mercredi, 8 février 2012|

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L’exclusion : mythes et réalité - Partie III




Lien vers ’’L’exclusion : mythes et réalité - Partie II’’

« On part facilement de l’organisation. Une simple lettre, et le tour est joué ! »

Plusieurs ’’officiels’’ de l’organisation jéhoviste ont exprimé un point de vue de ce genre dans les médias, parfois en allant encore plus loin dans leurs affirmations. Par exemple, Walter Graham, membre de la filiale du Canada, a tenu les propos suivants selon le journal Toronto : « Si quelqu’un ne veut pas vivre selon nos principes, il est libre de s’en aller. Il n’y a pas ici de contrainte, pas de harcèlement physique ou émotionnel. » Quant à Robert Balzar, chargé des relations publiques du siège de Brooklyn, il affirma : « Si quelqu’un ne veut pas rester, il est libre de partir… Je ne peux pas comprendre pourquoi ceux qui ne sont pas d’accord ne s’en vont pas tranquillement. » [1]

En s’exprimant de la sorte, le Témoin de Jéhovah espère montrer que l’exclu ne peut pas se plaindre qu’on lui aurait mis des bâtons dans les roues lors de sa sortie puisque 1/ la démarche pouvait venir de lui-même et le mouvement a accédé à sa requête, et 2/ c’était tout simple et rapide à effectuer. Donc pour résumer les idées contenues dans une telle affirmation : « partir de chez nous, c’est 1/ possible et 2/ facile ». Et l’adepte en déduit fièrement : « Vous voyez, on n’est pas une secte, car dans une secte, c’est difficile d’en sortir ! »

Dans le même ordre d’idée, on a pu entendre le sociologue Régis Dericquebourg affirmer, dans une interview défendant des groupes socialement controversés, qu’on « peut sortir » d’une secte, contrairement à une idée reçue, précisant juste après que le jéhovisme connaît un turn-over important et qu’il y a probablement à présent dans le monde plus d’ex-TJ que de TJ actifs. [2] De même, l’association CICNS fait remarquer la simplicité avec laquelle un couple a quitté le jéhovisme, et de ce fait remet implicitement en question la valeur des témoignages de ces ’’apostats’’ puisque ceux-ci sont partis sans être harcelés. [3]

1/ Une expression techniquement exacte…

D’un point de vue purement technique, on ne peut pas dire que c’est faux.

Or, il convient de recadrer les choses : personne ne nie que de nombreux Témoins de Jéhovah quittent le mouvement chaque année - et ceux qui ne le croient pas ne connaissent manifestement rien au sujet ; même les auteurs du présent site, qui se montrent critiques envers le jéhovisme, constatent qu’il y a bien un turn-over important dans le mouvement, et le soulignent même par une démonstration. [4] Si beaucoup d’ex-Témoins ont demandé leur retrait de l’organisation, c’est bien qu’ils ont eu la possibilité de le faire ; d’ailleurs, on se doute bien que le mouvement ne va pas retenir ses membres contre leur volonté, auquel cas cela tomberait probablement sous le coup de la loi. [5]

Et effectivement, la démarche n’est pas compliquée : un simple courrier au collège des anciens de la congrégation à laquelle on dépend, et dans lequel on exprime clairement son désir de ne plus être Témoin de Jéhovah. Cela peut aussi être le simple fait de répondre « non » lorsque d’un ancien pose la question mesquine :« Est-ce que tu t’identifies toujours comme Témoin de Jéhovah ? » (sans préciser, bien sûr, qu’une réponse négative équivaut d’office à un retrait volontaire). Généralement, si une personne en arrive à une telle extrémité, c’est qu’elle a amassé suffisamment d’éléments décisifs qui lui ont fait perdre toute confiance dans le mouvement, que sa décision est le fruit d’un long cheminement intellectuel. Dès lors, hormis dans le cas exceptionnel où la personne est dépressive et donc encore ’’récupérable’’, on pourrait même dire que la prise en compte de sa lettre ou de sa réponse négative aura tendance à être expéditive, car le mouvement estimera qu’il faut vite éloigner la personne qui a découvert le pot aux roses pour qu’elle ne contamine pas les autres. [6]

En réalité, la lettre de retrait est même quelque chose de très précieux pour le mouvement qui la conservera très soigneusement dans ses archives : celle-ci est en effet la preuve matérielle irréfutable de la volonté de l’ex-fidèle de se dissocier du mouvement. Ainsi, si la Watch Tower est poursuivie en justice par la personne qui s’est retirée, par exemple au motif de discrimination ou de complications (dépression, tentatives de suicide…) résultant des mesures appliquées aux ’’retirés’’, elle sera à l’abri d’un point de vue juridique car elle pourra exhiber fièrement la lettre de son ancien fidèle tout en arguant : ’’Ah mais voyez, c’est elle qui l’a voulu !’’

Notons quand même que, bien que n’étant plus membre de l’organisation, la personne restera fichée par celle-ci qui conservera soigneusement toutes les données la concernant, comme en témoignent les documents internes du mouvement. [7] Et il ne sera pas possible de demander la destruction des renseignements personnels qu’elle détient… [8]

Quoi qu’il en soit, pourquoi des ex-adeptes disent-ils parfois publiquement qu’il est « difficile de quitter le mouvement », comme René Roy qui intitula son ouvrage Les Témoins de Jéhovah, entrée facile, sortie difficile [9], ou encore le rapport parlementaire de 2006, qui déclara : « Une caractéristique majeure des mouvements de type sectaire est la difficulté d’en sortir : tous les témoignages reçus par la commission d’enquête ont abondé en ce sens » [10] ? En réfléchissant quelques instants sur ce que peut bien signifier cette expression, nous verrons que l’idée de facilité de sortie par la lettre évoqué par les partisans de la Watch Tower constitue en réalité un contournement de la vraie problématique.

2/ …mais qui ne prend pas en compte les difficultés provoquées en amont…

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La WT fournit gracieusement les nombreuses chaînes et les cadenas. Par contre, pour la clé d’ouverture, c’est à vous de vous débrouiller !

Pour que le Témoin de Jéhovah décide de formaliser son abandon du mouvement, il faut qu’il ait effectué au préalable un cheminement mental qui lui ait permis de remettre en question son adhésion au mouvement. Or, force est de constater que cette prise de conscience et son accomplissement, qui constituent un long processus, sont sans cesse entravés par les méthodes mêmes du mouvement qui cherche à tuer tout esprit critique chez l’adepte. Ainsi, la difficulté de sortir des Témoins de Jéhovah provient déjà des nombreuses entraves volontairement mises sur le chemin du fidèle dans sa récupération de son indépendance d’esprit.

Nous examinerons donc les notions d’endoctrinement et de dépendance, qui visent à empêcher le déclenchement de la remise en question, à contrarier sa progression et à amener le fidèle à accomplir des actes irréversibles qui, en conséquence, le pousseront à ne pas vouloir sortir.

A/ L’endoctrinement

L’endoctrinement repose sur un ensemble de procédés ayant pour but de court-circuiter toute réflexion personnelle afin de s’assurer l’allégeance totale et inconditionnelle d’un individu. On peut même lui faire croire qu’il est libre et heureux ainsi, d’autant qu’il n’a pas conscience d’être endoctriné au départ.

C’est ainsi que, par exemple, le régime nazi a utilisé une propagande massive qui envahissait tous les aspects de la vie (presse, cinéma, livres, radio, magazines, Jeux Olympiques…), y compris les plus intimes, ce qui contribuait à modeler profondément les mentalités et faire accepter les objectifs du national-socialisme, incluant l’extermination de millions de personnes lors de l’Holocauste. Était-ce facile de résister à cet endoctrinement perpétuel ? Non, et des historiens, y compris du bloc de l’Est, confirment que cette propagande fut efficace. [11] La difficulté à récupérer son esprit critique fut merveilleusement mise en chanson par Jean-Jacques Goldman dans sa chanson Né en 17 à Leidenstadt :

"Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?
Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d’un torrent"

Remarquez que ce n’était pas impossible, mais que c’était improbable. En fait, il y avait grosso modo trois cas de figues :

* Ceux qui ont compris cette manipulation des masses et ont résisté (mais il y en eu peu sur l’ensemble, compte tenu des conditions entretenues alors, et cela leur a souvent coûté très cher) ; [12]

* Ceux qui se sont rendu compte que quelque chose n’était pas normal mais ont préféré ne pas broncher (probablement la majorité) ;

* Ceux qui n’ont pas perçu quoi que ce soit, au moins pendant un bon moment, ou qui ont remarqué quelque chose mais dans une mesure insuffisante.

Transposons cela dans le cadre sectaire. L’ADFI, une association luttant contre les dérives dans ce domaine, explique les procédés utilisés par les sectes pour retenir leurs adeptes. La description qu’elle en donne étant générale, nous ne citerons ici que les points qui s’appliquent à aux fidèles de la Société Watch Tower :

* Anesthésier l’esprit critique et la personnalité :

- En créant un état de fatigue [par de nombreuses activités]

- En créant des conditions de vie qui l’empêchent de prendre le recul nécessaire qui lui permettrait de réfléchir à ce qu’il fait ou vit

* Renforcer l’adhésion au groupe et favoriser les ruptures :

- La rupture avec la famille, les amis, la société

- Les informations qui viennent de l’extérieur sont déclarées suspectes ou manipulées

- Les personnes qui critiquent la secte sont décrites comme négatives, dangereuses, opposantes aux progrès de l’humanité. Il est conseillé de ne pas les fréquenter.

- La société est présenté comme un lieu de perdition

* Rendre le retour impossible :

- Par l’abandon des anciens amis, les liens familiaux coupés ou conflictuels

- Par le mariage à l’intérieur du groupe

- Par la peur, les punitions, la crainte du monde extérieur [13]

Dans le cas du fidèle Témoin de Jéhovah, comment ces méthodes de manipulation se traduisent-elles, et quelles en sont les conséquences ? Voici une liste bien modeste qui pourrait sans doute être allongée :

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« En étant bien occupé à tourner ma roue, j’ai moins de temps pour réfléchir, forcément… »
Par contre, à l’inverse du TJ, le hamster fait souvent la grasse mat’ le samedi matin.

- Un programme d’activités religieuses qui a tendance à ’’phagocyter’’ tout le temps de libre du fidèle. Cet accaparement perpétuel l’empêchera de porter un regard critique sur ses croyances, ses pratiques et l’organisation à laquelle il appartient.

- Un rabâchage de la doctrine qui est martelée sous toutes ses formes, que ce soit dans les discours comme dans les publications, le tout accompagné d’une pléthore de sophismes et de raisonnements alambiqués en tout genre. La répétition d’idées indiscutables constamment présentées comme des évidences (« nous sommes au temps de la fin », « le Collège Central a l’esprit saint de Dieu », « les apostats sont des calomniateurs », etc) finira par annihiler tout doute, à tel point qu’il n’y aura plus la moindre remise en question sur la véracité des croyances ou la légitimité des pratiques. [14]

- Une rupture, ou du moins un relâchement des relations familiales et amicales extra-jéhovistes, et comme corollaire, la fréquentation assidue des adeptes et un mariage à l’intérieur du groupe, ce qui ne permet pas la pluralité d’idées et l’ouverture à d’autres points de vue.

- Une interdiction de lire ou d’écouter toute information critique, ce qui entraînera une ignorance des véritables controverses du mouvement ;

- La diabolisation permanente du monde extérieur, présenté comme un « système de choses » pourri qui disparaîtra dans son intégralité à Har-Maguédôn, ce qui lui fera ressentir une suspicion, une appréhension vis-à-vis de tout ce qui se trouve en dehors du mouvement.

En réalité, il y a tant d’embûches sur le chemin de la libre pensée, tant d’efforts déployés pour récupérer l’adepte au moindre doute, tant de stratagèmes élaborés pour étouffer sa réflexion que, bien souvent, le processus permettant d’enclencher la sortie mentale est différé, alors que le déclic aurait pu se produire bien plus tôt. [15]

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« Ouvrez, ouvrez la cage aux TJ », scandent les ex-TJ. Pas facile, la cage est dans la tête des adeptes…

La prise de conscience du décalage entre les prétentions de l’organisation et les faits, ce que j’appellerais le ’’recouvrement de la réalité’’, se fera de façon très échelonnée dans le temps, de telle sorte qu’à chaque déception, le fidèle aura tendance à nier celle-ci ou, du moins, à la minimiser et à ’’ramener les compteurs à zéro’’, le mouvement lui ayant appris à déployer tout un système de défense. Chaque aspect problématique sera considéré isolément du reste et des excuses plus ou moins ridicules lui seront apportées, à la suite de quoi le point en question sera oublié - autant qu’il soit possible de ne plus s’en souvenir - ce qui ne facilitera pas la sortie mentale de l’adepte car celui-ci n’a qu’une vision fragmentaire de son mouvement.

