At the beginning
fondamentalisme

Ce qui motive les recherches peut sembler assez confus dans notre optique.
Est-ce que la simple curiosité est suffisante pour l’expliquer ?
Nous serons tous d’accord pour dire que ce n’est qu’un aspect de la chose, vouloir savoir d’avantage que ce que la simple surface des choses offre, est assez naturel quand on a soi même été ’victime’ de la moquerie des autres pour s’être laissé bercé par les illusions générées par les simples apparences.
L’aspect qui nous pousse à ne pas avoir envie de passer pour l’idiot du village, ou plus simplement pour un gros bêta, n’est donc pas à négliger dans cette motivation. Ce n’est pas non plus une simple question de passe-temps, mais cela touche à des choses qui sont en nous, qui ont été titillées si je puis dire, et qui nous ont procuré une certaine satisfaction. L’impression agréable d’avoir compris quelque chose de compliqué procure en effet une joie non négligeable pour l’esprit. Et puisque tout ce qui donne du plaisir est appelé à être redemandé, et bien on en redemande…
Reste alors à faire la distinction entre deux choses importantes.
Croire détenir la bonne réponse.
Savoir que l’on détient la bonne réponse.
Croire ou Savoir, ce n’est pas une question aussi anodine qu’il y parait, l’importance de la réponse est telle qu’elle touche forcément à tous les aspects de notre vie quotidienne. A tel point qu’on peut affirmer sans se tromper :
Ceux qui croient ne savent pas.
Ceux qui savent ne croient pas.
Ceux qui croient savoir doivent en apporter la démonstration.
Ceux qui savent qu’ils croient ont déjà trouvé le chemin de la sagesse.
La connaissance est ainsi un domaine qui ne peut se satisfaire de croyances subjectives, elle a besoin de trouver sa légitimité dans la rigueur et dans l’expérience. Cela nous force aussi à faire la distinction entre l’hypothèse que l’on tire des expériences, et la théorie qui est le couronnement de la synthèse de ces expériences. Cela implique que la théorie ne saurait être le résultat de l’affirmation d’une seule personne, car quelque soit la rigueur dont elle pense faire preuve, c’est aussi une chose subjective qui doit passer par le feu de l’épreuve…
Faire le choix de la source de nos connaissances n’est alors pas une question personnelle sans importance, le fait de croire avoir la bonne réponse étant susceptible d’entrainer des conséquences fâcheuses sinon désastreuses dans bien des domaines, tant sur les plans personnels que collectifs, les apparences étant souvent trompeuses, ces conséquences risquent fort d’être mal analysées et la responsabilité qu’entraine ce choix n’est donc pas à prendre à la légère. Évidemment, le simple bon sens nous permettra de savoir distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas, on ne mettra pas non plus sur le même plan, la décision d’apprendre l’electronique et ses rudiments, avec celle de fréquenter une confession religieuse. Pourtant, les critères qui conduisent à l’un devraient fonctionner pour ce qui concerne l’autre… pourquoi en serait-il autrement ?
Le postulat est donc clair, ce qui mène au savoir doit être basé sur la même rigueur que ce qui mène à la croyance. Une mauvaise connaissance entrainera forcément une mauvaise croyance et inversement, car le cheminement aura été mal choisi.
Postulat : Proposition qui servira de base au raisonnement et qu’on demande d’admettre sans démonstration.
Ex : Le postulat d’Euclide. Le postulat de l’invariance de la vitesse de la lumière quel que soit le référentiel.
Un postulat est donc une chose admise sans être démontrée. A l’inverse, ce n’est pas parce qu’une chose est indémontrable qu’on peut en faire un postulat. On exclut donc les hypothèses de la définition du postulat. Ce ne sont pas des postulats dans le sens ou leur domaine d’application n’est pas admis par l’expérience. Par exemple, je ne peux pas dire que l’existence de Dieu est un postulat. Je ne peux pas postuler que les mathématiques préexistaient à l’univers. Je ne peux pas postuler que les ovnis existent. Je ne peux pas postuler que le monde des idées est aussi réel que le monde physique. Etc..
Toutes ces choses ne sont que des hypothèses, et comme son nom l’indique, l’hypothèse a besoin d’être étayée pour être admise, ensuite vient la démonstration.
Cela vous parait-il clair ?
Oui ?
Alors détrompez vous, même un postulat peut se révéler être faux. La théorie de la gravitation de Newton a été remplacée par celle d’Einstein, qui en a précisé les limites et en a donné une autre interprétation, plus en accord avec les constats des caractéristiques de notre univers. Newton postula que ce qui provoque l’attirance de deux corps massifs l’un vers l’autre était une force qui se propageait instantanément dans l’espace. Il a fallu plusieurs siècles, avec l’affinement des mesures et des instruments associés, pour se rendre compte de l’inexactitude de la théorie. La théorie de la relativité générale remplaça cette idée avec la même perversité que la théorie de Galilée renversa l’idée que le Soleil tournait autour de la Terre.

- Espace
Cela démontre-t-il que l’accés à la connaissance sera toujours remis en question et qu’il existe une source de renseignements plus fiable et plus universelle ? Rien n’est moins sûr, l’univers dans lequel nous évoluons semble si complexe qu’avec le temps il faut inventer de nouvelles mathématiques pour mieux le cerner. Ceux qui prétendent que la connaissance est distribuée au fur et à mesure des besoins humains, par une prétendue source éternelle et immuable ne posent pas cela en postulat, mais bien en hypothèse qui mue au même rythme que les découvertes scientifiques. En clair, leur croyance s’adapte à la connaissance et recule à chaque nouvelle émergence scientifique, cela ressemble étrangement à ce conte que mon professeur nous faisait étudier quand j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école primaire, celui où un jeune apprenti magicien s’évertuait à commander aux nuages d’aller dans le sens inverse de leur progression. Fatigué de constater qu’ils n’obeissaient pas, le jeune ambitieux trouva la parade : il leur commanda du bout de sa baguette, d’aller dans le sens du vent… s’enorgueillit de sa victoire et passa promptement à une distraction bien plus facile à maitriser.
Notes: