ?
Rien n’est moins affirmatif. Jugez-en vous même par l’examen minutieux de la fameuse interdiction concernant le sang replacée dans son contexte.
La pseudo-érudition de la Watchtower frappe à tout coup : « Voyez tous ont tort et nous sommes les seuls à être dans le vrai et à porter bien haut l’étendard de Dieu. Nous sommes la Vérité qui engendre le martyre, nous ne pouvons donc avoir tort [1].
Le Dieu du jéhovisme est un trou noir. Il absorbe tout, supplante tout. Il veut toute la personne et même sa vie, toutes ses potentialités, toutes ses ambitions. Il doit être Tout pour tous.
Que reste-t-il à l’homme en dehors d’une vie d’esclavage subi ou espéré dès maintenant et pour les siècles des siècles ?
Le jéhovisme est résolument théocentrique, toute activité doit graviter autour de Dieu, il est l’essence absolue et le but ultime de la vie. L’homme et sa vie ne sont qu’accessoires à la personne de Dieu, il est et resterait à jamais l’avorton indigne de Dieu, sa chose et son jouet.
Comprenez-vous pourquoi sous le rapport de l’appréciation de la valeur de la vie humaine le jéhovisme s’oppose à l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
?
L’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
ne saurait accepter un joug aussi arbitraire basé sur la seule Révélation sacrée ou sur l’enseignement fantasque d’une poignée d’hommes exaltés ou fourvoyés.
L’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
promeut un homme ouvert à la diversité des savoirs et des cultures, un homme qui fasse corps avec la communauté, un homme qui ne soit pas bridé dans ses aspirations légitimes, une homme pour qui la vie humaine est de loin supérieure aux dogmes séculaires.
Soyez ambitieux et revendicatif pour l’humanité, la condition humaine servile et débilitante qu’appelle le jéhovisme de ses voeux est une injure faite à l’intelligence et un danger pour la liberté.
Notes:
[1] « L’idée que des martyrs prouvent quelque chose quant à la vérité d’une cause est si peu vraie que je voudrais nier qu’un martyr ait jamais eu quoi que ce soit à voir avec la vérité. L’accent avec lequel un martyr jette sa certitude-de-vérité à la tête du monde exprime déjà un si bas degré de probité intellectuelle, une telle insensibilité crasse à la question de la « vérité », qu’on n’a jamais besoin de réfuter un martyr. (…) Aujourd’hui encore, il suffit d’une brutalité dans la persécution pour conférer une odeur de respectabilité à un esprit de secte en lui-même encore insignifiant - Comment ? Change-t-on quelque chose à la valeur d’une cause si on donne sa vie pour elle ? » — Friedrich Nietzsche, L’antéchrist [53].