mardi, 7 février 2012|

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Banzaï ! – Longue vie !



Table des matières :

Banzaï signifie paradoxalement « dix mille ans (de vie ou de règne) » ou « longue vie », c’est tout le bien que l’on souhaitait au divin empereur. L'USS Bunker Hill est touché - 11mai 1945 Mais bien entendu banzaï – longue vie - est également le cri des Kamikazes qui précipitaient leur avion dans des actions suicides, véritables héros portés par l’esprit de sacrifice. Le mot kamikaze est lui aussi intéressant puisqu’il signifie littéralement « vent divin », de kami – dieu, esprit et kaze – souffle, vent. Le kamikaze, c’est le souffle de Dieu.

Longue vie, règne de dix mille ans ou plus, esprit de sacrifice, souffle de Dieu, en voilà bien des notions communes aux soldats japonais disciplinés et aux Témoins de Jéhovah.

Eux aussi ne souhaitent-ils pas une longue vie, un règne millénaire ? Ne sont-ils pas encouragés à l’esprit de sacrifice [1] ? Ne se sentent-ils pas agir comme par le souffle de Dieu, son esprit (hébreu ruah – grec pneuma – souffle) ?

Mais le parallèle n’est pas que sémantique ou portant sur certaines valeurs ou symboles forts.

Une question se pose à tous les observateurs de cet épisode dense et bref qu’à été la formation de ces unités spéciales d’attaque, en japonais Tokkōtai. Comment des jeunes hommes cultivés ont-ils pu obéir à des ordres aussi absurdes ? Comment ont-ils pu se porter volontaires pour des actes aussi désespérés ?

On pourrait évoquer l’amour de l’empereur ou de la patrie, ou d’autres causes prétendument nobles. La vérité est plus terrible, et dénonce un mécanisme qui poussera au dévouement absolu celui qui en est devenu un rouage.

Il faut dénoncer la pression du groupe qui constitue le véritable artisan d’une détermination fabriquée.

L’anthropologue Emiko Ohnuki-Tierney dans son livre Kamikaze Diaries Reflections of Japanese Student Soldiers a regroupé et commenté les journaux intimes, complets ou fragmentaires, des étudiants japonais engagés dans un conflit qu’ils n’avaient pas choisi.

Le contexte culturel du Japon héritier direct du bushido [2] avait bien préparé le terrain.

Nous citons :

Dans le code militaire pour l’armée et la marine impériale (Kairikugun Keiritsu), sorti en 1872, la reddition, l’évasion, et toutes autres actions par lesquelles des soldats pouvaient sauver leur vie dans des situations de défaite inévitable, étaient passibles de la peine de mort. Le système ne tolérait pas les objecteurs de conscience. Tout soldat qui n’obéissait pas aux règles militaires et aux ordres de son commandant était mis à mort sur le champ, sans qu’aucune charge puisse être retenue contre celui qui l’avait exécuté. Et au-delà, les gens craignaient qu’une telle offense faite par un soldat ne mène à la punition immédiate de sa famille proche ou éloignée, comme au temps de la période Edo lorsque le gouvernement avertissait que « le crime s’étend sur cinq générations et la punition sur cinq relations d’affinités » (tsumi godai ni oyobi batsu gozoku ni wataru), c’est à dire une punition sur un grand nombre de ses parents par sang ou par mariage. Ces règles avaient été édictées afin de tenir un groupe familial entier responsable des actes d’un individu, et ce faisant de renforcer la pression sociale sur les soldats pour qu’ils obéissent aux ordres. En pratique le système supprimait les plaintes de tous les parents des soldats et rendit les soldats craintifs de commettre la moindre violation, et encore moins la défection. Comme le gouvernement militaire avait transformé le Japon en État policier, tous ceux qui refusaient de se plier aux ordres étaient jetés en prison. A partir des années 1940 beaucoup furent torturés à mort, décimant les rangs des opposants connus et décourageant les autres d’exprimer la moindre opinion qui porte atteinte à l’État.

Une telle pression sociale ne vous rappelle-t-elle rien ?

Peser sur la parenté et les proches d’un Témoin de Jéhovah pour le faire plier s’il lui vient à l’esprit des idées de défection n’est-il pas dans les méthodes du jéhovisme ?

Museler et taxer d’apostat celui qui contredirait les ordres reçus ou les directives prises n’est-il pas dans la manière de faire de la Watchtower ?

