mercredi, 8 février 2012|

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L’exclusion : mythes et réalité - Partie II




Lien vers ’’L’exclusion : mythes et réalité - Partie I’’

« L’exclu savait à quoi s’attendre quand il s’est fait baptiser ! »

Dans le récent procès qui l’oppose à Jacques Lejeune, procès dont nous avons sommairement parlé dans le premier article de cette série, la structure belge de la Société Watch Tower a basé (entre autres) son argumentation sur le fait que cet ex-Témoin de Jéhovah n’ignorait pas les consignes de l’organisation au moment de son adhésion, qu’il s’était engagé en toute connaissance de cause à les respecter et qu’il avait lui-même appliqué ces consignes pendant plusieurs années. En effet, elle déclare pour sa défense :

« C’est donc après avoir longuement observé la vie spirituelle des témoins de Jéhovah et le mode de fonctionnement de leur congrégation, que Monsieur Lejeune va émettre le vœu de se faire baptiser. (…) Monsieur Lejeune va recevoir (…) un manuel intitulé Organisés pour bien remplir notre Ministère. Le fonctionnement et les conséquences de l’excommunication (… ) y sont expliqués. (…) Ayant manifestement décidé de répondre positivement à cette deuxième question, Monsieur Lejeune va solliciter et recevoir le baptême. »

L’organisation jéhoviste en tire les conclusions suivantes :

* La décision de Monsieur Lejeune de rejoindre la communauté des baptisés des témoins de Jéhovah est donc une démarche personnelle longuement et mûrement réfléchie puisqu’elle fait suite à de nombreuses années d’observations, de réflexions et de contacts avec les témoins de Jéhovah et a donc été prise en parfaite connaissance de cause. (…)

* Par son baptême, Monsieur Lejeune s’est engagé à respecter lesdites règles de fonctionnement et, notamment a marqué formellement son accord sur le caractère raisonnable d’une éventuelle future mesure d’excommunication et sur ses conséquences éventuelles."

De même, il est reproché à l’exclu ceci :

« Monsieur Lejeune, ’’qui se plaint aujourd’hui des conséquences de son excommunication, oublie un peu facilement que pendant quinze années, il a appliqué les même consignes sans état d’âme’’. » [1]

D’une manière similaire, l’apologiste M.Barbey, que nous avons également déjà évoqué dans le premier article de cette série, déclare, juste après avoir rappelé quelques règles du mouvement jéhoviste :

« Chaque personne qui se fait baptiser dans la foi jéhovéenne le sait et l’accepte très clairement avant de s’engager. (…) Or, l’excommunication est la conséquence d’une rupture de cet engagement. » [2]

Les différents points mis en avant ici par l’organisation jéhoviste, tout comme ceux de M.Barbey, relèvent parfaitement du thème abordé dans le présent article : il s’agit de montrer que c’est l’entière responsabilité de l’exclu qui est engagée puisque c’est lui qui aurait rompu son engagement initial, et ceci alors qu’il savait très bien ce qu’il risquait en cas d’infraction au règlement. Cela permet au mouvement de se dédouaner de tout comportement fautif en se déchargeant sur l’ex-fidèle. Bien sûr, il ne nous est pas possible de nous prononcer sur le cas précis de Jacques Lejeune puisque nous ne connaissons pas la situation in concreto. Toutefois, la réponse que nous allons fournir dans cet article correspond à une trame générale qui, évidemment, peut connaître quelques variations suivant les différentes situations.

Alors, étions-nous vraiment bien renseignés, de telle sorte que nous avons fait un choix éclairé ? Avions-nous pleinement conscience de ce que la mesure d’exclusion impliquait lorsque nous sommes devenus Témoins de Jéhovah ? Probablement pas, et cela pour plusieurs raisons :

1/ Un enseignement révélé de façon progressive

Tout d’abord, remarquons qu’en général, les Témoins de Jéhovah sont peu explicites sur ce que recouvre leur mesure d’exclusion lorsqu’ils s’adressent à quelqu’un qui ne fait pas partie de leur communauté. La plupart du temps, ils feront tout simplement l’impasse sur le sujet, ou s’ils sont contraints par leur interlocuteur à aborder le sujet, ils auront tendance à invoquer des raisons qui relèvent de facteurs personnels, comme « les liens se sont distendus du fait que les centres d’intérêts divergent entre X et ses anciens coreligionnaires » ou encore « c’est la décision personnelle de chaque fidèle qui agit en conscience ». En tout cas, ils ne révéleront probablement jamais explicitement à ce moment-là 1/ l’étendue de cette mesure (rupture totale), et 2/ son caractère indiscutable (imposée par le mouvement).

À titre d’exemple, j’aimerais citer une anecdote que j’ai personnellement vécue : une Témoin de Jéhovah avec qui j’étais proche a coupé les ponts avec moi lorsque j’ai été exclu. Or, lorsque j’ai rencontré un membre de sa famille proche qui n’a jamais été Témoin, mais qui avait déjà assisté à certaines réunions jéhovistes et qui connaissait bien un bon nombre d’adeptes, celui-ci m’a présenté l’explication que sa parente TJ lui avait fournie pour justifier le fait qu’elle ne me fréquentait plus : c’était parce qu’elle avait besoin de côtoyer des personnes « optimistes » dans son entourage, et que, comme je me plaignais de petits soucis de santé à ce moment-là, ma compagnie n’était pas agréable. Je précise que cette fidèle m’avait clairement dit, la toute dernière fois que nous nous sommes parlé, qu’elle voulait cesser tout contact avec moi du fait de ma future exclusion et de sa volonté d’être fidèle à son organisation, et non à cause d’un quelconque pessimisme de ma part. Mais pourquoi n’a-t-elle pas dit l’exacte vérité à sa famille non-TJ, c’est-à-dire quelque chose comme : « Je ne le vois plus du tout, car il a été exclu des Témoins de Jéhovah, ce qui signifie dans notre religion que tous les liens sont rompus et que je n’ai même plus à lui adresser la parole » ? N’est-ce pas tout simplement parce qu’elle avait honte et ne voulait pas choquer ?

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La ’’lumière va croissant’’… Pour le futur TJ, c’est vrai, car jusqu’à l’approche du baptême, il en apprend de bien belles !

Ainsi, les cachotteries des Témoins de Jéhovah sur ce sujet ne permettent pas aux personnes s’intéressant à leur message de comprendre ce à quoi elles s’exposeraient si elles intégraient le mouvement, puis le quittaient. En réalité, cela fait partie des enseignements qui sont révélés dans leur pleine mesure seulement une fois qu’une personne a suffisamment progressé au point d’avoir atteint le niveau du baptême. Avant cela, le Témoin de Jéhovah édulcorera la réalité de l’exclusion afin de faire passer son mouvement pour moins sectaire qu’il ne l’est et ainsi de lui éviter une mauvaise pub.

Et pourtant, je vous assure que la réalité est étonnamment simple à énoncer : l’exclusion est une coupure totale de tous les liens amicaux et de la plus grande partie des liens familiaux (relation réduite aux questions les plus importantes, telles que les questions d’héritage…), sauf dans le cas d’un parent vivant encore sous le même toit (ici, seul le lien spirituel est théoriquement amputé).

Voyez combien les consignes sont claires à ce sujet :

* La Tour de Garde du 15 décembre 1981, page 21 :

« Oui, la Bible ordonne aux chrétiens de ne pas fréquenter quiconque a été expulsé de la congrégation. Les Témoins de Jéhovah utilisent le terme approprié d’ ’’exclusion’’ pour désigner cette expulsion [3] et le refus de tout contact avec le coupable non repentant. Ce refus d’avoir des relations spirituelles ou amicales avec la personne expulsée reflète leur fidélité aux principes de Dieu. »

* Le Ministère du Royaume, août 2002, page 4 :

« ’’La situation est différente si la personne exclue ou qui s’est retirée volontairement est un parent qui vit en dehors du foyer ou du cercle familial immédiat’’, déclare La Tour de Garde du 15 avril 1988, page 28. Il sera peut-être possible de n’avoir presque aucun contact avec lui. Même si des questions familiales rendent nécessaires des contacts, ceux-ci devraient certainement être réduits au minimum. »

2/ Une question du baptême pas vraiment explicite

Oui mais, lors des questions pour le baptême, l’organisation ne dit-elle pas franchement tout ce qu’il convient de savoir sur l’exclusion afin que le postulant fasse son choix de façon éclairée, comme le prétend la branche belge du mouvement (cf l’introduction de cet article) ?

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Le livre ’’Organisés pour faire la volonté de Dieu’’, qui contient les fameuses questions baptismales. Mais dit-il vraiment tout ce qu’il faut savoir ?

Il convient de noter que ce point est tout à fait accessoire par rapport à l’ensemble de la question qui nous préoccupe ici. En effet, lorsqu’une personne demande le baptême, il va de soi qu’elle connaît généralement la pratique du mouvement sur la question de l’exclusion, au moins de façon sommaire. Les questions baptismales ne sont qu’une « formalité » visant non pas à acquérir la doctrine, mais à contrôler (j’aurais presque envie de dire pour la « forme ») les connaissances doctrinales du postulant et à entériner le consentement de celui-ci qui s’engage alors solennellement. Évidemment, il serait plutôt surprenant que l’intéressé en vienne à exprimer son désaccord en rapport avec cette question alors qu’il en est arrivé au point de demander son admission dans le groupe. Aussi, nous examinerons les questions du baptême relatives à l’exclusion simplement parce que la Société Watch Tower y fait référence dans le procès contre M.Lejeune et qu’elle affirme qu’à ce moment-là précisément (au plus tard), tout est on ne peut plus clair. [4]

Cette parenthèse fermée, remarquons qu’il n’y a qu’une seule petite question sur ce sujet pourtant crucial, et que la réponse se résume à un passage biblique - en l’occurrence 1 Corinthiens 5:9-13 - énonçant un principe général, mais qui n’explique pas comment le mouvement applique concrètement ce principe.

Mais restituons l’intégralité de la question et de la réponse telles qu’elles apparaissent dans le livre, afin de les commenter :

27- Quelle mesure la congrégation prend-elle quand un de ses membres transgresse les commandements de Dieu et ne se repend pas ?

« Dans ma lettre je vous ai écrit de cesser de fréquenter les fornicateurs ; je ne voulais pas dire par là, d’une façon absolue, les fornicateurs de ce monde ou les gens avides et les extorqueurs, ou les idolâtres. Autrement, il vous faudrait vraiment sortir du monde. Mais maintenant je vous écris de cesser de fréquenter celui qui, appelé frère, est un fornicateur, ou un homme avide, ou un idolâtre, ou un insulteur, ou un ivrogne, ou un extorqueur, et de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je à faire en effet de juger ceux du dehors ? Ne jugez-vous pas, vous, ceux du dedans, tandis que Dieu juge ceux du dehors ? ’’Ôtez le méchant du milieu de vous.’’ » - 1 Cor. 5:9-13. [5]

Trouvez-vous que cette réponse impersonnelle - copiage d’un texte dont le mouvement n’est pas l’auteur - soit satisfaisante ? Est-on vraiment renseigné sur la manière concrète dont l’organisation applique ces versets ? Comparons ce que disent (ou omettent de dire) ces versets avec la pratique jéhoviste de l’exclusion : [6]

- Il n’est pas fait mention d’un quelconque collège d’anciens qui prendrait la décision d’exclusion ayant ensuite une application obligatoire pour tous les membres de la congrégation ; au contraire, le rédacteur biblique s’adresse à la communauté locale toute entière (1:2), ce qui implique que c’est chaque chrétien, à titre personnel, qui devait prendre sa décision.

- Les motifs de rejet de la personne fautive sont inconnus de la part des fidèles Témoins de Jéhovah qui s’en remettent aveuglément à la décision du collège d’anciens, alors que le choix d’un chrétien de cesser de fréquenter quelqu’un dans ces versets est directement lié à sa connaissance d’un comportement fautif.

- La liste des critères d’exclusion définis par la Watch Tower englobe l’usage de tabac, l’acceptation des transfusions de sang, la participation aux fêtes ou la critique du dogme jéhoviste ; manifestement, les critères sont donc bien plus élargis, puisque les versets mentionnent seulement la fornication, l’avidité, l’idolâtrie, les insultes, l’ivrognerie et l’extorsion.

- La Watch Tower estime qu’il suffit d’agir une seule fois en désaccord avec ses règles pour tomber sous le coup de la sentence d’exclusion ; or la formulation des versets indique que cela doit être un comportement récurrent de la part de l’individu coupable ; il doit s’agir d’une pratique grave, répétée et notoire ; [7]

- L’isolement de ces versets permet à la Watch Tower de laisser entendre que la personne non fréquentable n’a plus aucun contact avec ses coreligionnaires ; or, la même expression « cesser de fréquenter » [8] se retrouve en 2 Thessaloniciens 3:14 alors que le contexte (v. 15) indique clairement que la personne a toujours des liens, quoique plus distendus, avec les autres chrétiens et est encore considérée comme un ’’frère’’ (ou une ’’sœur’’) spirituel [9] ; d’ailleurs, le passage de 1 Corinthiens montre que la plus haute sanction est l’impossibilité de prendre un repas en commun [10] ;

Ainsi, à bien y regarder de près, la réalité de l’exclusion chez les Témoins de Jéhovah ne relève-t-elle pas davantage d’UNE interprétation très libre de ce passage plutôt que de la lecture la plus directe du texte ? Car, certes, les versets évoquent bien l’idée d’une réduction de liens avec un pécheur, mais ce qui échappe totalement au futur baptisé (et à beaucoup de Témoins de Jéhovah même après 30 ans de baptême), c’est que la Watch Tower les accommode ensuite à sa sauce en leur donnant le sens qui l’arrange. [11] Et comme elle se présente comme le seul canal de communication de Dieu avec les humains, son interprétation du texte biblique n’est pas contestable par l’assemblée des fidèles.

Rappelez-vous les prétentions de la Watch Tower dans le cadre du procès avec M. Lejeune, au sujet des questions du baptême, à savoir que « le fonctionnement et les conséquences de l’excommunication (…) y sont expliqués »… Après cette rapide comparaison entre les versets cités dans le livre et la politique de l’organisation, trouvez-vous que cela corresponde vraiment à la réalité ?

De toute façon, il est bien évident que la Watch Tower fait référence à ces questions, non pas pour montrer qu’elle a clairement expliqué la portée de l’exclusion, mais plutôt pour engager la responsabilité de l’ex-fidèle qui a été admis au baptême, donc a répondu correctement… De même, si la réponse fournie dans le livre se résume à un passage biblique sans explications additionnelles, c’est probablement bien aussi dans le but de ne pas être pris en flagrant délit d’incitation à la discrimination au moment de l’admission (ainsi, la Watch Tower pourra dire ’’mais voyez, on ne fait rien d’autre que citer l’Écriture Sainte !’’), alors que d’autres publications, telles les Tour de Garde, décrivent bien plus en détail la démarche…

Nous en avons fini avec cette longue digression sur les (« la » serait plus exact) questions du baptême, et nous allons à présent revenir au cas de l’adepte qui progresse au sein du mouvement.

