dimanche, 1er août 2010|

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Babylone, ça veut dire confusion ?



Table des matières :

D’après l’encyclopédie Wikipedia :

Le nom de la ville de Babylone provient sans doute du nom pré-sumérien Babulu, que les Akkadiens ont expliqué étymologiquement par bab-ili(m), ce qui signifie « la Porte du Dieu », devenu plus tard bab-ilāni, « la Porte des Dieux » . Ce nom a été traduit en sumérien selon le même sens en Ka.dingir.ra. Les Grecs ont traduit ce nom en Babylon, qui a été repris par la suite par les Européens. Les Hébreux ont rapproché le nom de la ville de la racine hébraïque bbl, qui signifie « mélanger », ce qui rappelle le mythe de la Tour de Babel (nom hébreu de Babylone).

Et il faut bien avouer que de la gloire passée de cette ville mythique il reste relativement peu de choses sur le site lui-même.

Faut-il voir dans la disparition et l’oubli de la grande ville l’accomplissement d’une prophétie biblique incontestable ?

C’est le pas que franchit allègrement la Watchtower Watchtower Abréviation de Watchtower Bible and Tract Society, la Tour de Garde Société de Bibles et de Tracts.
Il s’agit de la principale structure juridique qui sert à l’Organisation des Témoins de Jéhovah. En raison de leurs liens étroits l’une est synonyme de l’autre.
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La Tour de Garde, du 15 juin 1975, p. 360-361 :

Bâtie sur les deux rives de l’Euphrate, Babylone était autrefois la capitale impressionnante du grand Empire babylonien. Cette ville, entourée de palmiers et équipée d’un système d’adduction d’eau, se trouvait sur la route commerciale qui reliait le golfe Persique à la Méditerranée. Son site était excellent. Néanmoins, bien avant que Babylone, simple satellite de l’Empire assyrien, ne devienne la capitale de l’Empire babylonien qui allait dominer le monde, Ésaïe, prophète hébreu, déclara au huitième siècle avant notre ère : “Babylone, la parure des royaumes, la beauté de l’orgueil des Chaldéens, devra devenir comme lorsque Dieu renversa Sodome et Gomorrhe. Elle ne sera jamais habitée, elle ne résidera point de génération en génération. Et l’Arabe n’y dressera pas sa tente, et les bergers n’y feront pas coucher leurs troupeaux.” — És. 13:19, 20.

Personne ne peut nier aujourd’hui que ces paroles se sont accomplies. Babylone est depuis de nombreux siècles un monceau de ruines. Même au printemps, il n’y a pas la moindre herbe pour des brebis brebis Les Témoins de Jéhovah utilisent volontiers cette imagerie animale pour se qualifier, en opposant les tranquilles ovins aux teigneuses « Chèvres » (le reste du monde, on l’aura compris). ou des chèvres. Babylone a vraiment connu une fin honteuse. André Parrot, Conservateur en Chef des musées nationaux français, écrivit :

“Ce fut toujours la même impression : un anéantissement. (…) [Les touristes] rentrent généralement déçus. ‘Il n’y a plus rien à voir !’, déclarent-ils presque unanimement. Sans préparation, ils s’attendaient à contempler des palais, des temples, la Tour de Babel’. On ne leur a montré que des monceaux de ruines et d’autant moins spectaculaires que tout, ou presque, était en ‘briques crues’, c’est-à-dire en blocs d’argile séchés au soleil, donc de teinte grise et de résistance médiocre. La destruction due à la main des hommes s’est trouvée aggravée par les ravages de la nature. Celle-ci a finalement raison de tout ce qui a été ramené au jour. La pluie, le vent, le gel, attaquent, délitent et minent. En quelques années, le plus beau monument, s’il n’est pas entretenu retourne à la poussière d’où il a été tiré. (…) Aucune force humaine ne peut s’opposer à cette dégradation continue. On ne saurait non plus reconstruire Babylone. Son destin est révolu. (…) Babylone a disparu définitivement.” — Babylone et l’Ancien Testament, pp. 5, 6.