C’est une peu comme lors qu’on a le nez à deux centimètres d’un tableau : on ne voit que la toute petite surface qui s’offre à notre champs de vision, et qu’on peut souvent interpréter comme on le souhaite. Si l’on regarde ailleurs dans le tableau, mais toujours à deux centimètres de celui-ci, on peut encore procéder de la sorte, et ainsi de suite avec l’ensemble de la peinture. De cette manière, si quelqu’un nous ment en nous disant que le tableau représente autre chose que ce qu’il dépeint réellement, nous n’en saurons rien, car chaque détail pris isolément pourra toujours être interprété d’une manière qui rejoigne la description que l’on nous donne. En réalité, seul un recul permettant d’apprécier l’ensemble de la composition, c’est-à-dire une vision dans laquelle chaque détail est replacé dans l’élément majeur qu’il compose, permettra de voir si effectivement le tableau représente bien ce qu’on nous en dit.

De même, le fidèle s’est rendu compte que tel et tel point doctrinal ne résistait pas à un examen critique, ou encore que des manques d’amour flagrants se produisaient sous ses yeux de façon récurrente dans la congrégation, mais généralement il ne fera pas la somme de tout cela et ne la confrontera avec les prétentions de l’organisation qui s’affirme comme détentrice de la vérité doctrinale et du seul vrai amour. Il lui faudrait une appréhension globale de la Société Watch Tower, mais pour cela, encore faudrait-il qu’il puisse ’’se poser’’ calmement et prendre le temps de réfléchir à tête reposée, ce qui est sans cesse empêché par le haut degré d’implication requis par le mouvement. Et même lorsque l’adepte y parvient, il y a tellement appris à s’habituer à tous ces « petites choses » qui le tracassent dans les doctrines ou les pratiques, qu’il finira probablement par se résigner et rester. Le mouvement a gagné !

Dès lors, le cheminement vers la sortie peut être très, très long… Parfois, il peut s’étaler sur plusieurs années, tout en s’accompagnant d’une bonne dose de souffrance psychologique (la dissonance cognitive peut finir par engendrer un état schizophrénique). Et durant toute cette période où il est assailli de doutes, il se retrouve bien souvent tout seul à les affronter, car il lui est impossible d’en faire part à ses coreligionnaires sans risquer de donner des signaux d’alarme sur une soi-disant ’’apostasie’’ de sa part.

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Les TJ sont de vrais maçons dans l’âme : sur les bons conseils de la WT, ils construisent eux-mêmes la forteresse ’’spirituelle’’ dans laquelle ils resteront prisonniers…

Pire encore, la secte a fait faire à ses adeptes des choix qu’ils vont regretter par la suite, car ceux-ci entraineront de sérieuses complications en cas de sortie. En fait, sans même s’en rendre compte, les fidèles qui suivent scrupuleusement les consignes de leur mouvement sont en train d’ériger petit à petit les barrières qui compromettront leur évasion.

Outre les décisions communes à tous les Témoins de Jéhovah, certains feront des choix qui constitueront des conditions aggravantes, rendant la sortie extrêmement peu envisageable, telles que l’« abandon des études », un « départ à l’étranger (pour une formation généralement) » ou des une l’« absence de revenus et/ou de couverture sociale » (ces critères sont également cités par l’ADFI). Par exemple, les nombreux déplacements et la vie en collectivité avec d’autres adeptes dans le cas des missionnaires ou des béthélites, rendront la sortie encore plus improbable, car les moyens mêmes de survie hors du groupe sont réduits à néant.

Dans ce genre de cas, la sortie inspirera le respect et pourra presque être considérée comme héroïque. Or, ce qu’a accompli un héros n’est, en général, pas anodin, mais relève de l’exploit. Tout le contraire de la facilité…

Cette analyse est corroborée par l’ADFI qui décrit comme suit la sortie de l’adepte d’un mouvement sectaire :

« La sortie volontaire de secte est l’aboutissement d’un long cheminement, bien souvent difficile à vivre par l’adepte car tout est fait dans la secte pour rendre sa sortie impossible (endoctrinement, coupures diverses, pressions psychologiques, phobie du départ, etc…). Lorsqu’il veut ou va sortir, il est à contre courant du groupe dans lequel il a pris l’habitude de vivre ; il est alors seul. » [16]

Dans de telles conditions, n’est-il pas pertinent de dire qu’il est « difficile » de quitter le mouvement ?

B/ La dépendance

Et même si le Témoin de Jéhovah prend conscience qu’il est totalement inféodé à un système aliénant, encore faut-il ensuite qu’il accepte de rompre avec ce qui est devenu pour lui une dépendance, ce qui ne se fait pas comme une lettre à la poste. Mais illustrons ce point.

Diriez-vous qu’il est facile d’arrêter de fumer, même après avoir réalisé qu’on fait du tort à sa santé ? En fait, si je réduis la démarche à l’aspect technique, je dirais qu’il suffit de ne pas aller acheter un paquet au bureau de tabac du coin, et le tour est joué. Est-ce compliqué de s’abstenir de cette démarche ? Bien sûr que non. Mais alors, si c’est si simple, pourquoi y a-t-il des sites et des forums spécialement conçus pour aider ceux qui veulent rompre avec le tabac ? Pourquoi proposent-ils tout un programme de motivation en plusieurs points ? Pourquoi offrent-ils toute un éventail de substituts et de méthodes diverses allant du patch, des gommes à mâcher ou des cigarettes électroniques, jusqu’à l’acuponcture et à l’hypnose ? Pourquoi recommandent-ils des lectures sur ce sujet-là ? Pourquoi préconisent-ils l’exercice physique et la consultation de spécialistes médicaux ? Pourquoi le fumeur a-t-il généralement besoin du soutien de son entourage ? Et pourquoi, malgré toutes ces aides, certains n’arrivent-il pas à rompre avec le tabac, voire replongent au bout de quelques temps ?

La réponse est toute simple : ma description initiale pour stopper le tabac était très réductrice et ne prenait pas en compte les obstacles à franchir, et ceux qui sont aux prises avec ce problème en savent quelque chose… Mais pourquoi donc est-ce si difficile ? Parce qu’il y a un phénomène d’accoutumance qui rend l’abandon de la pratique plutôt ardue. De ce fait, il est plus aisé de dire « j’arrête de fumer » que d’y parvenir, et la difficulté sera souvent incomprise par celui qui ne lutte pas contre cette habitude.

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Le jéhovisme, c’est comme le tabac : on arrête toujours demain, après une dernière petite réunion…
Malheureusement, il n’y a pas encore de centres de désintoxication prévus pour ça…

Remarquons que l’analogie entre sectes et drogues est souvent établie, que ce soit par les sociologues, les psychologues ou les associations de lutte contre les mouvements sectaires. [17] Ainsi, de même, le Témoin de Jéhovah est un drogué de son organisation. Il respire en permanence la ’’fumée’’ watchtowerienne, que ce soit par le biais des publications, des réunions, des assemblées, du porte à porte, de la compagnie d’autres adeptes : tout cela concourt à créer et à entretenir chez lui une dépendance, qui entraîne une profonde difficulté à « décrocher ». [18] Même s’il ne suit pas scrupuleusement les règles de l’organisation et n’est pas toujours d’accord avec celles-ci, les considérant parfois comme étant contraignantes, l’adepte ne s’imaginera généralement pas s’en affranchir totalement, car cela fait partie de ses habitudes, de la même manière que le fumeur a le réflexe de griller sa cigarette pendant la pause déjeuner ou après l’amour, même s’il râle tout en l’allumant parce qu’il se rend compte qu’il n’est pas capable de s’en passer.

Souvent, même s’il a compris l’escroquerie du jéhovisme, le Témoin ne se sentira pas d’attaque à trop chambouler sa petite vie si bien réglée, et il aura bien trop peur du vide que l’abandon du jéhovisme laisserait dans tous les aspects de la vie (niveaux idéologique, social, etc). Arrivé à ce stade-là, il se résigne uniquement par nécessité ; son désir de rester dans le mouvement ne relève plus de l’endoctrinement, mais d’une incapacité à se projeter dans un système différent de celui dans lequel il évolue depuis des années. [19]

À titre de comparaison, songez un instant à quel point il peut être éprouvant de déménager d’un endroit que l’on a toujours connu, de divorcer après 40 ans de vie commune ou encore de changer d’emploi alors qu’on travaillait dans la même société depuis des décennies. À n’en pas douter, ces situations sont déjà lourdes à gérer d’un point de vue psychologique, mais dans le cas du jéhovisme, c’est encore plus profond, car celui-ci était le centre de la vie du fidèle, et tout le reste gravitait autour de lui ; sur lui reposait sa vision du monde, ses espoirs, son emploi du temps, ses valeurs, ses relations sociales, sa spiritualité, etc… [20] Dès lors, il lui faut bien du courage à ce stade-là pour remettre en cause ses croyances et son mode de vie et se démarquer au sein d’un groupe qui demande une uniformité. Rester dans une dépendance peut paraître plus avantageux, même s’il faut pour cela se délester d’une bonne dose d’honnêteté.

Ainsi pour résumer ces points, l’endoctrinement et la dépendance constituent deux difficultés majeures qui compromettent la sortie du Témoin de Jéhovah : la première l’empêche de se rendre compte de son état de captif et lui fait faire des choix qui s’avéreront peu judicieux par la suite, et la deuxième le dissuade de mettre en œuvre le processus nécessaire à sa libération.

3/ … ni les conséquences douloureuses du retrait…

Mais les multiples embûches parsemées par le mouvement avant la sortie de son fidèle ne constituent pas les seules difficultés rencontrées par celui-ci. Pour souligner ce point, nous allons utiliser deux exemples :

Lorsqu’une personne déclare « Qu’il est difficile de divorcer ! », fait-elle référence…

  • Au fait qu’on l’empêche de le faire - pression de l’entourage, loi en vigueur qui proscrirait le divorce- alors que c’est là son souhait ? (=improbabilité)
  • Au caractère compliqué des démarches administratives, comme celles consistant à choisir un avocat et à remplir tous les documents nécessaires ? (=manque de facilité)
  • À toute la souffrance psychologique qui résulte du divorce, aux regrets d’avoir échoué dans sa vie de couple, et la solitude qui s’ensuit ? (=conséquences)

Et lorsqu’une personne déclare « Qu’il est difficile d’avoir des enfants ! », fait-elle référence…

  • À une contrainte extérieure, telle qu’une loi gouvernementale rendant illicite la procréation, privant ainsi la personne de son désir d’enfant ? (=improbabilité)
  • À un quelconque problème « technique » rencontré lors des galipettes sous la couette, telle que de fréquentes pannes sexuelles ? (=manque de facilité)
  • À toutes les responsabilités et inquiétudes qui découlent du statut de parents ? (=conséquences)

Notons que dans chacun des deux cas ci-dessus, la phrase « Qu’il est difficile… » peut faire référence aux deux premières propositions mais c’est moins probable. En général, dans ces exemples, ce sera plutôt la troisième proposition, à savoir les conséquences qui seront implicitement évoquées à travers l’emploi du mot « difficile ».

De même, il est bien évident que lorsqu’un ex-Témoin de Jéhovah dit qu’il est « difficile de quitter les TJ », il fait probablement référence à tout ce que cela implique ; ce n’est pas le côté administratif de la sortie qui est mis en cause, mais bien les conséquences de l’exclusion. Autrement dit, c’est sur les aspects affectifs, psychologiques et sociaux que la controverse sur l’exclusion chez les Témoins de Jéhovah se cristallise, et non sur l’impossibilité de partir physiquement ou la difficulté du protocole à suivre.

Quelles sont précisément ces difficultés ? La liste ci-dessous n’est pas exhaustive :

- un aveu comme quoi on s’est et on a été trompé : il faut admettre que l’on a perdu son temps et son énergie pendant tant d’années, et que les sacrifices auxquels on a consenti n’ont servi à rien ;
- un vide social : on a perdu tous ses amis et parfois aussi sa famille quand celle-ci est Témoin de Jéhovah ; il faut faire le deuil d’une chaleur communautaire et affronter la perte de sa réputation, ce qui ne favorise pas l’estime de soi ;
- une crise existentielle : il faut à présent donner un nouveau but à sa vie, but qui sera dans tous les cas bien moins ’’grandiose’’ que celui proposé par le mouvement ;
- une nouvelle grille de lecture de la vie : il faut (ré)apprendre à considérer de nombreuses notions hors du prisme jéhoviste (le monde, l’image de soi, le temps, l’amitié, la spiritualité, etc) ;

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Ah ça, c’est sûr que passer des chemins strictement délimités aux grands espaces ouverts, ça fait un choc… D’autant que la mer n’est pas toujours calme, mais c’est le ’’prix’’ de la liberté !

- une indécision : on a perdu l’habitude de prendre des décisions personnelles, d’organiser son temps, de se trouver des centres d’intérêt, et les nombreuses possibilités qui se présentent désormais sont davantage de nature à effrayer : on sort des sentiers clairement balisés du mouvement et on se sent comme perdu en haute mer ;
- une peur du monde extérieur : on en a tellement entendu des vertes et des pas mûres sur le monde ’’satanique’’ que l’on peut avoir des difficultés à se lier d’amitié avec des non-Témoins de Jéhovah et à s’intégrer dans un groupe, ce qui peut se traduire par une peur phobique, d’autant que les préjugés auront tendance à être tenaces ;
- une culpabilité : on peut se sentir coupables (à tort) d’avoir chagriné notre famille par notre décision, et si celle-ci a gardé un contact avec nous, elle peut nous le rappeler en permanence ;
- etc…

Toutes ces difficultés peuvent être à l’origine de nombreux troubles chez l’exclu : des déficits mnésiques, de problèmes d’attention, d’une fatigabilité psychique, de cauchemars à répétition, de troubles psychosomatiques, entre autres. Et bien sûr, tout cela contribue à retarder l’équilibre qu’il souhaite désespérément atteindre.

De nombreuses études confirment les difficultés rencontrées par des ex-membres de mouvements sectaires. Par exemple, la sociologue canadienne Lorraine Derocher qualifie de « choc des réalités » l’une des phases de sortie et la définit comme suit :

"L’ancien sectateur prend conscience que sa vision du monde ne lui procure pas les outils nécessaires pour fonctionner adéquatement en société et il accepte de vivre une déconstruction de la vision du monde intériorisée. Lors de cette période intense, difficile et plus ou moins longue, l’individu a l’impression de vivre entre deux mondes sans faire complètement partie de l’un d’eux. (…) Il ne saisit pas encore tout à fait les réalités (codes, valeurs, références normatives, etc) de la ’’nouvelle’’ société. Cette étape risque donc d’être marquée, à divers degrés, par une période d’anomie [21], par un deuil du rôle appris dans la secte et par un processus de délégitimation des référents de la vision du monde sectaire.

(…)

Selon nos informateurs, le cheminement global d’intégration - qui ne se vit pas de façon linéaire - a une durée moyenne d’une dizaine d’années (à partir de la date de départ)." [22]

Dans le schéma reproduit juste au-dessus dans son ouvrage, la sociologue envisage même le retour dans le mouvement ou le suicide comme des finalités certes malheureuses, mais probables dans ce genre de cas !

De même, le rapport parlementaire déjà mentionné souligne quelques problèmes, surtout au niveau psychologique :

* Rapport parlementaire de 2006, page 51 :

« Les difficultés psychologiques des sortants de sectes restent cependant les plus considérables et les plus durables : elles ont été évoquées dans la plupart des témoignages recueillis par la commission d’enquête. La sortie d’un mouvement de type sectaire implique en effet, outre une perte de repères, la rupture de nombreux liens affectifs, familiaux et amicaux. Le jeune dont les parents sont restés adeptes fera ainsi, en général, l’objet d’un rejet de leur part. »

Soudain totalement délaissé par son ancien entourage et en manque de repères, l’exclu peut éprouver le besoin de s’inscrire sur des forums d’aide et d’échanges spécifiquement destinés aux ex-Témoins de Jéhovah afin de rencontrer des personnes ayant vécu les mêmes expériences que lui. Parfois, il sera dans un tel état de confusion, qu’il sera utile qu’il recourt aux services d’un spécialiste de la santé mentale afin de mettre des mots sur ce qu’il a vécu. Il peut aussi se rapprocher d’une association de lutte contre les sectes, voire décider publier un témoignage ou s’investir sur un site de critique du jéhovisme [23] qui pourront avoir pour lui une fonction cathartique. Pensons tout particulièrement aux enfants nés et élevés strictement dans les préceptes jéhovistes, et qui, en conséquence, n’ont connu rien d’autre : ils sont encore plus éprouvés à leur sortie, car ils se retrouvent en terre inconnue, alors qu’on ne les a pas du tout préparés au monde extérieur.

Mais pourquoi tous ces problèmes si la sortie est aussi évidente qu’on le prétend ? Peut-être parce que celle-ci ne se résume pas à un vulgaire bout de papier…

4/ … or, ces tristes conséquences sont expressément voulues par le mouvement…

Or, les difficultés engendrées par l’exclusion, bien souvent entièrement produites par les règles sectaires de l’organisation, sont amplement décrites dans les publications de celle-ci et confirment bien notre analyse. D’ailleurs, la Watch Tower ne s’en cache même pas auprès de ses fidèles… Notez avec dégoût les propos de ces publications jéhovistes sur le sujet :

* La Tour de Garde du 15 avril 1988 page 30 cite le cas de Laure qui fréquentait ses parents exclus, mais qui s’est ravisée après avoir lu les articles de La Tour de Garde des 1er et 15 décembre 1981. Elle dit :

« ’Je savais que j’allais devoir opérer des changements. (…) Ma décision n’allait pas être facilement acceptée par les membres de ma famille, car mon fils, âgé de cinq ans, est le seul garçon, et ils l’aiment tendrement.’ Mais, comme ce fut le cas pour Margaret, espérons que les parents de Laure seront touchés en voyant que leur fille cesse de les fréquenter. »

* Réveillez-vous ! du 22 août 1987, page 13 :

« Ma sœur Margaret et son fiancé ont été exclus de la congrégation chrétienne. Notre fidélité aux dispositions divines a été mise à l’épreuve lorsqu’il a fallu rompre toute relation avec Margaret. (…) À notre plus grande joie, Margaret et son mari ont été réintégrés dans la congrégation environ deux ans après. Nous ne nous étions pas vraiment rendu compte du puissant effet que notre position ferme avait eu sur eux. »

* La même histoire est rapportée dans La Tour de Garde du 15 avril 1988 page 30 :

« Nous avons pu lire le commentaire de Lynette sur sa décision de ‘rompre toute relation’ avec sa sœur Margaret, qui avait été exclue. (…) Plus tard, Margaret déclara à Lynette : ’Si tu avais pris à la légère mon exclusion, je suis certaine que je n’aurais pas fait aussi rapidement les pas nécessaires pour être réintégrée. Lorsqu’on est complètement coupé de ceux qu’on aime et de la congrégation, on ressent un profond désir de se repentir.’ » [24]

* La Tour de Garde du 15 novembre 2006, page 27 :

« Cette mesure peut aussi ramener le coupable à la raison. » [25]

* La Tour de Garde du 15 février 2011, page 32, § 18 :

« En rompant vos relations avec la personne qui a été excommuniée ou qui s’est retirée de la congrégation, vous montrez que vous haïssez l’état d’esprit et les actions qui l’ont menée à cette situation. Vous montrez aussi que vous l’aimez suffisamment pour agir au mieux de ses intérêts. Votre fidélité augmentera peut-être les probabilités de la voir se repentir et revenir à Jéhovah. [26] (…) [Puis le périodique cite le cas d’une TJ exclue, puis réintégrée et dit :] Si des chrétiens, y compris sa famille, avaient maintenu un contact régulier avec elle alors qu’elle était excommuniée, l’auraient-ils aidée à parvenir à une telle conclusion ? »

On pourrait multiplier les exemples, mais l’idée essentielle est -hélas- très bien exprimée à travers les passages qui viennent d’être cités. Ainsi, lorsque la Watch Tower recommande à ses membres de cesser tout contact avec la « brebis égarée », et cela même dans le cadre familial, tout en admettant que cela aura comme effet possible de la faire revenir au bercail, que dit-elle au juste ? Eh bien, qu’il faut rendre la sortie la plus douloureuse possible pour que le pauvre exclu souffre tout son saoul, qu’il ait honte et qu’en conséquence il revienne tout penaud dans les rangs de l’organisation ! N’est-ce pas justement là la preuve qu’il y a bien coercition et chantage affectif pour empêcher la personne de s’en aller librement ?

Isolé, mis en quarantaine comme un malade contagieux, privé de relations normales avec ses proches, l’exclu est donc contraint de retourner dans la secte s’il souhaite à nouveau profiter de la compagnie des personnes qu’il aime. Il arrive ainsi que certains exclus, qui ont compris toute la perversité de ce système, fasse tout pour se faire réintégrer - et ceci alors qu’ils ne croient même plus dans les doctrines du mouvement - et deviennent immédiatement ’’inactifs’’.

Et remarquez que si la Watch Tower éprouve le besoin de donner ce genre de rappel, c’est bien la preuve que la situation de l’exclu ne serait pas nécessairement catastrophique puisque certains fidèles pourraient décider de ne pas couper les liens avec lui. Autrement dit, dans la plupart des cas, à qui revient l’entière responsabilité de cette situation douloureuse ? Au mouvement lui-même qui l’ordonne expressément ! Et notez que ces consignes occasionnent une souffrance aux adeptes également, y compris à des enfants en bas âge qui n’ont pas demandé à renoncer à la compagnie de leur parent exclu, comme le prouvent les tristes exemples tirés des Tour de Garde ci-dessus.

Dès lors, la jolie formule « c’est facile de sortir de chez nous » sonne vraiment creux, puisque les publications elles-mêmes admettent qu’il faut que l’exclusion génère des souffrances… Quelle comportement ignoble de la part d’une organisation qui se dit « chrétienne » !

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Utiliser un bol de riz comme appât pour récupérer un disciple ? Non, la WT ne s’abaisserait jamais à cela ! Elle, c’est plutôt les sentiments naturels dans une famille qu’elle exploite…

Notons au passage qu’il est plutôt curieux de faire revenir les gens en jouant sur les liens affectifs. Car si les ’’brebis égarées’’ regagnent le troupeau après avoir bien souffert de solitude, ne le font-elles pas uniquement parce qu’elles sont privées de relations normales avec leurs proches ? [27] C’est en tout cas cet aspect-là qui est mis en avant les publications jéhovistes comme moyen pour récupérer l’exclu. La « vérité » proposée par la secte est-elle si peu attrayante et convaincante qu’elle en soit réduite à se servir d’« esches » vivantes pour hameçonner les récalcitrants ? N’est-ce pas le signe qu’elle se moque royalement des mobiles avec lesquels les personnes la rejoignent, que c’est finalement le chiffre qui l’intéresse ? C’est en tout cas un comportement à la fois bien cruel et charnel !

Et pourtant, elle sait très bien condamner les religions de la chrétienté lorsque celles-ci attirent les adeptes potentiels avec des rations de nourriture. Y a-t-il une vraie différence entre remplir un ventre affamé et combler un désir d’affection, puisque les deux relèvent des besoins fondamentaux de l’être humain ? Je dirais même que jouer sur la fibre affective est encore plus fourbe (car ce n’est pas matériel et donc moins visible), d’autant que la Watch Tower se défend d’agir de la sorte… Voyez cet extrait plutôt explicite :

* La Tour de Garde du 1er janvier 2002, page 12 :

« Les conversions sont-elles forcées aujourd’hui ? Certaines le sont en un sens. Des missionnaires de la chrétienté auraient proposé des études à l’étranger à des convertis potentiels, ou auraient demandé à des réfugiés affamés d’écouter un sermon en échange d’une ration de nourriture. D’après une déclaration de 1992 par une convention de primats orthodoxes, ’’le prosélytisme s’effectue parfois au moyen d’appâts matériels et parfois au moyen de diverses formes de violence.’’ Il n’est pas bien de contraindre les gens à changer de religion. Les Témoins de Jéhovah n’agissent pas du tout de cette manière. »

Comme bien souvent, la position de la Watch Tower est plutôt inconfortable : elle donne des consignes bien précises (’’exploitez donc les relations humaines pour ramener le rebelle’’), tout en reniant l’esprit qui les motivent suivant le contexte (’’agir de cette manière ? ah non, alors là, ce n’est pas du tout notre genre…’’).