3/ Un enthousiasme pour le groupe qui avait anesthésié notre bon sens

Et de toute façon, quand bien même nous avions compris plus tôt ce qui se passait réellement en cas d’exclusion, étions-nous en état de mesurer toute l’horreur de cette pratique alors que plusieurs éléments avaient endormis notre vigilance, notamment :

- La « connaissance exacte » : nous étions tout enthousiasmés par la soi-disant « vérité » que nous avions cru découvrir qui répondait à toutes nos questions existentielles ; cela était très valorisant pour nous, car nous avions la possibilité désormais de faire partie de l’élite du monde, de ceux qui ont compris quelque chose d’ignoré par l’écrasante majorité. De ce fait, le groupe nous proposait de participer à un effort collectif qui allait consister en une véritable mission de sauvetage unique dans l’histoire, à laquelle nous avions l’honneur de participer ;

- La promesse du « Paradis » : nous croyions avoir trouvé la solution à tous nos problèmes et ainsi que ceux de toute l’humanité en général ; nous ressentions un bien-être lorsque nous pensions à la promesse du Paradis, de la résurrection de nos êtres chers et de la santé parfaite dont nous bénéficierions alors ;

- L’« amour chrétien » : nous étions abreuvés de témoignages d’amour de la part du mouvement (le « love bombing »), qui nous montrait un intérêt peu fréquent et nous entourait de soins, nous proposant une fraternité que l’on n’avait pas rencontrée jusque-là ; nous nous sentions respectés et non jugés, et la prise en charge par le groupe avait un effet sécurisant.

Comparez ces points à la description des moyens utilisés par les sectes et leurs conséquences, description établie par l’ADFI et qui correspond à l’étape de la séduction :

Étape 1 : Séduire et survaloriser le futur adepte :

En proposant des réponses simples aux questions complexes de l’existence (la vie, la mort, la maladie…) à l’intérieur d’un groupe a priori chaleureux, en utilisant de grands thèmes mobilisateurs (…), en le valorisant : « tu es beau, intelligent, nous avons besoin de toi pour une grande mission », en lui garantissant le bonheur, la liberté la connaissance. [12]

Cette manipulation utilise trois registres de techniques :

- la technique cognitive : à partir d’un message séducteur mais réducteur, l’adepte est soumis à un véritable bourrage de crâne (…) qui vont lui faire perdre progressivement son esprit critique en ce qui concerne les théories, méthodes et pratiques de la secte.
- la technique comportementale, bien connue des psychologues ou des psychiatres, qui consiste à faire accomplir des actes anodins au départ, mais de plus en plus accaparants, qui provoquent une soumission et une dépendance, entraînant une perte du libre arbitre.
- la technique affective : (…) la séduction par le message, le leader, le groupe (…). [13]

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« Ulysse et les sirènes », de Herbert Draper
Comme hypnotisé, le futur adepte est totalement sous le charme. Attention, au réveil, quand il verra la WT sans ses apparats, à la lumière crue du jour…

Avez-vous noté la similitude entre les méthodes concrètes utilisées par l’organisation jéhoviste, et la trame générale dressée par l’ADFI ? Et avez-vous relevé les conséquences sur la faculté de raisonner du futur adepte ?

En fait, comme Ulysse, nous avions déjà succombé au charme des Sirènes, ce qui avait déjà profondément altéré notre sens critique. Le lien affectif créé avec le groupe, la certitude d’avoir acquis une connaissance particulière et les promesses merveilleuses entretenues : tout cela avait probablement déjà réussi à obscurcir notre jugement. Nous étions ou allions entrer dans la période appelée « lune de miel » qui engendrait une sorte d’ « aliénation mentale », pour reprendre les expressions employées par le psychologue et psychothérapeute Jean-Claude Maès. Il a écrit : « Lorsque quelqu’un entre dans une secte, il y a une première période qu’on pourrait qualifier de ’’lune de miel’’. (…) L’adepte d’une secte ne perçoit qu’une partie de la réalité (on peut dire que sa perception est ’’tronquée’’). » [14]

Le terme de ’’lune de miel’’ est en effet bien choisi, car il en va à peu près de même que lorsqu’on fait une rencontre amoureuse. La personne qui nous est totalement inconnue à l’origine a réussi nous charmer au fil du temps à tel point que l’on vient à éprouver des sentiments pour elle et que l’on se sent comme sur un petit nuage : c’est la passion des premiers temps qui enivre mais rend aussi vulnérable. Or, si la personne aimée nous révèle, alors que nous sommes déjà engagés affectivement avec elle, qu’elle a un passé trouble, nous aurons tendance à l’accepter moins difficilement parce qu’au fond, même si cela nous chagrine, nous avons découvert chez cette personne des qualités qui nous la font aimer ; tout cela produira chez nous une tendance à minimiser, voire à légitimer les éventuels écarts de conduite dont nous sommes maintenant au courant. Dès lors, nous passerons plus facilement l’éponge parce nous connaissons cette personne sous d’autres aspects bien plus sympathiques. Et c’est ainsi que des honnêtes gens sont devenus, par amour, des complices de malfrats ayant maille à partir avec la justice. En revanche, si nous avions tout su dès le départ, nous aurions peut-être reçu une douche froide qui aurait stoppé net tout engagement plus profond.

Il aurait pu en être de même avec la Watch Tower si celle-ci avait joué cartes sur table dès nos premiers rendez-vous sans sortir immédiatement le grand jeu qui nous a séduit…

4/ Une situation qui se concrétise souvent après le baptême

De surcroît, nous ne sommes pas autant choqués par des mots que par des actes qui se déroulent sous nos yeux.

Par exemple, l’attente d’une intervention divine qui débarrassera la terre de tous les ’’méchants’’ (c’est-à-dire les non-TJ), croyance fondamentale de la Société Watch Tower, est rarement perçue par les fidèles comme étant ce qu’elle est vraiment, à savoir un carnage de près de 7 milliards d’individus. En effet, les fidèles ne s’appesantissent pas sur les aspects peu glorieux de cette doctrine, et perçoivent davantage cet événement comme le passage obligé pour une terre purifiée, prélude à de nombreux bienfaits. Généralement, ils réduisent mentalement les tués de cette boucherie à des gens foncièrement méchants qui le méritent (meurtriers, violeurs…), oubliant que cela pourra également concerner leur gentil voisin, leur dévoué collègue de travail ou leurs parents bienveillants mais non Témoins. En outre, le fidèle lambda est souvent horrifié par des images de catastrophes naturelles ayant fait périr de nombreuses personnes, ce qui prouve qu’il n’est pas insensible aux malheurs des « gens du monde », que la vision de ces personnes en train de souffrir parvient à l’émouvoir. Et pourtant, l’Har-Maguédôn que le Témoin espère est bien pire encore en termes d’horreurs ! N’est-ce pas paradoxal : d’un côté, attendre avec impatience un génocide planétaire, et d’un autre côté, être affligé par la souffrance des mêmes personnes censées mourir lors du génocide ?

En conséquence, on peut dire que, bien souvent, les Témoins de Jéhovah - fanatiques exceptés - professent cette doctrine parce qu’en réalité, ils ne se rendent pas pleinement compte de tout ce que ce qu’elle implique. [15] Il en va de même avec l’exclusion : nous savions que cette mesure existait, mais elle était justifiée et se réduisait à de la théorie ; de plus bien souvent, nous ne prenions pas réellement la peine de réfléchir aux conséquences désastreuses qu’elle faisait subir à l’exclu et à son entourage.

Il faut également préciser que, quand nous étions encore « amis de la vérité », c’est-à-dire que nous nous associions régulièrement au mouvement mais sans être encore baptisés, nous n’étions pas concernés par l’interdiction de saluer un exclu. Nous ne pouvions pas être repris par les anciens de la congrégation en cas de non-respect de cette règle. Ainsi, nous avons sans doute appris « sur le tas » l’attitude à adopter envers un exclu, et il est fort probable que nous ayons appliqué pour la première fois cette règle après notre baptême.

Nous rappelons-nous combien nous avons été profondément gênés la première fois où nous sommes passés près d’un exclu sans lui adresser la parole, et cela alors que ce n’était rien d’autre que la concrétisation du discours tenu en interne ? Pourquoi ressentions-nous un tel malaise, alors que c’était censé être l’application de la justice divine exprimée par le mouvement ? Le simple fait que nous sentions à ce moment-là une petite voix discordante au fond de nous qui nous mettait dans l’embarras, comme pour nous dire que notre comportement n’était pas normal, puis que nous ayons pris toute la mesure liberticide de cette pratique une fois confronté personnellement au problème - lorsque nous-même ou un membre de notre famille a été exclu - prouve que notre connaissance du sujet n’était que partielle : jusque-là, nous n’avions pas du tout songé à la dimension affective dans cette situation. D’ailleurs, à l’époque où j’étais Témoin, j’ai entendu certains de mes coreligionnaires dire : « Je ne savais pas ce que c’était d’avoir un membre de ma famille exclu avant que cela me touche ».