Quelques textes bien connus tirés des publications jéhovistes vous en convaincront.

La Tour de Garde, du 15 avril 1988, p. 26-27 :

Dieu est certainement conscient que l’application de ses lois justes relatives au retranchement des transgresseurs a bien souvent des conséquences pour les parents de ceux-ci. Comme nous l’avons déjà dit, lorsqu’un pécheur israélite était mis à mort, il ne pouvait plus y avoir de relations familiales avec lui. En réalité, si un fils se révélait être un ivrogne et un glouton, ses parents étaient dans l’obligation de l’amener devant les juges et, s’il ne manifestait aucun repentir, les parents devaient participer à son exécution tout à fait juste, ‘pour éliminer du milieu d’Israël ce qui est mauvais’. (Deutéronome 21:18-21.) Vous comprenez que ce n’était pas chose facile pour ces parents. Pensez également aux sentiments que pouvaient éprouver les frères, les sœurs ou les grands-parents du transgresseur. Toutefois, en faisant passer leur fidélité à leur Dieu de justice avant leur affection pour les membres de leur famille ils pouvaient sauver leur vie.
Rappelez-vous Coré, un des meneurs d’une rébellion contre l’autorité de Dieu exercée par Moïse. Dans sa justice parfaite, Jéhovah jugea que Coré devait mourir. Mais tous les fidèles furent exhortés en ces termes : “Écartez-vous, s’il vous plaît, de devant les tentes de ces hommes méchants et ne touchez à rien de ce qui leur appartient, pour que vous ne soyez pas supprimés dans tout leur péché.” Les membres de la famille de Coré qui n’ont pas écouté l’avertissement de Dieu sont morts avec les rebelles. En revanche, quelques-uns ont agi sagement et ont décidé de rester fidèles à Jéhovah, ce qui leur a valu la vie sauve et plus tard des bienfaits. — Nombres 16:16-33 ; 26:9-11 ; 2 Chroniques 20:19.
Son retranchement de la congrégation chrétienne ne signifie pas la mort immédiate [3] pour le transgresseur ; les liens familiaux ne sont donc pas rompus. Il se peut qu’un homme qui est exclu, ou qui se retire volontairement de la congrégation, continue à vivre chez lui avec sa femme chrétienne et ses enfants fidèles. Leur respect des jugements de Dieu et de la mesure prise par la congrégation amèneront cette chrétienne et ses enfants à reconnaître qu’à cause de sa conduite le mari et père a mis fin au lien spirituel qui les unissait. Cependant, puisque son exclusion ne rompt pas les liens conjugaux ou familiaux, ils continueront à mener une vie familiale normale et à se témoigner une affection mutuelle.
La situation est différente si la personne exclue ou qui s’est retirée volontairement est un parent qui vit en dehors du foyer ou du cercle familial immédiat. Il sera peut-être possible de n’avoir presque aucun contact avec lui. Même si des questions familiales rendent nécessaires des contacts, ceux-ci devraient certainement être réduits au minimum, conformément à ce principe divin : ‘Cessez de fréquenter quelqu’un qui porte le nom de frère et qui est fornicateur, ou avide [ou coupable d’un autre péché grave] (…), et ne mangez pas avec un tel homme.’ — 1 Corinthiens 5:11.
Naturellement, cette conduite peut être difficile en raison des sentiments et des liens familiaux, tels que l’amour des grands-parents pour leurs petits-enfants. Mais c’est notre fidélité envers Dieu qui est mise à l’épreuve, comme l’a exprimé la chrétienne citée à la page 26. Tout chrétien qui ressent de la tristesse et le chagrin qu’un membre de sa famille exclu lui a ainsi causés trouvera un encouragement dans l’exemple qu’ont laissé certains parents de Coré. — Psaume 84:10-12.

Voyez que la pression sur les proches s’exerce bel et bien au sein des congrégations des Témoins de Jéhovah.
Qui accepterait de gaieté de cœur, parce qu’il use de son choix de soutenir ou de faire défaut, d’être considéré comme mort ou presque par ses amis ou des membres de sa famille ? La pression du groupe est un levier très efficace.

Le parallèle entre le mode de pensée des chefs militaires japonais et les dirigeants jéhovistes n’est-il pas encore plus étroit ?
Notez la position prise face à l’apostasie ou la défection.

La Tour de Garde, du 1er décembe 1986, p. 19, 20 :

Peu après la victoire retentissante sur Jéricho il se produisit un événement surprenant. L’armée que Josué envoya pour abattre la ville voisine d’Aï fut mise en déroute. “Alors le cœur du peuple commença à fondre et devint comme de l’eau.” Désemparé, Josué cria vers Dieu en le priant ainsi : “Hélas, Souverain Seigneur Jéhovah, (…) que feras-tu pour ton grand nom ?” — Josué 7:2-9. Jéhovah révéla ensuite à Josué qu’une “scandaleuse folie” avait été commise en Israël. On découvrit que le transgresseur était Acan, de la tribu de Juda. Il avait dérobé d’entre les dépouilles de Jéricho un “beau vêtement” babylonien ainsi que de l’or et de l’argent. Jéhovah ‘attira l’ostracisme’ sur Acan, si bien que sa famille et lui furent lapidés. Ensuite, on brûla leurs corps et tous leurs biens. On éleva un grand tas de pierres sur Acan en témoignage permanent de cette exécution du jugement de Jéhovah. De plus, l’endroit fut appelé “Basse Plaine d’Achor”, mot qui signifie “ostracisme ; tourment”. Jéhovah répéta à Josué : “N’aie pas peur et ne sois pas terrifié.” Le nom de Jéhovah fut exalté en ce que Josué ne perdit plus jamais une seule bataille. — Josué 7:10 à 8:1.
Y a-t-il à notre époque quelque chose que l’on puisse mettre en parallèle avec le péché d’Acan ? Oui. L’apôtre Paul avait averti les chrétiens de la venue de “loups tyranniques” qui mépriseraient l’ordre théocratique et marcheraient dans leur propre désir égoïste. Depuis 1919, de tels individus avides ont parfois fait leur apparition au sein du peuple de Dieu. Par exemple, au milieu des années 1970 quelques anciens en vue devinrent mécontents. Ils jugeaient au-dessous de leur “dignité” de donner le témoignage de maison en maison pour prêcher le message relatif au Royaume selon la méthode utilisée par les apôtres de Jésus (Actes 5:42 ; 20:20, 21, 29, 30). Il leur parut bon de retourner aux enseignements babyloniens. De façon sournoise, ils cherchèrent à susciter des doutes au sujet des “derniers jours” et à ralentir l’œuvre des Témoins de Jéhovah (II Pierre 3:3, 4). Finalement il fallut les exclure. — II Jean 10, 11 ; voir Philippiens 1:15-17 ; Hébreux 6:4-8.

Aux yeux de la Watchtower un apostat, par sa défection, mérite la mort d’Akân. Malheur à celui qui se dresserait contre sa posture d’impératrice des consciences.
Ne croyez vous pas que l’épisode d’Akân ici évoqué qui concerne la mise à mort de toute une maisonnée - enfants, femmes, hommes et bestiaux – pour la faute d’un individu ressemble à s’y méprendre aux méthodes militaires japonaises du passé ?
La Watchtower ne renie rien de cet héritage sanglant, scandaleux et tyrannique, elle le revendique [4] comme fondateur d’une politique éprouvée.

Revenons au texte d’Emiko Ohnuki-Tierney.

A propos de l’instruction militaire reçue par les jeunes recrues, l’anthropologue rapporte plusieurs témoignages significatifs.

Hayashi Tadao et d’autres rapportèrent que le renforcement de règles mineures, incluant une censure extrême et la mise à l’index de pratiquement tous les ouvrages, amoindrirent les bonnes dispositions pour travailler aux causes défendues par les militaires, comprenant le sacrifice pour l’empereur.
Irokawa Daikichi écrivit : « Mémoriser et réciter le Rescrit impérial aux soldats (Gunjin Chokuyu) de 1882, écrit en langue archaïque, était un exercice quotidien, si nous échouions dans la récitation exacte du Rescrit, nous étions frappé au sol, ce que j’ai connu personnellement, Il serait difficile d’estimer combien de soldats au juste se détournèrent de l’empereur et de l’idéologie impériale à cause du lynchage. »
La référence d’Irokawa au lynchage est délibérée, mettant en évidence la sévérité et même la mortalité possible de la punition de tout soldat qui refusait d’accéder à la demande de ses supérieurs. Le Rescrit contenait un passage aujourd’hui infâme : « Ne vous rendez pas coupables d’opinions populaires, ne vous impliquez pas dans les activités politiques, mais dévouez-vous personnellement à votre plus importante obligation de fidélité à l’empereur, et réalisez que l’obligation est plus lourde que les montagnes et que la mort est plus légère qu’une plume. » Leurs journaux intimes montrent que presque tous ces jeunes gens, y compris ceux qui avaient précédemment exprimé leur désir de défendre leur « ““terre ancestrale », devinrent de moins en moins patriotiques au fur et à mesure de leur entraînement à la base et qu’ils s’approchaient de la mort.

