Débat Création - Evolution

Voici un débat télévisé québécois très court mais interessant entre un scientifique et le vice-président de l’institut créationniste quebecois.
Instructif sur la technique dialectique des creationnistes qui se base sur les zones d’ignorance de la science en l’appelant Dieu.
Debat évolution-création
Commentaires :
On pourra noter la précision des propos de Cyrille Barrette sur le savoir et la croyance.
Cyrille Barrette connait bien le phénomène creationniste qu’il a découvert par l’intermédiaire des Témoins de Jéhovah
De l’autre côté du miroir
Professeur d’évolution, Cyrille Barrette lance un livre destiné aux personnes qui, à travers les codes que renferme la nature, cherchent des vérités plutôt que des mirages
Le cauchemar de tout Témoin de Jéhovah est de voir apparaître, dans l’entrebâillement de la porte à laquelle il vient frapper par un beau samedi matin tranquille, le visage radieux de Cyrille Barrette qui l’invite à entrer. Mauvais quart d’heure droit devant. Le professeur du Département de biologie, spécialiste de l’évolution et du comportement animal, est habitué d’en découdre avec les créationnistes de tout crin. Au cours des dernières années, on l’a vu, sur de nombreuses tribunes publiques, se frotter aux vedettes de ces mouvements. En 1996, son débat avec Claude Vorilhon, mieux connu sous le nom de Raël, guide des guides du mouvement raëlien, avait fait salle comble au Théâtre de la Cité universitaire. Certains médias montréalais avaient alors vertement reproché au professeur universitaire d’offrir à Raël une occasion d’exposer sa théorie sur l’origine extra-terrestre de l’espèce humaine. Ces critiques ne l’ont pas empêché de remonter dans l’arène l’année dernière pour affronter Lawrence Tisdall, fondateur de l’Association de science créationniste du Québec. Autre succès de foule sans haut-le-cœur médiatique cette fois.
Dans son livre, qui sera lancé dans les prochains jours, Le miroir du monde, Évolution par sélection naturelle et mystère de la nature humaine (Éditions MultiMondes), Cyrille Barrette remercie presque les nombreux Témoins de Jéhovah qui sont venus frapper à sa porte, de même que les créationnistes avec qui il a eu de stimulantes discussions au cours des dernières années. « Le fait de répondre à leurs arguments, tous fallacieux mais souvent habiles et convaincants au premier degré, m’a permis de clarifier et de consolider mes convictions et m’a convaincu de la nécessité d’écrire ce livre. »
- Expliquer la nature… La publication d’un livre en langue française, qui explique en termes simples les théories de l’évolution et de la sélection naturelle, n’est pas un luxe. Cent quarante-et-un ans après que Darwin ait formulé sa théorie sur l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, la pensée darwinienne est régulièrement ignorée ou déformée dans les films sur la nature, dans les magazines de vulgarisation scientifique ainsi que dans les émissions scientifiques de télé ou de radio. Lorsque des reportages portant sur « À quoi ressemblera l’être humain de l’avenir ? » conduisent à des images montrant des personnes affublées d’énormes têtes servant à accommoder un cerveau de plus en plus volumineux, que des comportements animaux sont expliqués en termes du « bien de l’espèce », ou qu’on nous explique que certaines structures anatomiques sont apparues chez un animal pour répondre à des besoins précis, on ne peut que conclure que le message darwinien passe mal.
« Les scientifiques sont en partie responsables de cette situation parce qu’ils n’ont pas toujours pris le temps de bien expliquer la pensée de Darwin, reconnaît Cyrille Barrette. On pense que ce sont des choses que tout le monde connaît mais ce n’est pas le cas. » Par ailleurs, si le message passe mal, poursuit-il, c’est aussi parce que tout le monde n’est pas disposé à l’entendre. Ce n’est pas facile pour le citoyen ordinaire de se faire dire que l’évolution est un fait dont il est le résultat, que l’humain est un accident de l’évolution, que nous sommes une espèce parmi les autres, que nous ne sommes pas spéciaux et que nos caractéristiques physiques et nos comportements ressemblent énormément à ceux des autres primates. « Les théories sont comme les livres, résume-t-il. Les ouvrages les plus populaires, du type »Comment devenir heureux et riche en sept étapes« , sont ceux qui nous racontent ce qu’on veut entendre. Les livres qui, comme le mien, cherchent à dire la vérité risquent d’être moins populaires. C’est la même chose pour la théorie de l’évolution. »
- …pour comprendre l’humain
D’autres théories, comme celle de la création de l’Univers par une force surnaturelle, font la part plus belle au genre humain. Mais, insiste Cyrille Barrette, il ne faut pas opposer foi et science. « Par définition, un scientifique est quelqu’un qui tente de comprendre la nature sans faire appel à une force surnaturelle, qui alimente sa réflexion par des faits, qui fait confiance à sa raison, qui fait montre d’esprit critique et qui cherche constamment de meilleures explications pour comprendre ce qu’il observe. Il est prêt à rejeter n’importe quelle théorie, conscient qu’elles sont toutes provisoires, contrairement aux dogmes qui sont éternels. À l’opposé, un créationniste est quelqu’un qui fait une lecture littérale de la Bible et qui fait appel à un créateur surnaturel pour expliquer la nature, la vie et l’Homme. Mais la foi et la science ne peuvent ni s’aider, ni se nuire, ni discuter car elles appartiennent à deux domaines totalement différents. »
Si la première partie de l’ouvrage de Cyrille Barrette aborde surtout les questions reliées au monde animal, les derniers chapitres font une large place à l’humain et aux questions métaphysiques qui le hantent quant à sa place dans l’Univers, à son esprit et au sens de la vie. Au point où on pourrait penser qu’il s’agit en fait de deux ouvrages « collés artificiellement », reconnaît l’auteur. « Le propos de mon ouvrage concerne essentiellement la nature humaine, insiste-t-il. Mon objectif n’était pas faire un livre sur l’évolution mais bien un livre qui expose la pensée darwinienne et qui l’amène sur le terrain de l’humain. Depuis plus de quarante ans, je suis habité, préoccupé, souvent fasciné, parfois tourmenté par tout ce qui concerne la nature humaine et la condition humaine. J’ai toujours pensé que pour comprendre l’humain, il fallait d’abord comprendre sa nature biologique. Depuis plus de dix ans, je me dis que je devrais un jour écrire un livre là-dessus. J’ai fini par me décider, ne serait-ce que pour m’assurer que je ne dirais plus, j’aurais dû. »
Cette fascination pour l’humain étonne chez un spécialiste du comportement animal, conditionnés que nous sommes aux Jane Goodall et Dian Fossey de ce monde, plus à l’aise en compagnie de leurs simiesques amis que de leurs frères humains. « Il n’y a rien de plus passionnant que l’être humain, confesse Cyrille Barrette. C’est tout simplement l’espèce la plus intéressante qui soit. J’ai d’ailleurs écrit mon livre en pensant aux hommes et aux femmes de bonne volonté qui se demandent qui ils sont et d’où ils viennent. Jes les imagine à la recherche de vérités, plutôt que de mirages, sur la nature humaine, et, peut-être même, sur le sens de la vie. »
JEAN HAMANN
Réfutations des arguments du créationniste :
’L’ordinateur est compliqué et n’a pas pu être créé par hasard’.
C’est encore l’analogie qui est utilisée mais qui défaille lorsqu’on pousse le raisonnement jusqu’au bout. La complexité de la vie
’Il y a une explosion au Cambrien, avant il n’y avait rien’.
C’est l’argument favori des créationnistes. Mais c’est de l’intox. Cet argument est démonté par les faits (Voir le site Talk to Origin )
Le but est de faire croire qu’avant il n’y avait rien. On se demande si les creationnistes ne se basent pas sur l’argument du livre frauduleux des Témoins de Jéhovah Evolution ou Création. En fait « l’explosion du Cambrien » se rapporte à l’apparition dans les registres fossiles des animaux multicellulaires composés de parties dures. C’est un des épisodes de diversification de la vie qui se reproduira plusieurs fois dans le temps. Durant le Pré-cambrien la vie était exclusivement composée de créatures à parties molles et donc il était peu probable qu’elles soient préservées dans les registres fossiles.
En 1989 Stéphane Jay Gould, concernant les première formes de vie, a déclaré ( Wonderful Life, pp. 56-58, W. W. Norton & Company, New York, 1989. )
Au cours de ces trente dernières années, une riche collection de fossiles précambriens a été trouvée… Les archives fossiles dont on dispose maintenant remontent jusqu’au première roches pouvant contenir des traces de vie … les premiers restes morphologiques sont … aussi vieux qu’ils peuvent l’être. Des stromatolites (sorte de tapis de sédiments amalgamé par l’activité des bactéries et des algues bleues) et de véritables cellules ont été trouvé dans les plus vieux sédiments non métamorphosés de la terre, datant de 3.5 à 3.6 milliards d’années en Afrique et en Australie… Les archives fossiles du Précambrien contiennent une faune d’animaux multicellulaires ayant précédé l’explosion du Cambrien, la faune d’Ediacara, ainsi nommée parce que découverte dans une localité d’Australie, est maintenant connue dans les roches du monde entier. Mais ces animaux … sont tout juste de l’âge Précambrien. On les trouve exclusivement dans des roches datées de l’époque précédant juste l’explosion, vers - 700 millions d’années et peut-être même moins… Les créatures d’Ediacara sont des animaux à corps mou et ils ne sont pas limités à quelque site géologique peu courant relevant des particularités de l’environnement australien ; ils représentent une faune d’extension mondiale.
Pour en savoir plus Le Registre Fossile
’Les prédictions scientifique sont de la foi’
C’est de l’intox ! Déjà on parle de prédiction avec un sens très précis en science et supposé sur le determinisme. (donc ignorant la mécanique quantique). Le créationniste confond la prédiction avec l’inductivisme qui s’étudie d’une certaine manière et dont Karl Popper a montré que c’est la réfutabilité qui définit une science.( voir Epistémologie )
Pour l’instant l’évolution est corroborée par les scientifiques et non réfuté par des faits(jusqu’a preuve du contraire). Les créationnistes font appel au surnaturel pour cela, ce qui ne marche pas car cela ne répond pas aux question (Dieu n’est pas une réponse mais un voile métaphysique). L’illustration est la plus marquante est le rasoir d’Occam, un fondement de la science :
Le principe du rasoir d’Occam consiste à ne pas utiliser de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent, à utiliser à fond les hypothèses qu’on a déjà faites, avant d’introduire de nouvelles hypothèses, ou autrement dit à ne pas apporter aux problèmes une réponse spécifique, ad hoc, avant d’être (pratiquement) certain que c’est indispensable (sinon on risque d’escamoter le problème, et de passer à côté d’un théorème ou d’une loi physique).
Cela est illustré par un dialogue célèbre :
Napoléon : Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu ?
Laplace : Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse.
D’autres savants ayant déploré que Laplace fasse l’économie d’une hypothèse qui avait justement « le mérite d’expliquer tout »(Dieu par exemple), Laplace répondit cette fois-ci à l’Empereur :
Laplace : Cette hypothèse, Sire, explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous fournir des travaux permettant des prédictions.
Notes:
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