5/ … ce qui poussent les futurs exclus à prendre des mesures préventives

D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup des Témoins de Jéhovah aujourd’hui exclus et qui se sont dit un beau matin : « Tiens, et si aujourd’hui je quittais la Watch Tower », avec la même décontraction que s’ils décidaient de se désinscrire de leur club de sport ? Avez-vous vu ou entendu des Témoins de Jéhovah faire spontanément le choix de l’exclusion, compte tenu des conséquences dramatiques qui accompagnent cette décision ?

En fait, il est fort peu probable que le choix se fasse de façon immédiate. Bien souvent, celui qui souhaite quitter les Témoins de Jéhovah se verra forcer de différer son départ et profitera de ce laps de temps pour ’’assurer ses arrières’’ afin de ne pas se retrouver seul au monde après sa sortie. C’est ainsi que secrètement, il tâchera de se créer un nouveau réseau social (par exemple en fréquentant plus étroitement ses voisins ou ses collègues de travail, en s’inscrivant dans des associations, etc), tout en cachant ce qu’il pense vraiment à ses coreligionnaires tant qu’il n’est pas prêt, même si ce rôle aura tendance à devenir de plus en plus intenable au fil du temps. D’autres cherchent à éviter toute exclusion et ont recours à la tactique du déménagement loin de leur congrégation - voire carrément l’expatriation - ou de la maladie longue durée, afin de se faire oublier des autorités jéhovistes tout en conservant des liens avec leurs proches… [28]

Dans mon propre cas, j’ai dû continuer d’assister au réunions pendant près d’un an et demi alors que je n’avais plus aucune confiance dans la Watch Tower et donc plus la moindre envie de rester Témoin de Jéhovah, mais je me suis accordé ce temps précisément parce que je ne savais pas comment faire pour m’extirper de cette situation sans qu’il y ait trop de ’’casse’’ au niveau de ma famille et de mes amis.

Quoique que soit le cas de figure, la sortie ne sera jamais spontanée, et impliquera une grande préparation étalée sur des mois, voire des années, ce qui est bien la preuve que quitter le mouvement est loin d’être une sinécure.

Bref, si nous résumons tout ce que nous venons de considérer, tant les pas menant à la sortie que les conséquences de celle-ci sont rendus pénibles. Par ses méthodes d’endoctrinement, le mouvement fait tout pour entraver la réflexion de ses adeptes afin qu’ils ne se rendent pas pleinement compte de ce qu’ils vivent et les pousser à agir d’une façon qui les désavantagera en cas de sortie ; au fil du temps, cela se transforme en dépendance à tel point que le fidèle n’a probablement même plus envie d’en partir, même s’il est désabusé. Et s’il effectue quand même son départ, il rencontre des difficultés toutes spécialement voulues par le mouvement afin de le faire souffrir…

En fait, pour résumer, l’argument « c’est facile d’en sortir », en réponse à ceux qui affirment que « c’est difficile d’en sortir », a tendance à opérer un glissement à partir des méthodes sectaires du mouvement et des conséquences désastreuses de l’exclusion (qui constituent les vrais reproches), vers la démarche elle-même (qui n’est pas critiquable). Et pourquoi cela ? Parce que ça permet de détourner l’attention de la vraie controverse et de se focaliser sur une objection facile à démonter : c’est ce qui s’appelle en rhétorique la technique de l’« homme de paille » ou « épouvantail ». Bien entendu, cette technique malhonnête peut être le résultat d’un manque de réflexion sur le sujet, auquel cas on est tout à fait excusable ; ça l’est beaucoup moins si c’est fait intentionnellement… En disant cela, je ne visais pas les propos de M.Dericquebourg, qui ne les a pas forcément prononcés dans cette optique-là car il souhaitait manifestement tordre le cou à une idée toute faite sur le sujet (le vrai problème dans ce cas est la façon dont la « secte » est perçue dans l’imaginaire collectif et les stéréotypes que cette représentation faussée engendre, i.e. ici « on y est retenu de force, parfois par séquestration physique »). [29] En revanche, il est bien évident que quand ce sont des représentants Témoins de Jéhovah qui s’expriment ainsi en réponse à des exclus qui se sont plaints, ils ont parfaitement compris à quoi ces derniers faisaient allusion…

Mais après tout, n’est-ce pas le droit le plus absolu de chaque société d’exclure de ses rangs ceux qui ont transgressé ses règles ? C’est l’argument qui sera examiné dans l’article suivant de cette série.

Lien vers ’’L’exclusion : mythes et réalité - Partie VI’’


Notes:

[1] Crise de conscience, Raymond Franz, Commentary Press, pages 328-29

[2] ’’SECTES - L’interview de Régis Dericquebourg par le CICNS’’, sur Youtube, à peu près à 3:45

[3] ’’Courrier à France 2 et Jean-Luc Delarue’’, sur le site du CICNS : « Un couple a passé 20 ans aux Témoins de Jéhovah. (…) Mari et femme sont tous deux sortis des TJ de façon étonnamment simple, en écrivant une simple lettre. »

[4] ’’Le Turn-Over chez les Témoins de Jéhovah - Mise à jour 2008’’, par Popper, sur TJ-Revelation

[5] À titre de comparaison, relatons ce cas, apparemment moins grave, d’anciens scientologues ayant déposé une plainte parce qu’ils avaient reçu des courriers de l’organisation, et cela alors qu’ils avaient expressément demandé à ne plus en recevoir. L’affaire qui aurait pu se résumer « à un simple envoi accidentel de courrier » comme l’ont prétendu les représentants scientologues, a quand même conduit l’organisation devant les tribunaux. Finalement, en 2002, la branche parisienne de l’Église de Scientologie a été condamnée à 8 000 € d’amende pour le fichage informatique d’anciens adeptes entre 1998 et 2000 et pour entrave à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)… Voir la liste d’articles de presse de mai 2002 sur Prevensectes

[6] Cela n’est toutefois pas systématique. Au vu de certains cas récents, il semblerait que cette procédure ne s’applique pas à présent dans les cas où la personne ne participe déjà plus aux activités religieuses de son mouvement. Sans doute y a-t-il une volonté de la part du mouvement de ne pas afficher une trop grande perte d’adeptes…

[7] Formulaires S-206-F 10/94 que les anciens doivent remplir sur les exclus, ’’Fichage des adhérents à l’organisation de Témoins de Jéhovah (avec scans de formulaires)’’, sur le site de Patrice Lion

[8] Bonneville, Sylvie, « Demanderesse » c. Congrégation des Témoins de Jéhovah Valleyfield-Bellerive, « Intimée » -et- Procureur Général du Québec « Mis-en-cause », au format pdf

[9] Paru en 1996 aux éditions Novalis

[10] Rapport parlementaire de 2006, consacré à à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, page 47, et dans lequel les Témoins de Jéhovah sont fréquemment cités

[11] The Third Reich : Politics and Propaganda, David Welch, 1993, Routledge, ISBN 0-203-93014-2, page 4

[12] Certes, les Témoins de Jéhovah de l’époque ont offert un cas de résistance au nazisme, mais il ne s’agissait pas d’une résistance reposant sur une réflexion personnelle, mais d’une allégeance à un autre système totalitaire qui s’opposait à tout ce qui était extérieur à lui-même. Car si le mouvement jéhoviste avait tenu le discours inverse, prônant le nazisme à tout crin, il est fort à parier que la majorité des fidèles, ceux-là mêmes qui sont passés par les camps de concentration, auraient suivi leur hiérarchie religieuse. Bien sûr, cela n’enlève rien au courage dont les fidèles ont fait preuve lors de cette sombre période de l’Histoire.

[13] Repris dans le Quid, édition de 2000, page 552

[14] La répétition a souvent une force insoupçonnée pour ce qui est d’enraciner des idées dans l’esprit des gens et de faire en sorte qu’il les tiennent pour vraies, quand bien même il n’y a aucune démonstration à l’appui. Par exemple, si demain, tout le monde autour de moi (ma famille, les gens que je côtoie, la télévision, la presse…) répète sans relâche que « les bananes sont bleues », présentent cela sans le moindre doute et sur une période de temps très longue, il est probable que j’en vienne tôt ou tard à me poser la question de savoir si ce n’est pas moi qui aie tort, et que je finisse même par accepter cette idée ! Seul un robot pourrait être imperméable à un ’’bourrage de crâne’’ perpétuel. En fait, une « vérité » a tendance à se construire à partir d’une croyance acceptée par la majorité, ou par une minorité mais qui l’impose (et devient ainsi majoritaire), et non sur la base de son exactitude effective. Un bon exemple est donné dans le livre de George Orwell 1984, dans lequel Winston réécrit en permanence l’histoire du parti, et cela devient la « vérité », dans un sens dévoyé, bien sûr.

[15] Il ne s’agit pas ici de se livrer à une étude détaillée et complète de tous les mécanismes psychologiques entrant en ligne de compte dans ce genre de cas. L’aspect considéré ci-après, à savoir la découverte progressive des illusions entretenues par le mouvement, est simplement examiné à titre d’exemple et ne prétend pas résumer, à lui seul, l’ensemble des difficultés psychologiques rencontrées par le Témoin de Jéhovah.

[16] ’’Réflexions sur les expériences de sortie de secte’’, paru dans la revue BULLES du 4e trimestre 1994

[17] Par exemple, le sociologue Frédéric Lenoir déclare sur son propre site : « On ne « tombe » pas dans une secte, on y adhère. Les « victimes », comme celles de l’alcool, de la drogue ou du tabac, sont, dans les faits, consentantes. C’est le drame de toute dépendance. »

[18] Bien sûr, l’adepte qui n’a même pas pris conscience de son asservissement aura tendance à nier toute addiction, et seuls ceux qui sont déjà dans la démarche d’atteindre un sevrage ou l’ont déjà franchi peuvent vraiment mesurer l’ampleur du problème.

[19] Je pense que ce cas de figure est plus fréquent que celui consistant à ne même pas prendre conscience du côté aliénant du mouvement. En effet, il n’est généralement pas possible de rester un authentique Témoin de Jéhovah sur la longue durée, car la réalité aura tendance à mettre à plat les prétentions du mouvement. Seule la rapidité dans cette prise conscience variera suivant les individus.

[20] Bien sûr, il ne s’agit que de la théorie telle qu’elle est exprimée dans les publications du mouvement, car dans les faits, certains adeptes ont d’autres priorités que leur religion, même s’ils n’iront pas l’avouer ouvertement à leurs coreligionnaires…

[21] Absence d’organisation sociale résultant de la disparition des normes communément acceptées

[22] Vivre son enfance au sein d’une secte religieuse. Comprendre pour mieux intervenir, Lorraine Derocher, Presses de l’Université du Québec, 2007, ISBN 978-2-7605-1527-7, pages 90 et 91

[23] Alors ça, je me demande bien où je suis allé pêcher une telle idée…

[24] En réalité, on ne ressent pas un « profond désir de se repentir », mais un immense besoin de compagnie et d’affection, qui se traduit par une volonté de réintégrer la secte. On pourrait croire que Margaret a fait un lapsus révélateur…

[25] Le lecteur appréciera cette remarque pleine de bonté et de condescendance vis-à-vis de l’exclu…

[26] Cette façon de présenter les choses est extrêmement orientée : d’une part, l’exclu n’a peut-être absolument rien à se reprocher, sinon d’avoir eu le malheur de critiquer quelque chose qui n’allait pas au sein de la secte, ou de s’être comporté d’une certaine manière que sa conscience lui permettait (célébrer une fête, accepter une transfusion…), mais qui était strictement condamné à ce moment-là par la secte ; d’autre part, ’’Jéhovah’’ est ici synonyme de ’’Société Watch Tower’’, comme bien souvent dans la prose jéhoviste…

[27] Rappelez-vous les propos de Margaret un peu plus haut, avec la note qui l’accompagne.

[28] Dans son livre À la recherche de la liberté chrétienne, Raymond Franz rapporte le cas de fidèles qui avaient souhaité partir « sur la pointe des pieds », c’est-à-dire en se faisant « oublier », justement grâce à des déménagements. Or, il explique que les responsables jéhovistes ont tout fait pour retrouver ces gens et les sanctionner, et alors que ceux-ci avaient même changé d’État entre temps !