Oui, la Watch Tower nous avait mal renseigné sur la réalité de l’exclusion. Par ses ordres inflexibles dépourvus de sentiments en la matière, elle cherchait à nous apprendre l’obéissance à ses diktats, mais oubliait que l’être humain est aussi constitué de qualités telles que la compassion, l’empathie, l’amitié, autant de nobles sentiments qu’elle cherchait à étouffer et qui, du coup, se sont exprimés naturellement par un malaise de notre part lorsque les règles ont été transposées dans la réalité.

5/ Une diabolisation des exclus

L’organisation se complaisait à faire croire que ceux qui partaient de chez elle étaient des êtres vils, abjects, méchants, qui allaient sombrer dans toutes sortes de vices immondes, qui avaient perdu la raison, etc… Les termes employés pour les désigner étaient tous plus péjoratifs et les uns que les autres. Le mouvement ne se privait pas pour répéter inlassablement, à longueur de réunions et de périodiques, les pires clichés sur les exclus qui, comme on l’a déjà dit, n’étaient plus là pour infirmer ces fantasmes. [16]

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Quand on part de chez les TJ, voilà dans quoi on tombe ! Entre autres ’’vices’’, évidemment, car il n’est pas possible de tous les représenter ici…

Comme on s’imaginait qu’il n’y avait jamais de bonnes raisons de départ puisque l’organisation était soi-disant véridique, l’exclu était forcément en tort et on envisageait toutes sortes de scénarios catastrophiques à propos de son train de vie et de ses ’’nouveaux’’ traits de personnalité :

- C’était un débauché qui avait succombé aux ’’désirs de chair’’ : il se livrait désormais à l’échangisme, participait à des orgies sans nom, allait dans les bordels, se piquait à l’héroïne, et finissait ivre comme une barrique chaque fois qu’il faisait la fête, c’est-à-dire tous les soirs ;

- Il avait sombré dans l’orgueil, l’esprit d’indépendance (gros mots chez les Témoins de Jéhovah qui désignent le fait d’utiliser sa cervelle et de penser par soi-même) ;

- Il avait voulu se dérober à ses obligations ’’chrétiennes’’ (car il est bien connu qu’un exclu est un fainéant de première).

Pour confirmer ces idées, voici un petit florilège provenant des publications jéhovistes :

* La Tour de Garde du 1er octobre 1980, page 20 :

"Après avoir produit les fruits de la chair que sont ’’les inimitiés, la querelle, la jalousie, les accès de colère, les disputes, les divisions, les sectes’’, les apostats tombent souvent dans le piège d’autres œuvres charnelles, telles que ’’les beuveries’’, ’’l’inconduite’’ et ’’la fornication’’.

* La Tour de Garde du 1er avril 1983, page 31 :

« Si une personne a été exclue, c’est qu’à ce moment-là elle avait incontestablement un cœur vraiment mauvais et (ou) qu’elle était résolue à persévérer dans une voie qui déshonorait Dieu. Pierre écrivit que la situation d’une telle personne est pire que lorsqu’elle n’était pas encore chrétienne ; elle ressemble à ’une truie qui a été lavée et qui est retournée se vautrer dans le bourbier’. » [17]

* La Tour de Garde du 15 novembre 1981, page 29 :

« Il est arrivé que se lèvent parmi le peuple de Jéhovah des hommes qui, comme Satan, avaient adopté une attitude critique et indépendante. (…) Ces orgueilleux essaient d’attirer les “brebis” hors du “troupeau” (…). Ils tentent de semer le doute et d’écarter ceux qui sont sans méfiance de la “table” spirituelle abondamment garnie qui est dressée dans les Salles du Royaume des Témoins de Jéhovah (…). Ils disent qu’il suffit de lire la Bible seul, soit en privé, soit en petits groupes réunis dans des foyers. Mais, curieusement, cette “lecture de la Bible” les a fait revenir aux doctrines apostates que le clergé de la chrétienté enseignait il y a cent ans dans ses commentaires. »

* La Tour de Garde du 15 avril 1988, page 27 :

« En évitant également de fréquenter ceux qui se sont retirés volontairement, les chrétiens se protègent contre les critiques, les propos ingrats, voire les idées des apostats. »

Et cetera, et cetera…

Bref, c’était au mieux un égaré pris dans les griffes du diable (ceux qui avaient succombé à une faiblesse), au pire un être totalement déshumanisé, un suppôt de Satan qui s’apparentait à un nouvel Hitler (les apostats qui critiquent la secte, et bien sûr toujours à tort, paraît-il…).

D’ailleurs, il fut un temps où les annonces d’exclusion du haut du pupitre utilisaient des formules qui étaient particulièrement désobligeantes : ainsi a-t-on entendu qu’un tel avait eu une « conduite indigne d’un chrétien », ou qu’un tel était considéré comme « personne indésirable », expressions suffisamment -et volontairement- ambiguës pour que chacun mette ce qu’il veut derrière ces mots.

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Le chien du psychologue Ivan Pavlov (ici au Pavlov Museum) lui permis de découvrir les « réflexes conditionnels ». La Watch Tower ne se prive pas pour développer ceux-ci chez ses adeptes, notamment en rapport avec les exclus…

Le but de tout cela ? Distiller mentalement une peur, voire un dégoût pour l’individu exclu qui est représenté d’une façon effrayante. Cela se traduira chez l’adepte par le réflexe de Pavlov : l’accumulation de stimuli négatifs engendrera chez lui une réaction machinale de rejet de l’exclu a priori, sans aucune réflexion.

Ainsi, assez logiquement, nous avons approuvé la mesure d’exclusion parce que :

- Elle était censée s’appliquer à des individus ignobles qui le méritaient ;

- Elle nous protégeait contre de tels gens répugnants et ainsi avait une valeur protectrice ;

- De ce fait, nous étions certains que nous ne ferions jamais partie de cette catégorie, nous ne serions jamais concernés par l’exclusion, car nous souhaitions faire ce qui était droit -et quand nous sommes partis, nous souhaitions toujours bien faire, il ne s’agissait pas pour nous de faire n’importe quoi et de sombrer dans les pires travers…

Mais voilà : ce qui nous avait alors échappés du fait de l’endoctrinement perpétuel dont nous étions victimes, c’était que la secte nous mentait sur toute la ligne dans sa description de l’exclu. Et ça, nous l’avons appris par la suite à nos dépends…

6/ Une croyance erronée selon laquelle l’organisation constituait le seul vrai culte

N’oublions pas un point essentiel : nous pensions que le mouvement était dirigé par l’esprit saint de Dieu, que c’était la « vérité », et en fonction de cette croyance, nous avons accepté bien des choses (réunions, porte à porte, etc) que nous aurions probablement rejetées sans cette conviction.

De nous-mêmes, il est fort probable qu’il ne nous serait pas venu à l’esprit de nous éloigner d’un ami exclu, car les sentiments humains auraient probablement surpassé le clivage religieux. Mais alors pourquoi avons-nous bel et bien rompu tout contact avec lui ? Qui nous a mis cette idée en tête ? C’était le Collège Central, c’est-à-dire la direction du mouvement, qui s’exprimait à travers les publications de la Watch Tower et qui exigeait une telle attitude de notre part. [18] Convaincu que celui-ci bénéficiait de la direction divine, il nous semblait alors tout à fait normal et licite que ses exigences priment sur nos décisions personnelles, car nous le considérions alors comme étant dûment autorisé par Dieu à superviser nos vies. En fait, l’intégralité de notre fidélité envers le mouvement, y compris notre soutien à sa mesure d’exclusion, reposait sur l’équation suivante :

Décision du collège d’anciens = décision du Collège Central = décision de Dieu lui-même.

Autrement dit, il s’agissait d’un argument d’autorité, à l’exemple de l’expérience de Milgram dans laquelle le sujet acceptait des ordres insensés parce que celui qui les donnait était investi de l’autorité adéquate. Qu’est-ce qui est ressorti de cette expérience ? Voici la réponse d’un site de psychologie sociale, qui s’appuie sur les analyses de Stanley Milgram lui-même : [19]

L’individu qui entre dans un système d’autorité ne se voit plus comme l’acteur de ses actes contraires à la morale, mais plutôt comme l’agent exécutif des volontés d’autrui. Il va attribuer la responsabilité à l’autorité.

Milgram nous dit que l’individu passe de l’état autonome (on est déterminé de l’intérieur) à l’état agentique (l’individu se sens comme un rouage d’une volonté qui est extérieure à la sienne).

La page en question indique également comment cette soumission à l’autorité s’opère et quels sont les facteurs de maintenance. J’en ai relevés quelque-uns, et afin d’établir un parallèle avec la mesure d’exclusion dans le jéhovisme, j’ai rajouté quelques commentaires personnels en italique :

- Conditions préalables générales :

* La famille [le mouvement ne se présente-t-il pas comme notre nouvelle famille ?]

* Le cadre institutionnel [la Société Watch est un mouvement fortement hiérarchisé et régi par de nombreuses règles]

* Les récompenses [n’y a-t-il pas des « privilèges » dans la congrégation qui découlent de notre fidélité envers le mouvement, sans parler de la « carotte » du paradis ?]

- Conditions générales spécifiques :

* Il faut que les sujets perçoivent l’autorité comme légitime [ne voit-on pas les membres du Collège Central comme le seul canal de communication de Dieu avec les humains ?]

- Conséquences :

* Perte du sens des responsabilités [« La Watch Tower a raison, donc j’applique ses instructions, et mon point de vue n’entre pas en considération »]

* L’image de moi m’est donnée par l’autorité qui valorise l’obéissance [n’est-ce pas le mouvement qui détermine, en fonction de sa propre grille de lecture, nos valeurs, notre spiritualité, notre ’’personnalité nouvelle’’, ce qui, immanquablement, a des répercutions sur l’image que nous donnons de nous-mêmes et que les autres nous renvoient ?]

* Je vais être le siège d’une tension car je répugne à faire souffrir autrui [on est rarement bien dans sa peau lorsqu’on a rejeté un membre de sa famille exclu…]

- Façons de résoudre les tensions :

* La dérobade comme si on n’entendait plus les cris de l’autre [on refuse d’écouter l’exclu : comme cela, moins on en sait sur sa souffrance, mieux on se porte…]

* La désapprobation ; « je ne suis pas d’accord » mais je le fais quand même [« C’est bien triste, mais c’est la règle à suivre dans ce genre de situation… »]

- Facteurs de maintenance dans l’état agentique :

* La continuité de l’action ; « la main dans l’engrenage » [on continue dans la voie qu’on a choisie et on ne remet plus rien en question, ne serait-ce que par habitude]

* Contrat moral, règles du jeu [l’engagement a été pris lors du baptême et est irréversible]

Ne trouvez-vous pas que nous sommes tout à fait dans ce cas de figure en rapport avec l’exclusion jéhoviste ?

De plus, précisons que la demande d’obéissance de la part de la Watch Tower est inconditionnelle : le fidèle se doit d’exécuter tous ses ordres, même si personnellement il n’est pas d’accord avec l’un d’entre eux, ou pire, même s’il n’en comprend pas le bien-fondé. La Watch Tower a même conscience que certaines de ses consignes peuvent déplaire et sembler saugrenues, c’est pourquoi elle applique régulièrement une piqûre de rappel enjoignant ses adeptes à lui obéir aveuglément, car c’est toujours pour le « bien », paraît-il…

Par exemple, elle aime établir un parallèle entre ses fidèles et les Israélites qui, a leur sortie d’Égypte, furent poursuivis par les armées de Pharaon, selon le récit biblique. Le peuple a alors obéi à l’ordre divin de se rendre à Pihairoth, se retrouvant ainsi acculé au pied de la mer Rouge sans savoir que Dieu allait faire s’ouvrir les eaux pour leur permettre de traverser et ainsi d’échapper à l’assaillant. De ce fait, l’ordre pouvait sembler totalement déraisonnable, mais le peuple a obtempéré, et a ainsi été sauvé. Exploitant cet épisode biblique pour souligner l’importance de la soumission aveugle à ses ordres, la Watch Tower déclare ceci :

*La Tour de Garde du 15 décembre 2007, page 20 :

« Rappelez-vous également que Jéhovah a dérouté les Israélites vers un endroit où ils semblaient être pris au piège, avec d’un côté les montagnes et, de l’autre, la mer Rouge. Cela paraissait être à tous égards une mauvaise décision. Mais Jéhovah avait la situation bien en main, et tout concourut à sa louange et au salut de son peuple. Aujourd’hui, peut-être ne comprenons-nous pas bien le pourquoi de certaines décisions en matière d’organisation, mais nous avons toutes les raisons d’avoir confiance en la manière dont Jéhovah dirige les choses par son fidèle canal de communication. De temps à autre, nous pouvons avoir l’impression que nos ennemis l’emportent. Notre champ de vision limité nous empêche bien souvent d’embrasser du regard toute la situation. Toujours est-il que Jéhovah est capable de prendre les choses en main au moment opportun, tout comme il l’a fait à l’époque des fils d’Israël. »

Ce parallèle est en fait est tout à fait spécieux, car il part d’une pétition de principe, à savoir que l’organisation constitue le canal de communication de Jéhovah avec les humains, au même titre que Moïse bénéficiait de la direction divine selon le récit biblique. Le raisonnement de la Watch Tower est le suivant : puisque Dieu est omniscient et omnipotent, il sait mieux que quiconque ce qu’il y a de meilleur pour les humains et dispose de tous les moyens pour accomplir sa volonté ; inversement, l’être humain est grandement limité. Or, la volonté divine s’exprime aujourd’hui par l’intermédiaire du Collège Central… Conclusion ? « Il est sage pour vous de vous abandonner complètement à notre volonté » !

Voilà le genre de prose qui fait froid dans le dos ! Car comprenez-vous tout ce que cela signifie ? Eh bien qu’en fait, l’organisation peut donner des directives complètement insensées qui dérogent au bon sens, il faudra quand même les suivre scrupuleusement ! On se croirait à l’armée où les ordres sont indiscutables - et on y est d’ailleurs, avec les « soldats » de Dieu engagés dans une « guerre » spirituelle… Dès lors, on conçoit mieux avec un tel raisonnement que certaines personnes en soient venues à rejeter un membre exclu de leur famille ou à se laisser mourir faute de soins, puisque la raison et l’approbation - essentielles pour agir de façon intelligente - n’entrent plus du tout en ligne de compte…

Dès lors, il est peu judicieux de prétendre que l’ancien adepte a approuvé sans état d’âme la mesure d’exclusion de la Watch Tower (cf le procès cité en introduction), alors qu’il n’avait pas le choix d’obéir du point de vue du mouvement, que cela n’impliquait pas une approbation, voire peut-être même pas une simple compréhension de sa part ! C’est bien de l’organisation qu’émane les ordres, et le fait que son ex-adepte les ait exécutés ne diminue en rien la responsabilité du mouvement. En revanche, cela aura tendance à amoindrir celle de l’ex-fidèle qui n’était que l’exécutant.

Mais l’argument d’autorité si cher à l’organisation a perdu son emprise sur nous au fil du temps. En effet, il se trouve que depuis, nous nous sommes rendus compte (nombreuses déceptions accumulées au fil des années, expériences négatives vécues dans le groupe, informations révélées par Internet ou par des livres comme ceux de l’ex-membre du Collège Central Raymond Franz…) que le mouvement n’avait pas l’esprit saint qu’il revendiquait et qu’il nous a menti dès le début. L’obéissance inconditionnelle que nous lui avions manifestée était basée sur un mensonge, et nous l’avons à présent bien compris. Du coup, les prétentions qu’il affichait ont perdu toute leur valeur à nos yeux, et naturellement cela a remis en question l’engagement que nous avions contracté envers lui.

