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La ronde des dupes



Table des matières :

Affaibli, en proie à de grandes difficultés, le prophète Jérémie lance les précédentes paroles. Il avait le sentiment que son Dieu l’avait dupé, trompé. La protection qui lui avait été antérieurement promise n’était pas au rendez-vous.

La Traduction Oecuménique de la Bible (1995) rend le passage avec non moins de force : Seigneur, tu as abusé de ma naïveté, oui, j’ai été bien naïf.

Si Dieu peut duper ses serviteurs, pourquoi ceux qui parlent en son nom ne le pourraient-ils pas ?

Selon le dictionnaire le Petit Robert duper s’est prendre pour dupe. Et une dupe (hélas toujours au féminin) c’est une personne que l’on trompe sans qu’elle ait le moindre soupçon.

Pour duper quelqu’un il faut avoir toute sa confiance et avoir réussi à endormir son esprit critique.

Considérez ces quelques déclarations de la Watchtower qui lance un lancinant : faîtes nous confiance !

La Tour de Garde, 1/3/2003, p. 17 :

La confiance en Jéhovah implique également la confiance en ceux à qui lui-même fait confiance. Par exemple, Jéhovah a chargé “ l’esclave fidèle et avisé ” de gérer les intérêts du Royaume sur la terre (Matthieu 24:45-47). Nous en tenons compte et ne cherchons donc pas à agir de façon indépendante, car nous avons confiance dans cette disposition de Jéhovah. De plus, dans chaque congrégation chrétienne se dépensent des anciens qui, a écrit l’apôtre Paul, sont établis par l’esprit saint (Actes 20:28). En coopérant avec eux, nous montrons encore que nous mettons notre confiance en Jéhovah. — Hébreux 13:17.

La Tour de Garde, 15/8/1998, p. 12 :

Ceux qui mettent leur confiance en Jéhovah font également confiance aux hommes que Jéhovah choisit d’utiliser pour accomplir ses desseins. Pour les Israélites, cela signifiait faire confiance à Moïse et, plus tard, à son successeur, Josué. Pour les premiers chrétiens, cela signifiait faire confiance aux apôtres et aux anciens de la congrégation de Jérusalem. Pour nous, cela signifie avoir confiance dans “ l’esclave fidèle et avisé ”, établi pour nous donner la “ nourriture [spirituelle] en temps voulu ”, et en ceux de ses membres qui forment le Collège central. — Matthieu 24:45.

Pour recevoir des instructions ou une direction il est en effet impératif d’avoir confiance. Mais gare.

Réveillez-vous !, 8/2/1996, p. 5 :

Pourquoi la confiance peut-elle être dangereuse ? Notez cet avertissement lancé dans la revue Psychology Today : certains exploitent la confiance d’autrui, “ prédateurs ” qui “ recourent au charme et à la dissimulation pour tromper ceux qui les entourent, les manipuler et gâcher leur vie ”. Du fait de l’existence de tels individus, il est incontestablement dangereux de faire trop facilement confiance. Arthur Conan Doyle (1859-1930) Celui qui accorde trop aisément sa confiance aux autres est souvent crédule et, par conséquent, facile à duper et à manipuler. Sir Arthur Conan Doyle, père du brillant détective Sherlock Holmes, est un exemple classique de crédulité. En 1917, deux jeunes filles, Elsie Wright et sa cousine, Frances Griffiths, affirmèrent avoir joué avec des fées dans leur jardin, à Cottingley (Angleterre). Elles produisirent même des photographies pour prouver leurs dires.

Comme beaucoup à l’époque, Conan Doyle, très intéressé par le spiritisme depuis la mort de son fils, ajouta foi à ces récits. Ce n’est que 55 ans plus tard que les deux femmes dévoilèrent la supercherie : elles avaient découpé les “ fées ” dans un livre avant de faire les photographies. Stupéfaite que l’on ait pu croire à leur histoire, Frances Griffiths s’interrogeait : “ Comment diable a-t-on pu être assez crédule pour croire à [ces fées] ? Je n’ai jamais compris. ” — Les canulars et leurs victimes (angl.).