La condamnation ouverte de toute littérature hétérodoxe est patente dans le jéhovisme.
La Tour de Garde, du 15 novembre 1999, p. 22 § 14 :

Mais pourquoi Salomon parle-t-il des livres comme il le fait ? À la différence de la Parole de Jéhovah, les ouvrages du monde, si nombreux soient-ils, ne sont que le fruit du raisonnement humain. Les pensées qu’ils renferment sont souvent le reflet de l’esprit de Satan le Diable (2 Corinthiens 4:4). Voilà pourquoi “ se consacrer beaucoup ” à ces écrits profanes n’apporte guère de bienfaits durables. En fait, nombre de ces ouvrages peuvent même être préjudiciables à notre spiritualité. Comme Salomon, méditons plutôt sur ce que la Parole de Dieu dit au sujet de la vie. Cela affermira notre foi et nous rapprochera de Jéhovah, alors que le fait d’accorder trop d’attention à d’autres livres ou à d’autres sources d’instruction risque de nous épuiser. C’est particulièrement quand ces écrits traduisent un raisonnement du monde en contradiction avec la sagesse divine qu’ils sont malsains et destructeurs pour la foi en Dieu et en ses desseins. Par conséquent, souvenons-nous que les écrits les plus bénéfiques, à l’époque de Salomon comme à la nôtre, sont ceux qui reflètent la sagesse du “ seul berger ”, Jéhovah Dieu. Jéhovah nous a donné les 66 livres des Saintes Écritures, et c’est à eux que nous devrions accorder toute notre attention. La Bible et les publications de “ l’esclave fidèle ” nous permettent d’acquérir “ la connaissance de Dieu ”. — Proverbes 2:1-6.

Le Rescrit du bon chrétien est la Bible, et il faut la connaître pour la citer. C’est même la devise de la maison-mère.
Le Ministère du Royaume, de juin 1972, p. 1 § 2 :

La [Société|The Watchtower Society] est consciente de l’importance de lire la Bible. Une enseigne géante, installée sur l’une de ses imprimeries, porte les mots : “Lisez la sainte Bible chaque jour.” On exige des nouveaux membres de la famille du Béthel qu’ils lisent toute la Bible pendant les huit mois suivant leur arrivée. Leur travail quotidien à plein temps, l’assistance aux réunions de leur congrégation et leur activité ministérielle les maintiennent vraiment occupés. Néanmoins, grâce à une bonne organisation, ils peuvent poursuivre aussi bien leur lecture de la Bible que leur étude des publications de la Société. Après ces huit mois au Béthel, ils sont exhortés à conserver un bon emploi du temps leur permettant de continuer à lire la Bible. Certains se réservent du temps avant le petit déjeuner, tandis que d’autres la lisent dans les transports publics ou avant d’aller se coucher. De toute évidence, le but de cette lecture ne consiste pas simplement à pouvoir dire : ; “Je l’ai lue.” Nous désirons plutôt établir et conserver de bonnes relations avec Jéhovah. Nous comprenons qu’au fur et à mesure que nous lirons sa Parole écrite, notre connaissance exacte et notre foi augmenteront. — Rom. 10:17

Et quitte à la connaître, autant que ce soit par cœur, et apprise dès la prime enfance.
La Tour de Garde, du 1er août 1988, p. 15 § 19 :

“Lorsqu’il eut un an, je commençai à lui raconter, à l’heure du coucher, des histoires bibliques, en les adaptant à son intelligence et de manière à frapper son imagination. Dès qu’il commença à parler, pendant sa deuxième année, nous avons pris l’habitude de nous agenouiller à côté de son lit et de lui faire répéter après nous le Notre Père. (…) Lorsqu’il eut trois ans, je commençai à étudier la Bible régulièrement avec lui. (…) Il suivait dans son livre en répétant les phrases après moi. Il apprit ainsi à prononcer correctement et à articuler clairement même les mots les plus difficiles. (…) De plus, pour que les vérités bibliques pénètrent profondément en lui, nous lui avons fait apprendre par cœur des versets faciles de la Bible. Quand il commença à fréquenter l’école maternelle, il connaissait une trentaine de versets. L’année dernière, quand il entra à l’école primaire, il en connaissait soixante-dix. (…) Avant d’aller au lit, mon fils doit me réciter quelques versets bibliques. Lorsqu’il se lève le matin, il me salue souvent en récitant encore quelques versets.

