L’enfer est pavé de bonnes intentions
école

Ceux qui sont nés dans des familles TJ depuis les années 80 ne sont pas gâtés, il faut bien l’avouer.
Si ceux qui ont grandi dans les années 1950 - 1960 évoluaient dans un monde où tous les jeunes avaient à porter un lourd bagage autoritaire, les enfants des idéologistes seventies et surtout des individualistes années 80 n’acceptent plus d’être soumis à rien. La vision paternaliste définitivement balayée n’arrange pas les choses des moralisateurs extrémistes TJ. Eux qui prônent la virginité jusqu’au mariage, la supériorité de l’homme sur la femme, l’acceptation de dogmes usés depuis deux millénaires, la crainte d’un Dieu omniscient, etc. prêchent de telles valeurs dans une société contemporaine où les révoltes sociales successives ont élevé les droits de l’homme en seul principe absolu. (NB : il ne s’agit pas ici de faire l’apologie d’une permissivité absolue, mais de faire une distinction entre « le monde » et « la société Watch Tower »).
L’autodétermination ne fait pas bon ménage avec les stricts règlements religieux. Ces si nombreux jeunes gens TJ, exposés chaque jour à l’école aux idées progressistes d’une société en mouvement, des jeunes qui voient chaque jour à la télévision et au cinéma le libre-arbitre, le libre-examen célébré comme les seules doctrines post-modernes, des jeunes qu’aucun signe distinctif ne permet d’identifier dans les écoles publiques qu’ils fréquentent, de tels jeunes acceptent pourtant en vrac depuis leur plus tendre enfance une logorrhée absurde, un culte basé sur un livre qui s’autoproclame sacré.
L’éducation parentale alliée à la fréquentation assidue d’autres familles élevées dans le même état d’esprit suffisent-elles donc à modeler un cerveau d’enfant pour qu’il considère que 99,9 % de la population terrestre est foncièrement et définitivement mauvaise et haïssable ? Il faut croire que oui.
Si les jeunes TJ jouent, dans un premier temps, conversent ensuite et passent de nombreuses heures en compagnie d’autres jeunes non-TJ (des « jeunes du Monde »), un mur invisible, édifié par les parents au fil des discussions et des lectures pseudo-bibliques, sépare définitivement les deux univers. Et premièrement, l’enfant TJ grandit avec l’idée qu’un jour ou l’autre, un jour prochain, tous ses copains périront par la colère de Dieu, tandis que lui sera récompensé de ne pas les avoir suivi dans leur dépravation. Pour ne pas que cette déchirure inévitable soit trop douloureuse, autant ne pas s’attacher inutilement. Cette vision cynique des relations humaines, les TJ qui ont le courage de lire ces lignes la réfuteront. Ils revendiqueront par ailleurs un amour pour tout le genre humain. Un amour qui les pousse à convaincre par tous les moyens les gens qu’ils fréquentent à rejoindre leur mouvement.
L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Notes: