dimanche, 1er août 2010|

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6 arguments concernant le déluge auxquels les créationnistes ne peuvent répondre




Six arguments sur le Déluge auxquels les créationnistes ne peuvent répondre

© 1982 par Robert J. Schadewald Réimprimé de Création/Evolution IX (1982)

Il y a de cela quelques années, la NASA a réalisé les premières photographies de l’espace de cette magnifique agate bleu-verte tourmentée de nuages que nous appelons la Terre. Un reporter montra une de ces photos au défunt Samuel Shenton, alors président la Société Internationale de Recherche de la Terre Plate. Shenton l’étudia un instant et dit « Il est facile de voir comment une telle photo peut tromper l’œil inexpérimenté »

Les yeux bien entrainés (et l’esprit) sont caractéristiques des pseudo-scientifiques. Shenton rejetait que la Terre était sphérique car elle entrait en conflit avec l’interprétation littérale de la Bible, et il entraina ses yeux et son esprit à rejeter toute preuve contraire à ses yeux. Les scientifiques créationnistes doivent faire de même avec leurs pensées pour rejeter le nombre accablant de preuves géologiques, biologiques, physiques et astronomiques qui contredisent leur interprétation de la Bible. Dans un forum public, la meilleure manière de démontrer que le créationnisme est une pseudo science est tout simplement de montrer comment est bien entrainé l’esprit des créationnistes.

La pseudo-science diffère de la science dans de nombreux points fondamentaux, mais plus particulièrement dans son attitude envers la mise à l’épreuve de ses hypothèses. En science, les hypothèses sont les idées proposées pour expliquer les faits, et elles sont considérées comme étant insuffisantes jusqu’à ce qu’elles survivent à l’épreuve de tests rigoureux. En pseudo-science, les hypothèses sont érigées comme une défense contre les faits. Les pseudo-scientifiques offrent régulièrement des hypothèses contredites catégoriquement par des faits bien connus qui peuvent être ignorés mais uniquement par des esprits bien entrainés. De ce fait, pour démontrer que les créationnistes sont des pseudo-scientifiques, il suffit d’amener ces hypothèses jusqu’à leur conclusion logique.

Fossiles et Animaux

Les scientifiques créationnistes interprètent les fossiles trouvés dans les roches terrestres comme étant les vestiges d’animaux ayant péri au déluge de Noé. Ironie du sort, ils citent souvent comme preuve du déluge le nombre de fossiles trouvés dans les « cimetières de fossiles ». Ils semblent, tout particulièrement épris de la formation de Karroo en Afrique, formation dans laquelle sont contenu les restes de 800 milliards d’animaux vertébrés (voir Withcomb and Morris p.160 ; Gish, p.61). Comme tous les pseudo-scientifiques, les créationnistes ne préfèrent pas tester cette hypothèse majeure que tous les animaux fossilisés soient morts lors du déluge.

Robert E. Sloan, un paléontologue de l’Université du Minnesota, a étudié la formation du Karoo. Il m’a dit que les animaux fossilisés vont de la taille d’un petit lézard de la taille d’une vache, la moyenne pouvant-être un animal de la taille d’un renard. Quelques secondes avec une calculatrice suffit à démontrer que, si les 800 milliards d’animaux dans la formation du Karroo pouvaient être ressuscités, il y aurait 21 d’entre eux pour chaque acre de terre sur la terre (une acre est égal à ¾ d’un terrain de football, cela nous donne 33 « renards » par terrain de football sur l’ensemble de la planète Terre (et non pas des terrains de footballs existants)). Supposons que nous admettions (et cela en toute prudence, je crois) que la formation de Karroo ne contienne qu’un pour cent des fossiles vertébrés de la planète. Alors quand le déluge commença, il devait y avoir au moins 2100 animaux par acre (soit 3370 animaux par terrains de football), allant des minuscules musaraignes à d’immenses dinosaures ! Pour une personne non-créationniste, la planète Terre semble un peu trop petite pour tout ce monde.

J’ai balancé cet argument à Duane Gish lors d’un débat à la Who Radio de Des Moines, Iowa (USA), le 21 octobre 1980. Gish fit la seule chose possible pour lui : il resta de marbre en contestant mes chiffres, c’est-à-dire, en substance, en me traitant de menteur. Je n’avais pas de calculatrice avec moi, mais j’ai reproduit les chiffres avec un crayon et un papier et le tançant de nouveau avec le résultat. Sa réponse ? « Les créationnistes ne peuvent répondre à tout et « on estime qu’il y a 100 milliard de milliard d’harengs dans l’océan ». Comment s’en sortir avec cet argument ? Plus tard, j’ai essayé le chiffre de Gish sur ma calculatrice et j’ai découvert qu’il y a environ 29 000 harengs par mètre carré à la surface de l’océan. J’en ai conclu (a) que tous les harengs sont rouges, et (b) qu’ils furent créés ex nihilo par Duane Gish le soir du 21 octobre 1980.

Les fossiles marins

Les continents sont, en moyenne, couverts de roches sédimentaires jusqu’à une profondeur d’environ deux kilomètres. Certaines roches (comme la craie par exemple) sont essentiellement fossiles à 100% et de nombreux calcaires fossiles contiennent aussi un pourcentage élevé de fossiles marins. D’autre part, certaines roches sont vides de toute trace fossile. Supposons maintenant, qu’en moyenne, les fossiles marins comprennent 0.1% du volume des roches terrestres. Si tous les animaux marins fossilisés pouvaient être ressuscités, ils couvriraient l’ensemble de la planète sur une épaisseur d’au moins 60 centimètres. Que mangeraient-ils ?

Les créationnistes ne peuvent faire référence au paradis tropical qu’ils imaginent avoir existé sous la canopée pré-diluvienne à cause des lois de la thermo dynamique ne permettant pas à la Terre de supporter cette biomasse animale. La première loi dit que l’énergie ne peut-être créée, donc les animaux doivent prendre leur énergie du soleil. La seconde loi limite l’efficacité de la transformation de l’énergie solaire en nourriture et la totalité de l’énergie solaire disponible n’est même pas suffisante.

Varves

La célèbre formation de Green River couvre des dizaines de milliers de kilomètres carrés. Cette formation contient environ 20 millions de varves. Chaque varve étant composée d’une fine couche de sédiments clairs et d’une couche encore plus fine de sédiments noirs. Selon l’interprétation géologique conventionnelle, ces couches de sédiments se sont déposées au fond d’ancien lacs entremêlés. Les couches grossières et claires de sédiments se déposaient au cours de l’été quand les ruissellements de l’été étaient abondants et les couches noires et fines se déposaient durant l’hiver, quand il y en avait moins de ruissellement (ce processus peut être observé dans les lacs d’eau douce d’aujourd’hui.) Si cette interprétation est correcte, les varves de la formation de Green River se sont formées sur une période de plus de 20 millions d’années.

Green River Formation

Les créationnistes insistent sur le fait que la terre n’a pas plus de 10 000 ans, et que les couches géologiques ont été déposées lors du Déluge. Whitcomb et Morris (p. 427) ont donc tenté d’attribuer la formation des varves de Green River à une « turbulence complexe de courants peu profonds ». Les courants de turbulence et les flux d’eaux boueuses, apparaissent en général dans l’océan lors de glissements de terrains. Si les schistes de la Green River furent déposés durant le déluge, il était obligatoire qu’il y ait 40 millions de courants de turbulences, alternants les eaux claires et noires, sur plus de 300 jours environs. Un simple calcul (que les créationnistes ont évité pendant 20 ans) montre que les couches doivent s’être formées à la vitesse d’environ trois couches toutes les deux secondes. Une succession de 40 000 000 de courants de turbulences couvrant des dizaines de milliers de kilomètres carrés toutes les deux-tiers de seconde semble plus qu’improbable.

Face à ces chiffres, Henry Morris semble ne pas s’en sortir. Kenneth Miller, un biologiste de l’Université Brown, lui lança cette « bombe » lors d’un débat à Tampa, en Floride, le 19 septembre 1981, et Morris n’a même pas tenté de répondre. Fred Edwords utilisa essentiellement le même argument contre Duane Gish dans un débat le 2 février 1982. Pour seule réfutation, Gish affirma que « des poissons fossilisés apparaissaient à travers les différentes couches et que par conséquent les strates ne pouvaient être biannuelles ». Comme d’habitude, l’argument de Gish ne répond pas à la question principale qui concerne la formation de millions de couches clairement différentes en moins d’un an. En outre, l’argument de Gish est faux. Selon R. Lance Grande, paléontologue à l’American Museum of Natural History, une autorité en la matière sur la formation de la Green River, si des os ou des nageoires d’un poisson peuvent traverser plusieurs couches, en général, chaque poisson est voilé par une seule couche de sédiments.

Les germes des maladies

Pour de nombreuses maladies transmissibles, le seul “réservoir” est l’homme. C’est ainsi, des germes ou des virus qui causent des maladies ne peuvent survivre uniquement que dans un corps d’ humain vivant ou dans des laboratoires bien équipés. Des exemples bien connus de ces maladies comprennent la rougeole, la pneumonie et les pneumocoques, la lèpre, le typhus, la fièvre typhoïde, la variole, la poliomyélite, la syphilis et la gonorrhée. Etait-ce Adam ou Eve ou les deux qui furent créés avec la gonorrhée ? Qu’en est-il de la syphilis ? Les scientifiques créationnistes insistent sur une création achevée, pleine et parfaite lorsque le créateur a travaillé en se reposant après le sixième jour de création. Ceci veut dire, qu’un membre du premier couple devait avoir été créé avec toutes ces maladies et bien plus tard, quelqu’un devait les amener avec lui/elle dans l’arche de Noé.

Notez que cet argument couvre chaque germe de maladie ou virus qui ne peut survivre que dans un hôte spécifique. Mais même si l’arche de Noé était un rafiot empesté de maladies, seulement quelques unes de ces maladies auraient pu survivre. Dans le meilleur des cas, seulement deux animaux de chaque espèce sont supposés avoir été pris dans l’arche. Supposons que le mâle était porteur d’une de ces maladies en entrant dans l’arche. Il guérit mais passe la maladie à la femelle. Elle guérit elle aussi, mais il n’y a plus d’animaux à qui passer la maladie puisque le mâle est maintenant immunisé. Chaque maladie pour laquelle ce cycle dure moins d’un an devrait donc avoir disparu !

Les créationnistes ne peuvent accuser Satan d’être responsable de ces germes. S’ils le font, la question immédiate est : Comment savons-nous que Satan n’a pas créé le reste de l’univers ? Ceci fut souvent proposé que si Satan peut créer une seule chose alors il peut aussi en créer une autre. Si un créationniste essaie d’argumenter comme quoi les virus sont des mutations de plus petits organismes (des formes dégénérées bien entendues), il se trouvera en train d’expliquer l’évolution. L’hypothèse d’une mutation peut-être considérée seulement, et seulement si ce sont les formes mutantes qui ont survécues.

Le registre fossile

Les créationnistes évitent par tous les moyens de discuter du comment les fossiles en sont venus à être stratifiés de la sorte. Sur les quelques milliers de pages qu’Henry Morris a écrit sur le créationnisme, seulement une douzaine de pages concernent ce sujet difficile, qu’il finalise en recyclant trois apologies déjà présentes dans plusieurs de ses livres. Les mécanismes qu’il propose peuvent être appelés les victimes de l’environnement, les victimes des déplacements, du tri et de l’hydraulique. En général, l’apologie des victimes de l’environnement et du déplacement est combinée. Les créationnistes expliquent que le déluge devait d’abord engloutir les animaux marins, puis les créatures terrestres peu rapides comme les reptiles, etc. pendant que les hommes les plus intelligents tentaient de s’échapper en haut des montagnes. Pour un créationniste, ceci explique aisément comment les fossiles apparaissent dans les strates géologiques. Un scientifique peut tester ces hypothèses en examinant le fait que les plantes à fleurs ne se trouvent pas dans les gisements de fossiles jusqu’au début de l’ère du Crétacé [1]. Un scénario avec des magnolias (une plante primitive) poussant en haut des collines, pour être inondé avec les mammifères primitifs au-dessous, n’est pas plus convaincant.

