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Jésus, mythe ou réalité historique ? (1/4)




Cette étude a été prononcée sous forme de conférence (dans le cadre de la Libre Pensée) en différentes villes de France métropolitaine et d’Outre-Mer. Elle constitue une synthèse des écrits, sur ce sujet, des auteurs cités dans la bibliographie, plus particulièrement ceux de Prosper Alfaric, Guy Fau et Las Vergnas.

Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

I - Introduction

En matière d’Histoire, on retient :
- Des Vérités, avec un grand V, que personne ne conteste, que personne ne contesterait sous peine de ridicule. C’est ainsi, par exemple, qu’il ne viendrait à l’idée de personne de mettre en doute l’existence de Charlemagne, la réalité de la guerre de cent ans ou la révocation de l’Edit de Nantes. On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

A l’opposé des vérités, on trouve :
- Les mensonges historiques. Ils ne deviennent mensonges, bien sûr, que lorsqu’ils sont démasqués. Un seul exemple : nous avons tous cru, pendant près d’un demi-siècle, que les 4.500 officiers polonais fusillés à Katyn l’avaient été par les nazis. C’était la vérité officielle. C’était même un dogme car si vous l’aviez contesté, vous eussiez provoqué indignation et même répression. Or, on sait aujourd’hui avec certitude que c’était un mensonge.

Il existe aussi :
- Les incertitudes historiques. Elles sont légion. La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Si oui, où ? Moïse a-t-il existé ?
- Les énigmes historiques. Qui était le Masque de Fer ? On ne le sait toujours pas.

Enfin, il y a :
- Les mythes et légendes. On a cru longtemps et en toute bonne foi que Guillaume Tell avait réellement existé et réalisé l’exploit de la pomme. Il ne s’agit plus, en fait, que d’une légende d’origine scandinave. Pendant seize siècle, les disciples de Mithra ont cru que leur dieu avait réellement vécu sur terre. Plus personne n’y croit aujourd’hui ; Mithra est un mythe.

Comment détermine-t-on qu’un événement, un fait, un personnage, est une réalité historique ? On exige des sources écrites (tout particulièrement lorsqu’il s’agit de faits anciens) qui soient à la fois sérieuses et multiples ; on procède alors par comparaisons, par recoupements et on déclare vrai ce qui correspond à un faisceau d’indices, de données et, si possible, de preuves.

Ainsi, par exemple,

- le massacre des innocents que nous signale l’évangile dit de Matthieu ne se retrouve dans aucun autre texte, dans aucun autre document. Un événement de cette importance n’aurait pu échapper aux nombreux écrivains et historiens juifs ou païens contemporains de l’affaire. Or, aucun ne le cite. On peut douter sérieusement de la réalité de ce massacre. On peut même le nier.

- Par contre, le recensement de César Auguste qui est cité dans l’évangile dit de Luc est mentionné dans d’autres sources, juives et latines. On l’accepte comme un fait authentique.

II - La question

La question que nous posons aujourd’hui est celle-ci : Jésus est-il un mythe ou une réalité historique ? A-t-il réellement vécu ? Je précise que cette question ne concerne que l’existence d’un Jésus homme, excluant toute interrogation relative à son éventuelle divinité. Nous connaissons le personnage par les évangiles et, disons-le tout de suite en attendant de le montrer, rien que par les évangiles.

Quel portrait nous en fait le livre sacré des chrétiens ? Il est né à Palestine, à Bethléem, d’une vierge fécondée par le Saint-Esprit qui « la couvrit de son ombre ». Jusqu’au début de son ministère, on ne sait pas grand chose de lui, si ce n’est qu’il vit à Nazareth, dans le nord du pays, où il exerce le métier de charpentier avec son père adoptif et qu’à l’âge de douze ans il fait une fugue pour aller discuter théologie avec les docteurs de la loi dans le temple de Jérusalem.

Son ministère commence à trente ans. Il réunit autour de lui douze disciples avec lesquels il parcourt les routes de Palestine. Il prêche, le plus souvent sous forme de paraboles, quelquefois d’invectives, n’hésitant pas à vouer au feu éternel ceux qui ne croient pas en lui. Il fait des miracles, multipliant pains et poissons, transformant l’eau en vin, marchant sur les eaux. Il guérit des malades et ressuscite des morts à trois reprises. Après trois années de ministère, il est condamné à mort par un tribunal religieux qui le livre à l’occupant romain, lequel l’exécute par crucifiement.

