vendredi, 30 juillet 2010|

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Échange photo contre jus de fruit




Notez ces déclarations assurées et triomphantes sur la supériorité de l’Homme sur le reste de la Création.
Livre La vie comment est-elle apparue ? Evolution ou création ?, p. chap. 6 p. 82 § 28 :

Ce qui distingue nettement l’homme de toutes les autres créatures terrestres, c’est son cerveau. Les informations enregistrées par les quelque 100 milliards de neurones que compte le cerveau humain rempliraient les pages d’environ 20 millions de volumes ! Son langage ainsi que sa capacité de raisonner dans l’abstrait le rendent tout à fait différent de l’animal.

Mais qu’est-ce que raisonner dans l’abstrait ?
Le Larousse (2005) nous apprend ceci à propos de l’abstrait :

Abstrait- 2. Privé de réalité concrète ou de références à des éléments matériels (par oppos. à concret).

et

Concret- 2. qui désigne un être ou un objet réel.

Une image dans un miroir ou une photographie sont elles réelles, concrètes ? Elles se rapportent certes à la réalité mais elles ne le sont pas.
La photocopie d’un billet de banque ne fait pas le billet, la photographie d’un être aimé ne suffit pas à faire oublier son absence. Aussi la Watchtower Watchtower Abréviation de Watchtower Bible and Tract Society, la Tour de Garde Société de Bibles et de Tracts.
Il s’agit de la principale structure juridique qui sert à l’Organisation des Témoins de Jéhovah. En raison de leurs liens étroits l’une est synonyme de l’autre.
se gausse de l’animal incapable d’agir intelligemment face à une image et de faire abstraction de l’image en se disant que ce n’est pas la chose réelle qui apparaît mais sa représentation à un instant donné.
Livre Y a t-il un créateur qui se soucie de nous ?, chap. 4 p. 61-62 :

Quand vous vous regardez dans une glace, vous pouvez vous rappeler à quoi vous ressembliez quand vous étiez plus jeune, imaginer comment vous serez d’ici quelques années, ou quelle apparence vous aurez en utilisant des cosmétiques. Alors que vous pensez à cela presque inconsciemment, quelque chose de très particulier se passe, un phénomène qui ne se produit chez aucun animal.
À la différence différence des animaux, qui ne vivent et n’agissent généralement qu’en fonction de besoins immédiats, les humains sont capables de réfléchir au passé et d’envisager l’avenir. Cette faculté est due à la capacité de mémorisation presque illimitée du cerveau. Même si les animaux ne sont pas dénués d’une certaine mémoire, qui leur permet de retrouver leur chemin ou de se rappeler où ils ont caché de la nourriture, les humains les surpassent très largement dans ce domaine.

Il est hors de portée de l’animal de saisir le sens d’une image, sa signification, de projeter une réflexion sur l’image ou même de renoncer à un plaisir ou un besoin immédiat pour se projeter dans l’avenir. Le jugement tombe sans appel comme si le rédacteur jéhoviste pouvait se mettre à la place de l’animal et juger de ses limites.
Et pour en revenir à l’image auquel l’animal ne peut donner un sens nous lisons plus loin.
Livre Y a t-il un créateur qui se soucie de nous ?, chap. 4 p. 65 :

Un chien, un chat ou un oiseau qui se voit dans une glace réagit comme s’il avait affaire à un autre individu de son espèce. Mais vous, quand vous vous regardez dans un miroir, vous êtes conscient de votre existence, vous savez que vous êtes cette personne dotée des facultés dont nous venons de parler.

Voyez comme l’Homme est tellement supérieur qu’il ne peut être assimilé à un animal aussi évolué puisse-t-il être. Le lecteur non averti se satisfera de ces affirmations infondées.
Mais est-ce bien vrai ?
Voici la traduction d’un compte-rendu d’expériences menées sur des macaques rhésus par le Duke University Medical Center, conduite par le neurobiologiste Dr Michael Platt.

Une étude sur le « Pay-Per-View » simiesque pourrait aider à la compréhension de l’autisme.

