Idée reçue ou erreur reçue ?

Sur un ton humoristique le site TatouFaux.com se livre à une réflexion sur la notion d’idée reçue, en rappelant notamment le raisonnement du philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788-1860) :
"Il n’y a en effet aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n’aient pas rapidement adoptée dès qu’on a réussi à les persuader qu’elle était généralement acceptée. L’exemple agit sur leur pensée comme sur leurs actes (…) Il est très étrange que l’universalité d’une opinion ait autant de poids. (…) Le caractère universel d’une opinion n’est ni une preuve ni même un critère de probabilité de son exactitude. Ce que l’on appelle opinion commune est, à y bien regarder, l’opinion de deux ou trois personnes ; et nous pourrions nous en convaincre si seulement nous observions comment naît une telle opinion. Nous verrions que ce sont d’abord deux ou trois personnes qui l’ont admise ou avancée et affirmée, et qu’on a eu la bienveillance de croire qu’elles l’avaient examinée à fond, préjugeant de la compétence suffisante de celles-ci, quelques autres se sont mises également à adopter cette opinion, à leur tour, un grand nombre de personnes se sont fiées à ces dernières, leur paresse les incitant à croire d’emblée les choses plutôt que de se donner le mal de les examiner. "
La religion ne vérifie-t-elle pas ce mécanisme d’adhésion collective et de confiance aveugle ?
Mais l’idée reçue, même si elle nous plait, peut être renversée.
Le rédacteur de l’article pense également que le retournement d’opinion, si il est difficile, est possible.
Nous citons :
« La croyance participe à ces schèmes affectifs et émotionnels, et est associée à une réponse biologique toute faite qui nous semble pourtant propre, et qui lorsqu’elle est installée, est semblable à une forte émotion, c’est-à-dire inatteignable par le raisonnement, hors d’atteinte de toute discussion, parfois même impossible à prouver. Cependant, cette barrière biologique entre vie émotionnelle et raisonnement ne fonctionne pas avec une rigueur absolue, les apports externes peuvent l’affaiblir en permettant de faire un tri entre les émotions et le raisonnement qui dépendra surtout de la compétition entre la force de l’émotion et la puissance des mécanismes rationnels. C’est ce qui fait qu’une idée reçue, en tant qu’objet de croyance, peut se voir abandonnée par la force du raisonnement, lui-même conséquence d’une argumentation logique et démontrée. »
Si vous croyez à la force de la raison sur la fidèlité aveugle, alors persévérez, la liberté n’est peut-être pas loin.
Notes: