Jéhovisme versus Humanisme
fondamentalisme

L’une des nombreuses définitions de l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
est : la perspective qui place l’homme, ses vertus et son épanouissement harmonieux comme le fondement et la finalité de toute civilisation.
Les doctrines des Témoins de Jéhovah peuvent-elles valablement s’inscrire dans cette perspective pourtant très louable ?
Pour un Témoin de Jéhovah, et comme pour tout fondamentaliste digne de ce nom, c’est la Bible qui fait autorité et qui doit modeler la pensée et justifier la position. La Bible est claire quant à sa portée et à la soumission requise à ses versets. Soyons en juges à travers quelques passages judicieusement choisis, passages qui nous éclaireront sur la véritable dimension humaine prônée par le livre sacré.
(2 Timothée 3:16-17 - TMN) 16 Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour remettre les choses en ordre, pour discipliner dans la justice, 17 pour que l’homme de Dieu soit pleinement qualifié, parfaitement équipé pour toute œuvre bonne.
La Bible est le canon, l’étalon-or du bien-penser. Tout ce qu’elle contient ne peut-être qu’excellent sur le plan moral et profitable à l’homme. D’ailleurs il n’existe pas de sagesse en dehors de ses pages, la sagesse humaine est futile, malsaine, inutilement redondante.
(Ecclésiaste 12:11-12 - TMN) 11 Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et comme des clous plantés, ceux qui composent des recueils [de sentences] ; ils ont été donnés de la part d’un seul berger. 12 Quant à ce qui est en plus de ceux-ci, mon fils, tiens compte de l’avertissement : à faire beaucoup de livres il n’y a pas de fin, et se consacrer beaucoup [à eux] est une fatigue pour la chair.
Pourquoi se fatiguer inutilement à penser différemment et à accéder à des cultures qui ne sont pas les nôtres ?
(1 Corinthiens 3:18-20) 18 Que personne ne se séduise lui-même : si quelqu’un parmi vous pense être sage dans ce système de choses, qu’il devienne sot pour devenir sage. 19 Car la sagesse de ce monde est sottise auprès de Dieu en effet, il est écrit : “ Il attrape les sages dans leur propre ruse. ” 20 Et encore : “ Jéhovah sait que les raisonnements des sages sont futiles. ”
L’homme ne doit pas aimer la sagesse du monde, l’amour de la sagesse, littéralement la philosophie, est un péché contre Dieu.
Le Dieu biblique n’a que faire de l’intelligence ou du bel esprit, seul lui suffit l’obéissance, le reste n’est qu’orgueil.
Et savez-vous où mène l’orgueil ?
(Proverbes 16:18-19 - TMN) 18 Avant l’écroulement, il y a l’orgueil, et avant le faux pas, l’esprit hautain. 19 Mieux vaut être humble d’esprit avec les humbles que de partager le butin avec les orgueilleux.
L’obéissance, voilà bien le maître mot. L’homme est bien incapable de penser par lui-même. Il restera à jamais sous la tutelle divine.
(Jérémie 10:23) Je sais bien, ô Jéhovah, qu’à l’homme tiré du sol n’appartient pas sa voie. Il n’appartient pas à l’homme qui marche de diriger son pas.
Et si l’homme a le malheur de passer par dessus l’évidence de son incapacité et de son insuffisance, s’il fixe des lois ou des principes qu’il jugera bons pour lui, qu’en faire ?
(Actes 5:29 - TMN) En réponse Pierre et les [autres] apôtres dirent : “ Nous devons obéir à Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux hommes.
Sous le rapport de la direction éclairée ou de l’avis intelligent, l’homme ne compte pour rien face à Dieu.
Le réflexe soigneusement conditionné et entretenu par la certitude des versets bibliques sera : que dit ma Bible, et bien au-delà, dissimulé derrière sa sacro-sainte légitimité, que dit le Collège Central [1], l’élite dirigeante qui donne la lumière des Écritures ?
Ce rapport du jéhovisme à l’homme, cette vision étriquée, diminuée, amputée de l’homme sont-ils compatibles avec l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
?
Non !
Le Dieu du jéhovisme et du fondamentalisme est un dieu étouffant, qui ne fait pas confiance en l’homme et qui refuse même de le laisser grandir et prendre sa stature d’adulte.
L’homme fait des erreurs, commet des choses terribles, c’est la preuve qu’il a à jamais besoin de Dieu, que le cordon ombilical qu’Adam n’a jamais eu ne pourra jamais être tranché.
