vendredi, 30 juillet 2010|

2 visiteurs en ce moment

 

Des fictions pour justifier des meurtres bien réels



Table des matières :

Dans le journal La Libre Belgique de ce mardi 25 juillet 2006, le Rabbin David Meyer, membre du centre européen juif d’information à Bruxelles, commente la situation actuelle honteuse au Proche Orient.

« Le livre de la Genèse nous enseigne que face à la montée de la violence (que la Torah nomme « Hamas » en hébreu… coïncidence riche d’enseignement…), Dieu décide d’utiliser la force brute pour redonner une chance aux hommes. Vient alors le déluge, frappant sans distinction tout être vivant. Une histoire étrange qui pourtant va bien au-delà des images enfantines où, les unes après les autres, les différentes espèces animales entrent dans l’arche. En effet, ne s’agit-il pas ici d’un enseignement fort sérieux sur la violence comme source possible d’espoir et de renouveau ? Face à ce « Hamas » biblique, face à cette violence qui engloutit le monde, seule la force brute serait à même de faire germer l’espoir et le renouveau. »

Au lieu de s’indigner de cette morale qui glorifie la violence, et invoquant les circonstances que l’on connaît aujourd’hui au Liban et dans les territoires palestiniens, le Rabbin Meyer se félicite de ce déploiement de cruauté divine envers les hommes, de cette punition « sans distinction ». Il va plus loin, en rappelant une autre légende de la Torah : la Tour de Babel.

« Problématique de l’arrogance ultime, de l’appropriation de Dieu et du manque total de respect pour la vie, qui fait que Dieu choisit la voie de la destruction totale pour redonner une chance aux hommes. »

Vous lisez bien. Dans un journal certes d’obédience - historiquement - chrétienne, un chef religieux fait l’apologie d’une violence pseudo-divine préhistorique pour justifier les atrocités commises aujourd’hui par des êtres humains. Nous sommes au XXIe siècle.

David Meyer va encore plus loin dans l’abject.

« Dieu, détruisant toute l’infrastructure de la Tour de Babel ou affligeant le Déluge, était-il un fanatique ? Et en citant ces exemples, suis-je moi-même un fanatique ? Certains le croiront certainement. Mais il me semble pourtant qu’une différence différence fondamentale existe entre cette théorie biblique de la violence, capable de porter en elle les germes de la paix, et la rhétorique contemporaine de haine et de force brute prônée par de si nombreux fanatiques. Cette différence différence se trouve exprimée dans le choix précis des mots du sixième des Dix commandements : « Tu ne tueras point ». Erreur fondamentale de lecture ! Le texte de la Torah ne dit pas « Tu ne tueras point (Lo Ta’arog) », mais plutôt « Tu ne commettras pas de meurtre (Lo Tirtzakh) ». Entre « tuer » et « commettre le meurtre » il y a tout un monde. Le meurtrier n’est autre que celui qui place la mort comme objectif ultime de son action, comme sa raison d’être. « Tuer » c’est, par contre accepter que, parfois, et avant toutes les mises en garde nécessaires, la source d’un espoir nouveau peut se trouver dans la destruction. C’est pour cela que les Dix commandements n’interdisent que le meurtre et non pas l’action de « tuer ». »

Et voilà justifié le meurtre au nom de la Parole de Dieu, au nom des 10 Commandements ! Parfaite démonstration de la folie religieuse et d’une inversion complète du discours. C’est au moins à cela qu’aura servi ce texte qu’on pourrait croire caricatural et diffamant.

Cette interprétation opportuniste et révoltante de la légende biblique, ne la retrouve-t-on pas chez les Témoins de Jéhovah, dans leur enseignement des mêmes absurdités, prises au pied de la lettre ? Ce texte signé d’un rabbin - qui assume, lui, sa vision implacable d’une guerre infinie et justifiée - nous en dit décidément beaucoup sur ce que pensent, et que n’avoueront jamais, les membres des Témoins de Jéhovah.

Voir aussi ce texte de Nietzsche : « Cette officine où l’on fabrique l’idéal, il me semble qu’elle sent le mensonge à plein nez »


Notes:
2 commentaires

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)