Voyez-vous le piège dans lequel est tombé Conan Doyle ? Il a cru à cette histoire pour la seule raison qu’il voulait qu’elle soit vraie. “ Nous pouvons être dupes simplement parce que nos facultés perceptives sont émoussées par l’habitude, parce que nos yeux ne sont pas vraiment ouverts, écrit l’auteur Norman Moss. (…) Parfois, nous acceptons une chose comme véridique parce que nous voulons qu’elle le soit. ” (Dupes et heureux de l’être [angl.]). Voilà qui rappelle cet avertissement énoncé, vers 350 avant notre ère, par le célèbre orateur grec Démosthène : “ Rien n’est plus facile que se duper soi-même : chacun croit que les choses sont comme il veut qu’elles soient. ” Faire confiance à ses seuls sentiments peut donc être dangereux.

La dernière publication jéhoviste parle avec bon sens et elle ignore même à quel point.
Car si nous juxtaposons les deux idées :
- 1. les dirigeants jéhovistes méritent votre confiance et vous devez adhérer à leur enseignement
- 2. il est facile de se laisser duper par excès de confiance

il est on ne peut plus sain et logique de se poser la question suivante : ne prennent-ils pas leurs ouailles pour des dupes ?

Car ce cher Conan Doyle, pourtant le créateur inspiré de Sherlock Holmes, s’est laissé tromper par des documents grossièrement trafiqués, des découpages mélangeant habilement le monde réel : des lieux et un contexte existants et le monde imaginaire : des images de fées.

L’esclave fidèle et avisé n’est-il pas habile à trafiquer lui aussi la réalité pour faire croire à des mythes ou des contes de fées ?
Pour s’en convaincre, il suffit de vérifier quelques uns des clichés théocratiques qu’il voudrait nous voir considérer comme vrais.

- 1. 1914 est une année marquée chronologiquement. L’année se calcule selon un montage prophétique complexe faisant intervenir conjointement le livre de Daniel, le livre des Nombres, le livre d’Ezeckiel et le livre de la Révélation, autant de livres qui n’ont rien en commun ni en époques ni en intentions rédactionnelles.
Une analyse détaillée des principales objections qui peuvent être opposées à la thèse jéhoviste a été réalisée précédemment. Dernier vestige de l’ère russellite la construction prophétique est une aberration mais sur elle repose trop d’enjeu pour devoir y renoncer.

- 2. La Bible est un tout logique et cohérent, tous ses rédacteurs sont connus et la manière dont le canon biblique a été construit est l’assurance de son inspiration.

Livre Manuel pour l’Ecole du ministère théocratique, étude 3, p. 16 :

Il est logique de penser que, de même que Jéhovah inspira certains hommes pour qu’ils écrivent, de même il dirigea le rassemblement de ces écrits inspirés. D’après une tradition juive, Esdras participa à ce travail de rassemblement après que les Juifs exilés furent revenus en Juda. Esdras était apte à faire ce travail, puisqu’il était lui-même prêtre, écrivain biblique inspiré et “scribe versé dans la Loi de Moïse”. (Esdras 7:1-11.) À la fin du cinquième siècle avant notre ère, le canon des Écritures hébraïques était complet. Il contenait les mêmes écrits que nous possédons aujourd’hui et qui sont divisés actuellement en trente-neuf livres. Aucun conseil d’hommes ne prononça leur canonicité. Dès le début, ce recueil était approuvé par Dieu. La preuve la plus concluante de la canonicité des Écritures hébraïques est le témoignage irrécusable de Jésus Christ et des rédacteurs des Écritures grecques chrétiennes. Ils citèrent abondamment les Écritures hébraïques inspirées mais pas une seule fois ils ne se référèrent aux livres apocryphes. [1] — Luc 24:44, 45.

A lire cette déclaration, la composition de la Bible s’est faite sans heurs ni divergences d’opinion, l’esprit saint de Dieu lui-même veillant à la pleine concorde.

Et encore :
Réveillez-vous !, 8/6/1977, p. 12 :

Ainsi donc, dès le début, chaque livre de la Bible a été accepté comme inspiré par les croyants. Quand la rédaction de la Bible a été terminée au premier siècle de notre ère, il n’y avait pas lieu d’ajouter quoi que ce soit sur la canonicité des Écritures des siècles plus tard.

La Watchtower nous fait croire au pays magique où les bonnes fées ont préparé un beau livre flambant neuf, tout droit dicté par Dieu du haut des cieux.