7/ Une analyse à nuancer suivant les individus

Précisons quand même que tout le monde n’entre pas dans le cas de figure général que nous venons de décrire dans cet article, à savoir de découvrir de façon très graduelle la réalité sur l’exclusion, de connaître un moment d’euphorie lors de la rencontre avec le groupe, etc… En effet, il arrive que certaines personnes fréquentent assidûment les Témoins de Jéhovah pendant de nombreuses années avant de demander le baptême, et qu’il connaissent alors très bien les consignes à respecter vis-à-vis d’un exclu, peut-être même parce qu’ils ont à la fois des Témoins et des exclus dans leur famille proche qui leur permettent de constater en direct la diminution/rupture de liens. Toutefois, ces personnes-là, parfois des ’’éternels étudiants’’ qui mettent des dizaines d’années avant d’intégrer pleinement la communauté, finissent par s’engager davantage pour des raisons sociales que religieuses. Bien souvent, il s’agit pour eux de faire plaisir à un proche ou à leur entourage qui les a gagnées à l’’’usure’’. De même, certains enfants qui grandissent dans un foyer jéhoviste peuvent faire le choix du baptême en sachant pertinemment des années à l’avance les consignes relatives à l’exclusion, mais dans leur cas, il peut s’agir simplement de perpétuer une tradition familiale, de réjouir leurs parents en optant pour le choix qu’ils envisageaient pour eux, ou encore d’être pleinement admis dans une communauté où ils se sont déjà fait des amis. Dès lors, les véritables enjeux de nature religieuse sont totalement éclipsés par d’autres buts beaucoup plus personnels, notamment un certain confort personnel au niveau relationnel et culturel, le baptême étant alors surtout perçu comme un billet d’entrée dans le groupe qui leur permet d’accéder à une pleine reconnaissance de la part de celui-ci. Pour ces personnes-là, le bien-fondé des doctrines et des pratiques du mouvement est souvent très accessoire. Autrement dit, être Témoins de Jéhovah est pour eux avant tout un système culturel et social, indépendamment de toute « vérité » effective.

Généralement, ces adeptes ne sont pas vraiment d’accord avec la mesure d’exclusion, mais la respectent au moins en public afin de ne pas être pris en flagrant délit par leurs pairs (et vous pourrez apprendre leur désaccord de leur propre bouche par exemple lors d’un moment de détente, au cours duquel les « masques tombent » entre personnes intimes). D’ailleurs, bien souvent, les Témoins de ce genre s’octroient discrètement quelques petits infidélités en rapport avec les règles du mouvement tout en tenant le discours typiquement jéhoviste en compagnie de leurs coreligionnaires…

Ces personnes-là ne seront généralement pas concernées elles-mêmes par la mesure d’exclusion, car elles sont tellement habituées à faire leur propre petite cuisine avec les règles de l’organisation et à gérer le tout sans problème de conscience (puisqu’au fonds, elle ne croient pas vraiment et que leur adhésion se résume à une ’’religiosité’’ toute extérieure) qu’elles sauront mettre tout en œuvre pour ne jamais se faire « coincer ». De toute façon, ce n’est pas forcé qu’elles commettent quelque chose qui mérite l’exclusion : la plupart du temps, elles savent profiter de toute la liberté que le mouvement leur offre et vont jusqu’à la lisière de ce qui est passible d’exclusion sans franchir la « ligne jaune ». Et quand bien même elles seraient exclues, ces personnes ne se plaignent pas la plupart du temps puisqu’elles-mêmes se sont joué du système de la même manière que le système se jouent des gens ; souvent, elles cherchent à se faire réintégrer par la suite - là encore uniquement à des fins sociales -, une fois qu’elles ont bien profité de ce qui leur a valu l’exclusion, à moins qu’elles n’aient réussi entre temps à compenser ailleurs leur besoins relationnels.

De telles personnes sont probablement davantage responsables de leur engagement que ceux qui sont venus réellement par sincérité dans la secte. En même temps, elles ont eu la réaction finalement assez humaine -quoique critiquable- qui consiste à vouloir se faire accepter par un groupe avec lequel on est en lien, et le mouvement a su profiter de ce désir naturel pour gagner un adepte.

Ce cas de figure mis à part, résumons donc tout ce que nous venons d’examiner : nous avions un manque de connaissance au sujet de l’exclusion qui ne nous a été dévoilé que d’une manière progressive, tout cela conjugué à un esprit critique émoussé par les méthodes mêmes du mouvement ; nous n’avions aucune idée concrète de l’exclusion et le groupe nous a asséné à de multiples reprises une désinformation permanente sur les exclus. Par ailleurs, nous avions confiance car le groupe était censé être le canal de communication de Dieu avec les humains. Dans de telles conditions, étions-nous vraiment bien informés ?

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Réfléchissez-y à 100 000 fois avant d’apposer la signature qui vous liera à la WT ! Il se pourrait que celle-ci ne vous ait pas tout dit…

D’une certaine manière, on pourrait dire qu’il y avait un dol quelque part dans le contrat que nous avons passé avec l’organisation, c’est-à-dire qu’il y avait « des manœuvres pratiquées par l’une ou l’autre des parties (…) telles, qu’il [aurait été] évident que, sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas contracté. » [20] Oui, on ne nous a pas dit l’exacte vérité au moment où nous avons signé l’accord, et on a profité de notre ignorance à notre désavantage ; dès le départ, il y avait tromperie. Normalement, un dol constitue en droit français un vice du consentement, de telle sorte que nous pouvons ester en justice pour réclamer la nullité du contrat. Malheureusement, dans le cas de la Société Watch Tower, qui se veut théocratique et ne fonctionne pas selon ces critères bassement humains, la personne roulée dans la farine paie très cher une rupture de contrat alors que c’est précisément le mouvement qui l’a dupée en lui proposant de la camelote…

Après avoir analysé l’entrée dans le mouvement, nous verrons les conditions de sortie dans le troisième article de cette série sur l’exclusion. En effet, la prochaine affirmation jéhoviste que nous tenterons de réfuter sera : « On part facilement de l’organisation. Une simple lettre, et le tour est joué ! »

Lien vers ’’L’exclusion : mythes et réalité - Partie III’’


Notes:

[1] Cour d’appel de Mons, R.G. n°2010/RG/206, ’’Conclusions principales’’, pour l’ABSL Congrégation chrétienne des Témoins de Jéhovah, sur Aggelia, format PDF, pages 3, 4 et 25

[2] ’’Les Témoins de Jéhovah - une analyse sociologique’’, Rubrique « Discipline religieuse », sur Barby.jimbo

[3] Comme les temps changent ! Le terme ’’exclusion’’, à l’époque fièrement revendiqué et justifié par sa justesse à refléter la réalité, est maintenant mis en sourdine…

[4] Et bien sûr, a fortiori, si la Société Watch Tower révélait de façon limpide à ce moment-là uniquement tous les détails de sa mesure d’exclusion, c’est-à-dire lorsque le sympathisant a posé sa candidature pour entrer dans le mouvement - ce qui suppose qu’il a déjà été séduit -, ce serait quand même un peu tard… C’est un peu comme si vous étiez sur le point d’acheter un bien très onéreux qui vous engageait pour le restant de vos jours - par exemple, une maison - et que ce n’est qu’au moment de la signature de vente que vous preniez pleinement connaissance d’une clause fondamentale à caractère pénalisant (genre : si vous invitez des amis, on rase la baraque) et dont vous n’avez jamais été informés explicitement… Compte tenu de l’importance de ce genre d’acquisition, l’agent immobilier aurait pu vous le dire bien plus tôt ! Et dans le cas de la Watch Tower, l’engagement concerne tous les aspects de la vie du fidèle et cela jusqu’à sa mort…

[5] Organisés pour faire la volonté de Jéhovah, 2005, page 202, question n°27

[6] Il ne s’agit pas ici de fournir des réponses théologiques sur cette question, cet article n’ayant pas pour vocation de dire au lecteur ce qu’il doit croire par rapport à ce thème biblique, mais simplement de vérifier si prétentions de la Société Watch Tower sur ce sujet -à savoir que ses explications lors des questions du baptême sont limpides- sont fondées ou pas.

