Ecrire pour marquer son passage

Ce mot irlandais désigne selon le Petit Larousse un monticule de pierres édifié par des alpinistes pour marquer un repère, indiquer un passage, etc.
En voici un exemple remarquable, il s’agit du Cairn du Géant.

- Le Cairn du Géant
- Photo : www.photos-dauphine.com
Ce monument est observable à la Nouvelle Jasse de la Chau. Ces cairns sont emblématiques de la région des Hauts-Plateaux du Vercors : lorsque il n’y a plus de végétation ou de rocher suffisamment hauts pour y peindre les balises pédestres, l’érection de ces tas de cailloux est la dernière alternative. Les randonneurs successifs apportent leur contribution à ces édifices, ce qui explique les tailles gigantesques de certains de ces cairns.
De manière analogue tous ceux qui passent par ce site sont invités à laisser une trace, un témoignage de leur itinéraire et de leur réflexion sur le rejet du fondamentalisme en général et du jéhovisme jéhovisme L’ensemble des doctrines des Témoins de Jéhovah et par extension le mouvement lui-même. en particulier. Ils sont cordialement invités à poser leur pierre, geste de mémoire - je suis moi aussi passé par là - et geste de solidarité - je vous indique le chemin.
Écrire pour témoigner est un beau geste et un geste qui fait du bien, car il y a de la magie incantatoire dans l’écriture. Par elle la libération de l’esprit est plus facile.
Et qu’importe si ceux qui nous liront seront deux, dix, cinquante ou mille.
Le philosophe André Comte-Sponville s’est précisément interrogé sur l’étonnante puissance de l’écriture. Je vous livre son analyse d’homme de lettres.
On écrit parce qu’on ne peut pas se taire, ou parce qu’on ne veut pas. Le silence est un ennemi aussi, une prison aussi, quand il enferme, quand il écrase, quand il tue, et il tue parfois. On écrit pour lui rendre sa légèreté, sa transparence, son ouverture, sa lumière, mais sans le briser vraiment, comme ferait la parole, sans en sortir, sans le renier. On écrit au cœur du silence, là où la parole ne va guère. On écrit où l’on vit, où l’on est, au plus près de soi et de l’autre. C’est qu’on en est plus séparé par la voix, par le regard, par le corps (qui sépare toujours, tant que les corps ne se touchent pas). C’est aussi qu’on a le temps, du moins quand on le prend, comme l’autre aura celui de vous lire, de vous relire, et des années plus tard peut-être. Il y a une éternité dans l’écriture, dans toute écriture, dont la parole nous séparerait plutôt. Ce n’est pas l’éternité des stèles et des tombeaux. C’est l’éternité de vivre, mais dévoilée, mais préservée, comme une bouteille lancée dans l’océan du temps, comme un morceau du présent dans l’infini de l’avenir. (…)
Toute parole est contemporaine de son écoute, et meurt avec elle. Aucune écriture ne l’est de sa lecture, c’est pourquoi elle ne meurt pas. Entre le temps de l’écriture et celui de la lecture, il y a comme une distance assumée et abolie. Toute parole est d’instant ; toute écriture, de durée. C’est cette durée que le lecteur découvre, redécouvre, habite. Cela fait comme un temps retrouvé, au creux du quotidien, un peu de temps à l’état pur, comme dirait Proust, et c’est ce qu’on appelle l’éternité : le temps qui passe sans se perdre, le présent qui change et continue, le devenir qui demeure…
C’est où l’on retrouve la littérature, ou plutôt nous ne l’avons pas quittée puisque c’est là qu’elle commence. Comme une parole éternelle. Comme un présent sauvegardé. Comme une durée affranchie de soi, et de tout. Écrire, c’est toujours écrire à quelqu’un, ou pour quelqu’un, fût-il inconnu, fût-il universel, et toute littérature, en ce sens, est épistolaire.La correspondance - Impromptus - Ed. Puf / Perspectives critiques (1996)
Nous remercions tous ceux qui ont publié un ou plusieurs textes sur le site Via Veritas
Via Veritas
Chemin Vérité en latin
Ce site collaboratif a permis durant les années 2006 à 2009 à une poignée d’auteurs de porter sur Internet une réflexion non confessionnelle de résistance au fondamentalisme et tout particulièrement au jéhovisme.
TJ-Révélation en est la continuité reprise par une autre équipe.
, tous ceux qui ont ainsi apporté leur contribution, fût-elle à leurs yeux mineure et passagère, à la richesse d’expression et de sensibilité de ce site.
Nous remercions également la centaine de visiteurs quotidiens qui liront, par delà le temps, ces lignes ou d’autres encore.
Passant ou passante n’hésites pas à poser ta pierre pour que le cairn soit toujours plus haut et plus visible, qu’il puisse guider ceux qui se sont égarés ou sont encore dans le brouillard.
Montrez vous aussi le chemin et la voie d’une véritable libération !
Notes:
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