[29] M.Dericquebourg aurait quand même pu préciser que, si la sortie est effectivement possible, elle ne se fait pas sans heurts, et que les ex-membres rencontrent des problèmes, que ce soit avant comme après…

28 commentaires
  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 1er juillet 2010 18:14, par Le fou

    Un énième article qui vise à diaboliser la disposition que constitue l’excommunication. Vous semblez à l’évidence omettre de préciser à vos lecteurs qu’elle n’est pas extrabiblique et qu’on y avait recours aux temps apostoliques même si cela signifiait priver l’ex-fidèle de certaines relations dites « normales » avec ses anciens coreligionnaires. Cette mise à l’écart, nous l’admettons, peut constituer une expérience douloureuse.

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 1er juillet 2010 19:52, par liberty84

    Bonjour Le Fou,

    Un énième message de votre part qui vise à discréditer un autre article de ce site.

    Deux petites remarques :

    1/ vous faites du hors sujet, car l’article aborde uniquement la difficulté de l’exclusion, et non de savoir si celle-ci a une base biblique, et dans le cas d’une réponse positive, si les TJ font une application correcte des versets qui l’abordent ;

    2/ j’ai pris la peine de préciser dans l’article 2 de cette série au sujet de la question du baptême qui s’y rapporte : « Les versets évoquent bien l’idée d’une réduction de liens avec un pécheur, mais ce qui échappe totalement au futur baptisé (et à beaucoup de Témoins de Jéhovah même après 30 ans de baptême), c’est que la Watch Tower les accommode ensuite à sa sauce en leur donnant le sens qui l’arrange. » Et la phrase était précédée d’une comparaison entre les versets bibliques et la pratique jéhoviste. D’autre part, cette discussion a déjà été abordée dans les réponses fournies aux commentaires d’Arlequin sur la page ’’Discussion sur l’excommunication’’.

    Vous m’excuserez de ne pas détailler davantage ce point, mais je ne vois pas l’intérêt de le faire avec quelqu’un qui, en réalité, se moque royalement des réponses qu’on peut lui fournir. Même la meilleure des argumentations - qui réclame du temps - ne vous convaincra pas car vous n’entendez que ce qui vous plaît. La façon dont vous avez commenté les articles sur le Nom divin dans le Nouveau Testament ont clairement montré que vous ne cherchez qu’à soutenir les doctrines jéhovistes, peu importe si celles-ci tiennent la route ou pas.

    Et cela dit en passant, je trouve d’ailleurs comique que vous vous référiez soudainement à la Bible alors que précisément vous la reniez lorsqu’il s’agit du Nom divin dans le NT…

    Cordialement, Liberty.

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 2 juillet 2010 13:58, par Le fou

    Eh oui ! encore une parade pour éviter de répondre précisément et ouvertement à ma question. Vous vous nourrissez d’illusions quant à mon rapport avec le livre saint.

    Répondre

    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 2 juillet 2010 14:41, par liberty84

      Vous nous donnez une illustration parfaite de l’expression « c’est l’hôpital qui se moque de la charité »… On croirait rêver !

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 2 juillet 2010 15:03, par charles

      Pas vu la question, pour ma part ?

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      • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 2 juillet 2010 16:52, par Winston Wesson

        Le fou doit sans doute être la seule personne au monde à voir une question dans ses affirmations : d’où son pseudo, peut-être ?

        Plus sérieusement, on se demande si vous lisez les articles que vous prétendez commenter. Il n’est jamais question dans cet article d’aborder l’aspect biblique de la question, mais simplement du fait que les Témoins de Jéhovah trompent volontairement leur monde lorsqu’ils prétendent qu’il est « facile de sortir de leur organisation », alors qu’ils ont mis en place un système de punition contre quiconque s’y essaierait, dont ils reconnaissent qu’un des buts est de faire souffrir suffisamment celui qui en est l’objet pour tenter de « forcer » son retour au sein du groupe.

        Pour ce qui est de la base biblique, vous m’excuserez le fou, mais si les TdJ sont obligés d’écrire de longues consignes pour en expliquer la procédure, c’est bien que cette procédure n’est jamais clairement définie dans la Bible.

        Je vous mets au défi (que vous relèverez, bien sûr, puisque vous n’évitez jamais les questions qui vous sont posées, vous…) de nous trouver UN SEUL verset du NT (ou même de l’AT, dans le cadre de l’ancien Israël) où il est question pour le peuple de suivre un jugement prononcé à huis-clos par trois ou quatre hommes, sans que vous n’ayez jamais RIEN su des vrais mobiles du procès, ni des conditions dans lesquels il s’est déroulé.

        Pour tout dire, si un gouvernement se permettait de juger ainsi à huis-clos l’organisation des TdJ, sans jamais motiver publiquement ses accusations, et sans autoriser les TdJ à présenter publiquement leur défense, vous HURLERIEZ au scandale. Ainsi, vous ne toléreriez pas qu’un gouvernement se permette vis-à-vis de vous ce que vous vous permettez sans aucune gêne vis-à-vis de vos dissidents : s’autoriser an toute bonne conscience ce qu’on ne tolère pas des autres, pensez-vous que ce soit là la définition du christianisme authentique. C’est ainsi que celui qui a énoncé la règle d’or vous demande d’agir ?

        Vous déportez le débat exactement de la façon dont cet article le dénonce : vous parlez d’un PRINCIPE d’exclusion de l’Église, qui est bien présent dans les textes, et vous en faites une validation de vos PROCÉDURES d’exclusion, comme si celui-là validait en quoi que ce soit celles-ci.

        Mais puisque vous souhaitez parler de procédure, pour mémoire, je rappelle ce que la WT écrit ELLE-MÊME au sujet de la justice rendu à huis-clos, justement en se basant sur l’exemple de l’AT :

        « Étant donné que le tribunal local siégeait aux portes de la ville, on ne pouvait pas contester le fait que le jugement était public (Deut. 16:18-20) ! Sans aucun doute, les procès en public influençaient les juges dans le sens de la prudence et de la justice, qualités qui ont tendance à disparaître au cours des audiences à huis clos. »

        Belle leçon d’honnêteté intellectuelle de la part de la WT, qui écrire aussi benoitement que la justice doit être rendue publiquement, mais qui fait fonctionner ses propres comités judiciaires exactement de la façon dont elle dit elle-même qu’elle à tendance faire disparaitre la prudence et la justice, c’est-à-dire à huis-clos.

        Je vous ai donné (fourni par la WT elle-même, merci) mon premier verset pour démontrer que la procédure mis en place par la WT n’a rien de biblique et va même à l’encontre de ce qui ressort des textes quant à la bonne façon de rendre la justice. J’en ai d’autres sous le coude. Mon défi, pour vous, consiste à trouver UN verset qui autorise l’Église à rendre un jugement en huis-clos et d’exiger que tous les fidèles se plient à ce jugement et l’appliquent sans poser de question.

        Et merci de ne pas répondre avec des versets qui parlent du PRINCIPE de l’exclusion, personne ne le nie, et si vous aviez suivi le lien donné par Liberty dans sa réponse, vous auriez vu qu’il n’a absolument pas évité le sujet. Le principe d’exclusion d’un membre par une groupe n’a même pas besoin d’être « biblique », il est tout à fait naturel, et appliqué partout.

        Mais on peut très bien imaginer qu’il y avait bien des versets très précis qui disaient que c’était comme fait la WT qu’il faut faire, avec des jugements à huis-clos, et des décisions disciplinaires dont personne ne sait vraiment ce qui les a motivées, avec des chrétiens qui refusent la politesse la plus élémentaires à des personnes dont ils ne savent même pas à titre personnel ce qu’ils auraient à leur reprocher. Oui, ces versets existaient bien dans la Bible, et les TdJ ont bien raison, mais les méchants scribes apostats les ont tous effacés. Comme je l’ai souligné, ce qui est pratique avec ce magnifique argument (qui est le votre dans un autre dossier), c’est qu’on peut TOUT justifier avec !

        Pour l’occasion, je vous demanderais de vous en tenir au versets qui sont VRAIMENT dans la Bible, et de ne pas citer ceux que vous voudriez y trouver.

        Mais pour l’heure, je ne crois pas me souvenir que vous ayez été capable de citer une seule fois la Bible dans vos diatribes, à l’appui de vos affirmations. Peut-être faut-il y voir là la clé de tout le problème.

        Au plaisir de vous lire, Winston.

        Répondre

  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 2 juillet 2010 17:40, par Le fou

    Ma question, Messieurs les polémiqueurs, est à peine perceptible. Et il faut un sens aigu de l’observation pour la déceler. Mais bref. En fait, monsieur Winston vous racontez n’importe quoi ! Vous dites tout et son contraire à la fois ! Vous dites que l’excommunication tel que pratiquée par les tj est une violation des droits de la personne et quelques lignes après vous clamez l’excommunication, le rejet de la personne c’est une bonne chose. Comment peut-on avoir un raisonnement aussi ubuesque ?

    Répondre

    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 3 juillet 2010 11:46, par Winston Wesson

      Bonjour Le fou,

      Vous n’avez manifestement pas compris, ou pas voulu comprendre, pour des raisons qui vous sont propres, la distinction pourtant claire qui était établie entre le principe de l’exclusion, qui n’est pas contesté, et la procédure par laquelle elle est appliquée. Je pense, pour ma part, que l’immense majorité de nos lecteurs auront la capacité, en ce qui les concerne, de saisir ce distinguo essentiel à la bonne compréhension de la question : je les laisse juges.

      Répondre

  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 3 juillet 2010 14:30, par seb

    Bonjour le fou,

    J’ai moi-même subit l’exclusion, et à cause d’elle notre famille a été brisée. Je n’ai plus de contacts avec mon frère jumeau à cause de cette pratique. De plus, mon exclusion n’a pas été fondée sur des raisons bibliques, mais plutôt parce que mon attitude avec ma copine d’alors gênait certains et que mon père a été voir les anciens pour me dénoncer. Ce que j’ai fait pourtant n’avait pourtant rien de condamné par la Bible (nous n’avions pas couché ensemble). C’est juste l’appréciation de certains qui a pesé dans la balance, et ma résignation devant le jugement d’exclusion.

    Pour bien clarifier les choses, on peut dire aussi que la guerre sainte est une pratique promue par la Bible. Les TJ vont-ils donc se mettre bientôt à prendre les armes et tuer ceux qui ne servent pas Jéhovah, comme l’avait fait Josué en son temps ? La lapidation est aussi promue par la Bible. Les TJ vont-ils bientôt remettre cette pratique au goût du jour partout dans le monde ?

    En fait, chacun prend dans la Bible ce qui l’arrange et laisse ce qui l’arrange pas. Les TJ ne pratiquaient pas l’exclusion dans les années 50, et trouvaient même cette pratique honteuse. La Bible en parlait pourtant autant que maintenant. C’est juste qu’ils n’en avaient pas besoin à ce moment-là.

    Les besoins ayant évolués, la Watchtower utilise maintenant cette pratique, mais qui sait si demain elle ne reviendra pas en arrière, ou au contraire poussera plus avant l’intolérance en incitant à prendre les armes et en déclarant la guerre sainte pour sanctifier le nom de Jéhovah ?

    Une chose est sûre en tout cas : elle mettra toujours en avant les passages bibliques qui l’arrangent, et passera sous silence ceux qui lui déplaisent, selon les besoins du moment…

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 3 juillet 2010 14:58, par Le fou

    Personne n’a jamais contesté que l’excommunication soit une expérience douloureuse. Pas besoin de le crier sur tous les toits. Quand l’autre soutient qu’il est « facile de quitter les Tj » il met, à mon avis, l’accent sur la séparation géographique dans le sens où personne ne vous en voudra à mort. On ne vous obligera pas à rester tj quoique les liens sociaux tissés puissent rendre amère votre départ. En outre, avoir des parents exclus ou non-tj ne nous autorise pas à les mettre en quarantaine. Les liens biologiques sont inaltérables quoi qu’on dise. Enfin si le livre saint mentionne le principe de l’excommunication sans s’étendre sur la procédure de manière détaillée, cela laisse, à mon sens une certaine latitude quant à son application. Le Christ, par exemple, ordonne aux chrétiens de prêcher. Pourtant cette œuvre d’évangélisation peut s’effectuer de diverses manières, par internet, radio,tv etc pas seulement de porte en porte. De toute façon, si chacun dans la congrégation s’arrogeait le droit d’exclure qui il veut comme vous semblez le soutenir au lieu de s’en référer à ceux qui sont à la tête, il régnerait une anarchie à la Winston…

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 4 juillet 2010 14:45, par liberty84

      Bonjour Le Fou,

      Justement si, certains « contestent que l’excommunication soit une expérience douloureuse ». Je sais très bien par expérience que la « sortie facile » fait partie des mythes largement entretenus tant auprès des adeptes TJ (tant qu’ils n’en ont pas fait l’expérience) que de l’extérieur. Si l’autre comme vous dites, faisait référence à la séparation géographique, pourquoi ne l’a-t-il pas dit pas explicitement pour dissiper toute ambiguïté ? Il aurait pu dire en effet : « Vous avez la possibilité de partir de chez nous d’un point de vue physique, mais bien sûr vous perdrez tous vos amis qui ne vous adresseront plus un simple bonjour, votre famille se détournera de vous, votre réputation sera salie à jamais, etc… » S’il ne s’est pas exprimé pas de la sorte, c’est parce qu’il souhaitait volontairement entretenir la confusion dans le but que cela donne une meilleure image publique du mouvement. D’où un besoin de rétablir les faits, comme ce site s’efforce de le faire.