- Trois jours après sa mort il ressuscite, passe encore quarante jours sur terre avant de disparaître en s’élevant dans les airs, non sans avoir promis à ses disciples son retour imminent, imminence toujours d’actualité pour les chrétiens dits millénaristes.

Mais poser la question de l’existence d’un tel personnage, cela a-t-il un sens ?

Le fait n’est-il pas évident ?

Dix-neuf siècles d’histoire chrétienne sont là pour l’attester ! Pour un chrétien, le simple fait de poser la question est un blasphème, une insulte à sa foi et à l’histoire. A sa foi, surtout. Voici ce que m’écrit une jeune chrétienne : « Les preuves historiques de son existence (qui sont essentielles pour un chrétien digne de ce nom) sont bien plus importantes que celles de n’importe quel fait de l’histoire ancienne. Aucun historien du monde libre ne risquerait sa réputation à affirmer que Jésus-Christ n’a jamais existé ».

Pour le non chrétien, même en extrayant tout ce qu’il y a de miraculeux dans la vie de Jésus, sa naissance, ses miracles, sa résurrection, même en constatant après ça qu’il ne reste pas grand chose, mettre en doute son existence lui paraît, a priori, tout à fait farfelu. Et pourtant le doute, ou plutôt la négation, est apparue très tôt.

III - Qui sont ceux qui ont nié ou douté ?

Les premiers qui ont contesté l’existence physique de Jésus nous sont présentés par la bible elle-même :

- I Jean IV 2/3 : « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu »

- II Jean 7 : « Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair ».

Des sectes, chrétiennes ou gravitant autour du christianisme débutant, se multiplièrent pour lesquelles le Christ n’était qu’un être divin, céleste, sans consistance charnelle vraie.

Citons-en quelques-unes :

- Les Gnostiques

Basilide, Valentin, Carpocrate, les trois grands noms de la Gnose du IIe siècle, rejettent toute existence d’un Christ humain. Le Christ gnostique est un être purement céleste.

Marcion est un gnostique chrétien se réclamant de Paul. Son Christ était descendu du Ciel ‘’tout fait’’ en l’an 29 de notre ère. Marcion possédait un évangile, que nous appelons ‘’Evangelion’’, perdu mais reconstitué en 1929 par le savant allemand Harnack. Il commençait ainsi : « En l’an 15 de Tibère, Jésus descendit du Ciel à Capharnaüm ».

Le Christ des Marcionites n’avait ni père ni mère et ne possédait qu’une apparence humaine. Marcion fut excommunié comme hérétique par l’Eglise de Rome en 144. Sa doctrine persista jusqu’au Xe siècle. (Elle vient de renaître en France sous l’égide d’un certain Mgr Daniel Lacoste ; son siège est à Salon de Provence).

Citons encore :

Les docètes, secte chrétienne du IIe siècle. Pour eux, la chair est impure. Le Christ n’a donc pu revêtir une nature corporelle et humaine. Son corps, comme sa passion et sa mort n’étaient que des apparences.

- Les Monophysites, hérétiques du Ve au VIIe siècle, n’admettaient dans le Christ que sa nature divine.

Même doctrine chez :

- Les Monarchiens, IIIe siècle, pour qui le Christ ne s’est pas incarné.

- Les Mandéens, ou « Chrétiens de St Jean » ne voient dans le Christ qu’une des sept divinités planétaires. (Les Mandéens n’ont jamais cessé d’exister depuis lors. Il en reste une dizaine de milliers aujourd’hui, répartis en Irak, au Liban et en Egypte).

Cette liste des doctrines qui n’ont cessé de nier l’homme-Jésus, ne retenant que le dieu-Jésus, n’est pas exhaustive.

Nous nous trouvons donc en assez grande compagnie, si ce n’est en bonne compagnie. Et, en passant en revue les diverses branches du christianisme ou du parachristianisme qui contestent le fait que Jésus ait vécu en chair et en os, la question que nous posons nous paraît déjà beaucoup moins bizarre.

Mais d’autres voix se mêlent au concert. Parmi elles, celles de deux papes :

LEON X, qui gouverna l’Eglise au début du XVIe siècle, confia à son secrétaire, le cardinal Bembo, qui nous le rapporte dans ses écrits : « On sait depuis des siècles combien cette fable du Christ a été profitable à nous et aux nôtres ».