L’idée que l’homme puisse se construire et apprendre de ses erreurs est opposée à l’approche fondamentaliste, seul Dieu peut gratifier de la perfection par son esprit, seul Dieu est capable de libérer l’homme du péché. Pourquoi se battre pour un homme meilleur et plus sage, Dieu le transmutera, comme l’alchimiste Nicolas Flamel [2] changeait le vil plomb en bon or.
Le jéhovisme a peur de l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
, qui rendrait trop de latitude et de pouvoir à l’homme.
Le prétendu amour du jéhovisme pour l’humanité est un amour de façade, c’est de la fausse philanthropie, c’est l’amour pour une humanité sous perfusion théologique et sacerdotale, pour une humanité servile à tout jamais.
Même l’Organisation jéhoviste a saisi le profond antagonisme qui l’oppose à l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
.
Notez le Réveillez-vous du 22/6 1982 p. 27 “L’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
athée” - Nouvelle religion ou philosophie ancienne ? :
Les humanistes aiment à citer le philosophe grec Protagoras qui déclara dans l’Antiquité que “l’homme était la mesure de toutes choses”. Par cette formule, il voulait dire que l’on ne pouvait pas découvrir la vérité absolue. De telles pensées ne peuvent pas coexister avec le vrai christianisme, car les chrétiens sont convaincus d’avoir trouvé la vérité qui les a libérés (Jean 8:32). Ils estiment que Jéhovah Dieu et son Fils, Jésus Christ, sont “la mesure de toutes choses”. - Éphésiens 5:1 ; I Pierre 2:21.
Il est donc normal que les chrétiens soient opposés à l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
, sous son apparence athée ou “classique”. Un vrai chrétien ne pourrait pas accepter les doctrines humanistes sans compromettre son intégrité envers Dieu.
Tout ce qui met l’homme en valeur réduit le dieu des fondamentalistes.
L’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
est une ruse supplémentaire de Satan, celui qui se transforme continuellement en ange de lumière (2Cor 11:14), soutiendra avec conviction le fondamentaliste.
Et que dire de la philosophie qui est le mal absolu, la perdition de l’homme.
Pour lutter contre le fondamentalisme il est urgent de philosopher.
Dans son avant-propos à son ouvrage « Présentations de la philosophie », André Comte-Sponville tient un discours qui va précisément dans le sens de cet appel au combat.
"La philosophie est questionnement radical, quête de la vérité globale ou ultime (et non, comme dans les sciences, de telle ou telle vérité particulière), création et utilisation de concepts (même si on le fait aussi dans d’autres disciplines), réflexivité (retour sur soi de l’esprit ou de la raison : pensée de la pensée), méditation sur sa propre histoire et celle de l’humanité, recherche de la plus grande cohérence possible, de la plus grande rationalité possible (c’est l’art de la raison, si l’on veut, mais qui déboucherait sur un art de vivre), construction, parfois, de systèmes, élaboration, toujours, de thèses, d’arguments, de théories… Mais elle est aussi, et peut-être d’abord, critique des illusions, des préjugés, des idéologies. Toute philosophie est un combat. Son arme ? La raison. Ses ennemis ? La bêtise, le fanatisme, l’obscurantisme. Ses alliés ? Les sciences. Son objet ? Le tout, avec l’homme dedans. Ou l’homme, mais dans le tout. Son but ? La sagesse : le bonheur, mais dans la vérité. Il y a du pain sur la planche, comme on dit, mais c’est tant mieux : les philosophes ont bon appétit."
Avez-vous bon appétit ?
Alors, c’est promis, nous aborderons plus en détails aux travers de plusieurs articles à venir la doctrine jéhoviste que nous rapprocherons de l’humanisme
humanisme
n. m. 1. Doctrine, savoir et éthique des humanistes de la Renaissance.
2. PHILO Doctrine, système qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci.
.
Il est urgent de penser par contraste afin de faire mieux ressortir la nuisance de la doctrine des Témoins de Jéhovah.
Notes:
[1] En anglais governing body - le corps gouvernant.
[2] Flamel (Nicolas) (Pontoise, v. 1330 Paris, 1418), écrivain juré de l’université de Paris. Il acquit, dans des conditions restées mystérieuses, une immense fortune qui accrédita l’opinion qu’il avait découvert et mis à profit le secret de la transmutation des métaux.