samedi, 19 mai 2012|

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La magie du Nom



Table des matières :

Peut-il en être autrement du nom du Dieu de la Bible ?

Car si on connaît les consonnes du nom du Dieu de la Bible, on en connaît plus les voyelles, et il faut bien reconnaître que personne n’est en mesure de dire avec une certitude absolue comment prononcer ce nom.

Voici ce que dit à ce propos le Dictionnaire International des Termes Littéraires à la fort longue entrée Nom :

« Comment prononcer, cependant, le Nom de Dieu ? Le tétragramme, principal Nom de Dieu dans l’Ancien Testament, secret, non vocalisé, doit être réservé à l’usage du seul grand prêtre. « IHVH serait, d’après Ex 3, 13-15, le nom propre du Dieu d’Israël. Il est impossible de savoir comment ce nom était prononcé à l’époque biblique. Depuis longtemps, il a été considéré comme ineffable et a été remplacé, dans la lecture publique, par celui d’Adonaï. A une époque récente, on a risqué de le lire Yahvé ou Yahweh. Cette lecture s’est rapidement répandue sans être solidement fondée. Le nom imprononçable garde aussi le secret de sa signification : « Celui qui est… était, sera » ou « Celui qui fait être » ? » (La Bible, Annexes, p. 2415). » Sources

Comme le dit le dictionnaire, le Nom garde ses secrets.

Trouvez-vous très logique que le nom du Dieu de la Bible soit finalement aussi mal connu ?

Qu’importe si le nom du Baal de Peor qui apparaît lui aussi dans la Bible, en concurrence directe avec IHVH, se prononçait Bal, Bel, Bil ou Boul ou encore Belphegor.

C’était un faux dieu.

Pourquoi a t’on gardé non seulement la graphie mais également la prononciation de Zeus le dieu suprême grec, si bien qu’aucun hélléniste ne se pose de question sur ce nom ?

Et puisque la Septante qui est la traduction en grec des écritures hébraïques, jugée suffisamment authentique et fiable pour que Paul l’utilise dans ses propres lettres de préférence à toute autre, contient le Tétragramme, pourquoi ce dernier n’a t’il pas été rendu en grec comme tout autre nom ?

S’agit-il d’une superstition religieuse relayée dans une illustre traduction ? Et les chrétiens ont-ils aussi été victimes de la même superstition déicide ?

Car les écritures chrétiennes sont grecques et auraient dû porter le nom de Dieu, or on ne le trouve pas. Superbe occasion manquée d’en connaître enfin la prononciation parfaite restaurée par Jésus.

(Jean 17:6) […] “ J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde […]

Quelle extravagance que les rédacteurs des Ecritures grecques ne l’aient pas manifesté et vocalisé pour Sa gloire et le bénéfice des générations à venir.

Vous semble t’il normal que le « vrai » dieu ait été incapable de préserver le nom dont il est si jaloux, alors que les faux dieux du passé l’ont fait très involontairement, par le seul truchement d’une survie toute littéraire ?

Il faut croire que la superstition est plus forte que la raison. C’est ainsi que poursuivant sur le caractère sombre et mystérieux du Nom le dictionnaire précédemment cité poursuit :

« Les savants du judaïsme pensaient que la terre entière serait frappée de stupeur si le Nom était prononcé. Ils prônaient la préservation de son caractère secret, réservé aux seuls initiés. Ba’al Shem ou Ba’al Shem Tov (maître du Nom ou maître du Bon Nom) désignait au XVIIe siècle, chez les juifs d’Europe centrale, les thaumaturges guérissant par l’usage magique du Nom divin connu d’eux par grâce spéciale. Puis désigna, spécifiquement, le fondateur du courant mystique du hassidisme, dont une tradition voulait que les initiés à la Kabbale procèdent, à la suite de l’étude du Sefer Yetsira, le Livre de la Formation, à la fabrication d’un être vivant. »

Bigre, quand on parle de magie du Nom, on ne s’attend pas forcément à ça.

« Cette création, à l’image de celle de Dieu, était rendue possible par l’expérience extatique et la maîtrise du Tétragramme. De ces convictions et de ces traditions provient en grande partie l’histoire typiquement pragoise du Golem, créature de la littérature et de la tradition juive d’Europe centrale. Fabriqué par un savant kabbaliste démiurge, le rabbin Löw, le Golem porte, selon certaines versions sur le front ou dans la bouche, l’inscription du mot hébreu « vérité ». La créature ne prend vie qu’avec la prononciation sur lui du Nom imprononçable de Dieu. »

Voila ce qui s’appelle au sens propre « marcher au nom de IHWH » (Michée 4:5) et dans la « Vérité ».

Les Témoins de Jéhovah qui s’estiment marcher au nom du vrai Dieu et dans la Vérité ne sont-ils pas des golems qui s’ignorent ?

Or le Golem n’obéit pas à Dieu, il est l’instrument docile de celui qui utilise le Nom, en fait, inconsciemment, car il ne se pose aucune question, il obéit à l’homme qui le manipule en invoquant égoïstement le Nom de Dieu.

Mais voici la légende du Golem a traversé les siècles, cette vision de la créature obéissante a perduré, a été remaniée.