PAUL III, qui prend le trône pontifical peu après Léon X, déclare à l’ambassadeur d’Espagne auprès du Saint Siège, Mendoza, « que le Christ n’était autre que le soleil adoré par la secte mithraïque, et que Jupiter Ammon, représenté dans le paganisme sous la forme du bélier ou de l’agneau ». Toujours selon Mendoza, Paul III expliquait les allégories de son incarnation et de sa résurrection par le parallèle du Christ et de Mithra. Il disait que l’adoration des mages n’était autre que la cérémonie dans laquelle les prêtres de Zoroastre offraient à leur dieu l’or, l’encens et la myrrhe, les trois présents affectés à l’astre de la lumière. Il osait dire, ce pape, que l’on ne disposait d’aucun document d’une authenticité irrévocable qui prouvât l’existence du Christ comme homme et que, pour lui, sa conviction était qu’il n’avait jamais existé, Mithra et Jésus étant un seul et même dieu.

La thèse d’un Jésus mythique est reprise en France au XVIIIe siècle par DUPUIS. Au XIXe siècle, les Allemands et les Anglais étudieront la question selon les premiers moyens de la critique littéraire moderne avec BAUER, de DREWS, l’école de TÜBINGEN, l’école de STRAUSS qui tous mettront en relief les difficultés à affirmer l’existence historique de Jésus.

Chez nous, Renan, suivi par Loisy, Turmel, Guignebert, ne furent pas des tenants de la thèse mythique, mais leurs travaux préparèrent le terrain à COUCHOUD, puis ALFARIC, MOUTIER-ROUSSET, STEPHANE, LAS VERGNAS, ORY, FAU et quelques autres. La thèse mythique est défendue en Russie, entre autre par LENZMAN et dans les pays appelés anglo-saxons avec, en particulier, G.A. WELLS dont le « Did Jesus exist ? » est paru assez récemment.

…/… les raisons de douter…


Notes:
10 commentaires
  • pourquoi ne doute-t-on pas de Charlemagne ? 31 octobre 2006 10:37, par Un contributeur du site « Le Pharisien Libéré »
    Des Vérités, avec un grand V, que personne ne conteste, que personne ne contesterait sous peine de ridicule. C’est ainsi, par exemple, qu’il ne viendrait à l’idée de personne de mettre en doute l’existence de Charlemagne, la réalité de la guerre de cent ans ou la révocation de l’Edit de Nantes. On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

    En fait, il est impossible de douter de Charlemagne ou de l’Edit de Nantes parce que, dans les 2 cas, un corpus diplomatique existe qui atteste de l’existence du roi sous le règne duquel fut inventé la minuscule caroline (une calligraphie particulière) ; de même, douter de l’existence de l’Edit de Nantes serait sot parce que nous avons le parchemin du texte avec tous les sceaux royaux.

    Il est donc spécieux d’assimiler l’absence de doute sur ces 2 faits historiques et l’absence de doute (pratiquement chez tout le monde au temps de Prosper Alfaric) en ce qui concerne l’existence historique de Jésus de Nazareth. En ce qui concerne Ce personnage, aucune preuve directe n’existe.

    L’assimilation de l’un à l’autre est spécieux : il suggère que seules les preuves directes attestent de l’existence d’un fait historique ou d’un évènement. Ce qui est une erreur de méthode.

    Voir en ligne : Le Pharisien Libéré

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    • Je suis venu, Jésus, j’ai vécu 31 octobre 2006 13:49, par Lucretius

      Mieux que Charlemagne dont la biographie rendue par Eginhart pourrait être taxée d’hagiographie, la comparaison entre Jésus et César (personnage encore plus ancien que Jésus) est frappante.

      On connait les dates de naissance et de mort de ce cher Jules. On connaît ses campagnes par ses propres écrits ou par ceux de différents écrivains dignes de confiance : Pétrarque et Suétone. On connaît son visage par les statues qui l’ont représenté ou les pièces de monnaie qui portent son effigie.

      Il n’existe aucun texte (du moins à ma connaissance) qui montre que César ait accompli des prophéties, qu’il ait marché sur l’eau - même sur le Rubicon ce qui aurait été pratique pour le franchir ;-) - qu’il ait multiplié les pains ou accompli un quelconque miracle dont on affuble généreusement le personnage de Jésus. L’un donne dans le récit historique, l’autre dans le récit fabuleux et le mythe. Et le handicap est lourd.