Livre Une bonne nouvelle qui vous rendra heureux, chap. 2, p. 15 :

S’il est possible à l’homme d’établir de telles communications, il doit être très facile au Créateur de toutes choses d’envoyer aux hommes des messages et des visions, même de plus loin que “le ciel des cieux” ! (I Rois 8:27.) Au fur et à mesure que Dieu communiquait ses pensées à l’esprit des rédacteurs bibliques, ceux-ci les couchaient par écrit comme étant “la parole de Dieu”, c’est-à-dire son message (Hébreux 4:12). Par son esprit, Dieu a également dirigé des hommes pour qu’ils rassemblent ces soixante-six “petits livres”, et seulement ces soixante-six-là, afin de former ce qu’on appelle le “canon” biblique, c’est-à-dire la Bible complète.

Mais le lecteur curieux sait que l’explication donnée par la Watchtower est une illusion qui ne correspond nullement à la réalité.
Présenter un tableau de 66 livres de la Bible en portant le nom du rédacteur et la date de rédaction en correspondance constituent des indications fallacieuses qui trahissent le fait que l’identité et l’époque des rédacteurs sont tout bonnement inconnus.
Une partie de ce site est précisément consacrée à la mise en évidence de cette effroyable vérité : les livres de la Bible ont eu beaucoup de chance car il y avait une compétition terrible entre les différentes communautés religieuses et leurs livres sacrés respectifs.

En vous promenant sur ce site, et nous vous invitons à le faire largement, vous vous rendrez compte du nombre impressionnant d’affirmations sans fondement que la Watchtower fait goulûment avaler au nom de la confiance.
Comme le dit si bien l’esclave fidèle et avisé : « Voilà qui rappelle cet avertissement énoncé, vers 350 avant notre ère, par le célèbre orateur grec Démosthène : “ Rien n’est plus facile que se duper soi-même : chacun croit que les choses sont comme il veut qu’elles soient. ” » Et la vision d’une époque sans pareille et prophétiquement marquée qui nous concernerait, d’une époque qui signifierait vie éternelle sur une terre paradisiaque, n’est-elle pas précisément les choses comme on voudrait qu’elles soient. Quelle chance de vivre précisément à cette époque. Non ?

Mais si la fausseté de l’enseignement jéhoviste est démontrable, pourquoi donc les dupes ne s’enfuient-elles pas en grand nombre ?

A cause du nombre justement. Si vous êtes pris dans un mouvement, chacun regarde l’autre et se dit : lui (ou elle), intelligent et cultivé comme il est, il y croit. Alors pourquoi pas moi ?
Chacun est l’alibi de l’autre.
C’est une ronde, chacun tient la main de l’autre et danse sur le même air et si possible du même pas.

Chacun fait illusion aux autres, chacun est la dupe des autres. c’est ce qui permet au groupe de garder sa cohésion.

Les hommes ne vivraient pas longtemps en société, s’ils n’étaient pas les dupes les uns des autres.
La Rochefoucault - Réflexions et sentences ou maximes morales, 87 [1665]

Et il faut dire que la duperie, l’illusion savamment entretenue, est contaminante. De dupe qu’est le Témoin de Jéhovah il est encouragé à faire des dupes, il lui faut donner témoignage aux vérités profondes qu’il croit détenir.

Et avec l’enseignement il transmet aussi la confiance, l’empathie voire l’amitié. Qui peut résister à la force de conviction de celui qui s’intéresse à vous, que l’on aime ou qui vous aime ?

On est aisément dupé par ce qu’on aime.
Molière - Le Tartuffe, IV, 3, 1357 [1665]

Et l’attachement peut être fort, suffisamment fort pour continuer à croire indéfectiblement aux fées, pourvu que l’on ne brise pas le cercle de la ronde.

Et malheur à celui qui rompt le cercle de confiance, car la ronde ne s’arrêtera pas pour lui, le cercle se refermera sans lui.
Aura-t-il seulement existé pour ceux qui continuent à danser ?

Briser la ronde des dupes, pour soi comme pour les autres, n’est pas une mince affaire tant la danse semble vouloir durer à jamais, comme l’héritage maléfique des prophètes anciens et modernes.

