Des choses nécessaires ?

Les Témoins de Jéhovah soutiennent que la Bible contient une interdiction absolue concernant l’usage du sang qui s’appliquent à tous les chrétiens. Voici une référence directe à cette interdiction, ainsi que l’indication de la chronologie qui lui est rattachée.
Les non-Juifs désireux de recevoir les bienfaits rattachés au sang de Christ devaient-ils se faire circoncire, comme s’ils étaient toujours sous la Loi ? En 49 de notre ère, le collège central chrétien a examiné la question (Actes, chapitre 15). Avec l’aide de l’esprit de Dieu, les apôtres et les anciens sont parvenus à la conclusion que l’obligation d’être circoncis avait pris fin en même temps que la Loi. Néanmoins, les chrétiens devaient toujours respecter certaines exigences divines. Dans une lettre adressée aux congrégations, le collège central a écrit : “ L’esprit saint et nous-mêmes avons jugé bon de ne pas vous ajouter d’autre fardeau, si ce n’est ces choses-ci qui sont nécessaires : vous abstenir des choses qui ont été sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez soigneusement de ces choses, vous prospérerez. - Actes 15:28, 29. (w04 15/6 p. 20 § 6).
L’apôtre Paul qui a largement contribué à la diffusion de cette décision auprès des congrégations (Ac 16:1, 2) écrivit plus tard aux disciples de Corinthe :
(1 Corinthiens 8:1-13) Or, en ce qui concerne les aliments offerts aux idoles : nous savons que tous nous avons la connaissance. La connaissance gonfle, mais l’amour bâtit. 2 Si quelqu’un pense avoir appris quelque chose, il ne sait pas encore [cela] comme il devrait [le] savoir. 3 Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui. 4 Or, pour ce qui est de manger des aliments offerts aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde et qu’il n’y a de Dieu qu’un seul. 5 Car, bien qu’il y ait ceux qu’on appelle “ dieux ”, soit au ciel, soit sur la terre, tout comme il y a beaucoup de “ dieux ” et beaucoup de “ seigneurs ”, 6 pour nous il y a réellement un seul Dieu le Père, de qui toutes choses sont, et nous pour lui ; et il y a un seul Seigneur, Jésus Christ, par l’intermédiaire de qui toutes choses sont, et nous par son intermédiaire. 7 Toutefois, cette connaissance n’est pas en tous ; mais quelques-uns, habitués jusqu’à maintenant à l’idole, mangent un aliment comme quelque chose qui a été sacrifié à une idole, et leur conscience, qui est faible, est souillée. 8 Mais un aliment ne nous recommandera pas à Dieu ; si nous ne mangeons pas, nous ne manquons de rien, et si nous mangeons, nous n’avons aucun mérite. 9 Mais prenez toujours garde que ce droit que vous avez ne devienne d’une manière ou d’une autre pour ceux qui sont faibles un obstacle qui fait trébucher. 10 Car si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, étendu devant un repas dans le temple d’une idole, est-ce que la conscience de celui-là qui est faible ne sera pas bâtie au point de manger des aliments offerts aux idoles ? 11 Ainsi, par ta connaissance, l’homme qui est faible est en train de se perdre, [ton] frère pour qui Christ est mort. 12 Mais lorsque vous péchez de cette façon contre vos frères et que vous blessez leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ. 13 C’est pourquoi, si un aliment fait trébucher mon frère, non, jamais plus je ne mangerai de viande, pour ne pas faire trébucher mon frère.
Ce texte biblique est daté selon la chronologie jéhoviste de 55 de notre ère, soient 6 années après le décret précité [1].
Vous semble t’il cohérent et logique que Paul s’interroge encore sur les choses sacrifiées aux idoles ?
Si le décret qui statue sur les choses sacrifiées aux idoles et le sang était véritablement absolu, pourquoi remettre le couvert et invoquer la conscience individuelle ?
N’aurait-il pas été si simple de faire une simple référence au décret autoritaire et de clore le débat ?
Si le décret apostolique n’avait plus de force et d’intérêt normatif à l’époque de Paul, pour quelle raison faudrait-il lui donner à notre époque une dimension législative qu’il n’a probablement jamais eu ?
D’ailleurs le contexte d’Actes 15 également plaide en ce sens [2].
Reprenons (Actes 15:18-21) 19 Ma décision est donc de ne pas inquiéter ceux des nations qui se tournent vers Dieu, 20 mais de leur écrire de s’abstenir des choses qui ont été souillées par les idoles, et de la fornication, et de ce qui est étouffé, et du sang. 21 Car, depuis les temps anciens, Moïse a dans une ville après l’autre des gens qui le prêchent, parce qu’on le lit à haute voix dans les synagogues chaque sabbat. ”
Albert barnes (1798-1870) dans ses « Notes sur la Bible » en rapport avec le verset d’Actes 15:21 relève l’idée :
(traduit de l’anglais) "Le sens de ce verset est que la Loi de Moïse, interdisant ces choses, était lue constamment dans les synagogues. Comme ces commandements imposaient une lecture constante et que les prosélytes juifs n’apprenaient pas immédiatement que la Loi cérémonielle cessait de leur être imposée, il était jugé expédient de ne pas créer d’offense inutile à leur encontre. Ayant en vue la paix il était préférable qu’ils s’abstiennent de viande sacrifiée aux idoles plutôt que d’offenser les Juifs convertis. (cf. 1Co 8 : 10-13)."
Viande sacrifiée aux idoles, choses étouffées, sang autant de choses que le chrétien gentil devait éviter par motif de conscience par égard pour ses « frères » d’origine juive.
S’abstenir des choses sacrifiées aux idoles, ou du sang, étaient-elles des choses absolument nécessaires ?
Notes:
[1] On peut être d’accord ou non avec cette date. Deux indices nous permettent de conclure à l’antériorité de Actes 15 par rapport à la rédaction de la 1re lettre aux Corinthiens.
1. Sa rédaction à Ephèse que Paul n’a visité qu’après la survenance du concile.
2. La mention d’Apollos comme étant bien connu de la congrégation ( 1Corinthiens 15:12 ), or le personnage d’Apollos n’apparaît qu’au chapitre 18 du livre des Actes ( Actes 18:24 ).
[2] Patrick Alain du Forum Une Lueur fait ici une remarque judicieuse.