      Tout en ce qui concerne Jésus n’est qu’imprécision. Comment ne pas douter historiquement de ce Jésus dont on ne possède aucun portrait fiable et aucun témoignage étendu qui ne soit pas manifestement reconstruit et incontestablement hagiographique.

      A la même époque historique, pour deux personnages qui ont tous deux pesé sur l’Histoire, il n’y a pas de comparaison possible.

      Même si le personnage primitif de Jésus est historique, l’adjonction d’éléments tardifs et laudatifs est tellement important qu’il est virtuellement impossible de le retrouver. Quelqu’un a écrit un jour : c’est comme rechercher le noyau d’un oignon.

      Répondre

      • Montrer que les thèses mythistes ne tiennent pas la route ne démontre en rien l’existence hisorique de Jésus 4 novembre 2006 19:33, par Un contributeur du site « Le Pharisien Libéré »
        Même si le personnage primitif de Jésus est historique, l’adjonction d’éléments tardifs et laudatifs est tellement important qu’il est virtuellement impossible de le retrouver. Quelqu’un a écrit un jour : c’est comme rechercher le noyau d’un oignon.

        Ce passage est « minimaliste » ou « cryptiste » , dans la classification du cercle zététique, sauf erreur. Le point de vue minimaliste rassemble le consensus des chercheurs. Mon objectif consistait à montrer en quoi les thèses mythistes ne tiennent pas bien la route. Voir ici . Cela ne préjuge rien de l’existence historique de Jésus de Nazareth.

        Toutefois, les éléments « laudatifs » ne sont pas tardifs ; ils attesteraient plutôt de l’authenticité du texte comme étant bien de la fin du 1er siècle. Cela se nomme de l’arétalogie ou vie de héros. L’arétalogie est un terme employé aussi bien par les mythistes comme Alfaric que par les chercheurs plus sérieux comme Daniel Marguérat dont le « Jésus de Nazareth, nouvelles approches d’une énigme » est une somme rassemblant des auteurs de divers horizons et dit ce qu’il y a de neuf depuis les thèses retentissantes du 19e siècle. C’est un peu plus décapant que les thèses mythistes.

        Ceci dit, Suétone n’est pas un écrivain « digne de confiance ». Dans la vie de Vespasien (Vie des 12 Césars), il introduit des éléments tirés de Virgile afin de les élever au rang de mythe et de donner des acquointances divines à Vespasien, et quand il raconte le discours de Claude à Lyon, il le réécrit et cela n’a aucun rapport avec l’original.

        Voir en ligne : Le Pharisien Libéré

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      • L’historicité comparée, nouvelle discipline olympique ! 25 juillet 2008 14:45, par Thiebault

        Mon cher Lucretius,

        Tu te gausses de ce que tu connais les dates de naissance et mort de César, personnage antérieur à Jésus-Christ. Tout d’abord, petite précision, tu ne connais que la date de décès. En effet, on ne peut pas dire que « vers 100 avant l’ère chrétienne » soit une date très précise. Auquel cas, tu dois accepter le « vers 2 avant l’ère chrétienne » pour Jésus-Christ.

        Constatation et comparaison avec Jésus-Christ

        Le père de Jules César était un personnage moyennement important : il était magistrat. Le père de Jésus n’était qu’un simple artisan dans la Palestine, une terre sous domination romaine. Dès lors, quoi de plus étonnant que de connaître la date de naissance exacte d’un individu fils d’un membre moyennement important de l’Empire romain ? Rien, si ce n’est que l’on n’a pas cette date exacte. La comparaison est donc à l’avantage de Jésus-Christ en ce domaine.

        Cependant, il appert très clairement que Jules César fait parler certains auteurs dans leurs ouvrages à son sujet. Ainsi, il ne nous est pas possible de discuter son historicité puisque nous avons des documents contemporains à Jules César. Il a existé.

        De même, possédons-nous des documents contemporains à Jésus dit le Christ attestant son historicité ? On l’a vu, il est le fils d’un Juif banal, sans importance. Son ministère, intervenant aux environs de +29, n’a duré que deux ans environ. Trop court pour susciter l’intérêt des historiens romains, domiciliés à 2.000 bornes de Jérusalem de surcroît, n’est-ce pas ? Cependant, nous possédons des sources d’un historien juif, Flavius Josèphe. Nous pourrions discuter de ces deux sources (je ne retiens pas le slavon).