Ninive, la capitale de l’Empire assyrien, est elle aussi devenue un monceau de ruines. Sa destinée prouve également l’exactitude de la prophétie biblique. Parlant du sort de Ninive, le prophète Sophonie déclara au septième siècle avant notre ère : “[Dieu] fera de Ninive une solitude désolée, une région aride comme le désert. Et au milieu d’elle resteront étendus des troupeaux.” — Soph. 2:13, 14.

On a la preuve que la volonté de Dieu exprimée dans cette prophétie s’est bien accomplie. Aujourd’hui, deux grands tells délimitent le site où se dressait autrefois la fière capitale assyrienne. Sur l’un de ces tells il y a un village avec un cimetière et une mosquée. Sur l’autre, à part un peu d’herbe et quelques bandes de terre cultivée, il n’y a rien. Au printemps on y voit des brebis brebis Les Témoins de Jéhovah utilisent volontiers cette imagerie animale pour se qualifier, en opposant les tranquilles ovins aux teigneuses « Chèvres » (le reste du monde, on l’aura compris). et des chèvres en train de paître.

Un homme aurait-il pu prévoir que Babylone et Ninive, ces villes si puissantes, finiraient ainsi ? Un homme aurait-il pu prévoir que des brebis brebis Les Témoins de Jéhovah utilisent volontiers cette imagerie animale pour se qualifier, en opposant les tranquilles ovins aux teigneuses « Chèvres » (le reste du monde, on l’aura compris). et des chèvres paîtraient sur le site de l’ancienne Ninive, mais qu’on ne verrait ni brebis brebis Les Témoins de Jéhovah utilisent volontiers cette imagerie animale pour se qualifier, en opposant les tranquilles ovins aux teigneuses « Chèvres » (le reste du monde, on l’aura compris). ni chèvres sur celui de Babylone en ruines ? Ni Ésaïe ni Sophonie n’ont prétendu être les auteurs de leur message prophétique. Ce qu’ils déclarèrent était à leurs yeux la “parole” ou le message du vrai Dieu dont le nom est Jéhovah (És. 1:1, 2 ; Soph. 1:1). Étant donné la réalisation exacte de leurs prophéties, n’avons-nous pas de bonnes raisons d’accepter ce qu’ils ont dit ?

La force de ces prophéties ne peut être affaiblie par des objections concernant l’époque de leur rédaction ou par d’autres arguments du même genre. Bien qu’ayant perdu sa gloire passée, Babylone existait encore au premier siècle avant notre ère. Or, le rouleau d’Ésaïe, qui figure parmi les manuscrits de la mer Morte (que les biblistes ont datés de la fin du deuxième siècle ou du début du premier siècle avant notre ère), contient la même prophétie sur Babylone que les manuscrits plus récents. Personne ne peut donc prétendre que ces textes ont été écrits après les événements en question en les faisant passer pour des prophéties. Personne ne peut non plus expliquer comment Babylone et Ninive ont pu être ainsi réduites en un monceau de ruines.

Voilà de fort belles déclarations exaltantes pour celui qui s’arrêterait à ces quelques propos. Strabon d'Amasée - gravure du 16<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle Mais un homme du deuxième, voire du premier siècle avant notre ère (dates des manuscrits de la Mer Morte), ne pouvait-il pas prévoir que Babylone finirait dans la désolation et la ruine ?

Personne ne pouvait-il valablement expliquer comment Babylone ait pu être réduite à un monceau de ruines ?

Les pseudo-érudits de la Watchtower Watchtower Abréviation de Watchtower Bible and Tract Society, la Tour de Garde Société de Bibles et de Tracts.
Il s’agit de la principale structure juridique qui sert à l’Organisation des Témoins de Jéhovah. En raison de leurs liens étroits l’une est synonyme de l’autre.
ont oublié au moins un homme qui en qualité de géographe a rédigé sur Babylone une description précise et un jugement que d’aucuns trouveraient éminemment prophétique.

Le géographe grec Strabon [1] qui vécut au 1er siècle avant notre ère nous donne son témoignage oculaire.

