dimanche, 1er août 2010|

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Du Retrait



Table des matières :

L’allégorie de la caverne est une très célèbre allégorie exposée par Platon livre VII de La République. Elle met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l’entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d’objets au loin derrière eux. Elle expose en termes imagés la pénible accession des hommes à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance.

Résumé

Dans une demeure souterraine, en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ne nous ressemblent-ils pas ? Jamais ils n’ont vu directement la lumière du jour, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu’à eux. Des choses et d’eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos.

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L’allégorie de la Caverne

Que l’un d’entre eux soit libéré de ses chaînes et soit accompagné vers la sortie, il sera d’abord cruellement ébloui par une lumière qu’il n’a pas l’habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l’on veut lui montrer. Alors, ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S’il persiste, il s’accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n’est qu’en se faisant violence qu’il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d’imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ?

Application

Celui qui accède à la connaissance se retrouve face à un dilemme profond. Doit-il, oui ou non, redescendre dans la caverne pour avertir les prisonniers ?

J’ai pour ma part, pesé le pour et le contre pendant des semaines. L’illusion était douce et l’obscurantisme impalpable dans ma situation de prisonnier. Après tout, pourquoi ne pas les laisser croire que les ombres sont la réalité ? La découverte de la lumière et du soleil est une épreuve psychologique que peu sont prêt a accepter. Ce n’est pas une partie de plaisir, loin de la. Une crise existentielle apparaît et vous tombe dessus de manière si forte que le premier reflexe est de vouloir penser à soi d’abord, se protéger pour ne pas sombrer dans la dépression.

Mais dans cette caverne, la solidarité entre prisonniers était tellement forte que le sens du devoir apparait. « Je dois les délivrer moi aussi, ils doivent sortir de leur situation d’esclave ». Mais comment faire ? Comment vont-ils réagir ? A leur place, quelle aurait pu être ma réaction ? Quels sont les arguments qui m’auraient touché ?

S’engage alors tout un travail de réflexion afin de « sauver » ceux que l’on aime. Le plus difficile est de savoir que notre démarche sera FORCEMENT mal prise et rejetée. On me fera culpabiliser, le procès d’intention sera automatiquement appliqué. Voici les réactions qui apparaitront :

- c’est parce que tu es orgueilleux
- tu veux partir dans le monde alors tu te trouves des excuses
- ne casse pas ma foi, je ne t’ai rien demandé
- seul l’Esclave fidèle et avisé nous donne la connaissance et la nourriture spirituelle
- tu nous prends pour des idiots ?
- Peut-être aurait-il été plus ‘glorieux’ de renoncer à cette religion sans pour autant l’attaquer, car tu veux un autre mode de vie.
- etc…

Face à ce mur d’incompréhension et d’aveuglement collectif, la réaction sera le refus par les prisonniers d’être libéré.

L’étape suivante interviendra si l’on vient avec des arguments et des faits prouvant la fausseté de l’enseignement donné. Cette réaction sera terrible de violence.

Pour ma part, je leur ai fait parvenir un dossier de 200 pages avec des preuves irréfutables (que vous trouverez en grande partie sur ce site). Les réactions ne se sont pas fait attendre :

- Cynique :

«  J’ai lu attentivement ton dossier ! C’est clair et limpide ! Comment ai-je pu en 20 ans ne pas voir ces évidences ! La France que je croyais suffisamment virulente contre la liberté de croyance me déçoit. L’autre jour je suis tombé sur une émission de la TNT qui donnait la parole à des croyants. C’est dingue ! Nous partons immédiatement pour Pyongyang avec ma femme et les enfants. »

- Dramatico-psychologique :

« La réalité c’est que ce mode de vie que nous avons choisi implique notre cœur et notre âme, imprègne nos vies et nos perspectives. Dès lors il n’est pas simple de tout quitter d’un revers de main et de retourner sa veste comme si nous n’avions pas vécu auparavant. Voilà pourquoi nous observons des attitudes exacerbées, conflictuelles et un souci de se « justifier » encore plus fort en prouvant que « la Vérité » est un mensonge mensonge - et ainsi se dédouaner - chez ceux qui nous quittent. »

- Lapidaire :

« Mais je ne te renie pas encore car j’espère que tu vas enfin prendre conscience de ta folie et je t’aiderai à ce moment là et ce sera la joie pour tous. Pourquoi ? Parce que tu seras redevenu un homme normal et que tu ne seras plus quelqu’un qui joue un rôle. J’ai une seule obsession, mon fils, que tu « atterrisses » psychologiquement car pour le moment tu es complètement dans les décors. Je ne veux plus de tes courriers, ils sont insupportables, ta dérive spirituelle encore plus. Tu deviens de plus en plus odieux et le résultat c’est que tu es en train de te couper de nous et de toute ta famille par ta propre faute. On ne peut pas supporter indéfiniment tes sarcasmes, tes moqueries et ta stupidité. »

Comme le disait Platon, la réaction est vraiment celle qui est annoncée :

Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s’asseoir à son ancienne place : n’aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ? Et s’il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n’ont point quitté leurs chaines, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux ne se soient remis (or l’accoutumance à l’obscurité demandera un temps assez long), n’apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu’étant allé là-haut, il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n’est même pas la peine d’essayer d’y monter ? Et si quelqu’un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils le puissent le tenir en leurs mains et le tuer, ne le tueront-ils pas ?

Des mots, des phrases, des pensées tuantes, traumatisantes, décrédibilisantes. Voici la réponse des prisonniers à celui qui s’est libéré. [1]

Alors il ressortira de la caverne, triste et malheureux de ne pas avoir été compris. Mais avec le sentiment d’avoir fait son devoir. Après tout, il n’avait pas d’obligation de résultat, juste de moyens [2] .

On ne peut pas cheminer pour les autres. Non, on ne peut pas…


Notes:

[1] Ce qui est prodigieux dans le système jéhoviste, c’est que : non seulement il ne permet plus la remise en question, mais plus encore, il en castre même l’envie. c’est fort non ?!! Alors que le prisonnier essaye de réveiller ses compagnons, ceux-ci refusent toute aide et préfèrent continuer à distribuer des « Reveillez-vous ». Consternant !

[2] L’obligation de moyens est une obligation en vertu de laquelle le débiteur doit déployer ses meilleurs efforts pour atteindre l’objectif visé, sans que sa responsabilité puisse être engagée du seul fait qu’il n’a pas atteint un résultat. Dans cette éventualité, c’est au créancier de démontrer que le débiteur n’a pas été assez diligent dans sa tentative d’exécution de l’obligation.

3 commentaires
  • Retrait 12 novembre 2006 16:05, par Laurae Gontard

    Belle analyse que celle de Copernic titrée ici : RETRAIT, !

    220 pages à analyser, le donner à des tj qui ont appris avec des questions réponses toutes prêtes, et qui ne s’en posent plus trop, c’est beaucoup demander, c’est réveiller leur peurs, ou la conscience exacerbée d’un manque de temps. Car qui es -tu toi, toi qui n’est justement point « Esclave » et ne ce veut esclave ?

    Rien de ce qui est glorifié dans les écrits qu’ils incurgitent,

    ces tonnes de papiers, véritables bouchons devant la sortie dela grotte ?

    Pourquoi ne t’es tu pas conforté sous « la peau d’âne » dont on les a affublés pour fuir un certain type de chose qu’on leur dénomme « fornication », comme dans le conte Peau d’âne" ? Hein pourquoi ? Impossible !

    Sauf que si dans le conte « peau d’âne » la chose est voilée,

    les écrivains anonymes des tj , eux, nomment et encouragent à néo-pcittaciiser :

    « Babylone la Grande », cette prostituée, à laquelle ils risqueraient à tout moment d’être assimilés !

    220 pages pour leur parler de raison, d’intellect, quand pour eux, dans ces tonnes de papiers, tout est focalisé sur le boyau vaginal de la chaude caverne utérale watcho-Jéhovienne.

    Comment pourraient ils voir la sortie d’une caverne, quand on les y a fait entrer au moyen d’ une littérature d’un intellectualisme bien particulier, entre autre ? . Qui analysera à la lumière le sens et le courant de ses éjaculations plus mortiféro- erotico*- intellectualo- papelo*-wathtoweriennes que mystiques ?

    Ce pcittacisme qui se veut être reconnu comme savant, par phénomène d’accumulation plétorique, dans les maisons de tj, qui les pousse à aller clamant de bonheur ou de contrainte ? oui le monde est là, mais religieux et « pourri », entièrement pourri (cf. leur dernier tract) . Leur grotte n’est ce pas celle qu’on leur a tapissée de cette littérature là ? une tapsserie d’ idyllisme au risque d’ horreur ?

    Et toi, Copernic, tu proposes à tes ex compagnons d’esclavages « heureux », encouragés à l’être,

    esclaves…et pour l’éternité(1)un monde a-religieux, ex-théiste ?

    C’est comme si tu les emmasculait deux fois, (trois s’ils t’assimilent à quelqu’un qui vide tous les Ciels de l’humanité)

    une fois par leur organisation qui vante les vertus de l’esclavage, une autre fois en proposant un chemin de vie différent de ce qu’ils pensent suivre comme étant « le plus humain qui soit », grâce aux produits et directives de la tour watchtowerienne, déversant la « meilleure nourriture qui soit », nourriture de papier s’entend !

    Du chemin étroit et balisé in watchtowerland, qu’est le leur, tu viens les distraire. Ils n’ont pas encore de réponse pour ton cas, sinon celle qu’on leur souffle : la mort imminente ! c’est effrayant de tout côté pour eux ! Une morale sans Dieu ? Qui leur a recommendé Leconte Sponville ? même s’il se peut qu’on leur en choisir un extrait pas forcément contextuel !

    Tu as bien compris, oui, que ce n’est pas encore possible pour ceux qui t’ aiment peut être plus fort encore , limités dans leur consience éduqué par « le meilleur enseignement qui soit » ont-ils appris à répéter ! Est-ce impossible pour autant : d’autre voies, d’autres arguments, d’autres amours plus forts que leurs textes, en on fait se retirer bien d’autres !

    Le monde est immense hors des cavernes, et les voies sont multiples. La peur de la perte étreint les adeptes de type watchtowero-jéhoviste. C’est aussi ce qu’ils ont lu, omniprésent et sous jacent aux écrits qui obstruent leur grotte, avec leur tour crénelée et leur « organisation » toujours en filigrane ou en exergue, c’est selon. Et ce qu’ils y ressentent, n’est-ce pas la conscience plus ou moins vague du pillonage de la peur constante de la PERTE ? La seule perte autorisée, bien en lumière celle là, étant celle de ce qu’ils pourraient vivre autrement,comme éventuellement bon, hors de leur watchtowerienne caverne.

    Excuse moi, si je radote. Tu as découvert tant de choses avec ton chemin inverse au mien. Tu en sors de leur grotte, quand moi j’y étais happée pour un quart de siècle ! Un quart de siècle de vie, çà c’est une perte de vie plus utile, une vraie perte, que je mesure dans le on ne peut plus concret des jours , des jours passés, présent et à venir. Tu as encore la vie devant toi.

    Pour une fois je dirai comme eux : « PATIENCE ! » et non SILENCE, Copernic !

    * papelo = de l’adjectif papelard. (1) Tour de Garde du 15 mars 2005.

    Laurae Gontard.

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