        Ce qui nous attend risque de faire grincer des dents chez ceux qui croient à des vérités un peu trop vite gobées…

        Ce sacré Charlemagne

        Notre ami Carolus ne devrait nous poser aucun problème : personnage du VIIIe siècle, fils d’un maire de palais (Pépin le Bref) ; son historicité est garantie par nos livres d’histoires ! Et puis, nous avons la biographie de qui, déjà ? Ah oui, Eginhart… On y reviendra juste après. Ce sera gai aussi, tu le verras !

        Alors, première constatation pour notre personnage, c’est que nous ne connaissons pas sa date de naissance exacte ! Incroyable, pas vrai ? Né « vers 742 » ! Ah mais c’est qu’on me dit bien « né probablement le 2 avril 742 ». Mais sais-tu que je suis probablement né le 28 août 1978 ? Probablement, puisque cela ne ferait jamais qu’un décalage de 14 jours, 6 mois et 2 ans. Alors, pour être probable, c’est probable ! Quant à l’exactitude, je te laisse juge…

        Ce n’est pas fini, ne pars pas encore Lucretius… Le plus co(s)mique arrive seulement ! Ce fameux Eginhart a écrit sa biographie de Charlemagne bien après la mort dudit Charlemagne. Nous n’avons pas de document contemporain de Charlemagne attestant son historicité ; incroyable, pas vrai ? Alors, c’est bien beau de rejeter les documents attestant l’historicité de Jésus sous prétexte qu’ils n’en sont pas contemporains. Mais alors, il faut se donner le courage intellectuel de le faire pour d’autres personnages de l’histoire. T’as déjà deux arguments pour renvoyer Charlemagne dans les livres des contes et mythes. Et ce n’est pas tout. Un tout dernier, après je te laisse tranquille !

        En guise de troisième constatation, je m’amuse toujours à imaginer ce bon vieux Charlemagne frisant les 2 mètres sous la toise avec un père si petit qu’il s’était vu affubler d’un sobriquet ridicule : « le Bref ». T’as déjà vu ça, toi, un peï (comme on dit chez moi à Bruxelles) d’1m50 engendrer un ket qui fera, au bas mot, 1m90 ? Oui, c’est probable. C’est même PEU probable, je dirais ! En guise d’exemple personnel (c’est une forme de narcissisme, un égocentrisme presque exacerbé), je donnerais la taille de mon père et la mienne : 1m78 et 1m92. Si on prend en compte que mon père a commencé à fumer durant son adolescence et que cela l’a privé d’environ 5 centimètres, on est dans des proportions crédibles. Eh, après tout, peut-être que Pépin fumait !

        Sur ces considérations, mon cher Lucretius, je te laisse te refaire un avis différent ou, à tout le moins, de relativiser certaines certitudes. ;)

        Bien cordialement,

        Thiébault

        Répondre

        • Suite du débat 25 juillet 2008 15:17, par Popper

          Cher Thiebault,

          Votre réponse mérite réflexion et débat. J’ai pris l’initative de le déplacer sur ce forum afin que nous puissions échanger les points de vue.

          Meilleures salutations.

          Répondre

        • Imprécision historique ou histoire à dormir debout ? 1er août 2008 16:27, par Lucretius

          Cher Thiébault,
          Je reçois vos remarques, mais je tiens à en limiter la portée.
          Constater que Jules César et Charlemagne se perdent, eux aussi, dans les méandres de l’imprécision historique manifeste les limites de la matière ou de la science.
          Mais, comme je l’ai relevé dans un précédent commentaire, ni Charlemagne, ni Jules César n’ont accompli de miracles, ni ne sont nés par miracle, ni même eu vocation à sauver l’humanité.
          On ne joue pas dans les mêmes eaux et l’impératif de vérité n’est pas identique. Personne n’est invité à vouer aveuglément sa vie à Jules César ou Charlemagne.
          La prétention des adorateurs de Jésus-Christ est singulière. Sur la base des seuls évangiles, et de quelques autres références bricolées, ils souhaiteraient que tout le monde croit dur comme fer à une histoire à dormir debout, basée sur le témoignage d’une poignée d’illuminés, témoignage remixé et reconstruit par leurs successeurs à travers les siècles .
          S’il y a encore des hommes dans un million d’années, ils ne pourront que s’étonner qu’une légende aussi infondée et somme toute tenace ait pu garder des partisans aussi longtemps dans l’Histoire.
          Non moins cordialement.