Strabon - Géographie, livre XVI, 1

On sait que Ninus est le roi qui bâtit Ninive dans les plaines de l’Aturie et qu’après lui Sémiramis, sa femme, succédant à son pouvoir, fonda et bâtit Babylone. Ninus et Sémiramis avaient conquis l’Asie. Il reste même encore de la domination de Sémiramis, comme vestiges subsistants, sans parler des grands travaux de Babylone, d’innombrables monuments répandus sur toute la surface du continent, des terre-pleins ou terrasses dites de Sémiramis, des murailles, des forteresses avec galeries souterraines, des aqueducs, des escaliers taillés dans la montagne, des canaux dérivés de fleuves, des émissaires ouverts à des lacs, des chaussées, des ponts. Ajoutons que l’empire de Ninus et de Sémiramis se conserva aux mains de leurs descendants jusqu’au jour où, Sardanapalle ayant été vaincu par Arbacès, le pouvoir passa aux mains des Mèdes.

3. La ville de Ninive ne survécut pas un seul instant à la destruction de l’empire syrien. Beaucoup plus grande que Babylone, elle était située en Aturie dans une plaine. (…)
5. Babylone est située, elle aussi, dans une plaine. Ses remparts ont 365 stades de circuit, 32 pieds d’épaisseur et 50 coudées de hauteur dans l’intervalle des tours, qui elles-mêmes sont hautes de 60 coudées. Au haut de ce rempart on a ménagé un passage assez large pour que deux quadriges puissent s’y croiser. On comprend qu’un pareil ouvrage ait été rangé au nombre des sept merveilles du monde, et le Jardin suspendu pareillement. Ce jardin, immense carré de 4 plèthres de côté, se compose de plusieurs étages de terrasses supportées par des arcades dont les voûtes retombent sur des piliers de forme cubique. Ces piliers sont creux et remplis de terre, ce qui a permis d’y faire venir les plus grands arbres. Piliers, arcades et voûtes ont été construits rien qu’avec des briques cuites au feu et de l’asphalte. On arrive à la terrasse supérieure par les degrés d’un immense escalier, le long desquels ont été disposées des limaces ou vis hydrauliques, destinées à faire monter l’eau de l’Euphrate dans le jardin, et qui fonctionnent sans interruption par l’effort d’hommes commis à ce soin. L’Euphrate coupe en effet la ville par le milieu. Sa largeur est d’un stade et le jardin suspendu le borde. Le Tombeau de Bélus, aujourd’hui détruit, était dans le même cas. Ce monument, qu’on dit avoir été renversé par Xerxès, avait la forme d’une pyramide carrée, faite de briques cuites au feu, et mesurant un stade de hauteur en même temps qu’un stade de côté. Alexandre avait eu l’intention de le rebâtir, mais c’était là un travail immense, et qui eût demandé beaucoup de temps, car, rien que pour élever la terrasse qui devait servir à déblayer le terrain, il fallut faire travailler dix mille ouvriers pendant deux mois. Alexandre ne put donc pas achever le travail commencé : la maladie l’ayant surpris, il mourut auparavant. Et de ses successeurs pas un ne songea même à reprendre son projet. Les autres monuments de Babylone furent également négligés, et la ruine de la ville elle-même, œuvre à la fois des Perses, du temps et de l’incurie des Macédoniens en fait d’art, se trouva définitivement consommée, le jour surtout où Seleucus Nicator eut fondé Séleucie sur le Tigre à 300 stades tout au plus de Babylone. Séleucus et tous ses successeurs étaient intéressés vivement à la ville nouvelle et ils y avaient transporté le siège du gouvernement. Or, de progrès en progrès, Séleucie en est venue à être aujourd’hui plus grande que Babylone, et, de son côté, Babylone, actuellement, est presque entièrement déserte, au point qu’on serait autorisé à lui appliquer ce mot cruel d’un comique à l’adresse des Mégalopolitains d’Arcadie :

« Un grand désert, votre grande ville ! »

Vu la rareté du bois dit de charpente, on n’emploie pour bâtir les maisons dans toute la Babylonie que des poutres et des piliers en bois de palmier. On a soin seulement d’entortiller chaque pilier avec des cordelettes de jonc qu’on recouvre ensuite de plusieurs couches de peinture. Quant aux portes, c’est avec de l’asphalte qu’on les enduit. Ces portes sont faites très hautes, ainsi que les maisons. Ajoutons que toutes les maisons sont voûtées, par suite du manque absolu de longues poutres. Le pays, généralement nu et découvert, ne produit pas de grands arbres, et, à l’exception du palmier, on n’y rencontre guère que des touffes d’arbrisseaux épineux. Le palmier, en revanche, est très abondant en Babylonie, de même qu’en Susiane, sur tout le littoral de la Perse et en Carmanie. De toits couverts en tuile il ne saurait être question dans un pays où il ne pleut pas, et tel est le cas de la Babylonie, aussi bien que de la Susiane et de la Sitacène.

Comment ?
Un géographe grec a rédigé au 1er siècle avant notre ère et traité d’un phénomène de mise en ruines et de désertification de Babylone engagé dès la mort d’Alexandre au 4ème siècle avant notre ère ?

Un géographe peu ou prou historien a été capable d’expliquer politiquement la ruine de Ninive et Babylone comme ne répondant plus au goût des successeurs ?

Le plus grand miracle aurait été de faire mentir l’intuition et les yeux du géographe et de faire revenir à la vie des villes qui avaient cessé de plaire, et qui faisaient déjà partie d’un passé révolu. Porte d'Ishtar - Pergamon Museum - Berlin Mais Babylone est-elle vraiment selon les paroles d’Esaïe devenue une ville frappée et oubliée « comme lorsque Dieu renversa Sodome et Gomorrhe. Elle ne sera jamais habitée, elle ne résidera point de génération en génération. Et l’Arabe n’y dressera pas sa tente, et les bergers n’y feront pas coucher leurs troupeaux » ?

Savez-vous où se trouvent les ruines de Sodome et de Gomorrhe ? [2] Avez-vous eu connaissance des fouilles récentes qui ont pu être menées sur leurs ruines ?

Et non, même pas une jarre ou un tesson. En fait la plupart des archéologues pensent que ces villes n’ont jamais existé, d’autres qu’elles ont simplement été mises à jour sous un nom différent.
Alors que Babylone, au contraire, a été clairement identifiée livrant ses splendeurs et des témoignages comme la Porte d’Ishtar actuellement au Pergamon Museum à Berlin.

Et quant au vaste emplacement du site de Babylone lui-même qui s’étendait vaillamment sur des dizaines de kilomètres carrés est-il devenu un désert sans habitant où l’Arabe ne dresse pas sa tente ?

A environ 2 kilomètres du site historique, située sur l’Euphrate et capitale de la province de Bâbil, subsiste toujours une ville de plus de 350 000 habitants dont le nom irakien est resté proche phonétiquement de son illustre ancètre : El Illa ou Al Hillah, en français Hilla. Al Hillah / Bâbil

Décidément dans toute cette histoire, s’il nous faut parler de confusion, ça serait bien celle que devrait éprouver les pseudo-érudits de la Watchtower Watchtower Abréviation de Watchtower Bible and Tract Society, la Tour de Garde Société de Bibles et de Tracts.
Il s’agit de la principale structure juridique qui sert à l’Organisation des Témoins de Jéhovah. En raison de leurs liens étroits l’une est synonyme de l’autre.
qui s’acharnent à rattacher à la Bible une quelconque valeur prophétique.


Notes:

[1] Strabon (en gr. Strabôn, en lat. Strabo) (Amasya, Cappadoce, v. 58 av. J.-C. ­ ?, entre 21 et 25 apr. J.-C.), géographe grec. Sa Géographie décrit tous les pays alors connus et donne une étude socio-historique des peuples qui les habitaient.

[2] Lire l’étude de Sodome par Voltaire sur le sujet


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