Le temps des prophètes est passé, celui des dupes ne passera point.
Les frères Grimm - Contes populaires [1815]

Ne partageons pas le pessimisme des auteurs et continuons à dénoncer la duperie là où elle se trouve dans l’espoir que nombreux encore prendront conscience de la tromperie à laquelle ils sont exposés sans en avoir le moindre soupçon.
Et puis il n’y a pas que les histoires de fées qui finissent bien.


Notes:

[1] Ceci est un mensonge éhonté - preuve en est les citations claires et directes du livre d’Enoch par Jude

6 commentaires
  • http://www.viaveritas.fr/La-ronde-des-dupes 5 septembre 2009 07:11, par nikolaj

    — -cet article est incomplet,et très partial en accusant tous les TJ de duperie volontaire,tous les chrétiens tj/tjc n’adhèrent pas automatiquement à tous les écrits wt !!!---seule la bible fait autorité pour les vrais chrétiens ! (jean 17:17)

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    • Duperie quand tu nous tiens 5 septembre 2009 08:27, par Lucretius

      Duperie volontaire ? Mais c’est antinomique. Être dupe, c’est précisément être trompé par quelque chose ou quelqu’un. Je persiste à dire que que la Watchtower dans ses positions fondamentalistes aveugles trompent ses fidèles et que partant, dans la mesure où ils participent à leur tour à la propagation des mensonges, seront des instruments pour en duper d’autres.
      Incomplet cet article, je vous l’accorde mais il ne fait que dénoncer une réalité regrettable. Partial, oui, mais tout texte volontairement polémique l’est. Vous même, ne l’êtes-vous pas ?

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      • Ce passage, Lucrétius, est particulièrement intéressant, les grandes duperies de l’histoire en général n’ont pas échappé à ces règles, elles les ont utilisées sciemment ou non, en tout cas le chef d’orchestre, lui sait qu’il nage dans la supercherie et fait d’une pierre deux coups , une affichée pour le bien des autres, l’autre pour ses Biens à lui…..les autres fonctionnent à la chaîne style chaîne des dames, , mais il est un fait que çà marche….

        "A cause du nombre justement. Si vous êtes pris dans un mouvement, chacun regarde l’autre et se dit : lui (ou elle), intelligent et cultivé comme il est, il y croit. Alors pourquoi pas moi ? Chacun est l’alibi de l’autre. C’est une ronde, chacun tient la main de l’autre et danse sur le même air et si possible du même pas.

        Chacun fait illusion aux autres, chacun est la dupe des autres. c’est ce qui permet au groupe de garder sa cohésion.

        Les hommes ne vivraient pas longtemps en société, s’ils n’étaient pas les dupes les uns des autres. La Rochefoucault - Réflexions et sentences ou maximes morales, 87 [1665]

        "Et il faut dire que la duperie, l’illusion savamment entretenue, est contaminante. De dupe qu’est le Témoin de Jéhovah il est encouragé à faire des dupes, il lui faut donner témoignage aux vérités profondes qu’il croit détenir.

        Et avec l’enseignement il transmet aussi la confiance, l’empathie voire l’amitié. Qui peut résister à la force de conviction de celui qui s’intéresse à vous, que l’on aime ou qui vous aime ?

        On est aisément dupé par ce qu’on aime. Molière - Le Tartuffe, IV, 3, 1357 [1665]

        Et l’attachement peut être fort, suffisamment fort pour continuer à croire indéfectiblement aux fées, pourvu que l’on ne brise pas le cercle de la ronde.

        Et malheur à celui qui rompt le cercle de confiance, car la ronde ne s’arrêtera pas pour lui, le cercle se refermera sans lui. Aura-t-il seulement existé pour ceux qui continuent à danser ?"

        Une personne ne voulait pas aller aux grandes assemblées de tj de peur de se faire happer par l’effet foule, mais c’est par d’autres effets dont ceux qui sontindiqués ici, puis l’effet foule vint quand même compléter, la batterie… tout bon tj se doit d’aller aux assemblées (trois par ans ?). Cet été elles furent appelées internationales.

        Comme partout quand quelqu’un a des doutes, et n’ose en parler de peur du regard et du rejet de l’autre se trouve dans le cas du conte du roi qui défile devant ses sujets dans un tissu appelé invisible….