          Répondre

          • pas de miracles ? 3 août 2008 14:41, par Laurae

            « Mais, comme je l’ai relevé dans un précédent commentaire, ni Charlemagne, ni Jules César n’ont accompli de miracles, »

            mouaiis… bof, en ce qui concerne César, à qui l’on rendait un culte, je ne sais, mais en ce qui concerne Charlemagne :

            http://www.saint-jacques.info/turpi…

            Les miracles ne m’ont jamais rien prouvé, il y en a toujours eu..Ceux du dieu « Asclépios » étant les premiers qui m’aient fait réfléchir à la question au « temps de ma jeunesse folle ».

            Répondre

            • Si si des miracles 5 août 2008 08:55, par Lucretius

              « Saint Charlemagne, faites que j’ai des bonnes notes à l’école… »

              Je suis certain que des écoliers à travers les siècles ont du assister à des miracles. :D

              Répondre

  • Basilide encarté par les mythistes 31 octobre 2006 10:57, par Un contributeur du site « Le Pharisien Libéré »

    Encarter chez les mythistes les gnostiques tels que Basilide est du plus haut comique. Les affirmations gnostiques (que le Christ n’a pas de corps réel et que l’incarnation dans le corps de Jésus est uniquement une apparence) sont tout aussi mythologique, i.e. théologique que la vierge couverte de l’ombre du Saint-Esprit.

    Le raisonnement qui appuie sur la doctrine gnostique l’affirmation mythiste est tout à fait spécieuse en cela qu’elle accueille littéralement la doctrine gnostique et récuse comme mythologique le récit de la vierge fécondée par l’esprit. On se demande le critère de choix entre un littéralisme plutôt qu’un autre ? On est contraint à constater que, sur ce coup-là, l’esprit critique fait défaut aux mythistes.

    Pour en revenir aux historiens contemporains,

    Chez nous, Renan, suivi par Loisy, Turmel, Guignebert, ne furent pas des tenants de la thèse mythique, mais leurs travaux préparèrent le terrain à COUCHOUD, puis ALFARIC, MOUTIER-ROUSSET, STEPHANE, LAS VERGNAS, ORY, FAU et quelques autres. La thèse mythique est défendue en Russie, entre autre par LENZMAN et dans les pays appelés anglo-saxons avec, en particulier, G.A. WELLS dont le « Did Jesus exist ? » est paru assez récemment.

    Le mythisme remonte plus loin que cela et Couchoud (médecin, Poète érudit, japonisant et helléniste, bref, rien qui le destine à l’histoire) ou Alfaric, le seul universitaire de la bande, n’ont rien inventé. Voici un tour d’horizon du mythisme qui montre que la première thèse mythiste remonte à 1830.

    La première édition de Wells est de 1982, la réédition est de 1986. Rien de bien neuf : Wells est professeur d’Allemand, ce qui le prédispose à l’histoire ancienne, sans doute ?

    En fait, le seul qui ait eu titre et qualités pour eplucher la question fut Prosper Alfaric, titulaire de la chaire d’histoire des religions de l’université de Strasbourg. Ses articles sur l’inexistence historique de Jésus furent publiés exclusivement dans les cahiers de l’union rationaliste et dans les Cahiers Ernest Renan,. ALfaric ne prêchait que chez des convertis. En effet, vu sa position, il avait toute latitude de publier ses thèses dans des revues à validation universitaire comme : *la revue d’histoire des religions fondée par Louis Guimet (nommément pour relativiser le catholicisme, car cette revue nait au temps des « cultes reconnus ») *la revue historique de Gabriel Monod.

    On se demande donc pourquoi Alfaric récusa le contrôle de ses pairs sur cette partie de ses travaux ? Des pistes dans le Pharisien libéré sous peu.

    Voir en ligne : Le Pharisien Libéré

    Répondre

  • Jésus, mythe ou réalité historique ? (1/4) 27 septembre 2010 02:34, par stark

    Non il n’est pas un mythe. Il y eut des auteurs anciens (non chrétiens), qui ont fait mention du Christ et des premiers chrétiens dans leurs écrits : Flavius, Pline le jeune, Lucien de Samosate, etc. Même chose pour le Talmud.

    Répondre


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