Durham, N.C. — Des recherches ont démontré que les singes payaient des rations de jus de fruits pour voir des images de singes de rangs supérieurs ou des postérieurs de femelles. Ils affirment que leur technique de recherche offre une approche rigoureuse de laboratoire pour étudier la « machinerie sociale » du cerveau et comment cette machinerie peut tragiquement déboucher sur l’autisme – une maladie qui afflige plus d’un million d’américains et qui constitue le désordre mental qui connaît le plus grand accroissement.
Dans un article publié précédemment en ligne par le journal Current Biology, les neurobiologistes du Duke University Medical Center, Michael Platt, Robert Deaner et Amit Khera, ont décrit les expériences au cours desquelles ils donnaient à des macaques rhésus mâles des récompenses de jus de fruit pour regarder soit une image cible neutre sur un écran d’ordinateur soit des images d’autres singes.
En variant systématiquement les récompenses de jus de fruit et les images – comprenant un carré gris, des singes de haut et de bas rang et des arrière-trains de femelles – les chercheurs ont pu mesurer précisément quelle récompense un singe était prêt à abandonner pour voir quelles images.
Les chercheurs ont trouvé que les singes étaient disposés à laisser une quantité importante de récompenses pour voir une image d’un singe de rang supérieur ou des postérieurs de femelles. Au contraire les singes devaient être mieux « rémunérés » en jus de fruit pour voir les singes de rang inférieur.
La recherche était sponsorisée par The National Institute of Mental Health and the Cure Autism Now Foundation. Il a été publié dans le numéro de Current Biology de mars 2005. Le but de l’étude, dit Platt, était de placer sous contrôle d’un laboratoire les types de jugement sociaux que les singes présentaient à l’état sauvage.
« Des dizaines d’études sur les singes dans leur état naturel ont indiqué qu’ils agissaient comme s’ils exerçaient des jugements sur les niveaux de dominance et l’importance des individus selon leur succès reproductif », affirme Platt. « Mais elles n’avaient donné lieu à aucune démonstration expérimentale quantitative que les singes traitaient réellement cette information et l’utilisait dans la prise de décision.
De manière plus large il est important de comprendre comment le cerveau traite l’information sociale et l’utilise pour prendre une décision. Historiquement la question de la compréhension de la reconnaissance sociale, de l’évaluation sociale et de son fondement neural était en sommeil. Et cela en partie à cause de l’incapacité des scientifiques à appliquer les méthodes de psychophysique expérimentale pour comprendre ces phénomènes.
Aussi, notre approche, par laquelle nous demandons aux singes, dans un sens, de quantifier le jus de fruit qu’ils acceptent de « payer » pour voir un individu nous fournit un système expérimental inestimable pour explorer les réseau neural qui sous-tend la reconnaissance sociale. De manière intrigante, les singes ne vivaient pas dans une colonie où des interactions physiques aurait pu contribuer à établir des hiérarchies de dominance ou des relations sexuelles. Ainsi, d’une manière ou d’une autre, ils obtiennent cette information par l’observation – en voyant les autres individus interagirent.
De tels découvertes indiquent que les méthodes des chercheurs peuvent donner lieu à de riches dividendes scientifiques dans la compréhension de la perception. Cette connaissance peut probablement être appliquée à la machinerie sociale neurale humaine.
Pour le moment c’est seulement une possibilité tentante, mais nous croyons que des des processus similaires sont en fonction chez les singes et chez les gens. Après tout les mêmes types de conditions sociales ont été importantes dans l’évolution primate à la fois des primates non-humains et des hommes. Aussi, dans des expériences à venir, nous voulons également établir comment, de la même façon, les gens acquièrent leur système de valeurs par l’information visuelle portant sur les individus. (…) »

Si les singes sont capables d’identifier et d’interpréter les individus selon leur rang social uniquement d’après leur image, alors ils sont capables de dépasser le concret et faire preuve d’abstraction, discriminant la valeur sociale de l’individu. De plus la contemplation d’une image d’un individu supérieur - leur héros ou leur champion bien à eux - ou des appâts d’une femelle se paie d’une portion de jus de fruit, bousculant quelque peu l’échelle des valeurs des plaisirs immédiats.
Décidément, l’homme est au seuil des découvertes qui restent à faire sur les possibilités mentales des animaux. Et il est même probable que ces recherches permettront de mieux comprendre et soigner l’autisme.
Et vous que préférez-vous illusion créationniste ou réalité scientifique ?


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