        A partir de ce conte aussi il y a à analyser le fonctionnement de danse de dupes. La duperie n’est jamais volontaire au départ, on s’en méfie au mais par un truchement , , ensuite on ne veut plus la voir (selon ce conte) et selon d’autres textes, tout y passera sauf la reconnaissance de la duperie.. Ce déni là serait il le plus douloureux pour la conscience humaine ?

        Parce-que le but visé est une chose pour les embarqués et une autre pour les meneurs, les deux ne sont pas exactement sur le même rail, mais le train et le même et les gares aléatoires. S’agissant des tj le balastre qui tient les deux rails s’appelle bible ,.

        De manière générale , il en est passé là dessus des trains aux noms divers, même ceux qu’on ne trouve plus en service pour cause de vétusté ou manque de rendement.

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    • les habits neufs de l’Empereur, vieux conte . 6 septembre 2009 16:17, par Laurae

      les gens n’adhéraient pas tous mes tinrent encore la traîne même quand l’enfant eut annonçé le pot au rose !

      Les habits neufs de l’empereur Il y a de longues années, vivait un empereur qui aimait plus que tout les habits neufs, qu’il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne se souciait pas de ses soldats, ni du théâtre, ni de ses promenades dans les bois, si ce n’était pour faire le montre de ses vêtements neufs. Il avait un costume pour chaque heure de chaque jour de la semaine et tandis qu’on dit habituellement d’un roi qu’il est au conseil, on disait toujours de lui : « L’empereur est dans sa garde-robe ! »

      Dans la grande ville où il habitait, la vie était gaie et chaque jour beaucoup d’étrangers arrivaient. Un jour, arrivèrent deux escrocs qui affirmèrent être tisserands et être capables de pouvoir tisser la plus belle étoffe que l’on pût imaginer. Non seulement les couleurs et le motif seraint exceptionnellement beaux, mais les vêtements qui en seraient confectionnés posséderaient l’étonnante propriété d’être invisibles aux yeux de ceux qui ne convenaient pas à leurs fonctions ou qui étaient simplement idiots.

      « Ce serait des vêtements précieux », se dit l’empereur. « Si j’en avais de pareils, je pourrais découvrir qui, de mes sujets, ne sied pas à ses fonctions et départager les intelligents des imbéciles ! Je dois sur le champ me faire tisser cette étoffe ! » Il donna aux deux escrocs une avance sur leur travail et ceux-ci se mirent à l’ouvrage.

      Ils installèrent deux métiers à tisser, mais ils firent semblant de travailler car il n’y avait absolument aucun fil sur le métier. Ils demandèrent la soie la plus fine et l’or le plus précieux qu’ils prirent pour eux et restèrenet sur leurs métiers vides jusqu’à bien tard dans la nuit.

      « Je voudrais bien savoir où ils en sont avec l’étoffe ! », se dit l’empereur. Mais il se sentait mal à l’aise à l’idée qu’elle soit invisible aux yeux de ceux qui sont sots ou mal dans leur fonction. Il se dit qu’il n’avait rien à craindre pour lui-même, mais préféra dépêcher quelqu’un d’autre pour voir comment cela se passait. Chacun dans la ville connaissait les qualités exceptionnelles de l’étoffe et tous étaient avides de savoir combien leur voisin était inapte ou idiot.

      « Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre auprès des tisserands », se dit l’empereur. « Il est le mieux à même de juger de l’allure de l’étoffe ; il est d’une grande intelligence et personne ne fait mieux son travail que lui ! »

      Le vieux et bon ministre alla donc dans l’atelier où les deux escrocs étaient assis, travaillant sur leurs métiers vides. « Que Dieu nous garde ! », pensa le ministre en écarquillant les yeux. « Je ne vois rien du tout ! » Mais il se garda bien de le dire.

      Les deux escrocs l’invitèrent à s’approcher et lui demandèrent si ce n’étaient pas là en effet un joli motif et de magnifiques couleurs. Puis, ils lui montrèrent un métier vide. Le pauvre vieux ministre écarquilla encore plus les yeux, mais il ne vit toujours rien, puisqu’il n’y avait rien. « Mon Dieu, pensa-t-il, serais-je sot ? Je ne l’aurais jamais cru et personne ne devrait le savoir ! Serais-je inapte à mon travail ? Non, il ne faut pas que je raconte que je ne peux pas voir l’étoffe. »Eh bien, qu’en dites-vous ?« , demanda l’un des tisserands. »Oh, c’est ravissant, tout ce qu’il y a de pklus joli !« , répondit le vieux ministre, en regardant au travers de ses lunettes. »Ce motif et ces couleurs ! Je ne manquerai pas de dire à l’empereur que tout cela me plaît beaucoup !«  »Nous nous en réjouissons !", dirent les deux tisserands. Puis, ils nommèrent les couleurs et discutèrent du motif. Le vieux ministre écouta attentivement afin de pouvoir lui-même en parler lorsqu’il serait de retour auprès de l’empereur ; et c’est ce qu’il fit.