[7] Les versets parlent de ’’fornicateur, homme avide, idolâtre, insulteur, ivrogne, extorqueur’’. Lorsque qu’un adjectif qualificatif est accolé à un nom, voire devient carrément un substantif, c’est que manifestement le trait qu’il évoque est si prononcé qu’il peut être défini comme une caractéristique dominante de la chose ou de la personne à laquelle il fait référence (bien sûr, ce que je dis là s’applique dans un contexte général, et parfois d’autres indices grammaticaux pourront orienter vers une autre compréhension). Par exemple, si je dis qu’un homme est un « footballeur », j’entends par là que l’homme a au moins l’habitude de s’adonner à ce sport, et encore plus probablement que c’est carrément sa profession -et pas seulement qu’il aurait tapé dans un ballon sur un terrain de foot une ou deux fois dans sa vie. De même, quand je parle d’un « oiseau blanc », je ne fais pas référence à une petite tache qu’il aurait sous le dos, mais bien à sa couleur principale, celle que l’on remarque en premier. Or, pour revenir à l’un des termes du verset biblique, il est bien évident que quelqu’un qui s’est saoulé une, voire deux ou trois fois dans sa vie, ne peut pas être considéré comme un « ivrogne ». À moins d’avoir de la « cuite » dans les idées…

[8] Littéralement : « ne pas se mêler à lui », voir la Traduction du Monde Nouveau avec notes en bas de page

[9] La Watch Tower applique 2 Thessaloniciens 3:14,15, non pas à l’’’exclusion’’, mais à une ’’notation’’, qu’on pourrait résumer comme étant une sanction intermédiaire, dans laquelle le coupable n’est fréquenté par les autres fidèles que dans le cadre des activités religieuses. Pourtant, le verset 14 indique que cette mesure concerne quelqu’un qui n’obéit pas à la parole des apôtres, donc un manquement bien plus grave qu’un écart de conduite dû à une faiblesse ! En fait, ces versets évoquent la même sanction qu’en 1 Corinthiens 5:9-13, mais la Watch Tower est obligée de différencier les deux groupes de versets pour justifier sa mesure d’exclusion complète.

[10] L’expression biblique en question est ’’ne pas même manger avec un tel homme’’ (1 Corinthiens 5:12). La syntaxe de la phrase révèle que le mot ’’même’’ est ici employé comme un adverbe servant à exprimer une gradation. Synonyme de l’expression « jusqu’au point de », il indique donc le degré maximal de la sanction.

[11] Idem pour la prédication : certains passages bibliques évoquent bien l’idée d’une propagation de la foi chrétienne pour convertir d’autres personnes, mais ne précise pas les modalités de cette activité. Par exemple, la Watch Tower cite à tours de bras des passages comme Matthieu 24:14 et 28:19,20, pour justifier la pratique du porte à porte, présentant même cette activité comme l’un des signes de la vraie religion. Ainsi pense-t-elle pouvoir dire fièrement : « Et hormis les Témoins de Jéhovah, qui vient effectuer des visites domiciliaires pour parler de la Bible ? ». Sauf que malheureusement, ces versets ne fournissent aucun mode d’emploi dans le prosélytisme, et ainsi d’autres groupes religieux peuvent très bien eux aussi l’effectuer à leur façon, sans venir aux portes (presse, radio, stands, etc). Et du coup, plouf !, l’argument de choc de la Watch Tower pour s’identifier comme la vraie religion tombe à l’eau… Mais les adeptes TJ sont tant habitués à réciter ces versets qu’ils ne s’en rendent même plus compte que ceux-ci ne disent pas ce qu’ils croient y trouver…

[12] Repris dans le Quid, 2000, page 552

[13] ’’Caractéristiques des sectes selon l’UNADFI’’, sur le site de l’association

[14] ’’Aux prises avec l’emprise sectaire’’, 2è édition, 2003, pages 9 et 14

[15] Il faut rajouter à cela que, depuis maintenant une quinzaine d’années, les publications du mouvement sont bien souvent dénuées d’illustrations morbides dépeignant la fin du « système de choses »… Cette conception est toujours d’actualité, mais elle n’est plus autant assumée qu’avant, ni par le mouvement, ni par les adeptes.

[16] Nourrir une population de préjugés grossiers et de mots chargés négativement à propos d’une catégorie de personnes que l’on veut ériger en ennemi permet d’entretenir l’incompréhension et la haine à son encontre. C’est une méthode qui a déjà fait ses preuves, surtout dans les régimes totalitaires. Dans le roman 1984 de George Orwell, les deux minutes de la haine ont précisément ce but : l’ennemi à abattre, Emmanuel Goldstein, n’est pas réel mais constitue une allégorie, un portrait-robot fomenté de toute pièces afin de cristalliser la haine de tous et, du même coup, de renforcer la cohésion interne.

[17] Notons que la référence au passage de 2 Pierre est tout à fait gratuite puisque la secte applique ce verset à tous ceux qui sortent de chez elle, même si aucune réalité concrète ne vient corroborer une telle description chez tel exclu.

[18] Dans ses ouvrages, l’ex-membre du Collège Central Raymond Franz rapporta qu’entre 1974 et 1981, il écrivit des articles dans La Tour de Garde qui se montraient plus ouverts dans le comportement à adopter envers un exclu. Il précise que durant cette période, beaucoup de Témoins de Jéhovah apprécièrent ce changement et reprirent contact avec les membres de leur famille exclus. Qu’est-ce que cela démontre ? Qu’en réalité, bien souvent, les Témoins de Jéhovah à titre individuel ne souhaitent pas rompre les liens avec l’exclu, mais qu’ils obtempèrent uniquement parce que c’est un ordre qui vient des soi-disant représentants de Dieu sur terre.

[19] ’’La soumission à l’autorité ’’, Élisabeth Deswarte, sur Psychologie sociale

[20] Article 1116 du Code Civil

7 commentaires
  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 28 juin 2010 04:54, par le fou

    Longue élucubration scabreuse d’un thème qui échappe à son auteur mais qui est pourtant simple à appréhender. Cet article témoigne en outre d’une méconnaissance invraisemblable de la théologie jéhoviste et d’un mépris insultant du livre saint. En somme, c’est bien là l’œuvre vengeresse d’un individu décidé à nuire et donc peu crédible. Belle démonstration d’animosité et de hargne mal contenue contre un groupe de personnes inoffensif.

    Répondre

  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 28 juin 2010 16:28, par liberty84

    Je me permets de vous dire bonjour La Fou, même si visiblement les formules de politesse ne sont pas votre fort. Allez, je vais vous consacrer deux minutes, même si je me doute bien que cela sera une perte de temps, vu le ton des nombreux messages que vous avez laissés sur le site.

    Moi aussi je peux dire à votre égard : « Courte élucubration scabreuse d’un message qui échappe à son auteur, qui témoigne en outre d’une méconnaissance invraisemblable du sujet et d’un mépris insultant pour l’auteur de l’article. En somme, c’est bien là l’œuvre vengeresse d’un individu décidé à nuire et donc peu crédible. Belle démonstration d’animosité et de hargne mal contenue contre un groupe de personnes inoffensif. » Vous voyez, c’est à la portée de tout le monde, mais on n’est pas plus avancé !

    Merci donc d’argumenter, et de ne pas vous contenter de balancer une pléthore d’accusations contre vos interlocuteurs en leur attribuant tous les défauts du monde. En agissant de la sorte, vous ne faites que prouver votre incapacité à défendre les croyances et pratiques de votre mouvement. Cela est d’ailleurs clairement indiqué dans les publications de votre organisation, par exemple La Tour de Garde du 15 mars 1981, page 24 : « Quand j’ai posé la question [théologique] à [un pasteur baptiste], son ’’’incapacité à me répondre’’’ le fit ’’’se mettre en colère’’’. » A l’inverse, un exemple de bonne conduite est fourni dans le Réveillez-vous ! du 8 novembre 1971, page 18, dans lequel une personne ayant reçu le témoignage jéhoviste déclare : « Dans mon orgueil, j’élevais la voix, mais à mon grand étonnement les témoins me répondaient ’’’calmement et doucement’’’ en citant les Écritures ’’’de façon convaincante’’’. »

    Pour tout dire, je suis assez surpris de constater une attitude si peu irénique de la part de quelqu’un qui professe des croyances chrétiennes et qui se permet de venir faire la morale aux autres. Je vous rappelle ce verset que tout chrétien digne de ce nom doit mettre en pratique :

    1 Pierre 3:15 : « Mais sanctifiez le Christ comme Seigneur dans vos cœurs, toujours prêts à ’’présenter une défense’’ devant tout homme qui vous demande la raison de l’espérance qui est en vous, mais faites-le ’’avec douceur et profond respect’’. »

    Le rédacteur biblique demande aux chrétiens 1/ d’argumenter, de la même manière que l’on témoignerait dans un tribunal pour assurer sa défense ; 2/ de s’y employer avec des qualités qui correspondent à celui d’un disciple du Christ. Ainsi, quand quelqu’un s’est engagé à respecter les consignes de la Bible, mais omet volontairement de mettre en pratique ce verset, il fait preuve d’un « mépris insultant du livre saint ». C’est comme si les paroles prononcées par le rédacteur de la Bible et par les auteurs des Tour de Garde précédemment citées n’avaient aucune valeur à ses yeux et pouvaient être bafouées quand ça l’arrange.

    Mais après tout, vous avez raison, ne vous gênez pas d’écrire de tels commentaires : d’une part l’article sera encore davantage consulté, et d’autre part les lecteurs feront clairement la différence entre l’argumentation des non-TJ et le vide sidéral que vous offrez en matière de raisonnement. C’est précisément ce genre de contraste qui est susceptible d’ouvrir les yeux à certaines personnes…

    Cordialement, Liberty.

    Répondre

  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 29 juin 2010 14:07, par Le fou

    Mais non ! vous n’argumentez point, vous essayez juste de vous dédouaner sous un vernis de donneur de leçons. Ce qui est encore plus lamentable c’est votre prétention à comprendre le livre saint tout en foulant aux pied l’exemplarité qu’il porte aux nues. Cette imposture n’est guère étonnante venant de vous et de vos semblables.

    Répondre

    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 30 juin 2010 18:42, par liberty84

      Bonjour Le Fou,

      Ceci est probablement ma dernière intervention. En effet, je ne vois pas l’intérêt de répondre à des insultes qui se répètent à l’infini. Si vous ne voulez pas apporter des arguments et que vous continuez à polluer ce site avec de tels messages, ne vous étonnez pas que je décide de vous ignorer. Merci donc de changer d’attitude, dans l’intérêt de tous.

      Cordialement, Liberty.

      Répondre

  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 27 septembre 2010 15:28, par Laurae

    Ah ! non çà ne dédouane pas ; nous avons payé le prix fort et la honte d’avoir représenté une telle affaire….

    Mais comment çà a pu se produire ?

    Telle est La question lancinante quand on se dit que vraiment quelque chose cloche dans le montage de cette dite nouvellement religion ***

    Je trouve fort bien cet article sur le baptême tel que concocté par le « governing body » des tj du moment, du moment oui car touche à touche çà a évolué de :

    - la précipitation dans l’eau de baptême suite à un discours de tj entendu dans ce qu’ils appelaient un congres,

    - au questionnaire précédant le baptême ,

    - au glissement de plus en plus clair vers le sens de soumission à « La Société » (des tj avec son siège que l’on connaissant à Brooklin et ses filiales dont celle du pays dans lequel on vivait.)
    - et à… maintenant quoi ?

    Le fil rouge de la WTB serait il train de changer encore d’allure ou cette fois de raison sociale , pour mieux pouvoir continuer avec les mêmes effets sur les esprits inféodés ? Ou menés en bateau ?…. image répétitive chère à la WTB que celle du navire qui protège en ses flancs ses adeptes.

    ***dans les années 1960, COMBIEN DE TJ NIAIENT EN ÊTRE UNE,RELIGION ET CE, SUR LA BASE de quelques articles de leurs « manuels d’études » estampillés « Watch tower ;; ; »etc

    C’était un savant dosage d’anti-religiosité et de trompe l’œil religieux…. Des athées s’y sont laissé piéger. Et encore ?

    Répondre

  • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 11 novembre 2010 17:54, par michella

    « Ainsi, à bien y regarder de près, la réalité de l’exclusion Méthode d’évitement préconisée par l’organisation jéhoviste à l’encontre d’un ex-fidèle chez les Témoins de Jéhovah ne relève-t-elle pas davantage d’UNE interprétation très libre de ce passage plutôt que de la lecture la plus directe du texte ? »

    Bonjour

    C’est sur ce point essentiellement que je voulais vous voir commenter

    Vous dites que c’est une interprétation « libre » de la Bible c’est vous qui le dites on pourrait aussi considérer que vous avez votre propre interprétation « très libre » de ce passage parceque manifestement j’ai beau lire et relire le passage avec son contexte entier et j’en viens toujours et inlassablement à la meme conclusion celle des TJ Alors vous pouvez ne pas etre d’accord (c’est certainement pour ça que vous n’etes plus TJ) celà dit je ne vois RIEN dans votre « analyse » qui me laisse entendre que votre propre lecture du passage ( et meme de la Bible ) soit forcément la plus correcte

    Toute personne souhaitant se faire baptiser TJ connait cette « interprétation libre » et l’accepte en toute connaissance de causes et de conséquences

    amicalement

    Répondre

    • L’exclusion : mythes et réalité - Partie II 11 novembre 2010 21:21, par liberty84

      Bonjour Michella et merci de votre commentaire,

      Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne cherche nullement à apporter une « interprétation » du chapitre de 1 Corinthiens, mais simplement à expliciter le message que le rédacteur à voulu transmettre, et de le confronter à la manière dont la WT l’applique afin de vérifier si elle le suit fidèlement ou en fait une « libre interprétation », sachant que plus l’application s’éloigne du texte, et plus il y a de chances que celui-ci soit exploité de façon malhonnête.

      Vous dites que vous avez relu le passage de 1 Corinthiens et que vous en arriver à la même conclusion que celle des TJ sur la manière d’appliquer l’exclusion. Bien. Donc je serai heureux de connaître vos arguments, à l’aide des versets bibliques bien entendu, sur les points suivants :

      * Où voyez-vous qu’un comité judiciaire doit être mis en place pour juger le coupable ?

      * Où voyez-vous que ce comité judiciaire doit être composé d’anciens de la congrégation ?

      * Où voyez-vous que ce procès doit être tenu à huis-clos et que le motif de l’exclusion doit être tenu secret pour l’ensemble de la congrégation ?

      * Où voyez-vous que quelqu’un qui, par exemple, célèbre un anniversaire, ou critique une doctrine du Collège Central, ou accepte une transfusion sanguine, doit être exclu de la congrégation, alors que ces motifs ne figurent pas dans la liste énumérée par le rédacteur ?

      * Où voyez-vous que la rupture doit être totale puisque l’expression grecque « cesser de fréquenter » est la même qu’en 2 Thessaloniciens 3:14, et alors que le verset 15 indique clairement que des contacts sont encore permis avec le coupable ?

      Je suis impatient de connaître vos réponses à ces questions.

      A toutes fins utiles, je vous renvoie à l’article III de cette série, et particulièrement aux nombreux messages en fin de page qui abordait déjà les questions que vous avez soulevées.

      Cordialement, Liberty.

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