      Êtes-vous sûr que « personne ne vous en voudra à mort » si vous partez ? L’expression « en vouloir à mort » signifie « poursuivre quelqu’un de sa haine » qui, au pire, peut se traduire par le fait de vouloir sa mort. Or, quand vous êtes exclu, on vous considère comme quelqu’un qui est fondamentalement mauvais à tel point qu’on estime que vous allez mourir à Har-Maguédôn. N’est-ce pas précisément une promesse de mort dont seule l’exécution est différée ? Et d’ailleurs, vous-même, n’avez-vous pas fait allusion à une mort éternelle (dépeinte ironiquement sous les traits de l’enfer) qui attendrait l’un des « renégats » de ce site ?

      Vous dites aussi que le fait d’avoir « des parents exclus ou non-tj ne nous autorise pas à les mettre en quarantaine. Les liens biologiques sont inaltérables quoi qu’on dise. » Pas de chance, c’est votre point de vue personnel -et je vous en félicite, cela prouve que vous avez des sentiments familiaux plus forts que les règles de l’organisation-, seulement voilà, il se trouve que les passages des publications jéhovistes mentionnées dans cet article contredisent sur toute la ligne votre assertion. Le mouvement réclame bien une rupture à tel point, comme je l’ai dit, que cela fait souffrir toutes les personnes concernées, et certains exclus qui n’ont plus de contacts avec leur famille TJ pourraient vous prouver le contraire de vos prétentions. J’aime beaucoup votre emploi de l’expression « quoi qu’on dise » qui semble admettre implicitement que ces consignes se trouvent bien dans les publications du mouvement et qu’heureusement dans les faits, elles ne seraient pas respectées…

      Dans la dernière partie de votre message, vous admettez que la mesure d’exclusion n’est pas clairement codifiée dans la Bible et de ce fait laisse une grande marge de manœuvre. D’ailleurs vous établissez une comparaison avec la prédication (ce que j’avais fait moi-même précédemment), et je suis bien d’accord avec vous sur ces points. Le gros problème, c’est qu’ils ne reflètent ABSOLUMENT PAS les consignes jéhovistes sur cette question.

      Pour ce qui est de la prédication, le mouvement a toujours privilégié UNE méthode en particulier, à savoir le porte à porte, et Raymond Franz, explique dans son livre ’’A la recherche de la liberté chrétienne’’ que des TJ en Chine avaient préféré être envoyés en prison plutôt que de renoncer au porte à porte, alors qu’ils auraient très bien pu propager leur foi autrement, et cela parce que l’organisation montrait que c’était la bonne méhode pour s’identifier à la vraie religion (« La Tour de Garde » du 1er juillet 1955 page 409 : « La personne vouée doit être un témoin de maison en maison comme l’était le Christ »).

      Bref, votre commentaire n’est pas du tout représentatif du point de vue de la Société Watch Tower, et vous exprimez un avis que vous ne pourriez pas tenir dans une Salle du Royaume.

      Et votre argumentation se termine de façon assez étonnante, puisque vous contredisez ce que vous venez de dire : vous reconnaissez que la procédure d’exclusion n’est pas clairement définie et que cela offre une certaine liberté d’interprétation pour ensuite en tirer comme conclusion qu’il faut bien se soumettre à une procédure clairement définie par la hiérarchie (et donc qui ne figure pas dans la Bible), c’est-à-dire exactement le contraire ! Comment les fidèles peuvent-ils « s’arroger un droit » (= « se l’attribuer illégitimement ») alors que précisément le livre saint leur offre une « certaine latitude quant à l’application » ?

      En détaillant chaque modalité de l’exclusion (liste des motifs, procès à huis-clos, décision collégiale de trois anciens, raison inconnue des fidèles, application obligatoire, etc.), le mouvement réduit à néant la latitude dans l’application du principe auprès des fidèles, alors que la Bible la leur accorde. En gros cela signifie que ceux-ci ne suivent pas la Bible qui donne un minimum de consignes sur le sujet précisément pour laisser leur conscience s’exprimer, mais ils s’en remettent aveuglément à un Collège Central qui ne respecte pas le principe énoncé en Actes 15:28 (« ne pas vous ajouter d’autre fardeau, si ce n’est ces choses-ci qui sont nécessaires ») et 1 Corinthiens 4:7 (« n’allez pas au-delà de ce qui est écrit »). N’est-ce pas plutôt lui qui « s’arroge un droit » qui ne lui appartient pas ? Et d’ailleurs, n’était-ce pas le comportement spécifique des Pharisiens de tout régenter, ce qui a été condamné par Jésus ?

      En fait, comme le dit Seb dans son message précédent, si la Watch Tower a modifié sa mesure d’exclusion au fil du temps (mesure qu’elle considérait comme païenne a une époque), c’est précisément dans un but stratégique et que les versets bibliques sont davantage un prétexte qu’autre chose…

      Cordialement, Liberty.

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 4 juillet 2010 07:55, par cros

    l excomunication ,ou exclusion est condamnée par la bible car cela est du fanatisme,,,éclésiaste 7 verset 16 et 17,,,,la parole de dieu nous incite a l amour,non a la haine,alors que les dirigeants propagent la haine dans les familles et menent les exclus vers l impensable………..a lire I corinthiens tout le chapitre 13,,,,ce chapitre esr étouffé par celui qu ils mettent a la place 1 corinthiens 5 verset 9 a 13,,,pourquoi les temoins preférent prendre un chapitre et des versets qui appelent plutot a renier son prochain qu a l aimer,,,,,c est parcequ ils ne sont pas les vrais chrétiens pleins d amour que demandent dieu et son fils,,,se sont des apostats ;; ;

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 4 juillet 2010 21:18, par Le fou

    Je persiste à croire que tous les tj sans exception considèrent l’excommunication comme une expérience douleureuse et pour la congrégation et pour le transgresseur. Il leur suffit tout simplement de s’imaginer eux-mêmes dans cette situation. Il ne s’agit pas là de quelque chose de très difficile d’autant plus qu’ils savent pertinemment tout ce que recouvre cette mesure. Et d’ailleurs un simple étudiant à qui l’on a bien expliqué cela devrait être capable de compatir. L’autre, en la circonstance, n’avait pas la langue de bois. Il n’avait vraiment pas besoin d’être plus explicite. Qui parmi ses auditeurs ne savait point (et surtout avec la médiatisation des ex-tj) ignorait les conséquences de cette rupture d’avec le mouvement jéhoviste. En ce qui concerne mes propos ironiques, rassurez vous, je ne le pensais pas réellement. Et sachez qu’aucun tj ne va jusquà haïr un exclu. Il se dit simplement que son sort est entre les mains du Dieu de justice. Et d’ailleurs pourquoi le haïrait il d’autant plus que ce dernier peut revenir à de meilleurs sentiments et que même le tj pourrait un jour se retrouver dans la même situation. Dans le livre saint je crois quil est dit de « haïr jusqu’au vêtement intérieur tâché par la chair » la mauvaise conduite PAS la personne. Il est bien de le répéter. L’excommunication ne rompt pas les liens familiaux. Il y a parmi les tj des pères, des mères, des fils ou des oncles excommuniés. Les liens familiaux demeurent, même s’ils sont réduits dans le cas de parents éloignés. RÉDUITS ET NON ROMPUS. Enfin, je crois savoir quil y avait au 1er siècle un groupe de chrétiens qui régentait les affaires des congrégation par le truchement des aînés. Je ne pense que les tj dérogent à ce principe. Il faut des personnes à la tête pour diriger, enseigner et donner des directives touchant à l’excommunication. Quant à savoir s’ils se comportent en pharisiens, point de vue nullement partagé par moi, d’autant plus que les ordres sont assez formels « ôtez le méchant du milieu de vous »« un peu de levain fait fermenter toute la masse » ou encore « cessez de le fréquenter »etc ceux qui ont un peu de recul apprécieront.

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 5 juillet 2010 01:31, par liberty84

      Bonjour Le Fou,

      Non, je ne suis pas du tout convaincu par le fait que tous les TJ ont conscience de la difficulté de l’exclusion. Je le sais en me basant sur ma propre expérience, celle de ma famille, et de tous les TJ que j’ai fréquentés. Lorsque quelqu’un était exclu, on ne s’intéressait pas du tout à ce que celui-ci pouvait éventuellement ressentir, mais on se focalisait sur NOTRE peine, celle qu’il nous avait infligée -pensait-on- mais jamais à celle que NOUS, nous lui faisions subir. En réalité, pour dire les choses de façon crue, on se tapait royalement de ce que l’exclu pouvait ressentir car c’était le coupable dans tous les cas. On avait tellement une vision déformée de ce qu’étaient les exclus qu’on les voyait systématiquement en train de mener la « grande vie » (comme je l’expliquais dans l’article précédent), entourés de nouveaux amis peu recommandables. Et lorsqu’on était un fidèle TJ, on ne s’imaginait même pas soi-même dans cette situation comme vous le dites, car un exclu était un pervers, un apostat ou quelque chose dans ce genre, donc on croyait vraiment que cela ne nous concernerait jamais. Pour ma part, ce n’est que MAINTENANT que moi-même je suis touché par cette mesure d’exclusion, parce j’ai commis le crime de dire aux anciens qu’il y avait des doctrines qui n’avaient pas de fondement, que je suis en mesure de saisir toute la souffrance qu’on peut occasionner à un exclu. D’autant qu’on s’imaginait également que c’était lui qui n’avait plus envie de nous voir, que c’est lui qui désirait couper les ponts avec nous, alors que c’était exactement le contraire.

      Quand vous dites que les liens sont réduits et non supprimés, je conçois que cela puisse se passer dans « certaines » familles TJ. Mais la politique officielle du mouvement est très claire sur ce point, et là je ne peux guère faire mieux que de renvoyer les lecteurs aux passages de publications citées dans les articles. Et je le répète, certains ex-TJ peuvent témoigner qu’ils n’ont plus revu les membres de leur famille TJ qui ont cessé de les fréquenter. Dans ma propre famille, on n’a même pas assisté au mariage d’un parent proche exclu, et cela sur les bons conseils des anciens (qui nous avaient aussi dit qu’en cas de funérailles nous ne devrions pas non plus y assister ; or, y avait-il des circonstances plus importantes que le mariage et l’enterrement ?).

      « L’excommunication ne rompt pas les liens familiaux », dites-vous. Or, La Tour de Garde de 1988 donnait clairement comme consignes qu’il « sera peut-être possible de n’avoir ’’’presque aucun contact avec lui’’’ [un exclu qui ne vit plus sous le toit familial, ce qui peut être le cas de parents, d’enfants, ou de frères et sœurs). Même si des questions familiales rendent nécessaires des contacts, ceux-ci devraient certainement être réduits au minimum. » Vous trouvez que les liens familiaux sont préservés avec une telle description ? Vous croyez que le parent exclu qui voit les membres de sa famille TJ uniquement pour des questions très importantes, (par exemple, un héritage) puisse encore dire qu’il a une famille alors que la relation n’est maintenue QUE pour des raisons « techniques », et que ce n’est plus l’expression des sentiments familiaux naturels ? Donc ce que vous dites là est très beau, ça fait très « politiquement correct », mais cela fait partie du discours que l’on tient vis-à-vis de l’extérieur tout en sachant pertinemment qu’il ne correspond pas à l’exacte réalité. Mais il est vrai que lorsqu’on est TJ, on est tellement habitué à vouloir présenter sa religion sous un angle le plus attrayant possible qu’on en vient à opérer cette gymnastique d’une façon inconsciente, et là encore, je parle à partir de ma propre expérience puisque c’est ce que j’ai fait pendant des années (cf ’’L’art de la langue de bois pour une bonne réputation’’).