      Les deux escrocs exigèrent encore plus d’argent, plus de soie et plus d’or pour leur tissage. Ils mettaient tout dans leurs poches et rien sur les métiers ; mais ils continuèrent, comme ils l’avaient fait jusqu’ici, à faire semblant de travailler.

      L’empereur envoya bientôt un autre honnête fonctionnaire pour voir où en était le travail et quand l’étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme ce qui était arrivé au ministre : il regarda et regarda encore, mais comme il n’y avait rien sur le métier, il ne put rien y voir.

      « N’est-ce pas là un magnifique morceau d’étoffe ? », lui demandèrent les deux escrocs en lui montrant et lui expliquant les splendides motifs qui n’existaient tout simplement pas.

      « Je ne suis pas sot, se dit le fonctionnaire ; ce serait donc que je ne conviens pas à mes fonctions ? Ce serait plutôt étrange, mais je ne dois pas le laisser paraître ! » Et il fit l’éloge de l’étoffe, qu’il n’avait pas vue, puis il exprima la joie que lui procuraient les couleurs et le merveilleux motif. « Oui, c’est tout-à-fait merveilleux ! », dit-il à l’empereur.

      Dans la ville, tout le monde parlait de la magnifique étoffe, et l’empereur voulu la voir de ses propres yeux tandis qu’elle se trouvait encore sur le métier. Accompagné de toute une foule de dignitaires, dont le ministre et le fonctionnaire, il alla chez les deux escrocs, lesquels s’affairaient à tisser sans le moindre fil.

      « N’est-ce pas magnifique ? », dirent les deux fonctionnaires qui étaient déjà venus. « Que Votre Majesté admire les motifs et les couleurs ! » Puis, ils montrèrent du doigt un métier vide, s’imaginant que les autres pouvaient y voir quelque chose.

      « Comment !, pensa l’Empereur, mais je ne vois rien ! C’est affreux ! Serais-je sot ? Ne serais-je pas fait pour être empereur ? Ce serait bien la chose la plus terrible qui puisse jamais m’arriver. »

      « Magnifique, ravissant, parfait, dit-il finalement, je donne ma plus haute approbation ! » Il hocha la tête, en signe de satisfaction, et contempla le métier vide ; mais il se garda bien de dire qu’il ne voyait rien. Tous les membres de la suite qui l’avait accompagné regardèrent et regardèrent encore ; mais comme pour tous les autres, rien ne leur apparût et tous dirent comme l’empereur : « C’est véritablement très beau ! » Puis ils conseillèrent à l’Empereur de porter ces magnifiques vêtements pour la première fois à l’occasion d’une grande fête qui devrait avoir lieu très bientôt.

      Merveilleux était le mot que l’on entendait sur toutes les lèvres, et tous semblaient se réjouir. L’empereur décora chacun des escrocs d’une croix de chevalier qu’ils mirent à leur boutonnière et il leur donna le titre de gentilshommes tisserands.

      La nuit qui précéda le matin de la fête, les escrocs restèrent à travailler avec seize chandelles. Tous les gens pouvaient se rendre compte du mal qu’ils se donnaient pour terminer les habits de l’empereur. Les tisserands firent semblant d’enlever l’étoffe de sur le métier, coupèrent dans l’air avec de gros ciseaux, cousirent avec des aiguilles sans fils et dirent finalement : « Voyez, les habits neufs de l’empereur sont à présent terminés ! »

      « Voyez, Majesté, voici le pantalon, voilà la veste, voilà le manteau ! » et ainsi de suite. « C’est aussi léger qu’une toile d’araignée ; on croirait presque qu’on n’a rien sur le corps, mais c’est là toute la beauté de la chose ! »

      « Oui, oui ! », dirent tous les courtisans, mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu’il n’y avait rien.