Faut-il s’étonner que la légende praguoise soit récupérée et amplifiée par un auteur praguois (ou pragois) du nom de Karel Capek, génial auteur de science-fiction. En 1921, il monte, à Prague, une pièce de théatre intitulée « R.U.R. les Robots Universels de Rossum » imaginant des créatures créées de toutes pièces par les hommes afin qu’elles les servent par leur travail.

Pour désigner les créatures condamnées au travail forcé Karel Capek utilise le mot tchèque « robota » qui signifie corvée, travail obligatoire. Le mot sera directement repris en anglais pour désigner l’automate, la machine programmable, le robot.

Si le golem est un robot alors se pourrait-il que les Témoins de Jéhovah soient en définitive des robots ? Et la firme qui les produit soit, non pas la R.U.R., mais la Watchtower ?

Car robota est un mot slave (incidemment du latin slavus : esclave) qui désigne également l’esclave.

(Matthieu 24:45-47) “ Quel est donc l’esclave fidèle et avisé que son maître a établi sur ses domestiques, pour leur donner leur nourriture en temps voulu ? Heureux cet esclave si son maître, en arrivant, le trouve en train de faire ainsi ! Vraiment, je vous le dis : Il l’établira sur tous ses biens […]

Si l’intendant établi sur tous les biens est un esclave que croyez-vous que soient les domestiques pour l’intendant ?

Comment selon la légende était-il possible de libérer le golem de sa servitude ? Par un moyen qui tient du jeu de mots.

Sur le golem figurait le mot « Vérité » en hébreu « emeth », pour neutraliser le golem et faire cesser le sort, il fallait effacer la première lettre pour donner le mot hébreu « meth » qui signifie « mort ».

Seule la mort libérait le golem, le robota, l’esclave.

Ceux qui se libèrent du joug de la Watchtower ne quittent t’ils pas la « Vérité » pour la « mort » spirituelle ?

Car le message est clair, l’apostat est déjà mort, il est sursitaire, dans l’attente de sa fin programmée.

(Hébreux 10:26-27) Car si nous pratiquons le péché volontairement après avoir reçu la connaissance exacte de la vérité, il ne reste plus pour les péchés aucun sacrifice, mais [il y a] une certaine attente terrible du jugement et [il y a] une jalousie ardente qui va consumer ceux qui s’opposent.

Que les golems modernes se rassurent et prennent courage, car le sort est moins puissant qu’il n’y paraît.

La magie du Nom n’est pas complète, n’est pas parfaite, le Nom reste inconnu.

Et la servitude n’est, de fait, qu’une illusion acceptée dans un engourdissement entretenue par la firme.

Secouez vos chaînes.
Réveillez-vous, libérez-vous !


Notes:
2 commentaires
  • récupération et perversion de sens 7 octobre 2006 11:46, par Laurae Gontard

    Génial, à mon sens, cet article. Il vaudrait la peine de voir comment ce verset a été tordu et perverti par l’usage , l’explication et l’application qu’en font les écrits watchtowerisants, du haut de leur « tour de garde » (logo), le verset cité : « Car si nous pratiquons le péché volontairement après avoir reçu la connaissance exacte de la vérité, il ne reste plus pour les péchés aucun sacrifice, mais [il y a] une certaine attente terrible du jugement et [il y a] une jalousie ardente qui va consumer ceux qui s’opposent. »

    le péché,

    la connaissance exacte de la vérité,

    le sacrifice,

    l’attente

    l’attente du jugement

    la jalousie ardente

    les opposants

    sont autant d’expressions assaisonnées de destruction rabachées dans les oreilles et articulées par les gens devenus témoins de Jéhovah avec un sens bien spécifique à leur littérature,

    un permanent quiproquo entre l’étudiant de la bible et lui-même, une incommunicabilité assurée avec d’autres personnes sauf à les faire s’engouffrer dans ces écrits anonymes, d’un jargon spécifiquement watcho-jéhovisant, un décalé à approfondir comme vous mêmes ici et ailleurs tentent de le faire.

    Mais qui donc, in fine, pilote et qui donc entretient la multinationale en question ? Non, ne dites pas Dieu, cherchez donc sur terre..d’autant plus que le royaume promis aux témoins de Jéhovah est terrestrement terrestre avec pour seul gouvernement et seuls gouvernants promis (et convoités ?)/

    - mais des témoins de Jéhovah de témoins de Jéhovah, voyons !

    Enfin, c’est ce qu’on apprend à déduire, si on devient « témoin de jéhovah », et ce auquel il faudra ne cesser de croire pour ne pas se laisser isoler du groupe, comme il l’aura été encouragé de l’ être, dans la société du monde, du monde non estampillé par la société watchtowero-jéhovisante.

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    • Novlangue ? 8 octobre 2006 11:43, par Lucretius

      Cette récupération des expressions comme « connaissance exacte de la vérité » ou « opposants » permet de les charger affectivement en stimulant l’élitisme ou le dualisme « Peuple élu/Monde ».

      Les mots prennent chez les TJ une signification particulière : religion, reste, brebis, oint. C’est tout un vocabulaire qui se créé, une techno-langue ou une Novlangue.

      Répondre


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