      Pour ce qui est du fait que les dirigeants ne se comporteraient pas comme les Pharisiens, j’aimerais bien savoir où est-ce qu’on peut lire dans la Bible qu’il ne faut pas souhaiter la bonne année, que la masturbation est un péché, que 1914 est la date du début des derniers jours, que le service civil tout comme les transplantations d’organes sont inacceptables pour les chrétiens (ce que la WT a enseigné pendant de nombreuses années) ou encore qu’on ne peut pas être enseignant sur une base militaire… La Société Watch Tower a prévu tous ces cas de figure, et beaucoup d’autres, qui peuvent parfois être passibles de sanctions en cas de non respect. En gros, elle a tout codifié (et ses points de vue ont souvent été fluctuants suivant les époques), à l’instar des Pharisiens qui, croyant probablement bien faire, ont règlementé le sabbat de façon si stricte que l’esprit de celui-ci en venait à disparaître, et que cela occasionnait une charge supplémentaire pour les fidèles.

      Concernant votre dernier argument -et je savais que vous alliez y venir-, à savoir qu’un collège central aurait chapeauté l’ensemble des activités et donné des ordres à toutes les congrégations au Ier siècle, il amène d’autres questions, mais je me limiterai pour l’instant à celle-ci : le fait qu’il y ait un groupe qui s’occupe spécialement des affaires des congrégations signifie-t-il qu’il peut à bon droit régenter la vie des fidèles dans des domaines très variés là où la Bible elle-même ne donne aucune consigne claire ? Car une classe dirigeante peut très bien exister à des fins d’organisation uniquement, et non pour imposer son point de vue DE FAÇON SYSTÉMATIQUE et DANS TOUS LES DOMAINES.

      Pourquoi dites-vous « IL FAUT des personnes à la tête pour (…) donner des directives touchant à l’excommunication » ? Les chrétiens ne sont-ils pas capables d’appliquer par eux-mêmes ce qu’ils comprennent des Saintes Écritures puisque « tous [ont] la connaissance » et « [ils] n’[ont] pas besoin que quelqu’un [les] enseigne » (1 Jean 2:20 et 27) ? Leur faut-il un interprète humain pour comprendre la Bible, alors que celle-ci nous affirme que c’est l’esprit saint qui les enseigne (Jean 16:13) ?

      Enfin, les bouts de versets que vous citez énoncent bien le principe de l’exclusion, et cela n’a jamais été nié par qui que ce soit ici, mais ils ne précisent pas comment concrètement ils doivent s’appliquer.

      Cordialement, Liberty.

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 5 juillet 2010 07:38, par cros

    tous mes messages ne sont pas publiés ,pourtant ils sont corrects pourquoi ??????

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 5 juillet 2010 18:21, par Le fou

    Oui peut-être ! mais pas tous ! Les autres restent conscients du caractère très répressif de cette mesure et des effets qu’elle peut engendrer sur le fautif. Ne s’agit il pas de la punition suprême chez les tj. Comment pourraient ils penser quune punition dune telle nature soit sans conséquence. Le fait d’avoir quelques difficultés avec les enseignements jéhovistes ne conduit pas à l’excommunication à moins de vouloir les imposer aux membres de la congrégation. Ce qui revient selon le tj à enseigner une « autre doctrine » attitude passible de réprimande et d’excommunication s’il ny a pas changement négatif. J’ai lu l’article sur la langue de bois. Cet article ne rend pas objectivement certains aspects dont il traite. Par exemple il prétend que le tj après son baptême voit s’etioler l’amour quon lui manifestait. Où encore que le tj croit que seul les tjs seront sauvés. Il ny a rien de plus faux. Même des tj seront détruits tandis que ceux non-tj qui nont pas eu un témoignage complet sur le vrai Dieu auront la vie sauve. Les tj ne représentent même pas 1% de la population mondiale. Et savez vous combien sont ils à ne pas encore avoir reçu un témoignagne complet sur Dieu ? Dieu tenez le pour dit ne mettra jamais à mort celui qui n’aura pas reçu un témoignage approfondi sur lui. Vous dites aussi de citer des versets bibliques. Eh bien moi aussi je serai impatient que vous citez des passages réprimant précisément la fabrication d’armes atomiques, bactériologiques à des fins destructives où encore il est dit noir sur blanc dans la bible de ne pas écouter de la propagande nazie où d’en faire l’apologie. Vous savez, même les nazi se servaient de la bible pour justifier leur conception de la race aryenne. Ensuite concernant le dernier point force nous est donné de constater que le livre saint donne des conseils touchant à la vie privée. Il nest donc pas surprenant quun groupe de dirigeants ait son mot à dire là dessus en explicitant certaines recommandations. Et je vous assure que si Dieu considérait que son esprit saint seul était suffisant pour comprendre la bible, il ny aurait pas eu au premier siècle des enseignants dans la congrégations. Mais à votre avis, quenseignaient ils ? La bible ! Oui la bible que tout le monde lisait et « comprenait ». Enfin on aura beau parlé de principe en ce qui concerne l’excommunication, je dirai en ce qui me concerne quil faudra toujours une certaine organisation interne au sein de chaque église pour l’appliquer et que cela se fera invariablement par ceux qui sont à la tête garant de la stabilité du groupe et non par ceux qui sont aux « pieds ».

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 6 juillet 2010 08:59, par Winston Wesson

      Bonjour Le fou,

      Merci de reconnaitre aussi franchement qu’il n’est pas du tout facile de quitter l’organisation des TdJ, et que cette organisation fait tout pour rendre la sortie de l’adepte difficile et même douloureuse. C’était, je crois, le seul but de cet article, et vous nous le confirmez de l’intérieur.

      Pour le reste, savoir si c’est légitime ou pas, libre à vous de croire qu’une Église peut mettre en place n’importe quelle procédure, même les plus iniques, sous prétexte qu’elle se déclare la seule vraie église de Dieu. Mais au moins, vous avez l’honnêteté de reconnaitre le but de cette procédure : faire mal à celui qui veut vous quitter.

      Contrairement à ce que vous semblez croire, en France le nombre de TdJ qui avoueront ouvertement cet état de fait est extrêmement restreint.

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      • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 6 juillet 2010 17:25, par liberty84

        Bonjour Le Fou,

        Très bien, mais si vous admettez, VOUS, que l’exclusion est douloureuse, ce qui est le but de cet article, alors pourquoi êtes si remonté contre celui-ci ? Au fond, il ne fait qu’expliciter une idée tout à fait véridique à vos yeux…

        Les TJ ne seront pas les seuls à être sauvés ? Voici ce que disent des TG :

        « Jésus Christ dirige actuellement une immense œuvre de construction spirituelle. Elle concerne un paradis spirituel qui, comme l’arche en son temps, vise à assurer la sécurité et la survie des ’’’pratiquants du vrai culte’’’ (2 Corinthiens 12:3, 4). ’’’’Pour être sauvés lors de la grande tribulation, il nous faut rester à l’intérieur de ce paradis’’’’. ’’’’Tout autour, c’est le monde de Satan’’’’ (La Tour de Garde 15/12/2003). ’’’’Quelle est l’arche moderne où il sera possible de survivre’’’’ ? C’est la ’’’’condition spirituelle dans laquelle les Témoins de Jéhovah’’’’ se trouvent depuis 1919, un paradis spirituel. Comme les membres de la famille de Noé, le reste des chrétiens oints et leurs compagnons doivent demeurer dans cette arche moderne. (La Tour de Garde du 1/1/1986, page 18) La responsabilité des Témoins de Jéhovah, qui doivent prévenir les gens de l’approche du jugement divin, peut être comparée à celle qui fut confiée à Ézéchiel. Nommé guetteur de la nation d’Israël, il avait pour mission d’exhorter les Israélites à revenir de leurs voies mauvaises, sans quoi Dieu exécuterait sur eux son jugement. ’’’’S’il ne faisait pas retentir cet avertissement, le jugement s’abattrait malgré tout sur les méchants’’’’, mais leur sang retomberait sur la tête du guetteur négligent. (…) Ils doivent prêcher sans relâche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu et dire aux humains que le jugement divin approche. De cette façon, ils ’’’’ne se chargent d’aucune dette de sang’’’’. » (La Tour de Garde 1/1/1988, page 28-29)

        Ces trois publications sont on-ne-peut-plus claires. D’ailleurs, il y a quelques années, lorsqu’une TJ que je connaissais, avait dit que des membres d’autres religions allaient peut-être être sauvés car ils n’avaient pas suffisamment eu accès à la connaissance biblique, elle est passée pour très faible spirituellement, et une autre TJ m’avait même dit à l’époque : « Elle n’a rien compris du tout ! Il faudrait qu’elle reprenne une étude biblique ! » Et un ancien m’avait fait remarquer - car je la défendais - que seules les huit personnes dans l’arche à l’époque du déluge avaient été sauvées, et que cela ne servirait à rien de se démener à prêcher si les gens dans « l’ignorance spirituelle » pouvaient être sauvés sur la base de leur simple condition de cœur… Mais il est vrai que, comme j’ai pu le constater sur Internet, de nombreux TJ estiment à présent qu’ils ne seront pas les seuls à être sauvés à Har-Maguédôn, sans doute parce que ça fait bien de dire ça en public. La réalité est toute autre, comme le montrent les publications citées, et votre discours est obligé de reniez les publications de votre religion…

        Pour ce qui est de l’amour dans la congrégation, des études montrent qu’il y a un « love boombing » lorsqu’une personne commencent à s’intéresser à un mouvement sectaire. Vous ignorez peut-être que la majorité des TJ préfèrent visiter des personnes qui s’intéressent au message jéhoviste parce qu’ils peuvent compter leur temps de prédication et faire un nouvel adepte, plutôt que d’aller visiter un TJ malade (hormis quand il s’agit d’un grand ponte) ? Cela a tendance à être monnaie courante dans de très nombreuses congrégations, où les malades, les dépressifs, les personnes âgées se plaignent qu’on les délaissent et qu’on ne passe chez eux que pour faire une pause pipi lors de la prédication… Peut-être allez-vous nous faire croire que cela n’est le fruit que de dérives à titre personnel, alors qu’en réalité ce sont bien les règles du mouvement qui engendre une telle situation : on n’a plus le temps de s’occuper de ses coreligionnaires, c’est le rendement qui compte…

        Vous dites : « je serai impatient que vous citez des passages réprimant précisément la fabrication d’armes atomiques, bactériologiques à des fins destructives où encore il est dit noir sur blanc dans la bible de ne pas écouter de la propagande nazie où d’en faire l’apologie. » Je ne tenterai même pas de vous répondre, et cela pour une raison toute simple : je n’ai jamais prétendu de telles choses. En revanche, le Collège Central de votre organisation, lui, s’est montré catégorique sur les points que j’ai cités précédemment. Il ne faut pas renverser la charge de la preuve : c’est à celui qui affirme quelque chose de la prouver. Et je vous garantis qu’à force de vouloir tout régenter, là où rien n’est dit dans la Bible, on peut finir par lui faire dire n’importe quoi, comme par exemple que posséder un chat n’est pas pour un chrétien, comme l’un d’entre nous a tenté de le prouver en parodiant une TG… D’ailleurs, le simple fait que des enseignements aient radicalement changé au fil du temps indique bien qu’ils n’étaient pas bibliques, sans quoi ils auraient été constants au travers des décennies. Par exemple, qu’est-ce qui dans la Bible, a soudainement engendré une interdiction des transplantations d’organes, interdiction qui s’est imposée pendant 13 années ? Pouvez-vous me répondre sur la base de la Bible ? Sinon, vous admettez implicitement que l’enseignement en question ne provenait que d’un groupe d’hommes qui a largement dépassé ce qui était écrit dans le livre saint, avec toutes les conséquences tragiques que cela a pu engendrer.

        Vous dites : « Vous savez, même les nazi se servaient de la bible pour justifier leur conception de la race aryenne. » Aïe, j’ai bien peur que vous ne perceviez pas la portée de ce que vous venez d’écrire. Car cela signifie aussi qu’une organisation religieuse qui prétend se baser sur la Bible peut, de la même manière, être opportuniste et exploiter certains passages qui l’arrangent pour justifier ses vues. Vous voyez ou je veux en venir ?