Et le jéhovisme achèvera encore de professer à ses partisans, à l’instar des militaires japonais : « ne vous impliquez pas dans les activités politiques, mais dévouez-vous personnellement à votre plus importante obligation de fidélité à l’empereur - l’empire de la Watchtower -, et réalisez que l’obligation – de servir votre Dieu - est plus lourde que les montagnes et que la mort est plus légère qu’une plume ». La preuve par le texte ?
La Tour de Garde, du 15 juin 1978, p. 13 § 4 :

Même le chrétien le plus sincère et le plus consciencieux a des imperfections et des défauts, et il n’agit pas toujours d’une manière totalement exempte d’égoïsme. Cependant, son principal objectif dans la vie n’est pas de devenir riche ou de mener une vie de plaisir et d’oisiveté. Il ne vit pas par rapport à lui-même ni pour lui-même uniquement. Son but principal dans la vie est de plaire à Dieu en faisant sa volonté. À n’importe quel moment, il est prêt à mourir si sa mort peut servir le dessein de Dieu. Dans ce cas, tout comme il a vécu sa vie comme appartenant à Dieu, de même à sa mort Jéhovah le reconnaîtra comme lui appartenant. En fait, face à la mort il a la certitude d’être ressuscité parce que Jéhovah considère comme vivants et non comme morts tous ceux qui font de lui leur Dieu. — Mat. 22:31, 32 ; Rom. 4:17.

Oui, le service est sérieux et primordial et la mort est légère.
Selon Emiko Ohnuki-Tierney, l’engagement des kamikazes était total et définitif, sans autre issue possible que la mort.

Les pilotes Tokkōtai étaient supposés mourir. Au moment où ils recevaient leur mission ils n’appartenaient plus à ce monde. Ils ne pouvaient revenir s’ils n’avaient pas été capables de repérer l’ennemi. Un diplômé de l’Université de Waseda qui persistait à retourner à sa base sans trouver d’ennemi à attaquer fut abattu la neuvième fois qu’il revint. Beaucoup de pilotes n’essayèrent pas de s’écraser sur un navire américain alors que cela garantissait une explosion. Certains tentèrent plutôt d’amerrir à proximité d’une plage. Il fut également rapporté qu’après s’être désengagés du combat, certains revinrent et survolèrent les quartiers des officiers comme s’ils allaient plonger sur eux, avant de disparaître dans le ciel.

Les pilotes Tokkōtai étaient semblables aux soldats romains mentionnée dans l’Ode de Horace. Dans le texte complet la fameuse phrase de Horace pro patria mori [5] est suivie d’un avertissement :

Il est doux et beau de mourir pour la patrie.
La Mort poursuit le fuyard
et n’épargne ni les jarrets
ni le dos timide d’une lâche jeunesse.

Les soldats avaient atteint un point de non-retour.
Les journaux intimes de ces jeunes hommes offrent un témoignage éloquent qui contredit à la fois le stéréotype colporté hors du Japon et la propagande diffusée par les militaires japonais : que les pilotes Tokkōtai mourraient joyeusement pour l’empereur. Certains, comme Sasaki Hachirō et Hayashi Tadao, rejetèrent et défièrent ouvertement l’idéologie centrée sur l’empereur. D’autres essayèrent de l’accepter mais en furent incapables.

Pour un Témoin de Jéhovah, il n’est pas d’autre issue que de poursuivre son service sans dévier, une autre issue est inacceptable et condamnée. Elle est définitivement maudite et frappée de mort.

La Tour de Garde, du 1er juillet 1983, p. 24, § 18-19 :

D’autre part, si un serviteur de Jéhovah recevait chez lui un tel enseignant trompeur, il deviendrait “complice des mauvaises actions qu’il commet”. (Bible en français courant.) Par conséquent, aucun témoin de Jéhovah fidèle de notre époque ne voudra saluer un apostat exclu ou qui s’est retiré volontairement de la congrégation, ni faire de son foyer chrétien un lieu d’où se répandraient des erreurs doctrinales. Le croyant qui accorderait l’hospitalité à un apostat et qui, à la suite de cela, provoquerait la mort spirituelle d’un compagnon adorateur de Jéhovah se chargerait sans aucun doute d’une lourde responsabilité devant Dieu. — Voir Romains 16:17, 18 ; II Timothée 3:6, 7.