Si l’explication des victimes de l’environnement et du déplacement est absurde, l’argument apologique du tri hydraulique est complètement réfuté par les gisements fossiles. La trainée hydrodynamique d’un objet est directement proportionnelle à la superficie de sa partie transversale et de son coefficient de traînée. Par conséquent, quand les objets avec la même densité et le même coefficient de traînée se déplacent dans un fluide, elles sont triées selon la taille. (Les Ingénieurs miniers utilisent ces phénomènes pour la séparation des différents types de minerais). Cela signifie que tous les petits trilobites devraient se trouver au-dessus des grands trilobites dans le registre fossile. Ce n’est pas ce que nous trouvons, bien au contraire. Par conséquent, cet argument est irrecevable car réfuté immédiatement. Toutefois, on est en droit de se poser la question du comment un ingénieur en hydraulique tel Henry Morris, reste de marbre à un tel argument. [2]

Les strates inversées

Depuis le livre de George McCready Price, beaucoup de créationnistes ont utilisé les strates inversées comme preuve contre la géologie conventionnelle. Mais, les géologues ont une très bonne explication de ces strates avec pli inverses, où l’ordre normal des fossiles est inversé. La preuve du pli géologique est naturellement évidente, et quand il n’y en a pas, il peut en être déduit de l’ordre inversé fossiles. Mais les créationnistes n’ont pas d’explication pour ces strates inversées. Le déluge aurait-il passé outre toutes les lois de l’hydrodynamisme (et de toutes les lois en général) ? Tous les phénomènes qui caractérisent les strates retournées ne trouvent pas d’explications chez les créationnistes. Par exemple, les trilobites bien préservés sont trouvé habituellement le ventre tourné vers la roche. Si les strates rocheuses contiennent des trilobites retournés, on peut s’attendre à trouver l’ensemble des trilobites le ventre tourné vers le haut. Et évidemment, c’est ce que nous trouvons. D’autres éléments que peuvent montrer un géologue ou un paléontologue comprennent des vers, les terriers de brachiopodes, empreintes de pas, des fissures de boues, des trous de pluie, des lits de rivières, etc. Actuellement, ce n’est pas surprenant de voir que les créationnistes sont incapables d’expliquer ces caractéristiques. Ni dans un sens, ni dans l’autre.

Chacune des six hypothèses précédentes bien connues des créationnistes ont été confrontées au plus élémentaire et au plus basique des tests. Dans chaque cas, l’hypothèse s’est écroulée misérablement d’elle-même. Pour tout le monde, l’échec est évident à quiconque n’étant pas protégé grâce à une espèce d’aveuglement fanatique.

Etudier la science ne transforme pas nécessairement quelqu’un en un scientifique, de même qu’étudier l’éthique ne fait pas devenir honnête. Les études doivent être appliquées. Créer et tester des hypothèses sont les fondements de la science, et tout ceux qui refusent de tester leurs hypothèses ne peuvent être appelés des scientifiques, et cela peu importe leur renommé. La plupart des personnes qui se dénomment elles-mêmes comme étant des créationnistes, n’ont aucun bagage ou études scientifiques et on ne peut attendre de leur part de mettre leurs hypothèses à l’épreuve suivant la méthode scientifique. Mais les créationnistes professionnels qui dupent le public avec leur doctorat (gagnés, payés ou mensongers) n’ont aucune excuse. Car ils échouent à tester leurs hypothèses aux tests les plus élémentaires. Ils méritent donc pleinement le terme de pseudo scientifique.

Références

Gardner, Martin. 1957. Fads and Fallacies in the Name of Science. New York : Dover, pp. 127-133.

Gish, Duane T. 1978. Evolution : The Fossils Say No ! San Diego : Creation-Life Publishers.

Whitcomb, John C., and Henry M. Morris. 1961. The Genesis Flood. Philadelphia : Presbyterian and Reformed Publishing Co


Notes:

[1] La période du Crétacé se termine par la disparition des dinosaures

[2] Si vous êtes un peu perdu dans les explications, je vous rassure, c’est normal. Les concepts sont techniques et se réfèrent aux mécaniques des fluides. Vous pouvez avoir un aperçu icide ce sujet complexe. Le principe à retenir est que les corps plus lourds descendent plus rapidement au fond de l’eau que les corps légers. Par conséquent, nous devrions trouver dans les registres fossiles, les squelettes de dinosaures en premier lieu, et les corps plus légers ensuite (dans la logique d’un déluge global, bien entendu)


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