        Cordialement, Liberty.

        PS : Si cette discussion doit se prolonger encore, et ceci bien qu’elle n’ait plus vraiement de lien avec le sujet de l’article, alors il faudra que vous ouvriez un fil de discussion sur le forum rattaché à ce site. Voici l’adresse : http://www.jehovahforum.org/

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 6 juillet 2010 15:54, par le fou

    Mr Wilson Cest pourtant dune évidence aveuglante ; quitter ou être contraint de quitter un monde auquel on était auparavant attaché est éprouvant, je le précise à nouveau, ET pour le banni Et pour ses ami(e)s, parents etc. Mettre sous silence, comme l’article le fait, la douleur éprouvée par les membres de la congrégation me semble être une mascarade intellectuelle. Quant à savoir le degrés de souffrance qu’endure chacun, je crois que cela dépendra de la constitution affective, de la nature des liens tissés, d’une illusion de liberté recherchée etc. Mr Wilson, la plupart des Églises sont convaincus d’être des « Intermédiaires » entre dieu et leurs ouailles. Je ne vois d’ailleurs pas la raison d’essaimer un lieu de culte, si on est pas convaincu dy découvrir la vérité. La désertion de lieux de cultes en Occident et l’euphorie pour les églises évangéliques ds le tiers monde sont des faits patents l’illustrant. Les tj, le font, un tout petit peu un peu plus ,cest tout. Et puis le but de l’excommunication est comme son nom l’indique est d’exclure le fautif impénitent de la communauté des fidèles. En ce qui concerne les français tj, devant les incessantes contre-vérités dont ils sont l’objet, je crois quils ont raison de se terrer dans le silence pour éviter que leurs propos soient honteusement travesties au profit d’une « bande de loups rapaces ».

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 6 juillet 2010 21:57, par Winston Wesson

      Qui a dit que les Inquisiteurs prenaient du plaisir à torturer ? A-t-on déjà pensé à le douleur qui devait être la leur, ces pauvre chrétiens qui ne voulaient que faire le bien, d’être ainsi obligé d’imposer de la souffrance aux hérétiques ?

      Les TdJ, qui ne sont pas les Inquisiteurs des siècles passés, mettent en place une « torture morale » contre ceux qui souhaitent les quitter. Mettre en parallèle la souffrance causée à un seul homme par tout un groupe, un homme qui perd absolument tout son tissu social du jour au lendemain sans que ses amis lui laisse seulement l’occasion de tenter de s’expliquer avec eux, avec celle des membres de ce groupe, qui sont ceux qui prennent la décision d’agir ainsi, elle est là la véritable mascarade ! Je ne vous croit pas suffisamment « fou » pour ne pas en avoir conscience.

      Si les TdJ souffrent de cette disposition, ils n’ont qu’à en changer les modalités, cette bonne blague ! C’est bien LA PRATIQUE DES TdJ qui est à l’origine de cette souffrance. Qu’ils en souffrent (un peu ou beaucoup) à titre individuel, c’est leur problème : c’est la conséquence de LEUR façon de faire et de LEUR façon de traiter les exclus.

      Moi, mon seul crime fut de ne plus croire que le Collège Central des TdJ était le représentant de Dieu sur la Terre, et de ne plus avaler leurs exégèses alambiquées comme « parole d’évangile ». C’est tout !

      Si ÇA, une chose aussi naturelle que d’affirmer ce en quoi on croit (un droit que réclament d’ailleurs à corps et à cris les TdJ… tant qu’il s’agit de croire et de prêcher le dogme jéhoviste, bien sûr), ça doit faire souffrir mes amis au sein des TdJ, ce n’est pas de ma faute.C’est eux qui ont un problème de tolérance pour ne pas être capable d’admettre que je puisse voir les choses autrement qu’eux.

      D’ailleurs, les TdJ sont les premiers à s’émouvoir lorsqu’une personne qui rejoint leur rang se trouve « exclue » par sa famille et ses anciens amis à cause de ce choix de devenir TdJ. On nous joue alors le couplet de l’intolérance, de la méchanceté gratuite, voire des suppôts de Satan. Mais quand ce sont les TdJ qui se retrouvent exactement dans ce même rôle, c’est-à-dire de stigmatiser une personne pour ses choix doctrinaux et pour sa croyance différents des leurs, vous avez l’aimable culot de nous demander de prendre en considération combien il est dur pour eux d’agir ainsi ?

      Venir nous dire qu’ils souffrent de LEUR façon de faire, et mettre en parallèle la difficulté pour les « bourreaux » d’accomplir leur sombre devoir avec la douleur de leurs victimes… Si ce devait être une plaisanterie, je la trouverais d’un goût fort douteux. Malheureusement, ce n’en est même pas une : vous êtes sérieux !

      Vous avez un vrai problème de perspective !

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 6 juillet 2010 19:33, par La folle

    Bonjour Le fou,

    Et l’embrigadement des mineurs, vous en faites quoi Le fou ? La vision manichéenne du monde inculquée tout jeune, la séparation d’avec ses camarades (pas d’activités extra-scolaires, pas de fêtes, pas de sorties, de booms…)… Les petits mariages arrangés sans vraiment bien se connaitre pour n’avoir pas vécu ensemble… Bref, tout ce que les bons parents TdJ empêchent de faire à leurs enfants… Comment voulez-vous sortir indemme de ce merdier, si un jour vous vous réveillez et souhaitez vivre différemment de vos parents ? Manque de pots vous avez pris le baptème avant la majorité, à l’âge de l’enfance… Vous avez construit toute vos « amitiés » au sein des TdJ… Vous n’avez pas ou peu de repères à l’extérieur et tout le monde vous tourne le dos… Et voilà que la seule issue que vous ayez est de revenir dans « la bergerie » alors qu’une fois arrivée à l’âge adulte vous vous apercevez, manque de pot, que ce mode de vie ne vous convient pas… Vous faites quoi ? Vous vous suicidez ? Parce que tout ces bons parents TdJ ont eu le choix eux… Je parle des gens qui ont fait leur petite vie, eux… qui ont choisi en connaissance de cause… après comparaison… Pensez aux gosses, les nés dedans, la pression qu’ils ont H24, 7J/7… Ahahahah elle est bien bonne. Construisez-vous dans ces conditions… Des parents qui n’ont même pas eu à subir 1/4 de ce qu’ils infligent à leur progéniture en interdits en tout genre… Et après faudrait partir sans faire de bruit, la queue entre les jambes, alors qu’on y est pour rien. Ma parole, atterissez un peu, mon vieux…

    La folle

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  • Les propos tenus par Monsieur Winston décrivent toute l’immensité de la douleur de certains ex-tj privés, à leur corps défendant, d’un tissu social naguère indissociable à leur individualité. J’avoue que ce cri de cœur m’émeut profondément. Aussi je tiens à présenter mes excuses les plus sincères à tous ceux que certaines de mes paroles ont pu offensé. Dorénavant je respecterai leur douleur de façon plus mature. ps : les nombreux contre-arguments apportés par vous, vous pouvez en être convaincus, ne sont pas tombés dans l’oreille de sourd. Je lis régulièrement les articles de votre site. Mais quitter l’organisation serait EXTRÊMEMENT difficile. Non seulement deux générations devant moi sont tj mais me résoudre à vivre avec cette seule perspective de finir peut être ds un chaos nucléaire, sans espérance quelconque, ou croire en l’évolution théorie purement matérialiste, est aux antipodes de tout ce que jai jusqu’ici considéré comme normal. De fait, les enseignements tj constituent tout mon univers, ma raison de vivre même si ces derniers temps un découragement consécutif à des problèmes personnels a créer quelques fissures sur mon « armure chrétienne ». Des pensées cependant m’obsédent : si les tj sont de faux prophètes, qui sont les vrais ? Où la bible n’est t-il qu’un livre de sagesse populaire comparable aux autres écrits religieux ? Dans ce cas, dieu serait il une invention purement humaine ? (on pourrait me faire croire que les tj se trompent-ce sont des êtres humains-mais la négation de l’existence de dieu me paraît être un exercice difficile…Je traverse une période de doute et d’interrogations incessantes. En dépit des avertissements répétés de « l’esclave » me voilà soudainement envahi et transpercé partout de doutes. Je l’aurai bien cherché ! Ça m’apprendra mille fois !!!

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 7 juillet 2010 23:08, par Winston Wesson

      Je pense que beaucoup ici peuvent comprendre les sentiments qui vous assaillent. Quels que soient vos choix pour l’avenir, qui n’appartiennent qu’à vous, je vous assure que je me sens solidaire des difficultés que vous avez à affronter.

      Il est très difficile de poursuivre une discussion compte tenu du format de ce forum. Normalement, l’ouverture des commentaires ne servent… qu’à commenter les articles. Or, on commence très sérieusement à sortir de ce cadre. Je vous propose, si vous le souhaiter, de discuter sur le forum attaché à ce site, où le format se prêtera beaucoup mieux à l’échange direct.

      J’y ai ouvert un fil de discussion à votre attention, où je reprends votre dernier message : http://www.jehovahforum.org/viewtop…

      Si vous avez besoin de parler, de faire le point pour vous-même, d’échanger, c’est avec plaisir que vous y serez accueilli.

      Cordialement, Winston.

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 8 juillet 2010 13:39, par cros

    quand ils se sentent menacés ,les anciens qui dirigent les temoins de jehovah,n hésitent a exclure leurs prochains pour cacher aux congrégations des problemes qui les touchent et qu ils veulent cacher a leurs proclamateurs,,,se sont des hypocrites,des fanatiques qui n hésitent pas a écraser leur prochains meme sils disent la vérité pour caher,leur immoralité dans tous les domaines,,,se sont des loups tyraniques déguisés sous l apparance d agneau,,ne vous laissez pas prendre a leur hypocrisie ;; ;

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  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 25 juillet 2010 19:01, par bastien

    Je viens d’apprendre qu’un exclu peut faire appel au surveillant si il s’estime lésé. Est-ce que vous savez si les exclus sont systématiquement prévenus de l’existence de cette mesure ?

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    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 27 juillet 2010 12:16, par Winston Wesson

      Bonjour Bastien,

      L’exclu a en effet un délai (de mémoire je crois que c’est une semaine) pour faire appel de la décision du comité judiciaire qui a prononcé la sentence. Sauf erreur de ma part, l’exclu doit normalement être systématiquement averti de cette possibilité. Si les anciens l’omettent, ils le font je pense en contrevenant à la procédure officielle.

      Néanmoins, le Surveillant de circonscription ne prend aucune décision quant à l’exclusion elle-même : il se contente de désigner un second comité judiciaire, composé d’anciens de la circonscription en ont sa confiance, et qui réexamine l’affaire. Pour ma part, je ne connais pas de comité judiciaire qui ait jamais été désavoué par un appel (c.à.d. que jamais une décision d’exclusion a été annulé en appel), mais ça arrive peut-être. Le seul cas que je connaisse où une exclusion a été annulée, ce fut APRÊS le suicide de l’exclu dans les jours qui ont suivi son exclusion, et tout le monde conviendra que c’était un peu tard…

      Concrètement, on peut noter qu’il y a parfois d’autres procédures mises en place qui court-circuite cette possibilité d’appel. Par exemple, si des anciens demandent à un TdJ qui a notoirement pris ses distances d’avec le groupe si il se considère toujours comme TdJ à titre personnel, et que la réponse est « non », la personne est d’office considérée comme « retirée volontaire » (et bien sûr, dans cette circonstance, je ne pense pas qu’on puisse faire appel de ce qui est considéré comme sa propre décision, même si la personne en question n’a pas été avertie des conséquences officielles d’une réponse orale qu’il pensait informelle).

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      • L’exclusion : mythes et réalité - Partie III 10 janvier 2011 06:11, par cros

        leur exclusion est entiérement en contradiction avec la vrai bible d origine,non avec la leur qui s appelle traduction du monde nouveau ;; ;traduction,veut dire reproduire,donc leur bible est reproduit a leur convenance,,,,l exclusion est un manque d amour envers son prochain meme ces ennemis,c est Jesus qui le dit,,,,,aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé,,,la bible,la vrai interdit de juger son prochain et de le condamner,eux les témoins font tout le contraire de ce que la parole de Dieu demande,,,ce sont des hypocrites,des apostats,,,,,réponds sur le site pour me contacter et je te donnerais tous les chapitres et versets qu ils ont déformés a leur propre convenances

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