Certains, qui furent naguère Témoins de Jéhovah, ont rejeté plusieurs doctrines fondées sur l’enseignement de Jésus Christ et de ses apôtres. Par exemple, ils prétendent que nous ne vivons pas les “derniers jours” du présent monde malgré toutes les preuves évidentes qui confirment ce fait (II Timothée 3:1-5). Ces apostats “sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres”. (I Jean 2:18, 19.) Aussi n’ont-ils plus aucune communion fraternelle avec les témoins oints fidèles et leurs compagnons. Ces hérétiques égoïstes n’ont donc aucune “part” avec le Père et le Fils, quand bien même ils se vantent d’entretenir des relations intimes avec Dieu et Christ. Ils sont plutôt dans les ténèbres spirituelles (I Jean 1:3, 6). Ceux donc qui aiment la lumière et la vérité doivent s’opposer fermement à ces partisans de l’erreur. Les témoins de Jéhovah fidèles ne voudront en aucune façon se faire complices des “mauvaises actions” que commettent ces infidèles en soutenant d’une manière ou d’une autre leurs paroles et leurs actions impies. Puissions-nous plutôt “combattre énergiquement pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes” ! — Jude 3, 4, 19.

Mais l’adhésion au mouvement est-elle aussi joyeuse et spontanée que voudraient nous le faire croire les dirigeants du jéhovisme ?
Propagande éhontée !
Nombreux sont ceux qui ont rejeté les doctrines de la Watchtower et se sont dressés contre elle, et plus nombreux encore sont ceux qui le feront dans l’avenir.
A mesure que les prophéties brandies comme autant de lumières se seront éteintes comme des chandelles inutiles, que l’attente d’une victoire divine à jamais repoussée sera devenue illusoire, les adeptes feront défection. C’est écrit et c’est dans l’ordre des choses.
Le durcissement des règles qu’impose le jéhovisme : la censure des idées, le repliement de la pensée sur un livre unique incontestable, la condamnation infamante qu’il inflige à tous ceux qui le quittent ouvertement ne lui garantiront pas le soutien durable de ceux qui réfléchissent et qui pensent.

Aucun empire, aussi convaincu qu’il puisse être de sa légitimité et de sa suprématie, ne dure à jamais. L’empire de la Watchtower s’écroulera aussi bien que l’empire militaire japonais.
Ne soyez pas les derniers à désobéir et à refuser de donner inutilement votre vie pour une cause insensée.

Vivez plutôt votre vie librement en faisant usage de votre entendement, sans le directeur de conscience que se prétend la Watchtower.

Banzaï ! Longue vie à vous, mais une vie riche, une vie libre, une vie débarrassée d’une dictature théocratique qui ne veut pas dire son nom.


Notes:

[1] La Tour de Garde, du 1er février 1992, p. 26 :

Manifester l’esprit de sacrifice, c’est donc bien plus que s’en tenir à un programme de réunions et de participation au ministère chrétien. Cela signifie être déterminé à faire la volonté de Dieu quoi qu’il en coûte. C’est être prêt à supporter des épreuves et des désagréments. “Si quelqu’un veut venir à ma suite, a dit Jésus, qu’il se renie lui-même et qu’il prenne son poteau de supplice et me suive continuellement.” (Matthieu 16:24). Le premier souci du chrétien n’est pas de poursuivre des ambitions personnelles ou des objectifs matérialistes. Sa vie est centrée sur le désir de chercher d’abord le Royaume de Dieu et Sa justice (Matthieu 6:33). Il est prêt, si cela s’avère nécessaire, à ‘prendre son poteau de supplice’, à endurer la persécution, la honte ou même la mort !

[2] bushido [buido] n. m. Code d’honneur de la caste guerrière de l’ancien Japon.

[3] Trop aimable, mais l’esprit y est bien !

[4] La Watchtower en appelle à la Loi mosaïque et à la Torah. Ne l’entendez-vous pas crier : Torah ! Torah ! Torah ! ?

[5] Dulce et decorum est pro patria mori - « Il est doux, il est beau de mourir pour sa patrie » (Horace, Ode 3.2.13),


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