      « Votre Majesté Impériale veut-elle avoir l’insigne bonté d’ôter ses vêtements afin que nous puissions lui mettre les nouveaux, là, devant le grands miroir ! »

      L’empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent comme s’ils lui enfilaient chacune des pièces du nouvel habit qui, apparemment, venait tout juste d’être cousu. L’empereur se tourna et se retourna devant le miroir.

      « Dieu ! comme celà vous va bien. Quels dessins, quelles couleurs », s’exclamait tout le monde.

      « Ceux qui doivent porter le dais au-dessus de Votre Majesté ouvrant la procession sont arrivés », dit le maître des cérémonies.

      « Je suis prêt », dit l’empereur. "Est-ce que cela ne me va pas bien ? Et il en se tourna encore une fois devant le miroir, car il devait faire semblant de bien contempler son costume.

      Les chambellans qui devaitn porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet, faisant semblant d’attraper et de soulever la traîne. Ils allèrent et firent comme s’ils tenaient quelque chose dans les airs ; ils ne voulaient pas risquer que l’on remarquât qu’ils ne pouvaient rien voir.

      C’est ainsi que l’Empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ceux qui se trouvaient dans la rue ou à leur fenêtre disaient : « Les habits neufs de l’empereur sont admirables ! Quel manteau avec traîne de toute beauté, comme elle s’étale avec splendeur ! » Personne ne voulait laisser paraître qu’il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu’il était incapable dans sa fonction ou simplement un sot. Aucun habit neuf de l’empereur n’avait connu un tel succès.

      « Mais il n’a pas d’habit du tout ! », cria un petit enfant dans la foule. « Entendez la voix de l’innocence ! », dit le père ; et chacun murmura à son voisin ce que l’enfant avait dit.

      Puis la foule entière se mit à crier : « Mais il n’a pas d’habit du tout ! » L’empereur frissonna, car il lui semblait bien que le peuple avait raison, mais il se dit : « Maintenant, je dois tenir bon jusqu’à la fin de la procession. » Et le cortège poursuivit sa route et les chambellans continuèrent de porter la traîne, de peur de se retrouver nus à leur tour.

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      • Le roi est nu ! 8 septembre 2009 16:46, par Lucretius

        Le roi est nu, malheureusement certains en tirent avantage. Il en est de même avec la Watchtower, ça fait un petit moment que l’élite en place sait qu’elle raconte des âneries mais du moment que le bon peuple y croie sans sourciller, pourquoi le reconnaître ?

        Répondre

  • mensonge 30 mai 2010 05:06, par lisa

    malheureusement « cette organisation » est un cercle vicieux…. pour ma part j’ai des amis témoin de Jéhovah ,et moi même je n’en suis pas une mais on peut nettement constater que leur connaissance biblique ne se résume qu’à la lecture approfondie de « la tour de garde » ou encore « réveillez-vous ! » alors que la lecture biblique en elle même ne représente qu’une part infiniment minime ….bien sur comme il le disent ,que je fait parti du monde, il me vois comme une ennemi alors que je n’avais aucunement intention de les contredire sur aucun point de même que lorsque j’assistai à leur réunion ils me lançaient des regards intimidants …car en effets tous ceux qui ne sont pas TJ sont tous des démons, des enfants du diable qu’allons nous dire des saints et des personnes de bonne volonté qui ne sont point TJ… du moins jusqu’à ce que nous nous convertissions …mais ce que je voulais dire est que je suis tout a fait d’ accords que lorsqu’on y entre il est très difficile de s’en sortir il y a la pression des « anciens » des amis TJ de la famille …et l’argument principal qu’ils sortent pour ne pas sortir de cette organisation est de jouer la carte du statut social ( plus d’amis et qui le renierons ,et rejet de l’entourage familial = solitude d’autant plus prononcée qu"il na point d’autre amis car ils ne se fréquenter qu’entre TJ ….) si il y aurait des personnes qui voudrais plus s’approfondir dans mes propos j’ai un site qui franchement est très exhaustif dans ces arguments et ces preuves , ces propos . Je vous invite vivement à y jeter un coup d’œil et j’espère que par là certains se remettrons en question su cette sois distante « vrai religion » merci . www.brooklyntower.com

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